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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 08:14

Alors que les histoires d’amour font couler beaucoup d’encre et se paient des films hollywoodien, les livres à caractère pornographique, destinés principalement (mais pas exclusivement) aux femmes, restaient secrets, un peu comme leur petit canard ou la tablette de Milka planquée au fond du placard à vaisselle.

 Il fallait bien que ça arrive un jour et donc voici l’adaptation d’un de ces « romans » qui a fait autant parler de lui qu'une bombe en plein centre-ville ! 50 Nuances de Grey, un best-seller écrit par E.L James qui a priori est sorti de nulle part et a inexplicablement enflammer les foules, au point de prendre place sur la table de chevet de nos chères compagnes !

 

 

grey affiche

« Lose Control » - Sûrement le leitmotiv du réalisateur !

 

Autant se le dire, ce n’est pas de la grande littérature, loin de là (source: notre chroniqueuse Maca, qui lit beaucoup de bons romans et à qui j’ai offert ça… encore désolé Maca !).

 Je lui en ai fait baver. J’ai donc été obligé de l’accompagner au cinéma pour le voir (ah oui, parce qu’en fait, je ne voulais pas du tout le voir… mais alors pas du tout. Moi, je voulais voir Les Nouveaux héros !) et si jamais vous venez d’un autre monde ou que vous n’avez pas Internet (qu’est-ce que vous foutez la ?), voici la bande-annonce:

 

 

 

 

Synopsis : 

 

Twilight sans les vampires….

 

 

Non, je déconne (un peu). C’est l’histoire d'Anastasia Steel , jeune étudiante étourdie, qui fait la rencontre d’un jeune et riche directeur d’une multinationale éponyme, Mr Christian Grey (on ne sait pas ce qu’il vend, mais j’y reviendrais) et de là, une romance débute. Mais Anastasia doit se frotter à un problème, le monsieur a 50 nuances de folies (hahahaha !).

 

Et alors ?

 

Et bien mes amis, je ne sais pas comment j’ai pu survivre à cette histoire. Allons droit au but et détaillons ensuite (pas trop quand même).

Tout d’abord, en terme d’histoire, c’est tellement mal écrit, j’ai vite eu l’impression de pénétrer (oups) dans l’esprit d’une ado. Toutefois, cela reste cohérent avec la narration, puisque l’on suit l’héroïne, qui est une jeune femme qui n'a jamais connu les affres de l'amour, ni même le sexe, mais quand même… c’est comme si l’auteur avait ressorti son journal intime de ses 16 ans et l’avait réadapté à ses 40 ans. C’est cliché sur cliché (Anastasia qui trébuche sur le sol à la première rencontre, Christian qui est le mec parfait, la meilleure amie/coloc' complètement dévergondée. On retrouve beaucoup les codes de nos bonnes vieilles séries des années 90, les querelles en moins et le sexe en plus… un genre de mix entre Beverly Hills et le film du dimanche soir sur M6.

 

 

grey 2-copie-1

« C’était trop mon rêve de jouer dans une sitcom ! » - « Ouais mais là, tu te calmes, c’est un film ! »

 

L’histoire d’amour est en revanche complexe (même s'ils sont tombés amoureux l'un de l'autre au bout des dix premières minutes du film, après une conversation froide. Je ne sais pas vous... mais moi, j'y crois pas). Notre demoiselle est folle amoureuse (sûrement les hormones qui parlent) et le bel étalon (je n’ai pas mieux comme adjectif, là) n’est pas si parfait puisqu’il est partagé entre sexe violent et amour.

 

Grey ne dit jamais qu’il est amoureux, mais agit de façon étrange envers Ana, et insiste sur le fait qu’elle le change.

Anastasia, elle, aime Grey lorsqu’il est doux et attentionné (et torse nue), mais déteste ses désirs pervers (et pourtant cherche à les comprendre).

Au passage, étudions un peu Christian : le gars est directeur à 27 ans, mais les seules explications qu’on ait sur sa réussite c’est : « parce que je le vaux bien ». Ouais... OK MEC ! On ne sait pas ce qu’il vend, mais se paie le luxe d’avoir son nom partout (des crayons jusqu’à son hélico perso !), il ne dévoile aucune émotion et ne parle qu’avec des allusions sexuelles (si moi je fais ça, je me fais dégager direct… avoir du pognon, ça change tout).

 

 

grey bis

« Comment ? Tu n’as pas un « gros jouet » à ton nom pour ton propre « plaisir » ? »

 

« Très belle introduction pour parler du jeu des acteurs, Michel » - effectivement, le jeu des acteurs est à l’identique de celui des acteurs de Twilight, entre Christian qui ne bouge jamais un sourcil à la Edward Cullen ou Mrs Steel qui a dû apprendre à jouer avec Kristen Stewart en mode « mono-émotion ». Nous avons là, la nouvelle formule des studios hollywoodien pour réussir une romance (ça a bien fonctionné pour « Twilight », pourquoi pas ici).

 

 

Petite ANALyse :

 

L’histoire est assez longue. Il n'y a pas vraiment de temps mort mais on se demande souvent pourquoi ça n’avance pas. On est quelquefois mal à l’aise vis-à-vis de certaines scènes malsaines et on se retrouve très souvent à rire des situations légères… Je ne saurais pas dire si le côté très cliché et niais joue là-dessus ou si les dialogues ouvertement nuls y sont pour quelque chose. Le film a une sorte d’humour gras, mais suffisamment bien fait pour qu’on en rit doucement.

Au final, je ne sais pas si le réalisateur a simplement adapté le bouquin sans se poser trop de questions, ou s’il a mis en avant volontairement les poncifs de la série pour ado. Ne vous attendez pas à du grand cinoche ! 

 

Toutefois, si on creuse, on peut aisément comprendre pourquoi le livre (et donc le film) a été un succès. L’histoire n’est pas comme celle des autres romances. Il y a une histoire d’amour étrange et intrigante, une « déchirure » entre les personnages... et un fond qui fait probablement référence aux violences conjugales. Ce n’est pas exprimé directement, mais bon... une telle situation n’est pas normale.

Certes, je n'ai abordé le sujet du BDSM du film, mais pour cause, les scènes que l'on voit ne sont pas spécialement sales. C'est même un brin trop propret. On finit même par se demander pourquoi on ne fait pas tous ça. A croire que c'est cool (sauf si on vient de découvrir le sexe ou si on a un balai dans le c***).

C'est d'ailleurs maintenant le cas d'Ana qui vient de découvrir le plaisir charnel et qui au final est dans une situation comparable aux femmes qui subissent des violences conjugales. Elle est éperdument amoureuse. Elle s’enferme seule dans cette situation et est incapable d’en parler à ses proches, s’obstinant à croire que les choses vont changer. Grey exerce même un contrôle malsain sur sa vie en choisissant de nombreuses choses pour elle (jusqu'à son alimentation). 

 

grey 3

« Alors, comme ça, j’ai pas le droit de taper ? Toute mon existence est remise en cause, merde ! »

 

Lors de la séance, j’étais dans une salle remplie de midinettes venues entre copines ou accompagnées de leurs copains très gênés. L’ambiance n’était pas très agréable. Mais parait-il que je n’ai pas eu de chance, que dans d’autres salles, c’était différent. Tant pis pour moi !

Un film maladroit avec un fond social ambigu. Bref, un film adapté d’un livre mal écrit. Je n’aurais pas le courage d’aller voir la suite par contre !

 

 

Zang.

 

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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commentaires

faust 09/09/2016 11:12

Personnellement, j'ai vu le film, que je re..garderais à nouveau....j'ai trouver une belle alchimie de l'Amour, entre le corps, l'esprit, le verbe et l'amour d'un homme et d'une femme...cela ressemble plus à un coup de foudre que chacun des deux se devait de vivre...vite une suite...lol...

Maca 19/02/2015 15:27

Si si, tu iras voir les suivants, t'as pas le choix

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