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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 18:18

Top 3 de Clémentine Samara:

 

Salut mes p'tits bichons ! Et non, on n'est pas mort, le Kamikaze de l'écran reste toujours à l'affût des petites perles à mettre en lumière. Ne nous voilons pas la face : 2017 n'était pas un bon cru. Quand on croyait que cette année ne pouvait pas être pire que 2016, on s'est bien mis le doigt dans l'oeil. Seule consolation : le cinéma... Oh, wait ! Au temps pour moi, j'avais oublié que la programmation n'était pas exceptionnelle non plus cette année. Bien sûr que nous avons eu des coups de cœur au sein du Kamikaze, mais sans surprise. A moins que vous ayez vécu dans une grotte, je pense que vous avez entendu parler de La La Land, Mother !, Au-revoir là-haut, Wonder Woman... Aucune surprise au box-office, qu'aurions-nous pu dire de plus que ce que vous ne savez déjà ? Hein ? On fait pas de redites au Kamikaze, c'est pas notre genre.

Mais j'entends d'ici les mauvaises langues... Ne croyez pas qu'on s'est tourné les pouces pendant un an ! Non, non ! Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les séries fleurissent aussi vite que des boutons d'acné d'un adolescent en pleine grâce de sa jeunesse. Alors, comme on est des gens sympa et qu'on aime prêcher la bonne parole (surtout la nôtre, parce que c'est la mieux), on a opté pour un Top 3. Et croyez-moi... Le deuxième va vous épater !

 

 

 

Je dédie la médaille de bronze à « 13 Reasons Why », qui n’aura sans doute pas échappé aux plus vigilants d’entre vous, les publicités et les bouches à oreille auront bien fait leur taf. Le speech : une adolescente se suicide, et enregistre une série de cassette donnant 13 raisons de son passage à l'acte, visant 13 personnes de son entourage. En les écoutant, Clay Jensen se remémore de leur rencontre et des semaines qui ont suivi sa disparition.

 

Clay Jensen (Dylan Minnette) et Hannah Baker (Katherine Langford). Mais ça, c'était avant.

 

Le propos est dur, mais les épisodes se laissent regarder et la sobriété de la mise en scène évite de justesse les clichés redoutés. Rythmée par la voix off posée d’Hannah, la sensation créée est faussement tranquille, les sentiments et les événements vécus sont minutieusement décortiqués pour laisser une terrible impression d’un gouffre qui se creuse jusqu’au dernier quart d’heure. On plonge dans un sujet difficile mais malheureusement d’actualité pour beaucoup d’adolescents : le harcèlement moral et tout ce qui va avec (la sexualité des adolescents, la dépression, la notion de consentement...). Et pour les plus perplexes d'entre vous, non, la série n’est pas morbide : la voix narrative de l’adolescente nous entraîne dans une balade mélancolique à travers le temps et l’espace, et il n’est jamais question de glorifier le suicide. En fin de compte, le récit est fluide, il fait efficacement le pont entre le passé et le présent, et navigue aisément entre les différents points de vue de chaque personnage. Au-delà de ça, il y a une volonté d'en tenir un propos respectueux avec la meilleure volonté d'en tirer un enseignement. Développée par Brian Yorkey, et adaptée du roman Treize raisons de Jay Asher, « 13 Reasons Why » mérite à mes yeux sa place dans mon top 3 malgré ses petits défauts. Je serai curieuse de connaître la suite.

 

 

 

J’attribue la seconde place à la nouvelle création de Ryan Murphy : « Feud » (prononcez « fioud », et comprenez « querelle » si vous n’êtes pas à l’aise avec la langue Shakespearienne). En 1962, Jack Warner, producteur de légende et fondateur de l'actuel studio Warner Bros., réalise le coup de l'année en sortant le film « Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? », mis en scène par Robert Aldrich et avec en vedettes Bette Davis et Joan Crawford. Ces noms ne vous disent rien ? Elles étaient en leur temps deux des plus grandes stars de cinéma au monde. Bette Davis était une actrice incontournable des années 30 reconnue pour ses rôles de composition ; Joan Crawford était connue quant à elle pour être l'une des plus belles femmes de l'âge d'or Hollywoodien.

 

Les vraies Bette Davies / Joan Crawford. Ne vous fiez pas à leur sourire amical.

 

Considérées par les studios comme hors d'usage à cause de leur âge au début des années 1960, Joan Crawford et Bette Davies vont se battre bec et ongle pour relancer leur carrière avec le film « Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? », malgré leur antipathie (qui cache en réalité une grande admiration) réciproque. Un film d'horreur avec deux stars sur le déclin en haut de l’affiche : une haine à la vie comme à l’écran, quelle aubaine ! Et contre toute attente, malgré un tournage difficile accompagné de coups bas et de commérages pendant plusieurs mois, le film fait un tabac. Si Bette Davies profite du succès immédiat jusqu’à sa nomination aux oscars dans la catégorie meilleure actrice, le triomphe commercial ne suffit pas à relancer la carrière des deux divas, car après tout : « Personne de moins de 35 ans ne connaît ces femmes ».

Qu'ouïe-je ? Âgisme, sexisme et misogynie ? Bingo, vous êtes en plein dedans : dans les années 1960, il n'était pas question que des femmes prennent le pouvoir à Hollywood, célèbres ou non. Au point que tous les coups étaient permis pour entretenir la rivalité entre Crawford et Davis , à la fois par les médias, mais aussi par Jack Warner lui-même. Mais « Feud » donne bien plus qu'une lecture d'un crêpage de chignon, elle nous apprend un détail fondamental origine à cette querelle : Bette était talentueuse, Joan était très belle... et chacune désirait ce que l'autre avait. La série s'attache donc à raconter cette histoire complexe qui trouve sa source bien des années auparavant, mais marquée bien évidemment par les coups bas ayant eu lieu sur le tournage (plutôt amusant quand on fait le parallèle avec le film).

 

La guerre des Divas. Ca va saigner.

 

La grande force de « Feud » est de nous faire un miroir entre le présent et le futur. Hollywood a t-il évolué en soixante ans ? Bien sûr, les femmes ont apporté du changement, bien qu’il reste encore fort à faire (inutile de vous rappeler les scandales de différences de salaires hommes/femmes fréquents à Hollywood, ou encore le récent hashtag #Metoo). Mais ce qui a réellement changé aujourd’hui, c’est le pouvoir des femmes, en particuliers des actrices : il n'est plus rare de voir des interprètes prendre les commandes, la série est elle-même coproduite par Susan Sarandon et Jessica Lange (magistrales interprètes de cette première saison). Cependant, ces opportunités tiennent aujourd’hui à la télévision, et non au cinéma. Est-ce un mal pour autant ? La télévision offre aujourd’hui des séries prestigieuses d’une qualité digne de grands films, avec plus de liberté et de créativité, et elles attirent de plus en plus de stars de cinéma. Impensable il y a 60 ans, la télé étant considérée comme un « sous-média » par rapport au cinéma. Un peu comme les vidéastes sur Internet, mal-aimés de l'univers de la télévision aujourd'hui, n'est-ce pas ?

« Feud » m’a donc totalement conquise pour sa démarche, son scénario, ses axes de lecture et ses interprètes, je serai curieuse de découvrir la saison 2, qui se portera sur le couple princier tristement célèbre : Charles et Diana.

 

 

En haut du podium, je situe « Handmaid’s Tale : la servante écarlate ». Chapeau bas à Bruce Miller pour cette adaptation magistrale qui tombe à point. Pour vous résumer : dans un proche futur, le taux de natalité est extrêmement bas. Une secte politico-religieuse, « les Fils de Jacob », en a profité pour prendre le pouvoir lors d'un coup d’État et transformer le pays en dictature rétrograde. Désormais, les femmes sont réduites à des « objets », elles n'ont plus le droit de lire, ni écrire, ni travailler, ni rien posséder. Elles sont désormais catégorisées selon leur fonction : les Épouses sont les femmes des dirigeants, les Martha s'occupent de la maisonnée et les Servantes, habillées en rouge pourpre, sont uniquement dédiées à la reproduction, sous la surveillance rigide des Tantes. Les Servantes sont affectées au sein des familles dirigeantes, jusqu'à ce qu'elles mettent au monde les enfants tant désirés.

« Handmaid’s Tale » a le mérite de nous plonger dans une dystopie probable et terrifiante, en démontrant comment un pouvoir abusif peut progressivement se mettre en place sans résistance, pour finalement dévoiler le pire de nous-même. Pas de monstre, pas de vilain machiavélique, pas de caricature ou de cliché : au fil des épisode, les personnages se mettent en place et permettent de définir une psychologie complexe et une conscience propre. L'Homme révèle ainsi le pire de lui-même. Pire que le « chacun pour soi », l’obéissance de la population est motivée par une volonté de bien faire pour remettre le pays à flot. Les flashbacks réguliers (mais loin d’être trop envahissants, ce qui rend le récit fluide et agréable à suivre) tout au long de cette première saison nous font progressivement comprendre que ce futur ne s’est pas imposée du jour au lendemain. Fascinant et déroutant, quand on sait que l’auteure du roman éponyme, Margaret Atwood, s’était définit l’objectif de ne rien inclure que l’humanité n’ait pas déjà fait ailleurs ou à une autre époque, ou pour lequel la technologie n’existerait pas déjà. C’est pourquoi cette série donne une sensation glaciale de « déjà vu » sur bien des aspects.

 

Dans « Handmaid's Tale », il n'est plus possible de demander un 06 à une jolie fille.

 

Là où la série nous file une grande claque, c’est qu’elle décide de ne presque jamais montrer de sang. Pas de scène gore pour les plus sensibles d'entre vous. Non, l’horreur est ailleurs : le féminin est une abomination. Le plaisir féminin, l’utérus, l’indépendance doit être sous contrôle. Pour exemple, le troisième épisode se clôt dans une chambre d’hôpital immaculée, sans une goutte de sang portée à l’écran. Une servante lesbienne se réveille d’une opération, des pansements cache son sexe. Et on comprend alors qu’elle a été victime d’excision du clitoris, le seul organe exclusivement conçu pour le plaisir féminin. Fort heureusement, son vagin n'a pas été touché, elle peut donc continuer à procréer.

Dans ce quotidien effrayant, nous suivons le parcours et le point de vue subjectif de « Offred » (traduire : « De Fred », car au service du commandant Fred Waterford) alias Elisabeth Moss, une femme qui a perdu sa fille et son mari dans sa fuite, devenue Servante. La puissance de ce personnage soumis de force, qui rend une force indéniable à la série, provient essentiellement de sa voix off. Celle-ci nous raconte son histoire petit à petit, épisode après épisode, sans jamais en faire trop. Elle fait le lien entre son passé (par des souvenirs mélancoliques) et le présent (en apportant des descriptions et des réflexions), elle apporte un souffle de vie et émet une richesse intérieure du personnage. Et malgré tout l’horreur du récit, nous nous accrochons, tout comme Offred, à un mince espoir de rébellion ou de fuite. Et c’est cette petite étincelle qui permet à la série de véhiculer une mise en garde, et un message positif : résister et s’unir contre la terreur.

 

 

Attention, ce Top 3 inclus seulement mon avis personnel... Mais comme je suis publiée dans le Kamikaze, j'ai le droit de dire qu'il reflète la vérité absolue et universelle (et celui de Lef aussi... Même s'il triche un peu à la fin de son article, ce qui n'est pas très fair-play). Vous n'aimez pas ? Vous n'êtes pas d'accord ? Vous trouvez injuste qu'on ait oublié de parler d'une série ? Alors vous avez le choix entre ronchonner en silence sur ce qu'on a écrit dans votre coin... ou bien vous pouvez nous le faire savoir en commentaire. Et on sera prêt à débattre sur les meilleures séries 2017. Enfin, peut-être... parce qu'on fait un peu ce qu'on veut au Kamikaze. Non mais oh !

Sur ce, on vous souhaite une bonne fin d'année les p'tits bichons !

 

 

 

 

Le top 3 de Lef Dur:

 

Salut les canaillous, si vous avez fait une overdose de chapons et de dindes aux marrons, le kamikaze a le remède pour soulager votre digestion avec une bonne séance de rattrapage culturelle ! Alors pour se faire on va revenir sur la défunte année 2017 et en sortir les bons aspects. Que du bon ! L'humanité va au mieux, l'écologie est devenue la préoccupation première de chaque citoyen du monde, le monde entier lutte contre les inégalités sociales, et chaque individu pense au bien-être de son prochain, quoi rêvez de mieux, non ? Ah on me dit dans l'oreillette que la situation est tout aussi merdique qu'en 2016 sauf qu'on s'enfonce un peu plus dans la fange, autant pour moi. Allez positivons, peut-être qu'il y a des petits chef-d'œuvres pour illuminer ces sombres moments, regardons du côté du cinéma... ah euh rien d'intéressant. Même les nanars de bonne qualité se font aussi rare que de l'amour-propre chez les spectateurs de Cyril Hanouna, ma bonne dame ! Vous vous rendez compte ! Oui je suis vieux et aigri, et alors ? Oui Je suis de mauvaise foi, oui et alors !? C'est mon article je fais ce que je veux. Je vois quelques personnes qui vont me vanter les mérites de tel film ou tel film sorti cette année, mais je le répète : je m'en fous, c'est mon article, je fais ce que je veux. Fais ton propre article ou laisse un commentaire (avec un peu de chance je daignerais le regarder). Je pourrais parler alors de musique mais mon côté « bobo » m'empêche d'écouter du son contemporain. Par contre, je peux vous parler de série TV, parce que cette année j'ai passé pas mal de temps à glander sur Netflix et autres plate-formes.

Et vu que j'ai la flemme de faire un vrai article, je vais faire un top. Et vu que j'ai une grosse flemme je vais même faire un top 3. Et ce qui est top avec les tops, c'est que c'est « pute-à-clic » et ça ramène du monde (bah ouais un top c'est rapide et concis, le lecteur va pas s'amuser à lire un pavé, lire c'est has-been)

Je le répète, ce top n'est que mon simple avis, donc en toute objectivité je vous dirais que je ne vise que de la qualité. Tout le reste n'a que peu d'intérêt... évidemment !

 

The Handmaid's Tales

 

Je ne sais pas si tu as vu mais les américains ont élu comme maître suprême un troll internet avec une vilaine mèche blonde, le tout dans une jolie ambiance réac' qui sent bon le XIXeme siècle. Handmaid's Tale arrive comme une fleur dans cette atmosphère quelque peu délétère.

L'histoire se déroule dans un futur proche, dans un monde en proie à une crise écologique et à une chute de la natalité qui n'est pas sans rappeler le très bon Les Fils de l'homme d'Alfonso Cuaron. Aux Etats-Unis, un groupe politico-religieux du nom des « Fils de Jacob » profite de l'instabilité politique pour orchestrer un coup d'état et s'emparer du pouvoir. Au prétexte de leur garantir un avenir, le nouveau gouvernement prive le peuple de ses libertés et surveille le moindre geste des habitants, dorénavant divisés par castes. Les opposants politiques, les homosexuels et les prêtres catholiques sont condamnés à mort. Les femmes ne sont plus des citoyennes à part entière, et catégorisées en trois fonctions : les Épouses (habillées en bleu) les femmes des dirigeants, les Martha (en gris) qui s'occupent de la maisonnée et les Servantes (en rouge pourpre) qui sont uniquement dédiées à la reproduction, sous la surveillance stricte des Tantes (en marron) et soumises aux bons vouloirs d'une caste dominante qui ne voit en elle que des coquilles vides juste bon à faire des marmots . Nous suivons l'itinéraire d'une de ces Servantes, Offred (joliment interprétée par Elisabeth Moss).

La première qualité qu'on peut attribuer à Handmaid's Tales est la subtilité de son écriture, qui ne part jamais dans de grandes scènes explicites, ni de grandes démonstrations. Nous sommes à hauteur du regard d'Offred et nous découvrons l'horreur de cette société à ses côtés. Ses balades et ses rencontres lui permettent d'être témoin du changement : des destructions d'églises, des proches qui disparaissent, des potences le long des quais. Les informations se dévoilent progressivement au fil des épisodes, soutenus par des moments de flash-backs et des petits indices visuels, le tout dans une ambiance froide à l'image de cette société glaçante et oppressante. La mise en scène est volontairement lente, et c'est ce qui fait qu'elle est captivante car on a envie d'en savoir un peu plus à chaque épisode sur cet univers, de découvrir son fonctionnement, le pourquoi et le comment de cette situation tragique, et d'être toujours surpris par cette dystopie terrifiante qui rappelle sans cesse les risques de l'obscurantisme religieux, des manipulations politiques et des dérives sécuritaires.

Je profite de l'occasion pour offrir une palme d'or à Joseph Fiennes, qui incarne le perso le plus malaisant de cette série :

Non parce qu'il est juste merveilleux dans le genre « sadique insidieux » .

 

 

Mindhunter

 

L'autre bonne série du moment, c'est Mindhunter. Qui mieux que David Fincher pour nous parler des serial-killers, lui qui est déjà papa de Seven et Zodiac ? Et oui, Fincher est à la production et à la réalisation, rien que ça. Ici, on s'intéresse à la naissance du profilage. Mindhunter s'inspire librement de la véritable histoire de deux agents du FBI, John Douglas et Robert Ressler, initiateurs à la fin des années 1970 du profilage criminel et de l'étude des tueurs en série,

On se penche alors sur ces méthodes qui jusqu'en dans les années 1970 n'existaient pas (ou peu), pour comprendre un genre de meurtre, gratuit, incontrôlable et jusqu'ici incompris alors des services de l'ordre. Pour interpréter et traquer ces tueurs en série, James Holden et Bill Tench, deux agents du FBI, partent interviewer les pires criminels de l'époque, écouter leurs histoires sordides et de comprendre leurs gestes, brisant les tabous de l'époque et en allant à l'encontre des ordres. La direction va même jusqu'à les cacher dans les sous-sols du FBI pour éviter que leurs activités ne s'ébruitent et fassent tâche à l'image du bureau.

Bienvenue dans les années 1970, les valeurs optimistes des années 50 et 60 ne sont plus de mise, nous voilà plonger dans l'Amérique des freaks et des white trash.
Et dans une période HBOesque où il faut de l'action, du rutilant et du sexe, Mindhunter prend à contre-pied la tendance actuelle. A l'instar de ses protagonistes, ici la psychologie prédomine sur l'action. Pour une série centrée sur des tueurs, elle montre peu de scènes de meurtres, ou de démonstrations de violences directes. Les mots suffisent pour décrire l'horreur de leurs actes. On nous force à se poser et écouter. On évite aussi les lieux communs des autres séries d'enquête criminelle, il n'y a pas de ligne de démarcation bien/mal entre les agents et les tueurs. Holden se met au même niveau que ces criminels pour mieux les saisir : Qu’est-ce qui les pousse au meurtre ? Est-ce que ces hommes sont juste fous à lier, comme le répètent les autres flics que croisent Holden et Tench dans la série, ou victime de leur environnement, de leur passé ? Fincher s'amuse ainsi à jouer sur une certaine ambiguité morale, ce qui apporte son lot de scènes dérangeantes à souhait. Bref, David Fincher est en grande forme, et Mindhunter mérite amplement l'audience d'un Esprits Criminels.

 

 

The Orville

 

Je voudrais bien vous parler de The Orville, mais ce salopiaud de Badelaar a déjà vanté les grandes qualités de cette petite série SF, donc je ne vais pas m'attarder trop sur le sujet (pour plus d'approfondissement:http://kamikazedelecran.over-blog.com/2017/10/the-orville-critique-de-badelaar.html). Je ne suis pas un grand fan de l'humour balourd de Seth MacFarlane, j'abordais donc la série avec quelques appréhensions. Mais hormis l'histoire de séparation entre les protagonistes, le capitaine Ed Mercer et le commandant Kelly Grayson, quelque peu convenue et bateau, qui sert de leitmotiv aux deux premiers épisodes, the Orville s'épanouit rapidement telle une jolie fleur cosmique. Ne tombez pas dans le piège : ce n'est pas une parodie de Star Trek ! L'humour est présent pour casser quelques codes du genre, mais jamais mis en avant. MacFarlane, en bon fanboy, nous propose plutôt une véritable déclaration d'amour au genre. The Orville convoque ce qui réussissait à Star Trek, notamment dans les séries Enterprise ou The Next Generation : de l'exploration évidemment, mais aussi faire la connaissance de l'équipage d'un vaisseau, les approfondir, les faire face à des dilemmes moraux. On y parle de choc des cultures, de la libre détermination des peuples, de l'eugénisme, des interactions humaines, ect. Mais la série de MacFarlane n'est pas qu'un simple copié-collé ! Il s'émancipe peu à peu de son idolâtrie pour créer son propre univers, avec ses peuples, ses codes, ses conflits, Ce n'est plus du simple pastiche, ni de l'hommage aveugle, The Orville s'émancipe pour s'envoler vers de nouveaux cieux.

 

 

 

 

Mention honorable: Glow

 

Et vu que le Kamikaze n'aime pas respecter les règles, je rajoute à ce top 3 une mention honorable pour une autre série : Glow !

Enfin une œuvre qui aborde avec respect l'art mésestimé du catch ! Car oui le catch, souvent raillé pour son côté populaire, n'est rien d'autre qu'une forme artistique avec ses propres codes, que ça ne déplaise à certains. Le catch, grand théâtre grandiloquent qui ne se prend pas au sérieux. Bref, le catch c'est cool. Et Glow le rappelle bien. Pas de parodie, pas de regard hautain sur le sujet, juste un bel hommage. Les personnages sont attachants, l'immersion dans le San Francisco des années 1980 est juste parfait, et tout ça offert avec un humour politiquement incorrect, et une Alison Brie qui pète le feu (Alison, je t'aime). C'est une jolie mise en scène d'un groupe de femmes hétéroclites, différentes les unes des autres, mais qui par leur expérience sur le ring va leur donner un pouvoir et une capacité d’agir qu’elle ne soupçonnait pas auparavant, ou que la société ne leur permettait pas de développer. Bref, une bonne petite série militante et divertissante à la fois.

 

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