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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 13:05
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Gravity est un chef-d’œuvre. Tu le sais avant même de l’avoir vu. Tu sais qu’il est époustouflant et sensationnel, que c’est le« meilleur film sur l’espace jamais réalisé » dixit Cameron. Bref… Tu sais que tu en auras pour ton argent. Il y a intérêt : il est projeté en 3D, à plus de 10€ la place, pourtant on sait la déception qu’a suscité Avatar à sa sortie (la fameuse pub Haribo juste avant le film, remember ?). Du 3D à tout va pour peu de sensation, autant aller voir une pièce de Tchekhov qui saura mieux te remuer les tripes. J’exagère à peine. Tu sais d’avance que c’est un chef-d’œuvre, puisque partout on l’annonce comme le film de l’année 2013.
J’avais envie de voir Gravity pour plusieurs raisons : c’est un film sur l’espace – un exercice très difficile quand on sait que jusqu’à présent la référence dans le genre n’est autre que 2001, l’Odyssée de l’Espace ; d’autant que tout repose (presque) sur un seul personnage. Plus casse gueule, tu meurs surtout que je ne suis pas franchement une fan de Sandra Bullock ; et enfin l’histoire, qui mérite notre attention. Ô joie, ce n’est ni un remake, ni un prequel, ni une suite, ni une histoire tirée d’un fait réel !
 
Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky (George Clooney). Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.
Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...
 
 
 
Filmer l’espace ? Ca a été fait environ un bon millier de fois. Le réalisateur Alfonso Cuaron a pensé à un détail non négligeable : ENFIN, on n’entend pas les fameux sons dans l’espace. Pas de bruit d’explosions, rien. C’est simple: le film commence et te pose direct la définition même de l’espace : pas de gravité, pas de pression atmosphérique, pas d’air, rien ne peut porter le son. Toute vie dans l’espace est impossible.
Filmer l’espace, oui ça a été fait une bonne dizaine de millier de fois. Alfonso Cuaron a su le filmer. Avec aisance, fluidité, de longs plans, en reprenant des images rapportées par les astronautes, extraordinaires et surprenantes. Le premier plan-séquence dure une quinzaine de minutes et déjà tu te laisses dériver avec les astronautes. Tu oublies la notion de haut ou de bas. La caméra elle-même semble flotter et ne s’arrête jamais, tu ressens un sentiment aussi agréable que dérangeant. La gravité est un point de repère qui n’existe pas dans l’espace, donc inexistante pendant tout le film.
Filmer l’espace ? Une belle opportunité pour t’emmener en voyage dans un autre monde. Une vue sur Terre telle qu’on ne peut la voir que depuis le ciel, perçu comme le berceau de la vie, l’espace et son apesanteur (vous lancez un objet en mouvement, il continuera sa course à l’infini), et surtout, nous sommes pendant 1h30 en dehors du temps. Pas de nuit, pas de jour, rien que l’espace et son vide immense, avec ses quelques êtres vivants qui flottent autour de la Terre. Bref, tu te prends une grosse claque dans la tronche dès le début du film : au-dessus de ta tête, c’est mort. Et surtout, tu te sens vraiment tout petit. On se remet à notre place.
 
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Bon, l’espace n’est pas tout à fait mort : il y a quand même George Clooney.

 

 

Là où le film prend de l’ampleur, c’est toute la symbolique qu’il colporte. On ne filme pas l’espace juste pour faire joli. Une femme a perdu tout contact avec la Terre. Elle se situe dans une zone hostile, là où toute forme de vie est impossible, et va devoir se battre pour retrouver la planète mère. On retrouve presque, en analysant le film en profondeur, l’histoire-même de l’Homme : au début, il n’y a rien. Puis de ce rien nait quelque chose. Un organisme vivant qui vient d’ailleurs, et qui va évoluer petit à petit. Sandra Bullock porte le film non pas à elle seule, mais avec l’espace. Elle est la vie. Elle incarne une femme déracinée flottant dans l'espace, le lien vital entre sa présence maternelle et la Terre, et métaphoriquement, elle incarne le parcours de la vie : mourir pour renaitre ensuite. Et je dois l’admettre : elle est irréprochable. Par ailleurs, le personnage évoque la perte de son enfant ; un détail intéressant qui explique sa psychologie. Son besoin de se replier sur elle-même et son envie d’être seule se retournent contre elle puisque pour survivre, elle doit adopter un comportement inverse. 

 
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Comment trouver encore la force de se battre lorsqu’on est seul ?

 

Je le disais précédemment, à mon sens le meilleur film sur l’espace semblait revenir, et de loin, à Stanley Kubrick. Technologies avancées obligent certes, mais aussi par le scénario, la réalisation, la BO et le réalisme recherché, j’ose affirmer qu’Alfonso Cuaron a réussi à faire mieux. Sandra Bullock est une révélation à mes yeux, et le duo éphémère porté avec George Clooney fonctionne très bien. Et la musique ? Si la BO est tout à fait remarquable, le silence a tout autant d’importance, si ce n’est plus. Et Alfonso en joue beaucoup. Normal, on est dans l’espace, pas dans Armageddon. La musique accompagne le mouvement, parvient à faire monter la puissance de certaines scènes. Elle vous touche, vous bouleverse, vous fait flipper, mais elle fera réellement sens à la fin du film. En fait, rien n’a été laissé au hasard, et surtout pas la fin ! L’eau, la gravité, le sol, l’environnement de son atterrissage : vous n’aurez jamais vu une scène représentant l’Homme de manière aussi juste.

Filmer l’espace ? Alfonso Cuaron l’a fait. Et promis juré, il n’y a rien d’abstrait. Pas de scène chiante ou expérimentale (au contraire, on a même applaudi son réalisme). On n’a pas le temps pour le surréalisme. Je crois que ce n’est pas qu’un film sur l’espace : c’est un film qui porte un regard sur l’Homme et son lien avec la Terre. On l’avait presque oublié. Et bien après avoir découvert ce film, je mettrais ma main au feu que vous n’aurez qu’une envie : lever votre nez vers le ciel. D’ailleurs, c’est exactement ce que je vais faire.

 

 

 

Clémentine Samara

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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