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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 17:36

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Depuis plusieurs années, les majors nous offrent de nombreuses adaptations de la littérature « young adults », ces romans à succès s'adressant à des lecteurs entre 12 et 18 ans. Et plus les idées se fanent dans la machine hollywoodienne, plus on se tourne vers ces garanties de grosses entrées de dollars. 2014 a été une année très marquée par cette vogue... et souvent pour le pire : Le Labyrinthe, Divergente, Hunger Games – La révolte 1ère partie (quitte à engranger du pognon, autant prolonger l'aventure sur plusieurs parties), The Giver, et enfin la dernière tâche au tableau Le Septième Fils !

Je n'ai pas lu le livre dont l'aventure est tiré, L'Apprenti épouvanteur de Joseph Delaney, mais ce que je viens de voir dépasse les limites de la bêtise cinématographique – au même rang qu'un Hansel & Gretel ou un I, Frankenstein. Télérama: “ Sergei Bodrov se laisse, certes, déborder par des effets spéciaux standards, mais il sait filmer avec talent une nature authentique. ” WHAT !?. L'Ecran fantastique : "Une épopée surnaturelle pleine d'énergie". NON ! Mais arrêtez de vanter les mérites de ce... machin ! Même les Trois Mousquetaires en 3D était plus inspiré. Les producteurs n'ont même pas réussi à trouver un réalisateur sur leur territoire qui ait le courage de le réaliser. On a tout de même le droit de retrouver au casting, Jeff Bridges et Julianne Moore, qui se côtoient quinze ans après le cultissime The Big Lebowski.

Chers spectateurs, attendez à voir un summum d'idées éculées: un jeune héros charmeur, un vieux mentor usé par la vie, une histoire d'amour impossible, une prophétie, le tout emballé dans un fourre-tout culturel improbable et une imagerie bas de gamme.


Synopsis : Une époque enchantée, où les légendes et la magie ne font qu'un…L’unique guerrier survivant d'un ordre mystique  part en quête d'un héros prophétique doté d’incroyables pouvoirs, désigné par la légende comme étant le dernier des Sept Fils.
Le jeune héros malgré lui, arraché à la vie tranquille de fermier qu'il menait jusqu'à présent, va tout quitter pour suivre ce nouveau mentor rompu au combat. Ensemble ils tenteront de terrasser une reine d’autant plus maléfique qu’elle a levé contre le royaume une armée d'assassins redoutables aux pouvoirs surnaturels.

 

 

 

 

Tout commence avec un jeune barbu refermant une grille sur un immense puits, creusé au sommet d'une montagne. Du trou béant  nous parvient les suppliques d'une femme sommant l'homme (un certain « Gregory ») de la libérer... Mais non, il part et la laisse pourrir ici. Les années s'écoulent, le paysage change autour de nous. Puis arrive une nuit où le ciel arbore une lune rouge. La créature croupissant dans le trou se réveille soudainement et se libère tel un diablotin à ressort du puits. A croire que cela ne servait à rien de bâtir une prison si la créature était capable de sortir de là au bout de quelques années.

Dans un village, les cloches sonnent. C'est l'alerte ! Jon Snow (si, si... il est dans le film) rentre dans la taverne et vient réveiller son ivrogne de maître, Gregory, incarné par un Jeff Bridges sous Xanax. Le jeune Gregory est devenu un vieux barbu cuvant dans les tavernes. Un soldat vient l'aborder en lui disant : « hey le vieux ! Il y a la cloche qui sonne ! ça signifie qu'on a besoin de toi pour protéger le royaume contre les forces du mal. Tu es un chevalier ». Un univers où l'armée demande au poivrot du coin de protéger le royaume, on a déjà de quoi s'inquiéter, et ça se justifie lorsque le soldat se prend ensuite une dérouillée mémorable par ce même alcoolique. On a le droit à une p'tite séance de kung-fu dans lequel le héros se félicite d'avoir défié la loi de la gravitation, au point qu'il n'a réussi à renverser aucune goutte de son doux breuvage, malgré ses nombreuses galipettes.

Maître Grégory et son apprenti Jon Snow parviennent au lieu de l'incident : une église, où la fameuse créature de l'introduction possède le corps d'une jeune fille. Celle-ci est vite dépossédée et le monstre apparaît sous sa forme humaine, la maléfique sorcière Malkin, une Julianne Moore sur-maquillé et déguisé en Cruella. Pourquoi posséder le corps de cette gamine ? On ne sait pas. Pour s'amuser ? C'est un pouvoir puissant qu'elle n'utilisera qu'une fois, va savoir pourquoi. ça aurait été pour autant utile face à ses futurs adversaires. Après un âpre combat (quelques paillettes argentées et un coup de filet sur le museau, hop c'est emballé... et c'est la sorcière la plus dangereuse du royaume ! Pas de quoi s'inquiéter), Malkin se fait capturer, mais par une fine ruse elle parvient à se délivrer de sa cage, en tuant au passage Jon Snow. Maître Grégory se retrouve comme un idiot, seul et vaincu.

 

Dans la scène suivante, nous découvrons le jeune protagoniste de l'histoire, Tom Ward. C'est un jeune paysan qui passe son temps à chasser le chevreuil au couteau de lancer... parce que c'est plus classe. Celui-ci vit une vie paisible avec sa famille, sauf qu'il ressent des visions par moment. Oh... mon dieu... s'agirait-il d'un pouvoir démontrant qu'il est un être exceptionnel ? Probablement puisque maître Gregory arrive à la ferme et s'incruste comme un malpoli, piochant au passage un peu de bouffe. Personne ne se dit : « Mais qu'est-ce que ce clodo fout ici ? ». Gregory réplique : « Je cherche le septième fils d'un septième fils pour devenir épouvanteur ! ». Son regard se pose sur Ward et c'est parti pour l'aventure. Les parents ne sont pas choqués, ils ne disent pas : « mais pourquoi on laissera notre fils partir avec un clodo complètement saoul ». Nan, Gregory leur file quelques pièces et la négociation est vite conclue, à croire que les parents de Tom se foutent de lui. Bon... sa maman lui dit tout de même de faire attention à lui et de ne pas faire de bêtises.

 

Sans trop d'explications sur ce qu'est le statut d'épouvanteur, Gregory amène son nouvel apprenti dans une ville pour faire quelques courses (enfin... Tom fait les courses pendant que Greg part boire un coup dans une taverne). Lors d'une scène digne de Sacré Graal des Monty Python, il libère une « sorcière » d'une foule de villageois en colère et l'amène discrètement dans une ruelle. A ce moment démarre la bluette traditionnelle entre le héros et une charmante demoiselle. Ils font rapidement les présentations, puis il la laisse repartir à ses occupations, ne craignant pas que celle-ci se fasse reprendre par la foule. On apprendra par la suite que la fille (Alice) était une vraie sorcière, la nièce de Malkin pour être plus précis.

 

Par la suite, Gregory présente à Tom son troll de compagnie, Tusk (sidekick de l'histoire) et son repaire. Là, il lui parle du rôle des épouvanteurs, un ordre jadis puissant qui se résume à présent à la personne de Gregory. Problème de recrutement. Ah bon ? Moi j'aurais cru que c'était dû au concours très sélectif : être le septième fils d'un septième fils, ça doit pas courir les rues. Les épouvanteurs chassent les forces maléfiques. Gregory lui explique, entre deux rasades de whisky, qu'il n'a pas beaucoup de temps pour le former. La maléfique Malkin est de retour, et elle s'apprête à reformer son club privé de sorcières-transformistes-ninjas. Il lui présente les différentes sorcières : Un assassin-dragon, une black-panthère (uh, uh), un chinois-ours (un chinours ?) et Kali (ouais, les scénaristes n'avaient plus d'idées. Ils ont piochés dans le panthéon des dieux hindou). La formation de Tom se limite à du lancer de couteau et à la lecture de quelques bouquins. Voilà, il est prêt !

 

Ils marchent vers la forteresse de Malkin et établissent un camp à la nuit tombée. En pleine nuit, Tom surprend Alice alors qu'elle fait trempette dans un lac. Là, le garçon ne semble pas très surpris de voir la fille faire un bain de minuit au beau milieu d'un trou paumé. Nan, il dit juste qu'il est content de la revoir. Elle fait alors sa confession : c'est une sorcière. Ce qui ne le dérange pas puisqu'il divulgue le plan de l'épouvanteur sur la prochaine extermination de Malkin. Un peu plus tard, son maître lui expliquera calmement que c'est un foutu con. Au bout de cette deuxième rencontre expéditive, les deux protagonistes ont conclu qu'ils étaient amoureux. Ils s'embrassent, puis Alice disparaît comme Batman.

 

septieme-fils-2.jpgC'est une sorcière et toi, tu lui divulgues notre plan d'attaque. T'es pas un peu con ?

 

Prochaine destination : le seigneur local de la seule ville du coin réclame l'aide de l'épouvanteur pour se débarrasser du chinours que les gardes ont parvenus à capturer. Après avoir empoché un peu de pognon pour sa consommation de bibine, Gregory et son apprenti font face à un gros ours dans une cage. A ce moment, l'ours parvient à exploser sa cellule. Pourquoi ne l'a t-il pas fait avant ? Nan, il a préféré attendre l'épouvanteur pour se libérer de sa détention. On a le droit à un combat à base de kung-fu, de paillettes et de filets. Tom, n'ayant pas la volonté de brûler le chinours, Gregory fait le sale boulot et lui dit que c'est un bon à rien. Vexé, il part pleurnicher dans son coin. Il sera consolé par Alice. Me demandez pas comment elle a réussi à le retrouver. Je n'en sais rien. Là, ils couchent ensemble (un record : trois rencontres s'étendant sur cinq minutes de film = coup de foudre. La relation amoureuse la plus rapide de l'histoire du cinéma). Puis, elle re-disparait comme Batman.

 

septieme-fils-1.jpg"- Bonsoir, on couche ensemble ?

- Attends, je connais même pas ton prénom !"

 

Le lendemain, Tom retrouve maître Gregory dans une forêt. Comment savait-il où il se trouvait ? L'instinct ! Allez savoir. Ce monde doit se limiter à quelques lopins de terre.

La suite de leurs aventures se limitera à quelques scènes gratuites, comme le combat contre un gobelin ou un autre combat face à un sorcier et son armée d'assassins d'élite. Ce qu'il appelle « élite », ce sont des bons à rien gesticulant inutilement les bras et les jambes et dont le seul rôle est de servir de punching ball aux protagonistes. Même quand ils parviennent enfin à bloquer les héros au bord d'un précipice, ils ne vont pas les attaquer directement avec leurs armes. Non... ils partent d'abord chercher une bûche, et là s'en servent comme bélier pour faire basculer Tom dans le vide. Il fait une chute de 100m de haut, mais rassurez-vous il s'en sort sans une égratignure. Pendant ce temps, les sorcières font un raid contre la ville du coin, massacrant tout le monde au passage. Et là vous êtes en droit de vous poser cette question : si les sorcières sont aussi puissantes que cela, elles devraient avoir déjà conquis le monde, et non pas se préoccuper d'un alcoolique et d'un crétin. Elles ont si peur de Gregory ? Il est tout seul !

 

Les scénaristes nous réservent enfin quelques « révélations » sur la mère de Tom Ward et la relation Malkin-Gregory, mais elles restent vite secondaires.

L'affrontement final nous livre quelques instants épiques où Tom Ward, alors jusqu'ici totalement novice dans l'art du combat, se révèle soudainement être un roi du kung-fu. Les sorcières passent leurs temps à parler et chercher des moyens classes pour tuer leurs ennemis plutôt que de faire quelque chose de réellement menaçant, et ce n'est pas l'armée d'assassins d'élite qui va changer quelque chose. Et Malkin se fait pitoyablement tuer d'un simple coup de couteau. Hop ! On en parle plus.

 

Tout le monde est heureux. Ward devient maître épouvanteur, tandis que Jeff Bridges part décuver sa vinasse loin d'ici. Et il en a sacrément besoin après cette avalanche d'inepties scénaristiques.

 

Conclusion : Si vous avez la soudaine envie de voir ce film, j'espère que vous vous perdrez sur le chemin du cinéma. Préservez votre temps et votre argent. Amicalement...

 

 

 

Lef Dur

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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