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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 08:55

  interstellar-affiche.jpg

 

 

 

Interstellar, le chef-d'œuvre de l'année 2014 ? Je ne me suis pas remise de la claque de Gravity l'an dernier que l'envie de découvrir ce film me démange déjà. Retour dans les salles de cinéma après une pause de quelques mois, et c'est parti ! Et la question qui se pose toujours quand tu vas au cinéma : ce film valait-il vraiment ma place à 12€ (et oui les temps sont durs pour tout le monde) ?


Faisons péter le synopsis :

 Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire. 


 

 

 

Ce brave Cyrano de Bergerac nous répondrait à ceci près : Ah non ! C'est un peu court, jeune homme ! On pourrait dire, en somme, bien des choses ! (certes Cyrano n'a rien à voir là-dedans, j'avais seulement envie de balancer une citation. Passons.)

 Allociné n'est déjà pas très expansif sur le scénario. Scénario pondu par Christopher Nolan. Qui avait déjà écrit, entre autres, Inception. Voilà, déjà vous comprenez le hic de la chose ; on sait bien que ce brave Nolan aime craquer son slip. Il ne se contente pas d'aller d'un point A à un point B.


Pour vous poser le contexte plus précisément : nous sommes dans un futur proche, dans un cadre apocalyptique où la Terre devient progressivement stérile. Les ressources naturelles s'épuisent et l'humanité connaît une grave crise alimentaire. Cooper, un ancien pilote d'essai et ingénieur, est devenu agriculteur et vit dans sa ferme avec sa famille. Sa fille Murphy, dix ans, croit que leur maison est hantée par un fantôme qui tente de communiquer avec elle. Elle découvre avec l'aide de son père que le « fantôme » est une forme inconnue d'intelligence qui leur envoie des messages codés au moyen d'ondes gravitationnelles qui altèrent la poussière sur le sol, et les orientent vers une installation secrète de la NASA. Cooper se rend sur place et se retrouve recruté pour piloter l’Endurance, un vaisseau spatial expérimental, dont la mission sera de retrouver les explorateurs de la mission "Lazare", une série de capsules habitées pour étudier une douzaine de planètes potentiellement colonisables.


Ah, déjà ça devient plus intéressant.

 Certes, c'est une idée qu'on a déjà vu une centaine de fois au cinéma : l'humanité au bord de son extinction et un super-héros qui va porter toute une mission de sauvetage sur ses épaules. Allant même jusqu'au sacrifice. Premier cliché de la liste.

 Deuxième cliché : le héros n'est pas seul, il a une vie de famille. Sa femme est morte de maladie, le voilà donc veuf avec deux enfants dont une fille de dix ans très intelligente, qui va utiliser tout son potentiel pour déchiffrer les messages de son « fantôme », et même sauver la planète. Cooper et Murphy se portent mutuellement un amour père-fille inconditionnel, qui aura une importance capitale dans l'histoire.

 Troisième cliché : il se trouve qu'un élément perturbateur (ou disons le principal de l'histoire – n'oublions pas que nous sommes dans un scénario de Christopher Nolan) met en péril la mission de sauvetage d'origine pour sauver la planète. Le héros va donc tout mettre en œuvre pour maintenir le cap et sauver l'humanité (ça va, vous suivez?)

 Quatrième cliché... Non, merci, ça ira pour cette fois ! Donc trois gros clichés pour Interstellar, et c'est déjà pas mal. Est-ce que cela veut dire pour autant que le scénario est mauvais ?


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« Ne pleure pas, Murphy. Je dois partir... Sauver la Terre, toussa... C'est ma destinée. »

 

Non, ne soyons pas si sévère. L'histoire est très riche dans son contenu, il faut suivre du début à la fin pour comprendre le dénouement. On suit les péripéties du héros, et la vie sur Terre durant ce laps de temps. Et Nolan va même plus loin en mettant en scène la relativité du temps d'Einstein : le temps s'écoule plus lentement pour Cooper que pour Murphy sur Terre, d'où l'urgence de la mission (qui, pour lui, ne durera que quelques heures). On ressent donc une certaine empathie pour notre pilote, et on espère de tout cœur qu'il réussira à revenir à temps pour sa fille. C'est là tout le fil rouge du film qui nous anime jusqu'à la fin.

 

Un autre point fort du film, et pas des moindres : Interstellar se veut pratiquement héritier de 2001 : Odyssée de l'Espace. Sans avoir forcément vu cette œuvre, outre le fait que le scénario se déroule principalement dans l'espace, on ne peut passer à côté de la BO (très prometteuse, réalisée par Hans Zimmer) du film, très similaire à celle de ce bon vieux Kubrik Ainsi parlait Zarathoustra. La rupture musique / silence est même flagrante, sans oublier certains plans de la fin, que je ne dévoilerai pas davantage pour tous ceux qui n'ont pas encore vu le film.

 

Troisième point fort : visuellement, on se prend une claque. On ne le dira jamais assez, les effets spéciaux font des merveilles de nos jours. Vous ne serez pas déçu, Interstellar est fait pour vous si vous voulez en avoir plein les yeux et les oreilles.

 

 

interstellar 1

Non, ceci n'est pas le nouveau modèle de maillot de bain pour l'été prochain.

 

 

Alors, chef d’œuvre ? Que répondre à cela ? Certains répondront "oui" sans hésitation, je me permettrais de vous dire: "non". Un chef d’œuvre me prend aux tripes, il me bouscule, il me questionne, il m'éblouit tant au niveau du jeu d'acteur qu'au niveau scénaristique, il me donne envie de l'analyser et d'en débattre pendant des heures. Interstellar ne m'a pas fait cet effet.

 

Certes, Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine ou encore Jessica Chastain ont déjà fait leurs preuves, et porter ce film ambitieux ne leur pose pas de difficultés... Mais ils ont déjà fait mieux.

 L'histoire, bien qu'intéressante malgré ses poncifs, part totalement en live sur la fin. Nolan a sûrement pété un câble en arrivant à la conclusion puisque, comme je vous le disais plus haut, il n'aime pas aller bêtement d'un point A à un point B. Il faut corser l'affaire. Sauf qu'il en fait trop : la fin n'est plus assez crédible pour qu'on se laisse transporter, des incohérences embrouillent l'histoire.

 Et pour finir, le rythme du film reste inégal. Il faut admettre qu'il y a de très bons moments, forts ponctuels. Entre temps hélas on se noie dans des longueurs interminables. A force de tirer sur le suspense, on s'ennuie assez vite et c'est bien dommage.

 Interstellar n'est pas un mauvais film, mais pas un chef d’œuvre non plus. Disons un bon film à grand spectacle qui nous aura fait passer le temps pendant 2h30.

 

Clémentine Samara

 

 

 

 

 

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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JPM 15/11/2014 09:00

Salut, ici JPaul de Nice. J'ai vu le film hier après-midi et j'ai beaucoup aimé. Je ne me suis pas lassé malgré les 2h50 ! Cela dit, j'ai un peu moins apprécié moi aussi au moment ou il se retrouve
dans l'espace dans la bibliothèque de sa fille !Mais bon en général cela m'a plus. Moi aussi j'ai vu Gravity que j'ai adoré, merci et bon week end :)

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