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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 18:07

 

A 1H du mat', on est là, affalé dans son canapé devant les vignettes défilantes de Netflix les yeux dans le vide. On vient de finir de regarder le dernier épisode de Star Trek Discovery, la première excursion de la franchise sur petit écran depuis 2005. On est perplexe: il y a bien les vaisseaux, les phaseurs, les synthétiseurs, les oreilles pointues, les klingons (avec un look classe) mais quelque chose cloche. Au delà des jolis effets spéciaux et de la très bonne esthétique, on commence à se rendre compte de ce qu'on a perdu: Où sont passées les conversations du mess et les préoccupations du quotidien qui rendent les personnages si proches de nous, cet utopisme affiché qui paraît tellement déplacé et naïf au beau milieu de cette SF pessimiste du XXIème siècle, la curiosité de l'exploration, les dilemmes cornéliens, les nouveaux mondes étranges où l'Homme n'a jamais posé le pied ? En fait, je les ai retrouvé toutes ces choses, et elles sont passées à distorsion 9 dans la nouvelle de Seth MacFarlane, The Orville. Engage !

 

A première vue, les bandes-annonces ne nous vendent pas vraiment du rêve. Juste une énième série pastiche sans trop d'imagination, quelques blaguounettes sans amibition par-ci par-là. On nous vend une comédie de Seth McFarlane, un auteur qui divise beaucoup sur sa capacité à écrire des scénarios corrects. Les Griffin m'avait toujours laissé indifférent, me rappelant sans cesse une sorte d'imitation des Simpson dans leur âge d'or. Pour ce qui était du cinéma, Ted avait pour lui quelques bonnes idées et un bon cast' mais restait une comédie assez terre à terre. Quant à Albert à l'Ouest, il ne m'avait pas décroché un seul sourire. C'est donc sans grands espoirs que j'ai abordé The Orville.

 

 

Le premier épisode nous pose les bases de la série dans un rythme assez lent. On y suit les aventures de Ed Mercer, officier de la flotte de l'Alliance des planètes (globalement une copie de la Fédération des planètes-unies de Star Trek accompagné de toute sa ribambelle de principes humanistes, même le générique, l'insigne et les uniformes ressemblent). Pitch classique: Ed est cocu et décide de tout plaquer. Après une période de vide, l'amiral de la flotte lui propose (parce qu'il n'y avait personne d'autre) un poste de capitaine à bord de l'Orville, vaisseau d'exploration dont le design rappelle la SF utopique des années 60. Jusque là, rien de bien folichon: on a le droit a quelques répliques de son timonier et meilleur ami qui passent parce qu'elles ne sont pas trop lourdes, un synopsis bateau avec une ex qui revient dans la vie du héros (en gros son second que les trekkies appelleront volontiers le Numéro 1 ou commandeur)... Mais c'est à l'instant où on se retrouve sur la passerelle du vaisseau qu'on se rend compte... que The Orville n'est pas une parodie de Star Trek mais un Star Trek. L'équipage est basiquement un équipage de Star Trek: le capitaine supposé être un modèle d'humanisme mais vivant avec ses vieux démons, la commandeur toujours là pour rappeler son supérieur à l'ordre lorsque ce dernier est sur le point de franchir les limites de la moralité, le médecin qui est le vecteur de la vie sociale du vaisseau et à qui on confie ses problèmes, l'alien ayant du mal à trouver ses marques dans une société étrangère et ainsi de suite. Les quelques pointes d'humour de la série sont la plupart du temps de l'ordre du comique de situation et sont une manière pour l'auteur de souligner certaines incohérences du matériel d'origine: la "webcam" de la passerelle, le babillage scientifique, etc...

A partir de l'épisode 2, on entre définitivement dans la logique de Star Trek: un épisode centré sur un personnage du vaisseau ou une problématique d'ordre morale (parfois les deux en même temps). Les intrigues, très bien ficelées et dignes de l'original s'enchaînent dans des épisodes qui comme Star Trek n'ont pas de fil rouge si ce n'est la menace sporadique des Krill, une espèce bélliqueuse à qui un épisode entier (épisode 6) est consacré afin de connaître leur culture et leurs croyances. On nous parle de la problématique du genre, de choc des cultures, de la libre détermination des peuples et du libre-arbitre dans une atmosphère de curiosité intellectuelle qui m'a rappelé le souvenir des meilleurs épisodes de The Next generation ou Enterprise. Parmi les 6 épisodes que j'ai visionné, le quatrième, If the stars should appears est sans aucun doute le meilleur et devrait vous convaincre d'adopter cette série sans plus attendre. L'équipage y découvre errant dans l'espace un vaisseau-arche vieux de 400 ans ou vivent une espèce d'humanoïdes ayant oubliés leur propre Histoire, convaincus que l'univers tout entier se limite au "grand jardin" qu'ont construits leurs ancêtres au sein du vaisseau. Ayant découvert que ce dernier se dirige droit sur une étoile proche, l'équipage est contraint d'intervenir mais Mercer se retrouve alors confronter au dilemme qui est de remettre en cause les croyances de tout un peuple.

 

Malgré ma grande indulgence à l'égard de cette série, je me fais néanmoins du soucis à son sujet. Si celle-ci est très bien construite et possède de grandes qualités, The Orville souffrira toujours de la comparaison avec Star Trek à moins que la série n'adopte une identité propre, ce qui à mon avis serait très difficile au vu de tout le contexte déjà établi en 6 épisodes et qu'il faudrait donc complètement revoir. Certains pourront crier au plagiat, je parlerai plutôt de fan-fiction d'un grand amoureux de la franchise (pour l'anecdote, Seth MacFarlane avait supplié la production de Star Trek Enterprise pour y apparaître en tant que simple figurant il y a quelques années). Là où Albert à l'ouest se vautrait lamentablement de son imitation extrêmement lourde des poncifs du western, The Orville est une réussite à la fois par la légèreté de son humour et par son sérieux qui constituent le témoignage d'un attachement profond de McFarlane à son univers préféré. S'il n'a pas renouvelé le genre, McFarlane est allé avec audace, là où aucun trekkie n'est jamais allé.

 

Note: 3,5/5

 

Badelaar

 

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