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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 10:46

  jupiter-affiche.jpg

"Ascending... ascending... c'est vite dit"

 

 

NOIR

 

Le film s'achève... rideau... l'obscurité m'entoure, puis la lumière revient progressivement. Le regard un peu perdu, je me demande encore ce qui s'est passé durant ces deux dernières heures. Qu'est-ce que c'était que ce... truc !? Pas un film, plutôt une blague. On pourrait s'attendre à un tel résultat s'il était le fruit du dernier jeune réalisateur sorti du chapeau d'une major. Les Wachowski nous ont offert des bons moments au cinéma, des scénarios ficelés, des univers intrigants... mais là c'est le film « je-m'en-foutiste » par excellence. On a leur passé un gros chèque de 176 millions de dollars, et ils sont partis en roue libre comme deux gamins qui ont reçus leurs jouets de Noël.

 

C'est dur d'avoir les idées claires après le visionnage d'un film aussi foutraque, on va donc le reprendre point par point.

 

 

 

L'histoire.

Vous ne chopperez le fil conducteur qu'au bout d'un quart d'heure de film. On nous balance direct du phrasé SF incompréhensible, des personnages étranges, une histoire autour d'une succession mal foutue. Mais derrière le (faux)ton complexe du film, il se résumera à ceci: C’est l’histoire d’une princesse triste et pauvre (mais elle ne sait pas qu'elle est une princesse). Sa famille, détenant le plein pouvoir sur l'univers, ne veut pas se voir détrôner par cette gentille princesse. Les méchants veulent donc la tuer. Fort heureusement le prince charmant arrive pour la sauver. Il l'embarque sur son beau destrier pour combattre les vils méchants. Ils gagnent (et oui, c'est les gentils) et ils se font des papouilles. Elle est devenue reine de la Terre, mais préfère garder sa modestie en récurant les toilettes.

Bref, vous avez un nouveau « Blanche-Neige » sauf que vous rajoutez des gros flingues, des explosions de la mort et des vaisseaux qui déchirent leur race. Les Wachowski nous ont offert plus de complexité, vous en conviendrez. Là, on est aux ras des pâquerettes. J'aime bien les contes de fées, ça me dérange pas. Tu te sens un peu escroqué, mais tu relativises. Cependant, tu n'y parviens pas. Même le plus mauvais Disney est plus cohérent que ce truc. Vous allez vite comprendre pourquoi...

 

 

 

L'univers.

On a l'impression que les Wachowski on pris tous les éléments visuels des films SF de ces cinq dernières décennies pour les foutre dans un mixer. Hop ! Ils appuient sur « On » et ils renversent le jus sur leur scénar'. Il n'y a plus qu'à admirer le spectacle. Le résultat de cette tambouille est... cherchons des mots... incohérent, délirant, absurde... et surtout KITSCH ! A s'en arracher les yeux (j'étais bien tenté de le faire, mais je n'avais qu'un gobelet de coca dans la main. Pas facile de s'énucléer avec ça). Tous les objets « aliens » sont couverts de loupiotes de toutes les couleurs (quitte à être des agents opérant en toute discrétion, autant faire dans le flashy. Logique !). Cette société extraterrestre est dite « évoluée », mais lorsqu'on arrive dans la planète-capitale de la galaxie, les mecs utilisent des machines de la Révolution industrielle, à base de manivelles et de ressorts mécaniques, ils se fringuent comme des bourgeois du XIXème siècle. A cela, vous rajoutez des dirigeants qui ont un délire autour des civilisations antiques (ah oui, ils s'éclairent à la bougie ! Et ils nous traitent de « primitifs »). Bref, un mélange de steampunk et de SF moderne sans queue-ni-tête et mal dosé.

 

Pour les individus peuplant cet univers, on a des reptiles, des hommes-éléphants, des humains génétiquement modifiés, des fonctionnaires-lutins, des androïdes, des gardes luchadores manchots avec des sulfateuses à la place des bras. On a 176 millions de dollars, alors on s'en fout ! Fais péter le budget ! Bref... tu me fous tout ça là-dedans ! Le public sera trop lourdé pour comprendre le comment de cet univers hétéroclite.

 

 

 

Les personnages.

Jupiter: Le récit commence à Moscou par la rencontre entre sa mère et son père. Ce dernier sera tué par des vilains embauchés par le grand méchant de l'histoire. Son père ne vit que pour son télescope (on pourrait croire que l'objet a une importance quelconque, mais non... on découvrira rapidement qu'il est secondaire et inutile). Il meurt d'ailleurs en suppliant les vilains de ne pas lui voler son télescope chéri. Sa famille... il s'en branle. Toute la petite famille russe émigre ensuite aux Etats-Unis et survit en se lançant dans dans une entreprise de nettoyage. Jupiter est donc femme de ménage (elle n'oublie pas de se maquiller et de se faire belle. On ne sait jamais... elle pourrait attirer l'œil d'un politicien français à la libido débordante), et nettoie des toilettes en répétant « Je hais ma vie. ». Cette monotonie sera brisée par l'arrivée des gros méchants et d'un sauveur, au nom biblique de Caine, qui lui dévoilera sa nature royale. Un peu ingénue (voire imbécile), elle nous offre une des pires approches amoureuses de l'histoire du cinéma. On l'excusera. Sur Terre, elle ne fait pas de rencontres amoureuses. Alors dès qu'elle voit un mâle (et même si c'est un humain avec des gênes de chien et des oreilles d'elfe), elle est obligée de lui sauter dessus et de lui forcer la main (par trois fois, elle lui fait du rentre-dedans!). Frustration que Caine a du mal à saisir puisqu'il reste aussi impassible qu'un mur. Je n'ai retenu qu'une chose de ce personnage : ses conseils pour arrêter une hémorragie avec une serviette hygiénique.

 

 

Caine: Un loup albinos avec des gênes humains (ou l'inverse, je ne sais plus), ancien légionnaire équipé d'un super odorat et de rollers volants. C'est le héros hollywoodien basique qui fonce dans le tas avant de réfléchir à un plan concret et réalisable. Fort heureusement, il est increvable. On l'éjecte dans l'espace ? Pas de problèmes. Pépère retient sa respiration et il survit (pour rappel, la température dans l'espace peut atteindre jusqu'à -270°C. A croire qu'il n'est pas frileux). Oh oui, scène épique: notre héros est enfermé par les méchants dans le sas, mais celui-ci contient toutes les combinaisons de survie (c'est con ! Les méchants ne pensent pas à tous, mais l'embauche se fait probablement sur l'aptitude à la connerie). Au moment où le grand méchant l'expulse en se gaussant de son plan machiavélique, Caine donne un coup de bottes dans les casiers à combinaisons, et hop, le voilà éjecté dans l'espace avec plein de tenues de survie. Pour plus de facilités, il suffit de mettre la main dessus pour qu'elle s’enfile automatiquement sur vous. Caine est sauvé par un mauvais scénario. Bravo.

 

 

Sean Bean: Acteur peu chanceux, il croise les doigts pour survivre à ce script. Dans celui-ci, il incarne un ancien soldat, dorénavant apiculteur. Dès qu'il voit Caine, il ne peut s'empêcher de lui péter sa gueule pour lui dire bonjour. C'est lui qui constate la nature royale de Jupiter en voyant l'attitude des abeilles à son égard. Elles volent en essaim autour d'elle. Il n'y a pas de doutes. C'est la reine de la Terre ! Selon lui, les abeilles savent reconnaître une personne royale, en ajoutant « avez-vous déjà été piqué par une abeille ? », Jupiter réplique que « non ». Et là, Sean réaffirme la chose : « Vous voyez ! Vous êtes notre reine ». Donc, si vous ne vous êtes jamais fait piqué par une abeille, vous êtes probablement le roi de la Terre. Rajoutez-le sur votre CV.

 

 

bees-cage.jpg

Exemple: Nicolas Cage teste l'épreuve des abeilles. A première vue, ce n'est pas le roi de la Terre.

 

 

Ah oui... Sean Bean survit à la fin du film ! C'est une première !

 

 

 

Les méchants: Les grands méchants sont deux frères et une sœur de la maison Abrasax, dynastie pro-capitaliste vivant de l'exploitation des espèces. L'aîné, Balem, a une voix de vieux asthmatique, mais il le vit très bien. Ses sbires sont à son image, c'est-à-dire cons comme des balais Leur mission : tuer Jupiter. Et plutôt que de lui mettre immédiatement une grosse balle dans la tête, ils préfèrent utiliser des armes non-létales et utiliser les méthodes les plus inoffensives pour laisser le temps à leur victime de s'échapper. Leur mission est censée être incognito. Mais ils poursuivent nos héros en détruisant la moitié de Chicago (scène longue et illisible). Le lendemain matin, Jupiter constate que tout ce qui a été endommagé se reconstruit soudainement à la vitesse de l’éclair et Caine explique que les méchants effacent les dégâts et la mémoire de toute la population en un claquement de doigt ! Alors que nous nous souvenons que Jupiter a conservée une photo d'eux sur son portable. Tant d'efforts alors qu'ils n'arrivent même pas à effacer une photo d'un téléphone. Cela compromet quelque peu leur plan, non ?

 

 

 

Conclusion : il n' y a rien à retenir de ce film incohérent et absurde. Le seul point positif est pour Sean Bean qui parvient à survivre jusqu'à la fin du film. Ce qui amène une sacrée nouveauté.


 



 

 

 

Lef Dur

 

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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