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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 17:19
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Une note. Pourquoi seulement une toute petite note ? Tout simplement parce qu'il est plus difficile de parler d'une chose qu'on apprécie. Je ne compte pas mettre « Elysium » sur un piédestal et le proclamer « chef-d'oeuvre du siècle », mais... c'est un entertainment qui... n'a pas une source originale. Il ne révolutionne pas non plus sur la forme ou sur le fond. Il n'est pas aussi incisif qu'on le pensait. Non, Il possède juste le « je-ne-sais-quoi ».
 
Avec son District 9 (sorte de docu-fiction sur une apartheid entre aliens et humains au cœur de Johannesburg, faisant le parallèle avec l'apartheid sud-africain), le réalisateur Neill Blomkampavait fait fort impression auprès du public et de la critique. Humour corrosif, violence sanguinolente et contenu satirique offensif, District 9 fut ainsi le premier aperçu de l'univers trash du jeune cinéaste. Son second film S-F, Elysium, fut déjà présenté comme tout aussi percutant que son premier essai. Plus politique, plus ambitieux, plus agressif.
 
 
 
 
Le début du film donne déjà le ton: En 2154, la Terre subit surpopulation, misère et pollution (si vous avez vu assez de films S-F, vous savez que c'est le train-train quotidien du futur). Des nantis, plus élitistes que jamais, s'enferment dans une station orbitale nommée « Elysium », laissant les plus désœuvrés sur la Terre et ne communiquant avec eux que pour leur tirer dessus ou pour les exploiter dans des usines aux conditions déplorables. Devenus élitistes au point de ne jamais partager leur confort ou leur sécurité, se moquant du sort de ces pauvres serfs qui ne les voit que comme des vermines facilement remplaçables. L'autorité policière n'est d'ailleurs en place que pour garder ces élites en sécurité dans leur forteresse, éloigner les pauvres qui se désespèrent de leur condition. Bref, le prolo, c'est pas beau. Dehors ! Pas de ça sur « Elysium » ! A se demander s'il y véritablement aucun prolétaire sur cette station pour au moins s'occuper de leurs sanitaires ou de l'entretien de leurs piscines ? Va savoir. Bref, ne chipotons pas. La trame rappelle certes déjà notre condition en 2013, personne n'est surpris de l'état dans lequel ce monde se trouve. Mais, le film a le mérite de retranscrire ce discours de la façon la plus lisible et la plus compréhensible possible. On nous plonge d'emblée dans un univers cyberpunk sale, glauque et dérangeant. C'est aussi bon à voir qu'un bon vieux « Mad Max » et son style « white trash déglingué ». L'autorité n'est plus incarnée que par des politiciens véreux et des mercenaires sadiques. Il n'y a pas non plus de héros, juste un personnage désespéré cherchant à sauver sa vie. A l'heure où on continue à nous casser les noix avec les messies de service, Blomkamp fait le choix de nous offrir un personnage de blockbuster moins conventionnel et plus terre-à-terre. Et ça, c'est un bon point. Le deuxième point positif du film est... Kruger. Avec sa tête de redneck psychopathe et son penchant pour l'humour noir, voici le bad guy le plus dégénéré de l'année 2013. Bref, le genre de bon gars que tu inviterais pour un p'tit barbecue entre copains... notamment si tu préfères allumer ton barbec' à coup de lance-flammes.
 
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Kruger, l'ami des petits enfants

 

 

Bref, « Elysium » pourrait être considéré comme un "Metropolis" moderne. Mais, malheureusement non ! Blomkamp écarte rapidement son discours politique pour imposer du bon gros bourrin explosif... et là, c'est le drame. On ne fait pas une révolution avec les préceptes de l'ordre établi. Quand on essaye de faire un pamphlet non-conventionnel, le but est d'éviter de côtoyer son récit avec du gros formatage hollywoodien. Je parle de ne pas faire une oeuvre à l'image de ces films décérébrés où le plus important est de cumuler des explosions, des plans tremblotants et des montages épileptiques, des gunfights en slow-motion et des punchlines insipides. Tout y est dans « Elysium ». Cette deuxième partie du film est fort dommage dans le sens où elle éclipse largement la première partie plus satirique et politiquement incorrect. En fin de séance, on en vient même à oublier l'excellente introduction du film pour ne se focaliser que sur l'aspect bourrin.
et cette fin ! Une fin « guimauve » et démagogue à souhait, assassinant toutes les volontés originales du réalisateur. Dommage de proposer de bonnes idées pour les détruire par la suite avec un récit aussi formaté.
 
C'est un bon entertainment S-F (mieux que le très plat « Oblivion »), mais qui n'atteindra jamais ce qu'il désirait: être aussi subversif qu'un THX 1138, un Invasion Los Angeles ou encore un Soleil Vert."Rebelle", mais sans l'être réellement. Le Kamikaze vous conseille de le voir pour son univers visuel, mélange parfait entre cyberpunk cradingue et SF classique. Allez le voir pour son bad guy... faîtes plaisir à Kruger.
 
 

Lef Dur

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 20:35
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    Le « Power Rangers » le plus cher de la série  
 
 
« Pacific Rim » ! J'ai longtemps fait la sourde oreille avec ce film, pourtant rien ne semblait aussi intéressant que de voir comment Guillermo del Toro allait s'en tirer avec de la S-F. Avouons-le: C'est un entertainer né, parvenant à transformer un blockbuster basique en une oeuvre profondément personnelle, avec leurs inspirations ésotériques, leur penchant pour les oeuvres de H.P. Lovecraft, de peintures profanes, de séries B, de comics et son amour sacré des monstres. Avec Guillermo, l'alliance entre le contenu et le contenant est rarement négligée. Sans doute la peur de le voir s'enfoncer dans un nouveau Transformers me déroutait quelque peu. Voir une succession de bastons entres des monstres et des robots géants, mouais... la motivation n'était pas encore là.
Le synopsis me convainquait encore moins: « Pour combattre les Kaijus, des créatures sorties d'une brèche inter-dimensionnelle près de la faille géologique au fond de l'Océan Pacifique en août 2013, un nouveau genre d’arme a été conçu : des robots géants, appelés les Jaegers, qui sont contrôlés en simultané par deux pilotes dont les esprits sont reliés par un pont neurologique ». Les p'tits dédaigneux commençaient à dire: « ahah, j'en gausse d'avance. Ce truc ressemble à « Evangelion ». Vous savez... ce mecha, suivi par une poignée d'otakus, où des robots géants affrontent des monstres pour le salut de l'humanité. » J'ai pu voir ce genre de commentaires une centaine de fois sur des forums. Personnellement, je ne connaissais pas « Evangelion ». A mes yeux, « Pacific Rim » sonnait plus comme un « Ultraman » super friqué ou un « Power Rangers » plus couillu.
 
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« Ultraman », le « Pacific Rim » du pauvre
 
Puis, mon portable sonna sans relâche. Des amis sortaient de la dernière séance du soir, c'est-à-dire celle qui s'achève vers 1H du matin, et s'amusaient à me réveiller en m'envoyant des messages de ce genre: « hey ! Mec ! I fo ke tu voi pacific rim ! I est tro b1 !!! ». Autant frappé par de si belles proses que par la confiance aveugle envers mes amis, je décidai de casser mes préjugés pour me diriger vers le cinéma le plus proche. Enfin, je me disais que Guillermo del Toro a fait Pacific Rim comme un hommage aux films de kaiju japonais (l'improbable Frankenstein vs. Baragon ou la série des Godzilla, avec l'inoxydable King Kong vs. Godzilla). Alors, pourquoi pas...
 
 
 
Verdict: Pacific Rim a des atours séduisants. Il n'y pas à dire: ça en jette !
D'emblée, Guillermo nous donne clairement envie de connaître cet univers. L'introduction nous montre habilement l'évolution des mentalités par rapport à cette cohabitation forcée. Comment les humains ont fait face à cette menace, comment la culture populaire se l'est appropriée. Dès le début du film, tout est assez bien détaillé pour nous donner envie de s'intéresser à son histoire. Le point fort de l'oeuvre reste évidemment l'esthétique visuelle. Des scènes magnifiques enivrent le regard comme le flash-back de Mako où un jaeger figure tel un chevalier gigantesque, les séquences de combats titanesques, les Kaijus (images dantesques et effroyables de la destruction des mondes, à l'image d'un Cthulhu), la scène de ce jaeger s'écroulant sur une plage d'Alaska. C'est beau ! Et puis... cette musique de Ramin Djawadi ! Magique...
 
Pour le plaisir des oreilles, un featuring avec Tom Morello, ancien guitariste de Rage Against The Machine.
 
 
Mais, Guillermo abandonne rapidement son histoire au profit de l'impact visuel. L'épat' visuel, c'est bien. Quand il y a un fond cohérent, c'est mieux.
Outre l'abandon du récit à des incohérences bidonnantes (si les monstres attaquent continuellement les côtes du Pacifique, pourquoi les villes côtières ne sont-elles pas définitivement évacuées ? Comment les jaegers ont pu être construits aussi rapidement ? Comment se fait-il que le département scientifique n'est composé que de deux mecs farfelus et irresponsables ?), nous avons surtout le droit à un scénario cousu de fil blanc, n'oubliant pas de foutre des tonnes de clichés exaspérants à chaque grand moment du film:
 
1/ Notre héros, Raleigh Beckett (Charlie Hunnam), subit un choc terrible: la mort d'un proche. Cela conduira fatalement à la VENGEAAAANCE ! (Pardon, je me suis emporté). Ce genre de schéma narratif, ça ne vous dit rien ? Mais si... c'est évident.
 
2/ Bon bien sur, le traumatisme est là. Avant de repartir en guerre pour apprendre aux grosses bébêtes inter-dimensionnelles le respect d'autrui et le code de la route, notre héros connait irrémédiablement une longue phase de dépression où il se replie sur lui-même, fuit ses responsabilités. Il en a marre de la vie. Pour montrer sa tristesse, il se laisse même pousser la barbe. Ici, on charge évidemment le spectateur de tout le pathos du héros pour mieux faire communion avec lui. Vieille astuce de scénariste usée jusqu'à la corde. Et c'est à ce moment précis que son ancien commandant, Stacker Pentecost (Idris Elba) l'oblige à revenir dans le rang pour... sauver l'humanité ! Le coup du « retour forcé » est une trame typique des films d'action depuis la fameuse saga « Rambo ». Le héros se dit donc « mouais, pas trop envie. Mais bon, je suis obligé. Sinon le film s'arrête au bout d'une quinzaine de minutes. Pas sympa pour le spectateur qui a payé dix euros l'entrée » et c'est reparti !
 
3/ De retour à la base, ils rencontrent une pléiade d'archétypes. A droite, nous avons le rival, Chuck Hansen (Robert Kazinsky). Aussi beau gosse que le personnage principal (mais pas trop, il ne faut pas oublier qui est le héros) et concurrent sur le même terrain (il pilote un autre jaeger). Il se dit meilleur que le protagoniste, mais on sait tous que c'est un connard fini. A l'instar d'un Top Gun, les deux ennemis s'avoueront finalement et obligatoirement leur respect mutuel. A gauche, nous avons Mako (Rinko Kikuchi), la belle asiatique qui idolâtre en secret notre héros. On sait d'avance qu'il y aura une idylle amoureuse entre elle et lui. Mais, chuuuut... tout le monde fait semblant de ne pas le savoir. Au centre, nous avons notre commandant autoritaire qui fait juge d'arbitre. Autour d'eux, il y a les clichés de base: des pilotes russes (ils sont costauds, blonds, parlent avec un accent exagéré et conduisent un jaeger rudimentaire. C'est bien connu, la Russie est pauvre. Elle n'a pas assez de pognon pour faire des robots high-tech) et des chinois (ils sont rapides, malins, font des arts martiaux et ne parlent qu'entre eux. Raciste ? Ah non pas du tout). J'allais oublier les comiques de service, incarnés ici par deux scientifiques excentriques. Le pire reste le personnage de Hermann Gottlieb (Burn Gorman), cabotinant à mort et obligé de passer par des centaines de théorèmes pour parvenir à la conclusion que les attaques de kaijus sont plus fréquentes, alors qu'il lui fallait juste ouvrir un journal pour constater cela.
 
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Direct ! Ça se voit: ils sont russes !
 
 
4/ Comme tous les héros d'action, Raleigh est un rebelle. Rien à foutre des règles. L'important est d'atteindre le but. Ses méthodes sont critiquées par ses compères, mais on sait qu'elles seront finalement payantes. Il pourra ainsi faire « nananère » quand il aura fait un gros coup d'éclat.
 
5/ La fin est similaire à celle du mauvais Independence Day(Intolérable !). L'attaque finale débute par un grand discours héroïque (blablabla... nous serons les héros de ce jour !... blablabla... l'humanité a les yeux rivés sur nous). Le combat s'achève sur deux gros poncifs lourdingues: le sacrifice héroïque du pion de service et la presque-mort du héros (« ahah, je vous ai bien eu, hein. Je faisais semblant d'être dans les vapes »).
 
Après avoir subi une attaque sévère de poncifs dans la face, qu'est-ce qu'on peut sauver d'un film comme Pacific Rim ? Il est à l'image de la majorité des blockbusters contemporains: du clinquant, du bling-bling, de l'épat', mais un manque total de crédibilité scénaristique. Guillermo del Toro n'oublie pas de placer ses fameux monstres et quelques allusions lovecraftiennes (la destruction de l'humanité par des créatures abyssales), mais ça ne suffit pas à rendre séduisant sa nouvelle oeuvre. On se contentera donc d'une simple claque visuelle, mais aussi d'une oeuvre rendant fièrement hommage aux films de monstres japonais. Un mi-chaud, mi-froid. Dommage.
 
 
Lef Dur
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 10:23
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et ses terribles pouvoirs de floutage

 
 
Superman  ! Ze super-héros ! La référence du comics ! L'icône de la culture US (ex-aequo avec la souris qui porte des gants et un short) ! Il est de retour au cinéma ! Tadadaaaam !... hum...
Bon, on va maintenant cesser les acclamations et voir ce que vaut réellement ce « Man of Steel ». Le projet était de suite emballant. La Warner avait réussie une remise à niveau correct de Batman, notamment avec les opus à succès « The Dark Knight: le chevalier Noir » et « The Dark Knight Rises ». Il était donc tentant pour la fameuse major de retenter le coup avec un autre grand super-héros de l'écurie DC. La recette est la même: un remaniement plus moderne du super-héros. Contrairement à la saga du chevalier masqué, Christopher Nolan n'est plus le réalisateur, mais il demeure affilié au projet en tant que producteur. David S. Goyer reste scénariste et Zack Snyder, autre grand habitué d'adaptations de comics à l'écran, devient réalisateur. Reste à voir si cette alchimie marchera autant pour Superman que pour Batman. Après le fade « Superman Returns » (2006), l'image, déjà usée, du fameux super-héros en prenait encore un sacré coup. Lui reconstruire des bases solides avait alors de quoi séduire.
 
 
 
 
Pour l'histoire, je ne vous fait pas un dessin. Tout le monde la connait. On passe par la destruction de Krypton (instabilité du noyau + guerre civile= BOUM). Afin de préserver leur race, Jor-El et sa femme Lara largue leur enfant Kal-El dans l'espace. Le berceau atterrit sur la Terre, où il est recueilli par un couple de fermiers, Jonathan et Martha Kent. Ces derniers appellent l'enfant Clark, l'éduquent, lui apprennent à surpasser sa différence et à maîtriser ses pouvoirs. Adulte et conscient de son origine extra-terrestre, il part en quête de son passé.
 
« Man of Steel » exploite les origines du futur héros encapé avec la finesse qu'il faut, sans longue biographie détaillée et lourdingue, avec en bonus un p'tit message sur l'acceptation des autres, le respect des différences. L'enfance et l'adolescence de Clark Kent sont narrées via des flashbacks brefs et non-chronologiques, faisant le bon choix de ne pas tout dévoiler d'un seul jet, mais de l'alterner avec l'histoire du Clark adulte. Un récit morcelé qui a le mérite de surprendre le spectateur, dévoilant même la transformation de Clark Kent en super-héros au bout de quelques minutes de film.
 
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  C'est quoi cette manie de toujours bomber le torse ?

 

 

Niveau mise en scène, l'approche « réaliste » de Nolan est moins visible sur un « Man of Steel » que sur la franchise « Batman ». Rendre crédible Superman serait insensé. Va faire croire qu'un extra-terrestre en voie d'extinction qui se bat contre d'autres extra-terrestres en voie d'extinction pour préserver l'espèce humaine est une histoire plausible. Et Snyder n'est pas tombé dans le piège. Certes, les séquences se déroulant sur Terre cherchent à capter une esthétique « réaliste » digne d'un film de Ken Loach (genre: Il fait toujours grisâtre dans le monde réel) et les aspects kitsch sont misent à l'écart (fini le slip rouge et les collants bleus. Le costume est plus proche de celui du relaunch « New 52 »), mais « Superman » tient plus de la science-fiction et c'est là que la part de Zack Snyder est importante. Pour l'occasion, le réalisateur se fait même plus sobre que sur ses précédentes oeuvres, cessant ses rébarbatifs bullet timeet ralentis bad-ass. Ça reste du Snyder pompeux, mais en plus soft.

Non, l'atout majeur de ce « Man of Steel » reste son casting monstrueux: Russel Crowe qui... se castagne avec d'autres mecs (ça change, non ?), mais qui incarne un excellent Jor-El, Amy Adams, Kevin Costner et Laurence Fishburne dans les rôles respectifs de Lois Lane, Jonathan Kent et Perry White. Ils entourent un tout jeune Henri Cavill, incarnant un Superman plus affectif et plus touchant que ses prédecesseurs. Mais... la perle, c'est Michael Shannon ! Le général Zod n'a jamais été aussi charismatique qu'avec lui. Loin du méchant clichesque voulant tout detruire juste pour le plaisir sadique de le faire. Zod est un super-vilain avec des motivations et des espoirs. Sa figure est pathétique et son histoire est même touchante par certains aspects. Snyder arrive parfois à nous faire ressentir de la compassion pour cet implacable kryptonien qui est prêt à tout pour sauver son espèce. On se demanderait presque s'il ne faut pas opter pour le camp des méchants... Il est fort ce Zod.
On regretterait juste un Jonathan Kent trop en retrait et une Lois Lane qui, d'abord femme forte et indépendante, retourne dans ses travers de potiche en détresse.
 
 
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  Michael Shannon, possédé par son rôle

 

 

Il y a un autre hic avec ce film.  Durant deux heures, le spectateur assiste à une histoire bien equilibrée, débutant avec une intro digne d'un excellent space-opera, puis s'ensuit un rite initiatique appréciable, entrecoupé de quelques flash backs... enfin arrive le grand bordel: la confrontation finale entre Zod et Superman. Ce n'est plus une scène d'action, c'est le grand Armageddon. Merci Zack Snyder. On sentait que pépère ne pouvait plus se contenir bien longtemps. C'était trop calme jusqu'ici. Il fallait que ça pète. Il lui fallait son quota d'explosions, de bastons, de dommages collatéraux. Résultat: trop brouillon, long, trop looooong, excessif et incohérent. Superman est soucieux du sort des humains ? Ah bon... quand il fait péter Metropolis et Smallville, c'est donc un geste humanitaire ? Car s'il sauve l'humanité, c'est sur un champ de ruine qu'il le fait. En cadeau, il a même le droit de rouler son premier patin avec la belle Lois Lane. Ahlala... ces super-héros ! Ils sont chiants à refaire la déco au nom du bien et de l'ordre. On lui pardonne. Ce n'est pas nouveau dans l'univers du comics: le sauvetage de l'humanité passe souvent par beaucoup de morts, mais là, ce « Man of Steel » tient plus de l'abus... Fort heureusement pour lui, un super heros ne paye jamais de dommages et intérêts
 
Conclusion: un récit bien developpé, une adaptation capable de surprendre les néophytes et les fanboys et un final bordélique. A voir...
 
N'oubliez pas de voir l'article sur Superman IV: Nanar Express n°2: Superman IV (Lef Dur)     
 
 
 

Lef Dur

 

 

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 09:39
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Chaque super-héros a le droit à ses casseroles. Batman a eu certes le mérite de faire deux gros nanars dans la catégorie poids-lourds (le kitsch Batman version 1966 – nous avons déjà décrit ce chef-d'oeuvre dans un article: Batman le film "version 1966" (Review de Zang) - et le désastreux Batman et Robin), son copain Superman n'est pas en reste avec Superman IV: The Quest for Peace.
 
 
Dès son développement, Superman IVavait déjà les atouts pour devenir un futur grand nanar. Le film est produit par l'éternel « Cannon Group », responsable des plus beaux films réac' de Chuck Norris, de Charles Bronson ou encore de Sylvester Stallone et de blockbusters sous-alimentés tels que la série des « Allan Quatermain » (pâle copie d'Indiana Jones), Cyborg, Captain America(la version de 1990) ou Les Maîtres de l'univers (oui, oui, même Musclor a eu le droit d'être massacré par la « Cannon »). La réalisation est confiée à Sydney J. Furie, obscur cinéaste de nanars d'action. Christopher Reeves, l'interprète emblématique de Superman, a initialement refusé cette nouvelle suite. Toutefois, la « Cannon » parvient à le convaincre en lui promettant de financer sa première réalisation. Ce que l'illustre productrice de navets cinématographiques ne fit jamais, alors qu'elle avait même réduit de moitié le financement de Superman IV pour permettre de lancer par la suite le projet de Reeves. Malgré son budget risible et peu convenable, le film sort sur les écrans en 1987. Bon... ce fut un bide commercial. Je vous laisse deviner pourquoi. Intéressons-nous à l'histoire...
 
Après ses vacances, Superman revient sur Terre et retourne au taf au sein du fameux Daily Planet sous le pseudonyme de Clark Kent. Mais Lex Luthor (Gene Hackman), aidé par son neveu Lenny (Jon Cryer), s'évade de son bagne (encore !). Au lieu de profiter de sa liberté et d'agir incognito, il décide de créer un nouveau plan pour emmerder l'Homme d'Acier: il vole un cheveu de Superman présenté dans un musée. Vous conviendrez que le plus célèbre des super-héros se fout d'être identifié par des tests ADN. Lex Luthor pourrait même se servir de ce cheveu pour prouver la véritable identité de Superman, mais non... il préfère créer un monstre, Nuclear Man (l'Homme Nucléaire, incarné ici par Mark Pillow), un homme radioactif capable de vaincre le fameux super-héros. Il lui suffit alors de balancer un ovule (fait à partir du cheveu) vers le Soleil et un drag-queen naît immédiatement avec des habits de catcheur, des ongles de diva et une magnifique permanente. Simple, non ? Le pépère passe son temps à beugler et à griffer, et il est d'une vulnérabilité effrayante. Ecolo à l'extrême, il fonctionne à l'énergie solaire. Il suffit donc de lui faire de l'ombre pour que son cerveau se déconnecte. Fail. Malgré cette déconvenue, Lex Luthor pense qu'il pourra enfin réaliser en toute liberté ses plans les plus mégalomaniaques, grâces à son Nuclear Man tellement « parfait ». N'oublions pas une p'tite histoire parallèle sur la course à l'armement nucléaire entre USA et URSS, où Superman décide de se faire une place d'arbitre impartial.

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On ne juge pas sur les apparences, s'il vous plaît

 
Superman IV est reconnu pour ses piètres effets spéciaux. Avec un budget réduit à 17 millions de dollars, ils perdirent beaucoup de qualité. Des effets vieux de vingt ans, des mauvaises incrustations, des décors en carton-pâte, ... tout y est pour faire jalouser Ed Wood. Ils ne font même pas l'effort de dissimuler les ficelles tirant les acteurs. Ainsi, on peut remarquer un câble tirant Superman lorsqu'il pose le pied sur la Lune ou lorsque Nuclear Man traverse plusieurs plafonds du Daily Planet. Autre indice de la pauvreté du projet: Nuclear Man détruit un mur de la Grande Muraille de Chine et Superman le reconstruit en se servant de son regard-laser qui fait réapparaître les briques. Attend... Depuis combien de temps Superman a ce pouvoir ? La véritable raison de ce pouvoir supplémentaire n'est pas pour faire beau, mais parce que le budget n'a pas permis de réaliser ce qu'il y avait dans le script original, c'est-à-dire voir Superman reconstruire la Muraille avec sa super-vitesse.

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Par contre, il peut faire office de micro-onde

 

Un bon nanar, c'est aussi beaucoup d'incohérences et de débilités gratuites. Ce « Superman » n'en manque certainement pas. Ainsi, les séquences dans l'espace défient toutes les lois scientifiques. Lorsque Superman introduit un cosmonaute dans sa navette, il n'y a pas de dépressurisation. Par contre, il y a des courants d'air dans l'espace. On peut aussi y vivre sans équipement. Si, si... c'est prouvé ! Lorsque Larry Warfield (Mariel Hemingway) est kidnappée par Nuclear Man, ce dernier l'emmène dans le vide spatial. Elle y respire à l'aise, sans scaphandre, ni de réserves d'oxygène. Elle ne congèle pas non plus sur place (-270 ° Celsius, s'il vous plaît). A croire qu'elle est une véritable kryptonienne.

 
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Le spectateur a le droit à d'autres perles: Superman devient un fervent pacifiste, s'amusant à faire des discours moralisateurs sur « faire la guerre, c'est pas gentil » et passant son temps à chopper des missiles nucléaires, lancés par les ricains et les russes, pour les mettre dans un filet géant (oui, oui... vous avez bien entendu. Il met tout ça dans un filet de pêche gigantesque). Puis, il balance le tout vers le Soleil. Hop... fini la course à l'armement !
Dans une autre scène, Superman découpe le sommet d'une montagne en carton-pâte pour boucher le célèbre volcan de l'Etna, évitant une éruption volcanique. Hop, hop... trop fastoche.
N'oublions pas non plus les clichés racistes où les Italiens sont representés comme des villageois du XIXème siècle et où les représentants des Nations-Unies sont vêtus selon les coutumes de leur pays. Ainsi, un africain est obligé de porter le boubou, un canadien la tenue de la police montée et une indienne le sari traditionnel.
Côté interprétation, l'excellent Gene Hackman semble faire ce qu'il peut pour surmonter le ridicule de son personnage de Lex Luthor. Ici, l'ennemi juré de Superman n'est qu'une caricature de super-vilain fortuné, ne cherchant qu'à se divertir par des combats entre son monstre et Superman. Chacune de ses phrases se résume à dire qu'il est le mec le plus génial de la Terre. Son appart' de luxe possède une déco bling-bling digne d'un rappeur US, mélangeant les styles dans un grand n'importe quoi excentrique. Il est accompagné de son neveu Lenny Luthor. Comique de service du film, ce dernier cabotine à mort, fait des blagues pas drôles. Avec son look punk des années 80, il est aussi un des personnages qui a le plus mal vieilli dans le film.
 
Bref... vous voulez voir un bon complément après « Man of Steel », le Kamikaze vous conseille Superman IV. Bon visionnage...

Pour le plaisir des yeux, voici un duel épique sur la Lune entre Superman et Nuclear Man (… ou Godzilla ? J'ai un doute):





Lef Dur


  


 
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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:48
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Notre histoire commence sur la Terre. A force de faire des conneries, des bouleversements climatiques transforment notre belle planète en un sacré bordel. Des éruptions volcaniques, des séismes, en passant aux raz-de-marées et aux concerts de Justin Bieber.... Bref, on a le droit à la totale. Les humains ont donc préféré quitté leur maison-mère pour aller pourrir une nouvelle planète: Nova Prime. Malheureusement, des aliens déclarent la guerre aux nouveaux colons. Le spectateur n'a pas vraiment d'explication sur la raison de cette attaque soudaine. On ne comprend pas vraiment si c’était leur planète ou juste s’ils venaient nous emmerder (Bon Dieu ! Mais, qu'est-ce qu'on leur a fait pour qu'ils nous bombardent tout le temps !?). Cons comme des pelles, ces aliens ont parachuté sur Nova Prime des ursas, des grosses bêbêtes voraces et... aveugles. Ils détectent seulement les humains en sentant leur peur. Paye l'intérêt de la bestiole ! Toutefois, ça fonctionne à merveille puisque les humains flippent à mort à la vue du gros machin, et ils se font ratatiner la face. Face à cette menace, un corps d’élite fut crée pour protéger notre espèce: les Rangers. Mais bon... ça ne marche pas non plus. Les ursas leur font rapidement la misère. Il faut dire que se battre avec des sabres plutôt qu'avec des armes à feu et des canons, ce n'est pas forcément une bonne stratégie de guerre ! Autant leur donner un couteau suisse et leur dire de se démerder avec ça. Être habillé d'une combinaison ultra-moulante, ça n'aide pas non plus. Avoir une tenue renforcée, ça pourrait sauver des vies. Non ? Bon, on va cautionner sur le p'tit côté « bad-ass ».
Fort heureusement, un héros apparaît (tadadaaaam !): Cypher Raige (Will Smith). Celui-ci était un ranger couillu qui avait l'incroyable capacité de ne faire apparaître aucune peur chez lui. En affichant un visage inexpressif, il était donc invisible pour les ursas, et ainsi pouvait les poignarder dans le dos comme un gros traître. On appela cette technique "l’effacement" (appelé aussi « le Steven Seagal »). Aujourd’hui, Nova Prime est redevenue une planète tranquille. Les derniers ursas servent à l'entraînement des jeunes rangers à la capacité de « l'effacement ».
Le fils de Cypher Raige, Kitai (Jaden Smith), est un ranger à devenir, un cadet de l'espace. Toutefois - et malgré ses bonnes évaluations – c'est un vrai petit rebelle qui refuse les ordres de ses instructeurs. Il n'est donc pas admis à ses examens. Etant un père souvent absent, Cypher se fait sermonner par sa femme. Histoire de renouer le contact, celui-ci décide alors d'emmener son fiston à un voyage vers un camp d'entraînement. Manque de bol... leur vaisseau est obligé de faire un atterissage forcé sur la Terre. Manque de bol... En mille ans, la Terre est devenue un endroit inhospitalier où la vie humaine est dorénavant impossible. Manque de bol... Cypher et Kitai sont les seuls survivants du crash (normal, c'est les personnages principaux. Les autres étaient destinés à une mort certaine. Et oui, c'est dur la vie de figurant). Manque de bol... papa a les deux jambes brisées. Manque de bol... la balise de détresse est hors service. La deuxième balise se trouve dans la queue de l'appareil, située à une centaine de kilomètres du cockpit. Guidé par papa Cypher via intercom, Kitai va donc devoir parcourir seul ces contrées dangereuses, peuplées d'espèces animales évoluées. Bref, c'est la grosse merde. Pour rajouter un peu plus de tension, les scénaristes se sont dit qu'il fallait accumuler les emmerdes. Kitai va devoir affronter un ursa. Qui a eu la bonne idée de transporter un ursa dans la soute du vaisseau ? On se le demande. L'air est devenu irrespirable. Notre cadet est alors obligé de se shooter avec des doses d'oxigène. La nuit est glaciale. A chaque tombée du soleil, il doit rejoindre rapidement des points chauds avant de se transformer en Mister Freeze. Autant dire que les chances de survie sont au niveau zéro. Ça fait beaucoup d'emmerdes pour un gamin.

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"En vérité, je n'ai pas les jambes pétées, mon fils. J'ai juste la flemme de me taper mille bornes dans une zone mortelle. Je te souhaite bonne chance, je t'ai mis des BNs dans ton sac."
 
 
Je ne parlerais pas de la suite de l'intrigue. Evitons les spoilers...
 
Le réalisateur du film, M. Night Shyamalan, divise les cinéphiles. Certains continuent à le protéger en défensant sa mise en scène personnelle, d'autres le conspuent. Se révélant au public avec son fameux Sixième Sens , suivi d'Incassable et de Signe, il déçoit avec Phénomènes et Le Dernier maître de l'air. Il use jusqu'à la corde son style, se parodiant lui-même. Toujours les mêmes twists scénaristiques, le même rythme lent, les mêmes cadrages improbables. Bref, son cinéma n'apportait plus aucune surprise. Ici, Shyamalan fait le bon choix de mettre sa mise en scène de côté pour opter pour l'académisme hollywoodien. Certes, ce choix apporte ses inconvénients. Aucune surprise à l'horizon, tout est cousu de fil blanc. On nous offre une histoire avec des motifs éculés et des stéréotypes chiants. Pour rattacher émotionnellement le spectateur à l'intrigue, on charge les personnages principaux d'un pathos surfait. C'est ainsi que, comme bon nombre de héros, Kitai et son père doivent vivre avec la mort d'un proche. La fille de Cypher, Senshi Raige (Zoë Kravitz), est morte en voulant défendre son frère d'un ursa. Chacun vit alors avec la culpabilité de ne pas avoir agit correctement, créant ainsi un fossé entre le père et le fils. L'histoire est ponctuée de rebondissements convenus. On a aussi le droit à la petite minute « guimauve » et niaise où un aigle géant sacrifie sa vie pour sauver celle de Kitai (Les animaux ont-ils évolués au point d'avoir de l'empathie ? WTF !?). Le film s'achève enfin avec un inévitable happy-end. Hollywood ! Tu m'entends ? Quand-est-ce que vous allez nous apporter de l'inédit !? S'il vous plaît, faîtes quelque chose !
 
Cependant, l'intrigue n'est pas complétement à jeter à la poubelle. After Earth n'est pas un entertainmentdénué de sens. Le regain d'intérêt se trouve dans cette relation conflictuelle entre père-fils, s'appuyant sur une réappropriation de l'oeuvre de Herman Melville, Moby Dick. Cité plusieurs fois dans le film, ce roman fait le lien entre Cypher, Senshi et Kitai. After Earth en est une version S-F où le terrible cachalot blanc est remplacé par un ursa. La volonté de vengeance du capitaine Achab qui, ayant perdu sa jambe face à Moby Dick, cherche à panser son orgueil par la mort du monstre, fait ici place à la volonté du père et du fils de guérir de la perte d'un être cher par un acte symbolique – la mort de l'ursa. Ce parti pris scénaristique évite ainsi à After Earth de n'être qu'un vulgaire blockbuster crétin et lourdingue. Faute de ne pas innover le genre S-F, l'ensemble est sauver in-extremis par son fond et sa forme.
 
Je ne fermerais pas cette chronique par les fameuses critiques d'Allociné, mais sur l'absurdité absconse de la revue Télérama qui dénigre After Earth par des prétextes vaseux. Ici l'article: link. Le titre montre déjà le manque évident de culture cinématographique de la célèbre revue pour bobo. After Earth, pire film S-F de l'histoire du septième art ? Des nanars tels que Robot Monster, la série des « turkish » ou un blockbuster tel qu'Independance Day auraient mérité un pareil titre. After Earth est plus proche du basique que du catastrophique. Faut pas déconner. Le taxer de « propagande scientologue » est d'une gratuité absolue. Vous savez combien de films reposent sur la relation père-fils ? Vous savez combien de films ont « la peur » comme thématique ? Vous allez accuser tous ces films d'apologie pour la scientologie ? Soyez sérieux. Sans connaissance de cette pseudo-dimension ésotérique, le spectateur ne pourrait même pas y faire attention.
Bref, allez voir le film et faîtes votre propre opinion !



Lef Dur



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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 17:46
Depuis un bon moment, on nous parle de « Only God Forgives ». Serait-ce à cause du nouveau beau gosse d'Hollywood qui rend folle ces dames ? J'ai nommé Ryan Gosling !
 
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  « Alors les filles, ça baigne ? »
 
 
Un film avec lui et tout le monde se précipite dans les belles salles obscures. Il est vrai qu'on a en tête le succès d'un Drive, suivi des Marches du pouvoir.
 
Dit "le nouveau Drive" (normal même réalisateur, même tête d'affiche), forcément on s'attend à voir une continuité. On peut relever avec justesse la quasi-absence de dialogues et le jeu de regard de Ryan Gosling, spécialiste du regard froid, impénétrable mais si vulnérable à la fois. De même là encore, une tonalité et une texture tout en esthétique.
Là où « Drive » offre un scénario solide doté d'une violence dérangeante mais qui se justifie, « Only God forgives » nous sert une absence de contexte, une violence à la « Orange mécanique » mais dont le but se délite au fil des images.
 
 
Drive versus Only God Forgives
 
 
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« Drive » « on remarque à peine mon marteau à la main, tellement je fais détaché ».
 
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" Only God Forgives » « Mate moi ce regard vide d'ovni, j'ai la classe, la grande classe »
 
Oui Ryan, y'a pas à dire, les yeux inexpressifs et froids, tu maîtrises royalement !
 

Parenthèse faite, comme sûrement d'autres spectateurs, je suis sortie en me demandant pourquoi certaines scènes étaient juste suggérées et d'autres totalement dévoilées. A l'image du magnifique regard inexpressif de l'acteur, on reste froid, à l'écart. Subjugué d'une certaines manière, mais pas conquis.

 
Pourtant, le réalisateur, Nicolas Winding Refn, a vraiment soigné son bébé. On peut se délecter tout à loisir de ses merveilleux cadrages, raccords ou de sa lumière si particulière. L'ennui, c'est que tout est poussé à l’extrême. Apprécier un plan est quasi obligatoire vu la lenteur du scénario. Un des moments phares réside dans le cassage de gueule en bonne et due forme du beau Ryan. Le pauvre se retrouve avec un visage à faire peur. Peut-être fallait-il rentabiliser le maquillage et économiser sur les costumes, car celui-ci ne se lave pas, garde ses vêtements tachés (imbibés même de sang), et ce jusqu'à la fin du film. Non pas que son nouveau look puisse soulever les estomacs, mais il est est très étrange que le personnage reste tel quel. Il préfère traîner dans son night-club (traduction = bar à pute thaïlandais). Sur le coup, l'esthétique, d'aspect trop spectaculaire, souligne le creux du scénario.
 
J'ai voulu y croire jusqu'au bout et j'attendais avec impatience le petit moment dont dispose certains films où les choses se dénouent, s'expliquent et où l'on peut re-savourer tout le film avec ses moments forts. Mais ici, pas de déclic, le désert, plat. C'est plus avec grande perplexité qu'on se remémore les scènes, se demandant quelle est leur pertinence, en quoi celle là doit faire avancer l'intrigue plus que l'autre. Limite, ça peut parfois ressembler fort à du remplissage. On prend avec « Only God forgives » des vieux ingrédients testés dans « Drive »  (des musiques fortes et prenantes, peu de dialogues, un acteur charismatique, beaucoup de violence), on mixte le tout. Le cocktail dispose d'ingrédients certains mais il reste insipide. Voilà, je le dis: « Only god forgives », c'est insipide. Je ne l'oublierais pas car il serait injuste de dire que c'est un navet. En revanche, ça manque singulièrement de substance. Dommage pour Ryan qui avec ce film caricature son expression vide, mais aussi pour Kristin Scott Thomas qui est, quant à elle, excellente en mère désaxée et hystérique.
 
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 Bande-annonce:
 
 
 
Aurélie R.
 
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 19:39
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Assis entre le fan-club « chauve » de Baboulinet (alias Vin Diesel), beuglant leur joie de voir leur idole faire des kicks dévastateurs, et le Jacky Tuning Club de Tourcoing, rêvant de changer leur R19 améliorée (ou pas) en Dodge Viper GTS, je me posais une seule question: Les producteurs de la société « Original Film » (nom contradictoire) ont-ils une pointe de culpabilité à vendre une pareille bouse intergalactique ? Certains disent: « mê hattend, cé un film d'actioooon ! On va pa s'prende la teutê avec dé trucs tro conpliqués, ben ouais hein ». Ah bon ? Un bon film d'action n'existe pas ? Est-il impossible d'offrir au grand public un excellent film d'action, avec une démarche intelligente, un minimum d'implication artistique et un léger travail esthétique ? Sam Peckinpah, John Woo, John McTiernan, Tony Scott, ça ne vous dit rien ? Vous n'allez pas me dire qu'un « Die Hard » ou un « Volte-face », c'est trop compliqué pour votre cerveau étriqué ? Même un simple « Expendables II » et sa tentative de « revival » du cinéma eighties est plus intéressant à voir. Là, rien ! Nada ! Nothing ! Nichts ! Bref, vous avez compris. Alors, pourquoi allez voir en masse un film pareil (1 546 806 entrées en France, au 31 mai 2013), donnez du crédit aux producteurs de ce navet qui vont certainement se dire: « tiens, pourquoi écrire des histoires convenables, alors que des scénarios merdiques suffisent pour leur faire plaisir ». Merde, soyez plus exigeant ! Et là, un p'tit malin va me sortir: « Me fait pas la morale. Toi aussi, tu as bien été le voir. Non ? ». Je lui dirais simplement... euh... parce que... parce que... euh... change pas de sujet, p'tit con !
 
 
D'accord, c'est un film d'action avec toutes les exagérations qu'inclut le genre, mais de là à faire perdre à la narration toute crédibilité en foutant un maximum d'incohérences, c'est ce qu'on appelle « un suicide programmé ». Fast and Furious 6 est un véritable champion de la catégorie.
 
Exemple: « FUUUUUUCK ! Je suis indestructible, duuuude ! »
 
Dom, le personnage de Baboulinet (pardon... je voulais dire Vin Diesel) a un corps fait de caoutchouc. C'est une vraie petite balle rebondissante. Bon, le gaillard doit tout de même peser quelques kilos, ça ne l'empêche pas d'être aussi agile qu'une gazelle. Côté résistance physique, c'est du jamais-vu. Il peut encaisser n'importe quel choc sans la moindre blessure ! Un semi-remorque pourrait lui rentrer dans la face, ça le ferait seulement bâiller. Prenons un exemple: Letty ( Michelle Rodriguez) est en danger. Elle saute d'un tank et risque de faire une chute mortelle. Fort heureusement, Baboulinet fait un saut de plus de 60 mètres de haut (si, si... je vous jure), rattrape sa belle au vol et s'écrase avec elle sur une voiture. Le choc aurait dû lui péter quelques membres, voire le tuer, mais non... « ça va, je vais bien. Même mon débardeur est nickel ». Par contre, la voiture est HS. J'espère que le propriétaire du véhicule était assuré pour des chutes de Vin Diesel (c'est une clause qui devrait bientôt exister).
Le personnage de Dom n'est pas le seul à posséder cette prédisposition fabuleuse. Luke Hobbs (Dwayne Johnson) en est témoin. Imaginez que vous avez Dwayne accrocher au toit de votre voiture. Non... mieux ! Imaginez une centaine de kilos de muscles, complétement furax, avec des bras plus gros que des baobabs, cherchant à vous écraser la tête avec ses grosses mains. La voiture roule à plus de 200 Km/h. Voulant éviter une barrière, il fait un p'tit saut pour ensuite rouler en douceur sur le sol. L'individu ne porte évidement aucune protection. Ça serait trop facile. Et bien sûr, il se relève sans un p'tit hématome. A présent, essaye de faire ça chez toi. On se donnera rendez-vous à l'hôpital.
Par contre, lorsque c'est le personnage de Gisele (Gal Gadot) qui tombe d'une bagnole roulant à plus de 200Km/h, elle meurt lamentablement. Le scénariste peut-il venir à la barre pour m'expliquer ça ?
 
La logique de « Fast and furious 6 », ça passe un peu de ça:
 
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à ça:
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  Trop fastoche

 

 

en passant par ça:

 

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Sans oublier, la fameuse piste d'atterrissage, sans fin et longue comme un terrain de foot d'"Olive et Tom", qui ne s'arrête miraculeusement que lorsque la course-poursuite finale s'achève

 

 

 

« FUUUUUUCK ! L'actor's studio, c'est pour les nazes ! »

 

A quoi ça sert de jouer avec diverses expressions faciales, alors qu'un simple regard de bovin suffit amplement ? A quoi ça sert d'avoir une palette de jeu, alors qu'on peut tout exprimer avec un visage monolithique ? A quoi ça sert de changer de fringue, alors qu'on peut porter le même t-shirt durant toute la durée du film ? Dwayne Johnson et Vin Diesel se concurrencent-t-ils sur ces terrains ?

Autre chose, Dwayne... Je t'aimais sur le ring de la WWE, j'aimais tes combats avec Steve Austin. C'était le bon temps. Mais Dwayne Johnson... Lorsqu'on a un suspect possédant des informations capitales sur les méchants terroristes, quel est l'intérêt de le tuer à coup de prises de catchs lors d'interrogatoires musclés ? Il faudrait le garder en vie pour avoir quelques indices. Le but, c'est de lui faire cracher le morceau, pas de lui faire cracher ses dents. D'ailleurs, y-a-t-il des suspects qui ont survécus sous tes grosses mains ? Comment ça se fait que tu es encore flic ? Aucune enquête ne peut être confier à un mec comme toi ! Et arrête de froncer les sourcils, on sait que tu fais semblant de te donner un air intelligent. Ça marche pas.

 

 

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  Dwayne Johnson essaye de réfléchir à une question cruciale pour l'enquête, comme: « Où est-ce que j'ai mis mes haltères, ce matin ? »

 

 

 

« FUUUUUUUCK ! Le bling-bling, mec ! »

 

Le racolage passif est puni par la loi, non ? Ici, on essaye de titiller les ardeurs du kéké adolescent. Bienvenue au royaume du bling-bling, mon enfant. Dès le générique, on a le droit au gangsta rap, biiiiiiitch please ! Via quelques fêtes hype à Londres, on nous offre aussi un jolie lot de potiches, du champagne, du tuning. Bref, on se croirait dans l'appartement de Kanye West.

 

 

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  Le luxe, c'est avoir le summum du bon goût

 

 

Toutefois, je m'égare. Fast and Furious 6, c'est plus profond que ça. C'est aussi montrer aux jeunes spectateurs que la classe ultime est de vivre du crime et de conduire des bolides dans les agglos à plus de 300km/h, tout en flattant des prostiputes. Vaste programme... Ah oui, j'ai oublié: « respecte la famille ! »

 

Lisez cette article, mais n'y faîtes pas attention. Sur Allociné, le film a eu un 4,4 sur 5. A croire que « Fast and Furious 6 » est à ranger à côté de « Metropolis » dans votre vidéothèque.

 

Vu sur "Allociné": 

 

« En realiter je les pas vue mes les bande annonce dechire » - Maxime D.

 

« ♥ Fast and Furious 6.... Putain c'est un Feu d'Artifice quoi, il est TERRIBLE OMGGGG !!! C'est une Tuerie !!!! Meilleur que tout les autres, je sais même pas si ils pourront mieux faire dans le 7 a par si c'est des tarés, ils pourront pas faire mieux !!! Quoi que !!! Mais il arrache putain vous décoller de votre siège quoi !!!! Vous croyait qu'il est fini, mais en faite NOOOONN !!!! C'est un putain de feu d'artifice sa bombarde de partout avec forcément un ÉNORME BOUQUET FINAL quoi !!!! Il est vraiment a voir !!!! Sa fessait longtemps que j’étais pas en kiff comme sa sur un film d'action et de course quoi, py le voir en avant première dans les meilleurs places j'vous dis pas la tuerie quoi, ils sont juste fracasser, c'est juste mais DÉMENTIEL quoi !!!! Bref il est vraiment vraiment à voir !!! Je peut pas vous conseiller mieux !!!!!!!!!! ;) :D : )) » - Djimmy Massoulier

 

 

 

Lef Dur

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 22:20
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Voilà... je vais me confier: je ne sais pas si j'aime ou pas « Mamà ». Et il y a rien de plus emmerdant que de se demander si on a depensé utilement un billet pour voir un film qui nous laisse un léger « mouais » sur le bord des lèvres. Bon, ça reste toujours mieux que de dépenser pour un gros navet, mais merde quoi... Tout d'abord, on nous présente le film comme de l'horreur pur, le film qui pourrait faire flipper Freddy Krueger en personne.
 
 
 
Voilà ! Même si on s'attend à se prendre dans la face quelques stéréotypes du genre, on se dit « pourquoi pas » ! Bon... c'est vrai que je dis ça pour n'importe quel film. Donc, on part au cinéma d'un pas guilleret, on achète toutes les places de la salle où est projeté le film (ouais, j'en ai marre de partager la salle avec des cons qui passent leur temps à bouffer du pop-corn ou à téléphoner durant la séance) et on admire le résultat.
Tout commence avec une scène d'introduction brutale. D'emblée de jeu, le réalisateur Andres Muschietti impose un contexte dramatique digne d'un fait divers tiré du « Nouveau Detective »: Jeffrey ( Nikolaj Coster-Waldau), jeune père de famille desespéré, a abattu froidement sa femme et deux de ses collègues. Il emmène ses deux filles âgées de 1 à 3 ans, vers une destination inconnue, mais ils sont victimes d’un terrible accident de voiture au cœur d'une forêt. Après avoir marché durant des heures dans les bois, ils tombent sur un étrange chalet abandonné (Vous imaginez déjà le genre d'ambiance sinistre qui peut se dégager. Ça sent bon le film d'horreur classique. On offre même au spectateur un p'tit lieu commun. En effet, il s'agit de la même cabane que celle d' « Evil Dead ». A croire que c'est le passage obligé pour une bonne histoire d'horreur dans les bois).
Alors qu’il s’apprête à mettre fin aux jours de ses deux filles, l’homme est interrompu par une créature qui lui brise la nuque. Ce « monstre », qu'on appellera par la suite « Mamà », va prendre les deux gamines sous son aile et les élever au cœur des bois. Un générique sympathique, accompagné d'un petit thème musical « façon Danny Elfman », accompagne agréablement la suite. BAM ! On se laisse happer par cette introduction sombre et violente, bâtie sur une intrigue forte, une performance étonnante des acteurs et une créature ambiguë, mélangeant brutalité bestiale et sentimentalisme maternel. Malgré un léger sentiment de déjà-vu, on s'attend à une mise en scène se démarquant considérablement des films d'horreur contemporains.
Mais alors, qu'est-ce qui ne va pas avec ce film ? Continuons...
Après avoir disparues pendant cinq ans, les deux gamines, Victoria (Megan Charpentier) et Lilly (Isabelle Nelisse), devenues sauvages,sont retrouvées et sont confiées à leur oncle Lucas, frère jumeau de leur père, et à sa petite amie, Annabel (Jessica Chastain). Un psychiatre offre au jeune couple une maison pour suivre les enfants. Après un départ glacial, Annabel devient peu à peu la nouvelle maman des deux filles, mais la concurrence ne va pas plaire à Mamà, qui continue à rendre visite aux enfants. Une bataille entre deux mères va alors débutée.
Dit comme ça, l'intrigue semble intéressante. N'est-ce pas ? Mais, le réalisateur oublie vite de surprendre son public avec une histoire inédite et innovante. Il adopte direct les pires clichés du cinéma fantastique. Certes, ce qui est bien avec les poncifs, c'est qu'on se sent un peu chez soi. Normal... avec des lieux communs, on est tout de suite à l'aise. Mais, si tu veux foutre la pétoche à ton spectateur, il ne vaut mieux pas le conforter dans un p'tit nid douillet. Il faut le déranger, le surprendre avec des idées nouvelles. Si tu emploies des scènes qui sentent bon le déjà-vu, il y a peu de chance de faire sursauter Bébert et Cynthia au cinéma. Non ?
(SPOILER !!!) Bon, déjà l'intrigue ! Au fil de l'histoire, Annabel et le psychiatre découvrent le passé de Mamà, celle d'une mère qui, au XIXème siècle, se libère d'un asile pour aller récupérer son enfant, mais qui, poursuivit par les autorités, se jette du haut d'une falaise avec celui-ci. Malheureusement, alors que la mère continue dans sa chute mortelle, le bambin s'accroche à une branche. Séparée de lui, elle n'a qu'un désir: le récupérer pour retrouver la paix éternelle. (FIN du SPOILER !!!). Ce genre de petite histoire où un esprit cherche à récupérer une chose sur terre pour avoir l'âme sereine, ça ne vous dit rien ? Bien sûr que si... on retrouve cela dans 50% des films de fantômes (l'autre moitié est sur le thème de la vengeance). Exploitée jusqu'à la corde, cette intrigue est visible dans des films tels que Ghost, L'Echine du Diable, Les Autres, Fog, Apparences ou encore Casper (oui, oui.. je l'ai vu ! Et alors ?!)

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« Tu vas nous foutre la paix, ouais ! »
 
Outre les nombreuses apparitions furtives de l'esprit, sensées nous surprendre subitement, mais tellement surannées qu'elle nous fait seulement hausser les sourcils, les protagonistes ont l'illogisme de tous les personnages de film d'horreur ! Quoique plus normal que de suivre les informations d'un rêve glauque où un mort nous indique d'une voix macabre qu'il « faut aller dans la forêêêêt », se réveiller et aller se balader au lieu-dit, endroit sinistre à souhait, jusqu'à la nuit tombée ! Quel individu normalement constitué ferait ça ? Quoique plus normal que d'aller voir dans le placard ou dans la pièce où il y a des bruits étranges ! Tous les spectateurs crient: « Mais non ! Ne vas pas là-bas ! Pourquoi tu y vas. T'es conne ou quoi ? ».
On a même droit à la vieille folle qui balance des sentences macabres. Oui, oui. Le psychiatre va tranquillement demandé des informations sur les origines de la mère foldingue et là... subitement... la vieille archiviste prend sa voix la plus lugubre et se tape un monologue sur l'au-delà.
BLAM ! «  Oh, Excusez-moi madame ! J'ai du vous gifler. Vous commencez à partir en freestyle, là »


Mais alors, cher Kamikaze... ce film est si mauvais ?
Hé bien non... c'est plutôt une semi-déception. Ce film n'est pas un film d'horreur. Les distributeurs ont fait la maladresse de le présenter comme tel. Si un « once upon a time... » est inscrit au début du récit, c'est qu'il y a une raison. Il s'agit plutôt d'un conte macabre pour les grands enfants, avec de la poésie teintée de noir. Même si la morale du film est difficile à cerner, Mamà ressemble à ces films d'horreur produits par les studios Universal dans les années 20. Il transcende le genre horrifique par le côté profondément humain de sa créature, « Màma ». Comme le monstre de Frankenstein incarné par ce bon vieux Boris Karloff, Mamà est un être imprévisible, mais terriblement attachant. Si le « revival » était une des idées de base du scénario, le pari est réussi. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave. On ne dira rien.
Résultat: on a un magnifique conte ténébreux, porté par des excellents acteurs, mais plombé par de nombreux poncifs. Ça gâche le plaisir et c'est dommage.
 
Lef Dur


 
 
 
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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 21:23
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Un film qui a peu fait parler de lui lors de sa sortie en France… le 20 mars ! Mais rien que le scénario, tellement incongru et presque WTF, méritait qu’on parle de lui dans le « Kamikaze de l’écran ». L’histoire commence au moment où Agathe, réalisatrice, retourne chez elle en France, à Montreuil. Ca commence fort : elle doit faire le deuil de son mari décédé brutalement. Pas facile quand on ne sait pas quoi faire des cendres. On accompagne donc cette délicate étape avec un couple islandais qui débarque de nulle part installé à son domicile, un voisin à conquérir et une otarie. Le scénariste s’en est donné à cœur joie à l’écriture.
 
Bon. Entre The Restless, et Go on, vous allez finir par penser que la mort me préoccupe… Que nenni ! Seulement, le thème est souvent évoqué dans les films, et il est très difficile de le traiter tout en restant crédible… Or ici, on nage dans le paradoxe: le scénario n’a pratiquement AUCUN sens (attend… une otarie à Montreuil, quoi. Non mais... allô, quoi !). Et pourtant, le sujet est considéré avec justesse.
 
En réalité, on suit le fil du travail de deuil. Parce qu’un être qu’on a aimé a disparu en une fraction de seconde, sans qu’on s’y attende (ni dit-on point « tu ne connaitras ni le jour ni l’heure » ?), il n’y a plus aucun repère, plus aucune logique, on est paumé. L’héroïne raconte les circonstances de sa mort : « Il était en pousse pousse, une voiture l’a percuté, et l’instant d’après, pouf, il est mort. »Mais parce que tout le film est volontairement absurde, parce que rien n’a de sens, tu finis par comprendre qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Les personnages sont terriblement attachants, et ont suffisamment de profondeur pour qu’ils ne servent pas seulement de faire valoir au personnage principal. Un de mes préférés reste Anna, l’islandaise à la quarantaine, baba cool, rayonnante, souriante et dynamique, accro à la bonne herbe. Jeune mariée, elle pourrait représenter l’antithèse d’Agathe, si jeune et déjà veuve, sans vie…
 
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  Agathe et son mari. Paye ta joie.
 
 
Les comédiens excellent dans leur jeu, tant leur personnage servent à l’histoire, à la fois émouvante et humoristique. Certaines scènes sont incontournables, j’oserai presque dire cultes : Ulfur, le fils d’Anna, qui se laisse pousser une belle moustache pour travailler (parce que ça fait professionnel), et apprend à travailler dans un pressing (au noir évidemment : portrait du fonctionnement de la société en France) ; Anna qui tente tout au long du film de récupérer sa robe de mariée (rose avec plein de froufrou) à un travesti ; un quiproquo instauré par Virginie, la maitresse du mari défunt (« Ah, vous êtes sa femme… » « Oui. » « … de ménage ! ») et j’en passe.
 
Ah, oui, parlons-en, de ce mari défunt. C’est là aussi où se situe la brutalité de la disparition d’un proche, ici l’homme est désacralisé. Personne ne racontera quelle personne formidable c’était, sa générosité incommensurable ou ses talents incroyables pour jongler à cloche-pied… tout le monde n’est pas Abraham Lincoln, que voulez-vous. Volage, radin, mauvais caractère, mauvais coup, bref autant de défauts humains qu’Agathe ne veut pas reconnaître et qu’elle lui reprochait pourtant de son vivant. Elle veut le hisser sur un podium, continuer à l’aimer, mais tant qu’elle n’admettra pas ce qu’elle n’aimait pas chez lui, elle ne pourra pas avancer. Rien que le fait d’affirmer qu’il est un« mari mort »est déjà insoutenable.
 
L’actrice qui incarne Agathe (Florence Loiret-Caille) joue tout en sobriété, en retenu. La douleur qui se dégage se ressent implicitement. On la devine violente et presque inexplicable. On trompe la douleur avec quelques passe-temps illusoires, mais rien de très concluant. Et pas à pas, vient l’acceptation. Chacun a sa manière de faire, mais il semble ici que le message du film nous montre qu’un tel chagrin ne peut être résolu seul… mais à plusieurs. Chaque personnage a sa propre histoire, son vécu, son passé, son tempérament, et tous apportent quelque chose qu’Agathe avait visiblement perdu : la joie de vivre. Mais rien n’est fatal : « quand une femme aura surmonté la mort de son mari, elle sera reine ».Agathe sera donc reine de Montreuil.
   
 
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    Vous, les copains, je ne vous oublierai jamais…      
 
 
En résumé, un très beau film, où l’on est partagé entre rire et larmes, très bien rythmé entre des plans de vue, une musique bien dosée, et en fond de scène le portrait de la France avec son mélange des cultures et sa crise économique. On se laisse transporter, on pourrait presque commencer l’histoire par : « Il était une fois… ». On ressort de la séance avec une sensation de légèreté, de bonne humeur avec un sourire aux lèvres.
 
 
La bande-annonce:
 
 
 
Clémentine Samara
 
 
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 09:49
Qui aujourd’hui n’a pas entendu parler de ce film mythique ? Ce film qui, à sa sortie en 1993, a fait chavirer les coeurs de toute une génération, grâce à un héros brillant, un méchant … vraiment méchant, une gamine qui braille constamment et surtout … DES DINOSAURES !!!
 
 
jurassic affiche
 
 
1993: Le monde reçoit la grosse claque cinématographique de monsieur Steven Spielberg. 900 millions de dollars empochés lors de sa première sortie et un merchandising monstrueux. Mais si, vous vous souvenez ? On emmerdait nos parents pour avoir les jeux vidéos, les comics, les cartes ou les jouets.
 
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  « Nostalgiiiiie »
 
 
Gros film commercial qui n'hésite pas à faire la promotion de ses propres produits dérivés en les insérant directement dans le film (puisqu'il s'agit des produits dérivés du parc). Le résultat fonctionne. Le film devient une référence pour toute une génération d'enfants, qui se découvre une passion dévorante pour les dinosaures.
 
A la barre, Mr Spielberg, qui a le plaisir de diriger Samuel L. Jackson (le black du film), Sam Neil (le héros du film), Laura Dern (la blonde du film), Richard Attenborough (le vieux fou du film) et Jeff Goldblum (le cynique du film).
Attention, nostalgie:
 
 
 

Synopsis :

John Hammond, un milliardaire accro aux parcs d'attractions, se lance dans un parc à thème hors du commun : une réserve naturelle de dinosaures. Ayant besoin d’un avis positif pour obtenir l'aval des actionnaires, il fait appel au grand Alan Grant, un paléontologue de renom. Il est accompagné de sa copine Ellie Sattler, du Pr Ian Malcolm, de l'avocat Gennaro et des petits-enfants de John, Tim et Lex.

Alors qu’ils visitent le parc, une coupure d’électricité ouvre les barrières de tous les monstres du parc.

 

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  Ray Arnold: « Au fait, pourquoi on a cloner des raptors et un t-rex ? »

John Hammond: « Mais... parce que c’est cool, mec ! »

 

 

Bon, cette histoire est connue de tout le monde. Elle n’est pas si compliquée que ça. A l'époque, le film était surtout une démonstration de force d’effets spéciaux très réalistes. Une véritable révolution qui va permettre à nombre de réalisateurs de découvrir que le fruit de leur imagination peut être à présent reproductible sur grand écran et à faible coût.

 

L’équipe du Kamikaze a fait son enquête en l’honneur de la sortie 3D du film. Il ne faut pas se mentir: on peut dire que c’est toujours un plaisir de le revoir (pour la 1500ème fois). On ne peut pas résister à ses répliques entêtantes, à son thème musical emblématique et à ses scènes cultes: celle du verre d'eau qui tremble à l'approche du t-rex, la première rencontre avec les brachiosaures, la chasse des raptors dans la cuisine, …

 

Les plus grandes scènes ont même été réutilisées dans de nombreux films parodiques:

 

 

 

 

 

En revoyant le film (pour la 1500ème fois), il émerge néanmoins de nombreux points qui prêtent à sourire… on ne vous parlera pas des faux-raccords (tout le monde en parle en long et en large, mais ça ne vous a pas dérangé pour autant il y a vingt ans, bande de p'tit cons. Au Kamikaze, on excuse les erreurs de tournage, pas les erreurs scénaristiques), ni les nombreuses incohérences scientifiques (c'est un entertainment familial visant la vulgarisation. On va pas sortir des longues théories barbantes pour faire plaisir aux doctorants en science). Face au re-visionnage de ce film, on serait surpris de voir que le film a bien vieilli, à l'exception d'un élément: l'informatique. Il est vrai que tout paraît désuet. Mais, le film était alors en avance sur son temps. Attendez !

 

Des Jeeps possédant des systèmes de CD-Rom interactifs! Incroyable ! Et que dire du personnage de Lex Murphy, l'adolescente qui connait le système Unix et qui restaure le programme pour assurer le bon fonctionnement du parc d'attraction, aussi facilement qu'une gamine peut checker ses mails. C'est une chose qu'elle doit souvent faire chez elle sur sa petite bécane familiale (sur son minitel ?). Mais bon, elle le dit: « je suis une micro-maniaque ». Hein ? Est-ce que ce terme a déjà existé ?

 

Après tant d'années à se faire berner par l'innocence de notre enfance, il est difficile de concevoir que le scénario est aussi simpliste, aussi mal écrit. Mais si, vous savez... des moments du film écrits à l'arrache, des personnages chiants à souhait… tout ça, tout ça

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  « Merde, ils vont parler de quoi, là ? »

 

 

 

 

Après 20 ans, on vous propose un petit listing de ces p'tites choses gênantes :

 

  • Arrête de gueuler, bordel ! On l’a déjà mentionné: la petite fille de John, Lex Murphy ! Cette jeune fille, déjà inutile d'un point de vue narratif, passe son temps à hurler ! Dès qu’il y a un dinosaure (quoi de mieux pour les attirer) ou dès qu’il y a un bruit suspect, elle gueule aussi fort que la gamine insupportable d'Aliens. La demoiselle pousse même le vice à attirer le T-Rex avec une lampe (mais, t'es irresponsable, toi. Qu'est-ce qui te passe par la tête ? ).

  • Tim ! Passe-moi le fusil, merde !: Alors qu'Alan et Ellie sont aux prises avec un raptor et que Lex se dépatouille avec Unix pour restaurer le système de sécurité, Tim compte les mouches. Il a beau voir qu'Ellie cherche à atteindre un fusil avec son pied, ça lui viendra pas l'idée de le ramasser et de lui filer !

  • Tu bosses dans le coin ? Nan, je dis ça parce que j'ai un doute: Le méchant du film, c’est Dennis Nedry, un mec qui bosse dans le parc. Mais encore aujourd’hui, je me demande pendant combien de temps il a bossé dedans. Le mec est capable de débugger le réseau entier de l’île, mais ne connais pas la route pour retourner au port. C'est pourtant la route qu'il emprunte tous les soirs avec les autres employés pour quitter l'île. Il ne connait même pas les dinosaures vivant dans le parc (il n’y a que dix espèces, merde ! Tu peux au moins apprendre leur niveau de dangerosité avant de sympathiser avec l'un d'eux)

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  « D’après toi, je suis gentil ou pas, Dennis ? »

 

 

 

  • J’ai dépensé sans compter : John se targue tout au long du film d’avoir dépensé sans compter. Alors, expliquez-moi pourquoi il n’a pas augmenté Dennis, l’informaticien du parc, au lieu de le sous-payer et de le mettre assez en colère pour pirater le système du parc ? Et s’il ne l’aime pas, pourquoi il ne l’a pas viré ? Tout simplement... ça aurait éviter de se faire attaquer par une horde de dinosaures !

  • Je suis un ninjosaure : Le T-rex a la caractéristique de se faire remarquer assez facilement. Dès qu’il fait un pas, le géant fait trembler le quartier. Alors par contre lorsqu’il vient bouffer les raptors dans la scène finale, les héros du film ne le remarquent même pas arriver… 4 mètres de haut, 6,7 tonnes, il faut croire que ça ne doit pas être assez impressionnant.

 

Malgré ces points négatifs, il serait regrettable de cracher inpunément sur un film qui a bercé notre enfance. Ne soyons pas hypocrite. Si ce film connait un tel engouement depuis plus de vingt ans, c'est qu'il a atteint une sphère du cinéma bien particulière, celle qu'on appelle « les films magiques ». Jurassic Park nous fait rêver. Même si une ressortie en 3D pourrait être compris comme un acte purement vénal de la part de producteurs en manque d'idées, l'oeuvre de Spielberg reste un film de dingue !

 
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« On a réussi à faire un film culte, les gars. Soyons fier … pose de héros ! »

 

 

 

 

 

 

 

Lef Dur et Zang

 
 
 
 
 
 
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