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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 17:42
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Steven Seagal méritait depuis fort longtemps un article sur « Le Kamikaze de l'écran ». Il est dorénavant temps de rendre justice au « panda vigoureux » du hardboiled.
 steven-et-panda.jpg
« Mon dieu, je vois double ! »
 
Détenteur d'une carrière cinématographique longue de 25 ans, Steven a démontré la subtilité de l'aïkido au grand public, c'est-à-dire plaquer des loubards d'un revers de la main, briser les bras de ses adversaires, démolir les bars clandestins, tout en plaçant quelques punchlines ironiques. Il connait la notoriété avec « Nico » (above the law - 1988) et « Piège en haute mer » ( Under Siege - 1992), et en profite dès lors pour placer quelques messages profonds (et naïfs ?) sur l'écologie avec son nanar cultissime « Terrain Miné » ( On deadly ground - 1994), dont il est le scénariste-producteur-réalisateur-acteur. Il y incarne un ranger qui sauve l'environnement en faisant exploser une plate-forme pétrolière (logique !). Par ses répliques sidérantes et son message bas de plafond, le film est vite reconnu par les amoureux du cinéma nanar comme une véritable mine d'or. Au passage, le film permet à Steven Seagal de récupérer la seule récompense de sa carrière: le Razzie Award du pire réalisateur.
 
 
 
cuuuuuuulte !
 
Après quelques échecs commericaux, Warner Bros casse rapidement son contrat. Sa fameuse dégaine (visage inexpressif, queue de cheval et veste en cuir) se retrouve dès lors dans le direct-to-video. Mais avant ce plongeon regrettable dans les méandres des vidéos-clubs, il tourna dans l'un de ses meilleurs nanars, « L'Ombre Blanche » (The Glimmer Man - 1996).
 
Le pitch annonce déjà un chef-d'oeuvre à (de)venir: Jack Cole (Steven Seagal) est un flic de New-York, mystique et New Wave, avec un passé mouvementé.
Il est transféré à Los Angeles pour aider Jim Campbell (Keenen Ivory Wayans) à résoudre une série de meurtres brutaux dont les victimes sont crucifiées. Les meurtres, qui ont eu lieu depuis l'arrivée de Jack à Los Angeles, n'ont tout simplement aucun lien avec lui. Lorsque le tueur tue Ellen Dunleavy, ex-femme de Jack et la mère de ses deux enfants, l'affaire devient personnelle - en particulier lorsque les empreintes de Jack sont retrouvées sur le corps de Ellen.
 
Les ingrédients pour un bon « Steven Seagal », c'est un jeu d'acteur limité, du cassage de bras, du broyage de mobiliers, des répliques percutantes. « L'ombre Blanche » va plus loin que respecter ce cahier des charges, il accumule les scènes bidonnantes dans un non-sens le plus total !
Pour saisir le charme de ce film, nous vous proposons un jeu: « Le test de L'Ombre Blanche » (attention, toutes les situations proposées ci-dessous se trouvent dans le film « L'ombre blanche »).
 
   
1/ Vous êtes l'acteur principal d'un film d'action, quel look adoptez-vous ?
     
A – Quand vous ne portez pas de veste en cuir, vous apparaissez avec un semblant de kimono noir. Autour du cou, vous arborez un magnifique gri-gri indien qui vous rappelle votre nature spirituelle et chamanique. Ça vous donne un p'tit côté « mystique ». Vous avez adoptez le bouddhisme comme mode de pensée, mais ça ne vous empêche pas d'utiliser la violence comme unique recours. Votre visage monolithique ne laisse transparaître aucune émotion.
 
B – 100% Américain, votre identité se limite à des santiags, un jean's, un ceinturon de cow-boy et une moustache. Quand vous partez délivrer des anciens du Vietnam prisonniers dans des cages en bambous ou arrêter une invasion communiste, vous échangez volontiers vos fringues pour votre ancienne tenue de marines. Votre regard inexpressif rappelle à tous que vos émotions se limitent à la joie de tirer sur des vilains avec un lance-roquette.
 
C – Rien d'excentrique. La simplicité est de mise: sweat, jean's, basket. Ça suffira amplement pour arrêtez du vilain. Vous êtes un citoyen lambda.
 
megaforce

« Un héros doit toujours avoir un look unique »

     
2/ Votre pire ennemi:
 
A – D'ordinaire, vos prédilections vont pour les dealers de drogue (noirs ou latinos) et les flics ripoux (blancs). Aujourd'hui, votre affaire se porte sur un serial-killer catholique qui surfe sur le succès du thriller « Seven ». Il s'amuse à crucifier des gens et dessiner des signes religieux sur les murs comme un môme attardé. Vous vous penchez sur l'affaire avec vos grosses mains de bourrin, mais aussi avec le flegme d'un Sherlock Holmes en herbe. Dommage que votre crédibilité tombe à zéro.    
 
B – Vos méchants se limitent à des terroristes-ninjas-communistes (russes, asiatiques ou latinos). Ces salopards sont jaloux de l'idéal américain. Tuer des femmes et des enfants par paquets de douze, c'est leur passe-temps favori. C'est pas grave. Un bon coup de pied latéral, ça va les calmer direct.    
    
C – Dealer, proxénète, cambrioleur, fraudeur, hors-la-loi. Vous ne faîtes pas de distinction politique ou sociale entre les individus. L'égalité s'applique face à la justice.
 
   
3/ On vous assigne un collègue (ou plutôt un faire-valoir).    
 
A – Il s'agit d'un sidekick comique noir (par extension: humour cool). Son interprétation est nulle, ses blagues sont lourdes et sa VF insiste sur un accent « Eddie Murphy ».    
 
 B – J'anéantis le mal en solo. Pas besoin d'un sidekick quand on est aussi invincible qu'un dieu olympien.    
 
C – Mon collègue, c'est Roger. Il est sans histoire et routinier... comme moi.    
  goonies

Il est aussi possible d'avoir un gamin asiatique comme sidekick

       
4/ Dans un lycée, un adolescent désespéré tient en otage sa classe. Qu'elle est votre manoeuvre d'approche ?
 
A – Vous faîtes mine de lui parler afin de l'amadouer. Dès que l'occasion se présente, vous faîtes une intervention hors du commun: vous vous jetez sur lui pour le défénestrer. Faux-raccord à l'appui, vous traversez deux fenêtres et vous vous relevez sans une égratignure. Par contre, le gamin va devoir se taper plusieurs séances de thérapie.    
 
B – Vous surgissez derrière lui et vous lui faîtes un kick devastateur. Le dialogue, c'est pour les fiottes.    
 
C – En attendant les renforts, vous lui parlez avec sang-froid et assurance. Peut-être que ce gamin a besoin d'écoute.    
 
   
5/ Une bande de mafieux vous intercepte dans la rue. Comment allez-vous faire pour vous sortir de ce petrin ?    
 
A – Vous balancez quelques blagounettes ironiques, avant de dégainer votre carte bancaire et de les égorger avec. N'oubliez pas de placer une punchline comme « vous acceptez l'american express ? » (hop ! Placement de produit !)    
 
B – Vous ne leur laissez pas le temps de dire le pourquoi de cette attaque. Vous les mettez à terre avec une série de mounchs et de coups de pied circulaires.    
 
C – Vous appliquez les règles en vigueur dans ce cas de figure, en priant pour que les renforts arrivent rapidement.    
   
 
6/ Vous entrez dans un restaurant pour interroger un suspect...
 
A – Le receptionniste vous manque de respect. D'un simple revers de la main, vous le mettez dans un état de coma profond. Le garde du corps du suspect vous bloque ensuite le passage. Vous lui pétez le bras, avant de le faire traverser un paravent en bois. Après avoir interroger votre suspect avec toute l'intempérance et l'humour qu'on vous connait, vous déclenchez une bagarre entre vous et ses gardes du corps, en épargnant rien du mobilier du restaurant. Pour achever la scène avec brio, vous saisissez n'importe quelle situation pour sortir une p'tite blagounette.    
 
B – Vous faîtes exploser le restaurant. Vous choppez le suspect. Pas besoin de le faire parler, vous n'avez qu'à le regarder dans les yeux pour connaitre la vérité.    
 
C – Vous entrez dans le restaurant, mais le garde du corps vous dit que le suspect est occupé avec une autre personne. Vous lui dîtes que vous repasserez un peu plus tard et vous lui souhaitez une bonne journée. Le garde du corps vous fait un doigt, vous baissez la tête.    
 
 
7/ Deux hommes de mains vous ordonnent de monter à bord de leur voiture.    
 
A – Dans le véhicule, vous attrapez l'arme d'un des gars pour vous en servir comme une matraque. Puis, vous saisissez le conducteur, au risque de provoquer un accident de la route qui détruit la moitié du centre-ville. Vous survivez à plusieurs tonneaux et vous sautez du véhicule sans une égratignure.    
 
B – Vous regardez droit dans les yeux le sbire qui a osé vous donner un ordre. Celui-ci vous reconnaît et décide de prendre la tangente.    
 
C – Vous prenez la fuite !    
 
 
8/ La scène finale est une fusillade entre vous et les méchants.    
 
A – Bouddhiste extrême, vous foncez dans un gunfight où vous êtes seul face à une dizaine de méchants. Ces derniers sont incapables de vous atteindre (même à bout portant), alors que chacun de vos coups atteignent fatalement un des leurs.    
 
B – Idem que A... sauf que les méchants sont une centaine, et que vous les tuez sans sourciller.    
 
C – Vous attendez les renforts pour faire une arrestation dans les règles.    
 
 
Vous avez une majorité de:    
 
Réponse A: Bravo, vous êtes Steven Seagal dans « l'Ombre Blanche ». Votre jeu (très) limité, votre philosophie new-wave, votre look iconoclaste et votre art de l'aïkido sont vos armes pour arrêter le sombre complot qui se trame à Los Angeles. Votre subtilité s'allie maladroitement à votre côté bourrin, mais vous demeurez un héros intouchable. Estimez-vous heureux, vous avez rendu tétraplégique une centaine de figurants.    
 
Réponse B: vous êtes Chuck Norris ! Ce qui est impossible puisqu'il n'existe qu'un seul Chuck... et il déteste les imposteurs. Il connait déjà le résultat de votre test et se dirige vers votre lieu de résidence pour vous anéantir.    
 
Réponse C: Vous êtes un individu normal. Vos actions sont plus sensées que celles des personnages de cinéma. Par contre, votre risque de mortalité est de 99%.    
 
   
En récompense, voici quelques extraits du film:
 
   
 
 
   
Lef Dur
 
 
 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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