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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 16:57

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Night Call, un film qui vous happe vers le dérangeant, qui vous grignote à feu doux, qui vous amène dans les coins sombres de l’actualité.

 

Synopsis :

 

A Los Angeles, Lou Bloom est un chômeur qui gagne de l'argent en revendant des métaux volés. Une nuit, il assiste à un accident de la route et après avoir vu les caméras de télévision venues filmer la scène, il décide de se lancer lui aussi dans la réalisation de vidéos. En écoutant les fréquences radios de la police, il parcourt les rues de nuit afin de trouver des images choc qu'il revend ensuite à des chaînes de télévision locales.

 

Sans conteste inspiré de Drive, Night Call nous plonge dans une atmosphère sombre, sinueuse, étrange, envoûtante. On y retrouve un personnage charismatique ayant pour accessoire une voiture équipée d’un scanner radio, traquant caméra au poing les faits divers les plus sinistres et les plus sanglants de la métropole. Très rapidement, Lou trouve un client en la personne de Nina, à la tête de la programmation d’une grande chaîne de télévision, et engage un employé, Rick, suite à un entretien d’embauche directif, avec pour mission de le copiloter le plus vite possible sur les lieux de crime.

 

Tout de suite interpellée par le grain de l’image qui donne une texture enveloppante au film en le dépouillant de temporalité, j’ai été séduite par les plans soignés de Dan Gilroy qui signe avec Night Call un premier film très prometteur. On se repaît de la caméra, centré sur le visage de Jake Gyllenhaal, qui présente ici un faciès émacié, mangé par deux globes bleus luisants, le tout souligné par un rictus alternant le sournois à l’onctueux.

 

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« J’ai l’air paumé, mais tu sais pas comment je vais te retourner comme une crêpe ! »


L’accent est porté sur l’essence du film en écartant le superflu. Dans Night call, c’est à peine si on remarque le téléphone portable ou l’ordinateur du personnage qui pourtant souligne et démontre que sur internet, on peut tout trouver. Il en va de même pour le « côté route » qui est dosé avec finesse et justesse. Sans entrer dans des courses poursuites folles, quelques accélérations font monter la pression pour un film tout en suspense.

Le début du film se joue, au fil du rasoir, par un personnage inquiétant mais intelligent, courtois, même si excessif dans la raffinerie dont il enveloppe ses mots. On découvre ensuite derrière la façade brodée de suavité, le sociopathe qui traque autant les faveurs sexuelles que des images chocs. Le personnage aime le contrôle, le pouvoir. Il est avide d’exprimer ses talents. Captivé par sa noirceur, on ne peut que se demander jusqu’où celui-ci va aller. Et l’on ne peut être déçu par ce que nous propose Dan Gilroy (et que je vous tairais pour ne pas vous spoiler, bien sûr).

Certes, la musique y est un peu fade, mais parfois peu est bien mieux que trop. Cette dernière contribue cependant à renforcer la montée en tension du film, jusqu’aux dernières images terribles recueillies ou plutôt mis en scène faut-il dire par Lou.

Au-delà de la simple critique du goût pour l’information-spectacle américaine ou de la fascination de tous pour les faits divers, le film délivre une critique de l’info commerciale servie par des médias de masse bousculée par l’audience. Par ailleurs, mené de main de maître, on retrouve également une pression du monde contemporain via le management. Le personnage utilise toute cette science et reprend ce langage à son escient pour assurer un contrôle et une prise de pouvoir sur les autres. L’art de la manipulation est à son paroxysme notamment dans la scène où Lou invite Nina à dîner afin de la séduire à sa manière. En effet, pour atteindre son but, il se lance dans une discussion plus que malsaine, démontrant comment celle-ci est pieds et poings liés sans en avoir conscience. La scène longue, imposante conjugue la beauté, la brillance de l’esprit de Lou, à l’abject de ses procédés.

 

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« Bouffe ton dessert chérie, parce qu’après ce sera ma b*** »

 

Les deux autres personnages secondaires sont au diapason avec une René Russo (Nina) d’abord proie rétive puis subjuguée et un Riz Ahmed (Rick), employé manipulé et tyrannisé.

 

Night Call est une plongée dans le malsain qui, graduellement, met en scène les actions incroyables de Lou. Un Lou au sang froid polaire, qui se délecte de tout pour sortir de l’ombre.

 

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« La classe, baby ! vise-moi ces lunettes »

 

 

Mon avis :

 

Rien que pour la performance de Jake Gyllenhaal, Night Call vaut totalement votre place de cinéma. Il y est magistral. Il continue après Donnie Darko, Prisoners ou le moins connu Enemy à démontrer qu’il fait partie des grands et qu'il est capable d'incarner des âmes sombres avec brio.

 

Quelques lenteurs gâtent un peu l’ensemble mais le film reste tout de même une sacrée claque. Étonnant, nauséeux et captivant.

 

 

 

Aurélie R.

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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