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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 16:29

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Mercredi 5 novembre. Dans une froide journée d'automne, je ressens l'appel du cinéma: Interstellar vient de sortir. On m'en a tant parlé. Tout ce réalisme scientifique vanté par la production, basé sur les théories de la relativité d'Einstein, sur les travaux de Kip Thorne et tout le tralalala. Puis je regarde de plus près la compo de l'équipe du film: réalisation de Christopher Nolan, ce qui me soulage ( Batman begins, The Dark knight) et m'inquiète (Dark knight rises, Inception). Une personne, que j'appellerai Mr. X pour les besoins de l'article, s'impatiente déjà dans la file d'attente, tournant en rond sur lui-même « OUOULOULOULOULOU ! TROP BIEN TROP BIEN TROP BIEN ! ». Et après être sorti de la salle ? Tout le monde était aux anges. Les quelques sceptiques, moi inclus, étions tombés dans le mutisme le plus total. Nous avions l'impression d'avoir assisté à un événement grandiose et émouvant, digne d'un 2001. Et pourtant, c'est après la réunion d'après-film que je commençait vraiment à m'interroger: un grand film ? Vraiment ?


Situation initiale: Dans un futur proche, la Terre vit une catastrophe écologique. Petit à petit, les espèces végétales à la base de l'alimentation humaine disparaissent une par une tandis que l'humanité se résigne prudemment à se vouer entièrement à l'agriculture pour sauvegarder l'espèce humaine en lieu et place de secteurs comme l'armée, l'aérospatiale, la médecine... Pourtant Joseph Cooper, ancien pilote et ingénieur devenu fermier (comme tout le monde) a toujours les yeux rivés vers le ciel et se voit offrir par...euh... Alfred la chance de pouvoir donner un avenir à ses deux enfants.

 

Les plus: Le cadre est impeccable, l'impression que l'on a de ces premières minutes est celle d'un monde vivant une catastrophe sans pouvoir faire quoi que ce soit pour l'arrêter et la poussière omniprésente renforce ce sentiment. Le rapport affectif entre le père et sa fille est très bien exploité et de manière générale, les scènes se passant sur Terre tout au long du film sont les plus réussies pour cette raison. Pendant que Cooper se ballade tranquillou à côté d'un trou noir, la situation empire de plus en plus et l'on se met à s'inquiéter de plus en plus sur l'avenir de ceux restés en bas, exactement ce que voulait le réal' et ce que laisse transparaître le jeu de Matthew McConaughey...beau boulot. C'est là que l'on comprend pourquoi notre petit Nolan s'applique tellement à ces scènes: attacher une dimension plus humaine ( l'excellent Gravity sorti l'année dernière y attachait déjà une grande importance ) à une œuvre qui roule sur le registre épique, ce qui fait que le thème d'Interstellar est en premier lieu l'importance des liens familiaux et en second lieu, l'exploration spatiale. Un effort pour un réalisateur qui a l'habitude d'occulter les problèmes du personnage principal pour ceux du MOOONNDEE entier. 

 

Les moins: Pour une œuvre dont on nous avait dit qu'elle tendait plus vers la science que vers la science-fiction, et bah... on nous explique pas grand-chose: pourquoi la poussière ? Pourquoi l'oxygène de la Terre vient-il a manquer ? Pourquoi les végétaux crèvent les uns après les autres ? Alfred nous explique vaguement les faits sans en venir aux causes, un peu comme un Stéphane Bern fait avec ses Secrets d'Histoire: on a vraiment l'impression qu'Alfred, censé être un putain de scientifique aussi intellectuellement bâti qu'Archimède, se contente de répéter ce que tout le monde sait déjà. « Rien dans notre système solaire ne peut nous aider. » FAUX ! ça s'appelle des ressources. Tu sais... des matières premières qui pourraient sauver ta planète, mais bon... je comprends. Pas assez de challenge si la solution n'est pas de l'autre côté d'un trou de ver.

 

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Alfred : « On est baisés, Coop'. Je sais pas comment ça se fait. D'un autre côté, j'ai pas recherché d'autre solution... mais n'empêche, on est quand même baisés. »

 

 

Une petite virée dans l'espace: Notre petite expédition, composée de Cooper (le papa le plus classe du monde), du docteur Brand (la fille d'Alfred), de Romily (le black qui va mourir) et d'un second couteau qui va mourir aussi parce que c'est un second couteau, part donc de la Terre à la rencontre de notre trou de ver. Ils ont sur leur liste des courses trois planètes très différentes l'une de l'autre (et toutes magnifiques au passage) et qui tournent autour d'un trou noir, oui vous avez bien entendu... un putain de trou noir !

 

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Une étoile morte et froide qui bouffe d'autres étoiles ?

 Le premier endroit que je visiterai pour trouver une planète !

 J'imagine les derniers mots de l'étoile « Christopher Nolan m'a menti ! »

 

 

Les plus de la petite virée dans l'espace: Il y a pas à dire. Effets visuels, B.O de Hans Zimmer qui a repris du poil de la bête ( il a enfin abandonné ses BOUAHH sonores), diversité des mondes explorés... bref c'est comme un Star Trek sans le côté chiant, comme un Star Wars sans l'image de son préquelle et comme un 2001 sans l'interminable attente que l'on doit avoir avant d'être émerveillé ( les trois quart du film au bas mot ). Les fans d'exploration spatiale en ont pour leur argent et ceux à la recherche de sentiments aussi: la scène du retour de la planète-océan est particulièrement poignante. On a vraiment mal pour notre pauvre Cooper qui s'en prend plein la gueule par sa fille, alors 23 ans plus âgée qu'à son départ, au travers d'un de ses messages. Le sentiment de désespoir et d'impuissance est bien là, le spectateur le ressent en même temps que Cooper et c'est le plus important. On retrouve ces sensations et ces enjeux au travers du personnage de Matt Damon interprété par Matt Damon dans le rôle d'un scientifique envoyé en expédition par le congrès des mauvais acteurs (je suppose qu'on avait envoyé Ben Affleck et Clovis Cornillac sur les deux autres planètes) pour jauger la viabilité de ce monde. A lui seul, cet idiot est à deux doigts de ruiner les seules chances de survie de l'expédition et par extension, de l'humanité. C'est à ce moment que le cœur du spectateur bat de plus en plus fort devant l'enjeu titanesque qui pèse sur les épaules du père de famille le plus classe du monde. J'ai même pu voir des mains s'agripper aux fauteuils.

 

 

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Matt Damon !

 

 

Les moins de la petite virée dans l'espace: C'est au dernier stade du film que l'on rencontre le plus de maladresses et que la fragilité du scénario est mise à nue. Tout commence lorsque Cooper à court de carburant se résout à foncer la tête la première vers le trou noir (ce qui au passage, aurait eu pour effet de ratatiner et de déchiqueter l'enveloppe corporelle du père de famille le plus classe du monde). Alors qu'il aurait pu conclure de façon plus linéaire, plus dramatique mais moins tirée par les cheveux (l'humanité aurait tout simplement pu périr), Nolan décide de nous faire un happy-end, quitte à passer de la science à la métaphysique, abandonnant au passage un des principaux arguments de vente du film. Il sort le très classique Le pouvoir de l'amouuurrr ! pour trouver une conclusion à une histoire qui aurait pu être encore plus épique si il n'avait pas emprunter cette solution de facilité. C'est selon la théorie de l'amour (je suis sûr qu'Einstein serait très fier de Nolan) qu'il parvient à communiquer en morse avec sa fille via des dimensions superposées (tout le monde ferait bien évidemment la différence entre une montre cassée et papa qui communique avec vous dans un univers à cinq dimensions, suis-je bête !).

 

 

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Cooper après son passage dans un trou noir

 

 

Jugement: Outre ses incohérences scientifiques dont un spectateur lambda peut aisément faire abstraction, ses quelques maladresses scénaristiques et un soupçon de niaiserie dans le message de fin (en gros, l'amour est la seule chose à transcender l'espace et le temps), Interstellar reste un film évènement à ne pas manquer pour une raison: on a envie d'y retourner après être sorti. Le spectacle visuel à lui seul en offre la raison d'y aller et tout le reste est une raison de se payer un second tour de manège. Certes, bien que n'offrant finalement pas de réponse logique aux problèmes initiaux, le travail fouillé du rapport humain entre Cooper et sa fille ainsi que la solitude de l'espace nous fait vite oublié le reste. Est-ce un chef d'œuvre ? Je pense qu'il faudra attendre quelques années pour le savoir. Il faudra le revoir dans dix ans sous un regard neuf pour pouvoir faire la différence entre une œuvre visionnaire nous posant la grande question de l'exploration spatiale et une œuvre fausse et naïve. 3,5/5

 

 

Avis de l'étoile Arcturus sur Interstellar:

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Nan mais c'est quoi ces conneries ? Des planètes autour d'un trou noir ? Autant foutre un pédophile dans un jardin d'enfants ! Vous savez j'ai combien de potes qui sont partis à la cueillette aux champis à côté de ces monstres et qui ne sont jamais revenus ? Vous croyez que c'est pas assez difficile comme ça une vie d'étoile ? Déjà que j'ai du vendre mon cul à Bioware pour apparaître dans Mass effect...

 

 

 

Badelaar

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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