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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:59
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Les grosses surprises peuvent souvent venir des petites choses. « Snowpiercer » en est l'exemple incarné. Le pitch est aussi semblable que celui des blockbusters comme « Elysium » ou « Upside Down »: Nous sommes en 2031. Après une bavure scientifique, la Terre subit une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce nouvelle arche de Noé 2.0, s’est recréée une hiérarchie des classes: les pauvres à l'arrière du train et les riches à l'avant. La chose devient tellement frustrante qu'une poignée d’hommes décide de lutter contre ce régime.
A croire que la lutte des classes soit (re)devenue un thème cher au cinéma actuel. Face au très attendu « Elysium », Snowpiercer eu peu d'échos. Et c'est bien dommage. Alors que Neill Blomkamp ait apaisé son discours face aux demandes du studio et se soit arrêté à mi-chemin dans ses idéaux, préférant l'action bourrin à la satire politique. Bong Joon-Ho ne regrette rien et ne laisse rien au placard. Il ne découpe pas vulgairement ses parties, il jongle sans cesse entre les tonalités: comédie, drame, action, militantisme. Tout se combine dans une machine bien huilée.
 
 
Avec un budget peu conséquent (40 millions de dollars, ce qui en fait un poussin à Hollywood), le film parvient donc à sortir son épingle du jeu. Encore une preuve que les majors se trompent en finançant des bides indigestes à 215 millions de dollars (Lone Ranger) quand on peut donner la chance à un projet artistique plus ambitieux à moitié prix. Adapté librement de la bande-dessinée française culte, «Le Transperceneige», le film puise volontiers ses sources dans l'anticipation à l'anglaise – on pense beaucoup à l’univers froid et sinistre de George Orwell (1984), l'uchronie steampunk de Michael Moorcock (Le Nomade du temps) ou encore la dystopie sociale d'un James Lovegrove (Royaume désuni) -, avec un train lancé à pleine vitesse comme métaphore de notre propre société. Ici l’idée d’une arche de Noé mécanique qui organiserait une lutte des classes, avec les pauvres en queue de train et les riches dans le wagon de tête. Une sorte de « Métropolis » à l'horizontal. On suit ainsi sans temps mort la progression des révoltés à travers le train, lors d'un voyage dantesque où chaque wagon représente un pas de plus vers la violence, la corruption, la désinformation et la dépravation... Critique acerbe de notre monde moderne où l’on se défonce le crâne et danse jusqu’au bout de la nuit quand d’autres crèvent la gueule ouverte, avec des individus exploités pour alimenter « la machine », «Snowpiercer» fait la part belle au divertissement et à la réflexion. Certains pourront dénoncer le manichéisme outrancier du film, mais le monde réel est ainsi fait, et ça serait se voiler la face que de le nier. La SF ne représente que l'anticipation de nos actes actuels.
Difficile de rendre crédible un parti pris rabaché un miliard de fois au cinéma. Et pourtant la mise en scène de Joon-Ho réussit là où celle d'un Neill Blomkamp a échouée: jouer sur la diversité des tons, ne jamais oublier son postulat de départ et ses inspirations, et éviter une fin guimauve digne d'un mauvais soap hollywoodien pour nous laisser sur un final doux-amer.
Evitant la prétention théorique, il préfère offrir du viscéral, des émotions, du sang et des tripes. Dans «Snowpiercer», on passe de l’horreur au burlesque, de l’action à la réflexion. On passe d'un clin d'oeil à un autre (Soleil Vert, Planète des singes...). On alterne la crasse et l'obscurité avec de la lumière et des couleurs vives. Similaire au ton acide d'un bon vieux franc-tireur comme Paul Verhoeven, le film avance par des idées de mise en scène décalée (l'utilisation de l'ironie dans les scènes de grandes violences), plus qu’en suivant une narration classique qui nous imposerait des flash-backs explicatifs rébarbatifs et des discours poignants. Au détour de scènes d'actions explosives, on n'oublie pas non plus les influences coréennes, notamment avec une mémorable bataille rangée entre les révoltés et une horde de miliciens armés de haches où Bong Joon-Ho suit l'action avec des travellings et des ralentis similaires à ceux des films d'arts martiaux.
 
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« Merde les gars... c'est le wagon du club SM. Vous êtes prêts ? »

 
A une histoire déjà-vu, Joon-Ho y apporte un traitement singulier. C'est la raison pour laquelle Snowpiercer se démarque aisément du lot des films de SF sortis cette année sur des thèmes similaires («Elysium», «Upside Down»). Bref... Snowpiercer part sur de bons rails (le jeu de mot pourri était inévitable).
 

Lef Dur

 

 

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 14:38

C'est Halloween ! On a donc fait le choix peu original de réaliser un dossier « cinéma d'horreur ». Quoi de mieux que se mettre dans l'ambiance en (re)voyant quelques films appropriés à la circonstance.

Je m'excuse d'avance: le titre est mensonger. C'était juste pour avoir une accroche facile. Oui, je sais. C'est un coup bas. Par conséquent, ne réagissez pas au quart de tour. Cet article est surtout dédié au cinéma « d'épouvante ». On cite beaucoup de films d'horreur en exemple, en n'oubliant l'essence même de ce genre: la peur. Il s'agit de l'émotion forte qui doit être atteint pour qu'on puisse dire qu'un film d'horreur est réellement efficace ou pas. Le film d'épouvante est le film d'horreur « malin » qui va omettre les facilités et les grosses ficelles pour mettre son spectateur dans un sentiment d'angoisse. Il va préférer la subtilité en exploitant l'imagination du public par des effets de suggestion et de non-dits, des ambiances dérangeantes et des effets de surprises. Beaucoup s'offusqueront d'avance de mon classement, en disant qu'ils manquent des œuvres marquantes du genre: des grands représentants du gore (Braindead, Evil Dead, Cannibal Holocaust, Re-Animator ou les films de Herschell Gordon Lewis et de Lucio Fulci), des films de monstres (Freaks, Frankenstein,...), des films de zombie (les films de George R. Romero), des films «animaliers » (Arachnophobie ou La Nuit des vers géants) ou du slasher (les sagas Scream, Halloween et Vendredi 13). Certains films sont des excellentes œuvres qui ont marquées le genre, mais ils ne seront pas intégrer à cette liste. Ces films exploitent non pas l'angoisse pure, mais principalement les sentiments de répulsion, de répugnance... ou de rire (oui, les galipettes de Regan dans l'Exorciste sont drôles, comme les insultes de Chucky ou les bagarres cultissimes d'Ash contre lui-même dans la trilogie « Evil Dead »).

Le cinéma d'épouvante ne se limite pas qu'aux films de fantômes. L'angoisse peut revêtir différents aspects. Elle n'a pas de forme précise. La peur est subjective, d'où l'importance de la non-suggestion ou de la surprise dans ce genre. Ici, pas de jets de tripes ou de jump-scares foireux. Place au cinéma d'horreur intelligent !

 

1/ The Thing (John Carpenter - 1982)

 

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Synopsis: En plein cœur de l'Antarctique, une équipe de scientifiques découvre une créature gelée.. Ramené à la vie, le monstre prend l'apparence de toutes formes organiques et décime un à un les membres de l'expédition.

 

Le « Kamikaze » avait déjà réalisé un dossier spécial sur ce bijou du cinéma d'horreur.

The Thing est le premier pilier de la trilogie de l'apocalypse, les excellents Prince des Ténèbres (1987) et L'Antre de la folie (1995)étant les deux autres films constituant cette trilogie réalisée par le grand maître de l'horreur, John Carpenter (Halloween, New-York 1997, The Fog,...).

A sa sortie, The Thing fut d'abord boudé et considéré comme un vulgaire ersatz d'Alien. Bref, la réception du film fut un flop monumental. Aujourd'hui, les cinéphiles reconnaissent l'énorme potentiel du chef-d'oeuvre de John Carpenter. De la claustrophobie, de la paranoïa, rajouté à cela l'énorme potentiel de cette créature polymorphe qui, en volant l'identité de ses victimes, parvient à faire s'entre-tuer un groupe d'hommes. Un monstre intelligent qui a saisi l'importance de l'adage « l'homme est un loup pour l'homme ». Elle n'attaque pas de front, et c'est en cela que la surprise est énorme pour le spectateur. Cette histoire de mal intérieur, d'équipe de chercheurs perdus dans l'environnement inhumain de l'Antarctique, en est arrivée à devenir un des huis-clos les plus terrifiants jamais réalisés dans le cinéma d'angoisse.

 

 

2/ Shining (The Shining, Stanley Kubrick - 1980)

 

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Synopsis: Jack Torrance (Jack Nicholson), gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme (Shelley Duvall) et son fils Danny (Danny Lloyd) s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le "Shining", est effrayé à l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles évènements passés.

 

Que dire sur un film aussi célèbre ? Jeux d'espaces, apparitions malsaines, musique lancinante, décors labyrinthiques, longs travellings sillonnant les couloirs d'Overlook tel un esprit malfaisant. Évitant les effets de gore et autres facilités (jump scares, ect...), la mise en scène froide et tranchante de Stanley Kubrick transforme le best-seller de Stephen King en une belle leçon visuelle sur la manière de créer efficacement de l'angoisse au cinéma. Argument supplémentaire: Jack Nicholson incarne un des personnages les plus illuminés de sa carrière.

 

3/ La Maison du diable (The Haunting, Robert Wise – 1963)

 

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Synopsis: Le Dr Markway (Richard Johnson) qui effectue des recherches dans le domaine de la parapsychologie tente une expérience de perception extrasensorielle avec un groupe de personnes réunies dans un vieux manoir réputé hanté. Dès le départ, des bruits insolites terrorisent les habitants de la demeure...

 

Ce long-métrage de Robert Wise est une des quintessences dans le genre de l'épouvante. Il réalise ici un véritable chef-d'oeuvre de suggestion. Aucun fantôme n'apparait directement, la mise en scène suffit à elle-même pour rendre n'importe quel motif comme un sujet de terreur. A l'heure où le cinéma d'horreur accumule les effets spéciaux et les maquillages outranciers, La Maison du diable reste un exemple à suivre. Par contre... oubliez son remake « Hantise ». Un vrai bide.

 

4/ L'Échelle de Jacob (Jacob's Ladder, Adrian Lyne – 1990)

 

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Synopsis: Jacob Singer (Tim Robbins), un New-Yorkais employé des postes, est surpris par d'étranges cauchemars pendant ses journées. Il se retrouve plongé dans des endroits inconnus et fait face à d'étranges personnes plus effrayantes les unes que les autres. Il est aussi victime de flashbacks, et revit ainsi son service au Viet-Nam, ou la mort de son fils quelques années auparavant. Ces souvenirs troublants le hantent jour après jour. C'est petit à petit que la folie s'empare de Jacob, dont il va tenter de sortir avec l'aide de sa petite amie Jezebel (Elizabeth Pena).

 

Il est étrange qu'on ne parle pas autant de ce film. Il s'agit pourtant du véritable coup de maître de Adrian Lyne qui, en plus de mettre en scène habilement une métaphore visuelle (l'échelle de Jacob, Genèse, Ancien Testament), crée un film à l'ambiance lourde et dérangeante. Au fur et à mesure de l'oeuvre, les repères entre la réalité et le cauchemar se perdent. Les espaces et les individus se transforment en véritables visions d'horreur. Un film à voir.

 

5/ Ju-On: The Grudge (Takashi Shimizu – 2002)

 

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Synopsis: Rika (Megumi Okina), une assistante sociale, se rend dans une maison, sur laquelle pèse une malédiction, pour s'occuper de Sashie, une vieille dame alitée. Elle y découvre un petit garçon enfermé dans un placard, avant d'être agressée par un esprit malfaisant.

 

Il serait injuste de ne pas faire figurer Takashi Shimizu dans cette liste. Vous savez... toute cette mode des mauvais remakes américains de films d'horreurs japonais ? Hideo Nakata et Takashi Shimizu furent les principaux responsables de cette nouvelle vague du fantastique au pays du Soleil Levant, avec The Ring, Dark Water et The Grudge. S'inspirant des fameux yurei (histoires de fantômes dans la tradition japonaise), The Grudge est un récit froid et âpre, où le moindre répit humoristique est inexistant. Son arme de terreur: les fantômes. Le spectateur est harcelé de part en part par des apparitions incongrues et dérangeantes. Shimizu l'oblige même à soutenir le regard du spectre. Ces séquences sont auréolés par une bande-son diabolique, avec des ambiances sonores lancinantes et des bruitages déroutants (les miaulements ou les longues plaintes gutturales). Des recettes efficaces pour des sueurs froides garanties. Maintes fois repris, mais jamais égalé.

 

6/ Silent Hill (Christophe Gans – 2006)

 

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Synopsis: De plus en plus souvent, la petite Sharon (Jodelle Ferland) rêve d'une ville abandonnée, Silent Hill. Sa mère, Rose (Radha Mitchell), décidée à comprendre l'étrange mal dont souffre son enfant, décide de l'accompagner sur place. Alors qu'elles pénètrent dans cet univers lugubre, Sharon disparaît. Rose se lance à sa poursuite, mais se rend vite compte que ce lieu étrange ne ressemble à rien de normal. Noyée dans le brouillard, peuplée d'étranges créatures, hantée par des ténèbres vivantes qui dévorent littéralement tout ce qu'elles touchent, cette dimension va peu à peu livrer ses terrifiants secrets...

 

Silent Hill fut injustement conspué par la critique, mais pourquoi ? Certaines scènes sont certes tirées par les cheveux, mais il ne méritait pas d'être aussi sous-estimé. Avec Silent Hill, Christophe Gans parvient à toucher le véritable mécanisme de la peur au cinéma: l'étrangeté. Si James Wan s'amuse avec les poncifs, Christophe Gans les bannit pour instaurer un univers glauque et pervers, où le rationnel (refuge habituel du personnage et, par extension, du public) n'existe plus. Dans un univers pareil, il n'y a plus de cachette. Tout peut arriver... même le pire. C'est en cela que « Silent Hill » mérite largement sa place dans ce classement.

 

7/Conjuring: Les Dossiers Warren (The Conjuring, James Wan – 2013)

 

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Synopsis: Ed Warren (Patrick Wilson) et sa femme, Lorraine (Vera Farmiga), enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, viennent en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée à Harrisville… Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière.

 

Si James Wan ait parvenu à faire les dernières perles du cinéma d'horreur, c'est seulement parce qu'il est un connaisseur averti du genre. Ici, il ne fait pourtant qu'y reprendre les stéréotypes éculés. Mais, James Wan les manipule au-delà des règles établies par le cinéma contemporain, pour en (re)faire des véritables gimmicks suscitant l'étonnement et l'effroi. Ainsi, on pourra apprécier ces scènes de miroirs qui ne font pas l'objet des sempiternels jump-scares ou cette longue exposition qui nous permait de mieux suggérer l'angoisse, au lieu de nous imposer concrètement la source de la peur au bout d'un quart d'heure de film. En détournant ces vieux codes usés, Wan prend davantage le spectateur à contre-pied et prouve que le cinéma d'horreur est encore capable de surprendre le public.

 

8/ Les Griffes de la nuit (A Nightmare on Elm Street, Wes Craven – 1984)

 

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Synopsis: Nancy (Heather Langenkamp) fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et cinq lames tranchantes à la place des doigts. Elle constate d'ailleurs que parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt, l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger (Robert Englund), qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui.

 

Le slasher, c'est chiant. Toujours les mêmes intrigues, les mêmes victimes, les mêmes enchaînements de morts ridicules. Bref, le train-train quotidien du serial-killer. En 1984, Wes Craven amène sa touche d'originalité au genre, en y incorporant le tueur absolu: Freddy Krueger. Visage brûlé, vieux chapeau et griffes tranchantes, il hante les cauchemars des adolescents pour les condamner à une mort bien réelle. Quoi de plus terrifiant qu'un être qui vous attaque dans un endroit aussi vulnérable et incontrôlable que celui du monde des rêves. Un film à ne pas rater, notamment pour ses scènes d'assassinats ahurissants.

 

9/ Simetierre (Pet Sematary , Mary Lambert – 1989)

 

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Synopsis: La famille Creed quitte Chicago et vient s'installer dans les environs de Ludlow, une paisible bourgade du Maine. Leur maison jouxte un cimetière d'animaux familiers situé sur les anciennes terres sacrées des indiens Micmacs. Le seul voisin des Creed est un vieil érmite. Une série d'accidents sanglants va rapidement transformer la vie des Creed en véritable cauchemar.

 

Des enfants tueurs, il y en a des tonnes au cinéma. Dans cette catégorie, j'ai tendance à mettre en avant trois films: Alice, Sweet Alice et son mémorable masque ou la tête à claque de Damien dans la Malédiction. Simetierre s'arme d'un des gamins les plus vicelards du domaine du fantastique: il s'attaque à la vulnérabilité des parents endeuillés, il court d'un coin sombre à un autre, il surgit aux endroits les plus incongrus. Un vrai concentré de terreur. Rare sont les bonnes adaptations cinéma de Stephen King... et pourtant il y en a (si, si). Simetierre fait partie des plus réussies, notamment grâce à la mise en scène de Mary Lambert et de son ambiance dérangeante à souhait, avec particulièrement ce final conjuguant le passionnel et le glauque.

 

10/ L'Enfant du diable (The Changeling, Peter Medak – 1980)

 

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Synopsis: John Russell (George C. Scott), un compositeur dont la femme et la petite fille viennent de mourir dans un accident, s'installe dans une maison isolée ou quelqu'un ou quelque chose cherche a entrer en contact avec lui.

 

Dissimulé par le sur-estimé Amityville à sa sortie, The Changeling est encore peu connu du grand public. Il mériterait cependant de sortir de l'ombre. Le film est un mélange astucieux du film d'angoisse et du film d'enquête. L'enquête pour lequel le «mystère» demeure le maître-mot d’un film souhaitant nous entraîner progressivement dans les faux-semblants du mythe familial, à travers des sinueux chemins truffées d’objets (boîte à musique), d'espaces (pièce condamnée), de propos («Help me») et de textes (coupures de journaux) qu’il s’agira de déchiffrer. L'angoisse, par la maîtrise technique de Peter Medak, souligne sans cesse la présence de l'esprit par des panoramiques, des plongées, des longs travellings, et l'imprime même sur la bande-son par des échos assourdissants. Pourquoi faire figurer directement la peur, alors qu'il est plus terrifiant de la faire ressentir ?

 

 

Lef Dur

 

 

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 13:05
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Gravity est un chef-d’œuvre. Tu le sais avant même de l’avoir vu. Tu sais qu’il est époustouflant et sensationnel, que c’est le« meilleur film sur l’espace jamais réalisé » dixit Cameron. Bref… Tu sais que tu en auras pour ton argent. Il y a intérêt : il est projeté en 3D, à plus de 10€ la place, pourtant on sait la déception qu’a suscité Avatar à sa sortie (la fameuse pub Haribo juste avant le film, remember ?). Du 3D à tout va pour peu de sensation, autant aller voir une pièce de Tchekhov qui saura mieux te remuer les tripes. J’exagère à peine. Tu sais d’avance que c’est un chef-d’œuvre, puisque partout on l’annonce comme le film de l’année 2013.
J’avais envie de voir Gravity pour plusieurs raisons : c’est un film sur l’espace – un exercice très difficile quand on sait que jusqu’à présent la référence dans le genre n’est autre que 2001, l’Odyssée de l’Espace ; d’autant que tout repose (presque) sur un seul personnage. Plus casse gueule, tu meurs surtout que je ne suis pas franchement une fan de Sandra Bullock ; et enfin l’histoire, qui mérite notre attention. Ô joie, ce n’est ni un remake, ni un prequel, ni une suite, ni une histoire tirée d’un fait réel !
 
Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky (George Clooney). Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.
Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...
 
 
 
Filmer l’espace ? Ca a été fait environ un bon millier de fois. Le réalisateur Alfonso Cuaron a pensé à un détail non négligeable : ENFIN, on n’entend pas les fameux sons dans l’espace. Pas de bruit d’explosions, rien. C’est simple: le film commence et te pose direct la définition même de l’espace : pas de gravité, pas de pression atmosphérique, pas d’air, rien ne peut porter le son. Toute vie dans l’espace est impossible.
Filmer l’espace, oui ça a été fait une bonne dizaine de millier de fois. Alfonso Cuaron a su le filmer. Avec aisance, fluidité, de longs plans, en reprenant des images rapportées par les astronautes, extraordinaires et surprenantes. Le premier plan-séquence dure une quinzaine de minutes et déjà tu te laisses dériver avec les astronautes. Tu oublies la notion de haut ou de bas. La caméra elle-même semble flotter et ne s’arrête jamais, tu ressens un sentiment aussi agréable que dérangeant. La gravité est un point de repère qui n’existe pas dans l’espace, donc inexistante pendant tout le film.
Filmer l’espace ? Une belle opportunité pour t’emmener en voyage dans un autre monde. Une vue sur Terre telle qu’on ne peut la voir que depuis le ciel, perçu comme le berceau de la vie, l’espace et son apesanteur (vous lancez un objet en mouvement, il continuera sa course à l’infini), et surtout, nous sommes pendant 1h30 en dehors du temps. Pas de nuit, pas de jour, rien que l’espace et son vide immense, avec ses quelques êtres vivants qui flottent autour de la Terre. Bref, tu te prends une grosse claque dans la tronche dès le début du film : au-dessus de ta tête, c’est mort. Et surtout, tu te sens vraiment tout petit. On se remet à notre place.
 
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Bon, l’espace n’est pas tout à fait mort : il y a quand même George Clooney.

 

 

Là où le film prend de l’ampleur, c’est toute la symbolique qu’il colporte. On ne filme pas l’espace juste pour faire joli. Une femme a perdu tout contact avec la Terre. Elle se situe dans une zone hostile, là où toute forme de vie est impossible, et va devoir se battre pour retrouver la planète mère. On retrouve presque, en analysant le film en profondeur, l’histoire-même de l’Homme : au début, il n’y a rien. Puis de ce rien nait quelque chose. Un organisme vivant qui vient d’ailleurs, et qui va évoluer petit à petit. Sandra Bullock porte le film non pas à elle seule, mais avec l’espace. Elle est la vie. Elle incarne une femme déracinée flottant dans l'espace, le lien vital entre sa présence maternelle et la Terre, et métaphoriquement, elle incarne le parcours de la vie : mourir pour renaitre ensuite. Et je dois l’admettre : elle est irréprochable. Par ailleurs, le personnage évoque la perte de son enfant ; un détail intéressant qui explique sa psychologie. Son besoin de se replier sur elle-même et son envie d’être seule se retournent contre elle puisque pour survivre, elle doit adopter un comportement inverse. 

 
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Comment trouver encore la force de se battre lorsqu’on est seul ?

 

Je le disais précédemment, à mon sens le meilleur film sur l’espace semblait revenir, et de loin, à Stanley Kubrick. Technologies avancées obligent certes, mais aussi par le scénario, la réalisation, la BO et le réalisme recherché, j’ose affirmer qu’Alfonso Cuaron a réussi à faire mieux. Sandra Bullock est une révélation à mes yeux, et le duo éphémère porté avec George Clooney fonctionne très bien. Et la musique ? Si la BO est tout à fait remarquable, le silence a tout autant d’importance, si ce n’est plus. Et Alfonso en joue beaucoup. Normal, on est dans l’espace, pas dans Armageddon. La musique accompagne le mouvement, parvient à faire monter la puissance de certaines scènes. Elle vous touche, vous bouleverse, vous fait flipper, mais elle fera réellement sens à la fin du film. En fait, rien n’a été laissé au hasard, et surtout pas la fin ! L’eau, la gravité, le sol, l’environnement de son atterrissage : vous n’aurez jamais vu une scène représentant l’Homme de manière aussi juste.

Filmer l’espace ? Alfonso Cuaron l’a fait. Et promis juré, il n’y a rien d’abstrait. Pas de scène chiante ou expérimentale (au contraire, on a même applaudi son réalisme). On n’a pas le temps pour le surréalisme. Je crois que ce n’est pas qu’un film sur l’espace : c’est un film qui porte un regard sur l’Homme et son lien avec la Terre. On l’avait presque oublié. Et bien après avoir découvert ce film, je mettrais ma main au feu que vous n’aurez qu’une envie : lever votre nez vers le ciel. D’ailleurs, c’est exactement ce que je vais faire.

 

 

 

Clémentine Samara

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 17:42
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Steven Seagal méritait depuis fort longtemps un article sur « Le Kamikaze de l'écran ». Il est dorénavant temps de rendre justice au « panda vigoureux » du hardboiled.
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« Mon dieu, je vois double ! »
 
Détenteur d'une carrière cinématographique longue de 25 ans, Steven a démontré la subtilité de l'aïkido au grand public, c'est-à-dire plaquer des loubards d'un revers de la main, briser les bras de ses adversaires, démolir les bars clandestins, tout en plaçant quelques punchlines ironiques. Il connait la notoriété avec « Nico » (above the law - 1988) et « Piège en haute mer » ( Under Siege - 1992), et en profite dès lors pour placer quelques messages profonds (et naïfs ?) sur l'écologie avec son nanar cultissime « Terrain Miné » ( On deadly ground - 1994), dont il est le scénariste-producteur-réalisateur-acteur. Il y incarne un ranger qui sauve l'environnement en faisant exploser une plate-forme pétrolière (logique !). Par ses répliques sidérantes et son message bas de plafond, le film est vite reconnu par les amoureux du cinéma nanar comme une véritable mine d'or. Au passage, le film permet à Steven Seagal de récupérer la seule récompense de sa carrière: le Razzie Award du pire réalisateur.
 
 
 
cuuuuuuulte !
 
Après quelques échecs commericaux, Warner Bros casse rapidement son contrat. Sa fameuse dégaine (visage inexpressif, queue de cheval et veste en cuir) se retrouve dès lors dans le direct-to-video. Mais avant ce plongeon regrettable dans les méandres des vidéos-clubs, il tourna dans l'un de ses meilleurs nanars, « L'Ombre Blanche » (The Glimmer Man - 1996).
 
Le pitch annonce déjà un chef-d'oeuvre à (de)venir: Jack Cole (Steven Seagal) est un flic de New-York, mystique et New Wave, avec un passé mouvementé.
Il est transféré à Los Angeles pour aider Jim Campbell (Keenen Ivory Wayans) à résoudre une série de meurtres brutaux dont les victimes sont crucifiées. Les meurtres, qui ont eu lieu depuis l'arrivée de Jack à Los Angeles, n'ont tout simplement aucun lien avec lui. Lorsque le tueur tue Ellen Dunleavy, ex-femme de Jack et la mère de ses deux enfants, l'affaire devient personnelle - en particulier lorsque les empreintes de Jack sont retrouvées sur le corps de Ellen.
 
Les ingrédients pour un bon « Steven Seagal », c'est un jeu d'acteur limité, du cassage de bras, du broyage de mobiliers, des répliques percutantes. « L'ombre Blanche » va plus loin que respecter ce cahier des charges, il accumule les scènes bidonnantes dans un non-sens le plus total !
Pour saisir le charme de ce film, nous vous proposons un jeu: « Le test de L'Ombre Blanche » (attention, toutes les situations proposées ci-dessous se trouvent dans le film « L'ombre blanche »).
 
   
1/ Vous êtes l'acteur principal d'un film d'action, quel look adoptez-vous ?
     
A – Quand vous ne portez pas de veste en cuir, vous apparaissez avec un semblant de kimono noir. Autour du cou, vous arborez un magnifique gri-gri indien qui vous rappelle votre nature spirituelle et chamanique. Ça vous donne un p'tit côté « mystique ». Vous avez adoptez le bouddhisme comme mode de pensée, mais ça ne vous empêche pas d'utiliser la violence comme unique recours. Votre visage monolithique ne laisse transparaître aucune émotion.
 
B – 100% Américain, votre identité se limite à des santiags, un jean's, un ceinturon de cow-boy et une moustache. Quand vous partez délivrer des anciens du Vietnam prisonniers dans des cages en bambous ou arrêter une invasion communiste, vous échangez volontiers vos fringues pour votre ancienne tenue de marines. Votre regard inexpressif rappelle à tous que vos émotions se limitent à la joie de tirer sur des vilains avec un lance-roquette.
 
C – Rien d'excentrique. La simplicité est de mise: sweat, jean's, basket. Ça suffira amplement pour arrêtez du vilain. Vous êtes un citoyen lambda.
 
megaforce

« Un héros doit toujours avoir un look unique »

     
2/ Votre pire ennemi:
 
A – D'ordinaire, vos prédilections vont pour les dealers de drogue (noirs ou latinos) et les flics ripoux (blancs). Aujourd'hui, votre affaire se porte sur un serial-killer catholique qui surfe sur le succès du thriller « Seven ». Il s'amuse à crucifier des gens et dessiner des signes religieux sur les murs comme un môme attardé. Vous vous penchez sur l'affaire avec vos grosses mains de bourrin, mais aussi avec le flegme d'un Sherlock Holmes en herbe. Dommage que votre crédibilité tombe à zéro.    
 
B – Vos méchants se limitent à des terroristes-ninjas-communistes (russes, asiatiques ou latinos). Ces salopards sont jaloux de l'idéal américain. Tuer des femmes et des enfants par paquets de douze, c'est leur passe-temps favori. C'est pas grave. Un bon coup de pied latéral, ça va les calmer direct.    
    
C – Dealer, proxénète, cambrioleur, fraudeur, hors-la-loi. Vous ne faîtes pas de distinction politique ou sociale entre les individus. L'égalité s'applique face à la justice.
 
   
3/ On vous assigne un collègue (ou plutôt un faire-valoir).    
 
A – Il s'agit d'un sidekick comique noir (par extension: humour cool). Son interprétation est nulle, ses blagues sont lourdes et sa VF insiste sur un accent « Eddie Murphy ».    
 
 B – J'anéantis le mal en solo. Pas besoin d'un sidekick quand on est aussi invincible qu'un dieu olympien.    
 
C – Mon collègue, c'est Roger. Il est sans histoire et routinier... comme moi.    
  goonies

Il est aussi possible d'avoir un gamin asiatique comme sidekick

       
4/ Dans un lycée, un adolescent désespéré tient en otage sa classe. Qu'elle est votre manoeuvre d'approche ?
 
A – Vous faîtes mine de lui parler afin de l'amadouer. Dès que l'occasion se présente, vous faîtes une intervention hors du commun: vous vous jetez sur lui pour le défénestrer. Faux-raccord à l'appui, vous traversez deux fenêtres et vous vous relevez sans une égratignure. Par contre, le gamin va devoir se taper plusieurs séances de thérapie.    
 
B – Vous surgissez derrière lui et vous lui faîtes un kick devastateur. Le dialogue, c'est pour les fiottes.    
 
C – En attendant les renforts, vous lui parlez avec sang-froid et assurance. Peut-être que ce gamin a besoin d'écoute.    
 
   
5/ Une bande de mafieux vous intercepte dans la rue. Comment allez-vous faire pour vous sortir de ce petrin ?    
 
A – Vous balancez quelques blagounettes ironiques, avant de dégainer votre carte bancaire et de les égorger avec. N'oubliez pas de placer une punchline comme « vous acceptez l'american express ? » (hop ! Placement de produit !)    
 
B – Vous ne leur laissez pas le temps de dire le pourquoi de cette attaque. Vous les mettez à terre avec une série de mounchs et de coups de pied circulaires.    
 
C – Vous appliquez les règles en vigueur dans ce cas de figure, en priant pour que les renforts arrivent rapidement.    
   
 
6/ Vous entrez dans un restaurant pour interroger un suspect...
 
A – Le receptionniste vous manque de respect. D'un simple revers de la main, vous le mettez dans un état de coma profond. Le garde du corps du suspect vous bloque ensuite le passage. Vous lui pétez le bras, avant de le faire traverser un paravent en bois. Après avoir interroger votre suspect avec toute l'intempérance et l'humour qu'on vous connait, vous déclenchez une bagarre entre vous et ses gardes du corps, en épargnant rien du mobilier du restaurant. Pour achever la scène avec brio, vous saisissez n'importe quelle situation pour sortir une p'tite blagounette.    
 
B – Vous faîtes exploser le restaurant. Vous choppez le suspect. Pas besoin de le faire parler, vous n'avez qu'à le regarder dans les yeux pour connaitre la vérité.    
 
C – Vous entrez dans le restaurant, mais le garde du corps vous dit que le suspect est occupé avec une autre personne. Vous lui dîtes que vous repasserez un peu plus tard et vous lui souhaitez une bonne journée. Le garde du corps vous fait un doigt, vous baissez la tête.    
 
 
7/ Deux hommes de mains vous ordonnent de monter à bord de leur voiture.    
 
A – Dans le véhicule, vous attrapez l'arme d'un des gars pour vous en servir comme une matraque. Puis, vous saisissez le conducteur, au risque de provoquer un accident de la route qui détruit la moitié du centre-ville. Vous survivez à plusieurs tonneaux et vous sautez du véhicule sans une égratignure.    
 
B – Vous regardez droit dans les yeux le sbire qui a osé vous donner un ordre. Celui-ci vous reconnaît et décide de prendre la tangente.    
 
C – Vous prenez la fuite !    
 
 
8/ La scène finale est une fusillade entre vous et les méchants.    
 
A – Bouddhiste extrême, vous foncez dans un gunfight où vous êtes seul face à une dizaine de méchants. Ces derniers sont incapables de vous atteindre (même à bout portant), alors que chacun de vos coups atteignent fatalement un des leurs.    
 
B – Idem que A... sauf que les méchants sont une centaine, et que vous les tuez sans sourciller.    
 
C – Vous attendez les renforts pour faire une arrestation dans les règles.    
 
 
Vous avez une majorité de:    
 
Réponse A: Bravo, vous êtes Steven Seagal dans « l'Ombre Blanche ». Votre jeu (très) limité, votre philosophie new-wave, votre look iconoclaste et votre art de l'aïkido sont vos armes pour arrêter le sombre complot qui se trame à Los Angeles. Votre subtilité s'allie maladroitement à votre côté bourrin, mais vous demeurez un héros intouchable. Estimez-vous heureux, vous avez rendu tétraplégique une centaine de figurants.    
 
Réponse B: vous êtes Chuck Norris ! Ce qui est impossible puisqu'il n'existe qu'un seul Chuck... et il déteste les imposteurs. Il connait déjà le résultat de votre test et se dirige vers votre lieu de résidence pour vous anéantir.    
 
Réponse C: Vous êtes un individu normal. Vos actions sont plus sensées que celles des personnages de cinéma. Par contre, votre risque de mortalité est de 99%.    
 
   
En récompense, voici quelques extraits du film:
 
   
 
 
   
Lef Dur
 
 
 
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 15:43
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Dans le cadre d'une « review » je ne pouvais pas oublier Pleasantville, sorti en 1998 sur nos écrans. Pourquoi ? Parce que ce film est un petit bijou qui mérite d’être reconnu pour son très bon travail esthétique et son scénario bourré de références culturelles, historiques et symboliques. Pour vous mettre un peu l’eau à la bouche, un petit trailer :
 
 
 
L’idée du scénario est simple comme bonjour : on a tous souhaité de se retrouver dans notre série ou film favori (personnellement j’aurais adoré me retrouver dans Friends, rien que pour les vannes de Chandler Bing et boire un bon café dans le canapé du Central Perk). Juste pour nous évader de notre morne réalité. Et les 15 premières minutes du film nous présentent un excellent tableau en quelques scènes seulement. David est un lycéen de la fin des années 1990, un peu geek sur les bords, une famille divisée, a peu de succès auprès des filles et « subit » la réalité de la société contemporaine : SIDA, chômage, catastrophes naturelles… des sujets d’actualités (qui ne nous sont pas étrangers, n’est-ce pas) pas très jojo, alors tu m’étonnes qu’après les cours notre protagoniste se précipite vers le petit écran pour suivre sa sitcom 50’s favorite.
 
Pleasantville reflète une société bien lointaine: le rêve américain par excellence. Tout est beau et propre, chaque personnage a sa place, les étudiants travaillent studieusement à l’école, les femmes font la cuisine et le ménage (sic), et les hommes vont travailler. La fin de journée ressemble à un tableau idyllique, comique tant le cliché est grand : le chef de la maison qui rentre du travail en lançant un joyeux « honey, I’m home ! »,l’épouse attentionnée qui lui apporte son verre de whisky pour lui demander comment s’est passé sa journée, les merveilleux chérubins que sont les enfants qui annoncent fièrement leur premier prix en sciences ou leur A+ (la meilleure note de la classe, bien sûr)… Tout est merveilleux, rien ne semble entacher leur petite vie quotidienne bien tranquille. Oui, on est à dix mille lieux de l’univers de David, enfant de parents divorcés et… frère jumeau de Jenifer, la parfaite adolescente superficielle, chipie et en manque de popularité. L’antithèse de David par excellence.
 
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Un peu de gâteau au riz soufflé ? Ils sont délicieux !

 

Puis un incident se produit. La télécommande de la télévision est cassée, un mystérieux réparateur leur en fournit une autre, et voilà nos personnages principaux accidentellement projetés pour de bon dans Pleasantvillepour un temps indéterminé ! Et le tout en noir et blanc s’il vous plait ! Si David, qui maitrise le sujet sur le bout des doigts, tente de respecter chaque petit détail de la série (non sans mal), Jenifer semble elle, nager en plein cauchemar, et n’hésitera pas à bouleverser cet univers trop lisse.

 

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  Tobey Maguire et Reese Witherspoon ont fait un bond de 50 ans en arrière…
Car oui, Pleasantville est parfait… TROP parfait. Aucune surprise, aucune violence, pas de feu, aucune atteinte aux mœurs, pas de sexe, et puisque tout est plaisant, pourquoi vouloir changer les choses ? Par conséquent, les habitants manquent de réflexion, et ne prennent aucune mesure d’anticipation (trop flippant). Ce monde est comme coincé dans une boucle spatio-temporelle. Rien n’existe en dehors de Pleasantville – la leçon de géographie est pour le moins… surprenante ! Mais nos deux héros viennent d’une réalité tellement différente. Effrayante, connectée, bruyante, mais aussi colorée, avide de savoirs et d’innovations, et si riche en subtilité… Ce sont ces richesses qui manquent à Pleasantville, et c’est ce que nos deux adolescents vont leur apporter. Comme un virus qui se propage doucement mais sûrement, la couleur, le sexe, la pluie, les natures profondes des habitants vont se révéler peu à peu. Et c’en est presque dérangeant. Mais ô combien jubilatoire pour nous les spectateurs ! C’est un festival de couleurs qui se révèle à nos yeux, et qui fait disparaître le « tout noir/ tout blanc » de Pleasantville.
 

 

 

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Et c’est là que ça devient intéressant. Les « conservateurs » refusent ce changement si soudain et si peu plaisant… jusqu’à en prendre des mesures radicales. Les couleurs sont interdites, les musiques « non plaisantes » le sont également, les livres de la bibliothèque récemment ouverte brûlés, la peinture interdite, et les gens colorés interdits également dans la plupart des espaces publics… Tiens donc, apartheid, racisme, autodafé, censure, cela ne vous rappelle rien ?... Rien n’est laissé au hasard, puisque deux livres montrés dans le film - Les Aventures de Huckleberry Finnet L'Attrape-cœurs(Catcher in the Rye en VO) – font partie de ceux les plus souvent bannis aux États-Unis.

 

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  Le cadeau idéal à Pleasantville : offrir un parapluie à sa copine.

 

Sur la base d’une histoire fantaisiste, à mi chemin entre science-fiction et conte de fée, le film est loin d’être aussi simpliste et léger que l’on ne peut s’imaginer. C’est une véritable réflexion sur notre société actuelle ! Tout n’est pas tout noir ou tout blanc : si les mauvaises nouvelles abondent et nous inondent de toute part, dans une société où le sur-média nous noie, le film donne une très jolie façon de voir les choses, et c’est à nous de construire notre monde. Il nous faut sortir de notre grotte et de tout ce que l’on connaît, et oser, aller plus loin, découvrir, avancer, faire des erreurs, créer, anticiper, comprendre.

Pleasantvilleest un film prodigieux pour ses prouesses techniques – pour anecdote, il détint brièvement le record du plus grand nombre de plans à effets spéciaux jusqu'à la sortie de Star Wars : épisode I - La Menace fantômeen 1999 – sa BO remarquable, et ses acteurs tous aussi bons les uns que les autres. Tobey Maguire n’était pas encore le fameux Spiderman et Reese Witherspoon allait connaître le succès de Sexe intentions l’année suivante, notons tout de même les présences de William H. Macy, Joan Allen et Jeff Daniels !

 

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Dommage que le film n’ai obtenu aucun Oscar, si ce n’est des nominations (dans les catégories meilleurs décors, meilleurs costumes et meilleure musique dramatique). Bref, une reconnaissance plutôt faible, notamment de la part du public. Pourtant, Pleasantvillea fort peu vieilli en 15 ans, et mérite toute notre attention. Chapeau bas, Gary Ross.

 

 

 

Dessins et texte de Clémentine Samara

 

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:00
 
ghost
 
Avec la sortie récente de Eyjafjallajökull avec Dany Boon,Woody Allen qui nous propose Blue Jasmine, sans parler du long métrage qui déchaîne Cannes La vie d'Adèle, mentionnons également Ma vie avec Liberace... Automne 2013 s'annonce plutôt romantique.
 
Si tu n’as pas fait de rencontre hot récemment, n’aie aucune crainte : l’amour apparaît souvent au moment où l’on ne s’y attend pas, alors qui sait… peut-être allez vous rencontrer l’homme/ la femme de votre vie avant la fin de l’année ! Pourquoi pas ?
Les romances au cinéma nous offrent souvent le même schéma et la même soupe de sentiments. Pour ce dossier spécial, nous nous sommes amusés à retrouver les principaux « poncifs » qui reviennent (presque) toujours dans les comédies romantiques. Petit tour d’horizon…
Mais au fait, mais « qu’est-ce que c’est quoi donc un poncif ? » Bande d’ignares, le poncif est un stéréotype fait et refait qui est réutilisé dans de nombreux films du même genre (exemple : Le discours pompeux du méchant de film d’action qui explique ses plans machiavéliques au lieu de tuer le héros)
 
1. Les deux protagonistes viennent de deux univers différents (pauvre/ riche, romantique/ batifoleur, célèbre/ anonyme, américain/ extra-terrestre …)    
 
Ah ça, on aime bien user de ce vieux proverbe : « Les opposés s’attirent ». Ca se comprend. C’est quand même plus excitant de voir deux personnes à l’amour carrément impossible. ça fait surgir les tripes, ça donne des situations rocambolesques. Bref, ça nous émeut. Et puis, il faut aller dans les extrêmes pour pimenter l’histoire. Citons le très classique Titanic, avec Jack, pauvre dessinateur sans le sou et libre comme le vent, et Rose, issue d’une grande famille d’aristocrate et destinée à un mariage arrangé ; Coup De Foudre A Notting Hill, Hugh Grant incarne un humble british anonyme et presque passe-partout, et Julia Robert une actrice hollywoodienne très célèbre… La liste est longue. Le cas le plus connu pour illustrer ce chapitre reste Romeo + Juliette. Montaigu vs Capulet. Tu peux pas test, Shakespeare avait tout compris (même s’il n’avait pas free, mais passons). L’histoire en demeure puissante.
 
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  « Laisse-moi monter Rose … Je t’aime » «  Moi aussi je t’aime, mais tu es pauvre »
 
Ca peut aussi fonctionner sur les caractères propres des protagonistes : dans le très mauvais (S)Ex List, la fille est plutôt du genre romantique et rêve de trouver son grand amour, tandis que son goujat de voisin est plutôt coup d’un soir; le fadasse La Proposition met en scène une patronne peau de vache et son gentil employé bonne poire, très proche de sa famille ; sans oublier Diane Kruger accro à son quotidien plan-plan et Dany Boon en routard aventurier dans l’étonnant Le Plan Parfait. Le résultat ? Un film romantique. Voilà.
 
2. Les protagonistes sont souvent jeunes et beaux    
 
Pourquoi pas des vieux ? Parce que les vieux… bah ça a des rides, des cheveux blancs, des soucis d’incontinence, un dentier en toc, un style vestimentaire pas sexy. Bref, ça ne fait pas rêver. Donc plus ils sont jeunes, mieux c’est. On peut donc viser (large) entre 16 et 35 ans, soit entre la période du lycée, et l’âge adulte à la frontière du quatrième âge (eh oui, à Hollywood, au-delà de 35 ans, t’es vieux, comme dans n’importe quel secteur du monde du travail). Citons Twilight, N’oublie Jamais, Sex Friend, Jeux D’enfants, Sexe Intentions … La liste est longue. Très longue.
 
 
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3. Quand ils se rencontrent pour la première fois, c'est soit le coup de foudre... soit à la haine à l'état pur
 
Quand on vous disait que les scénaristes aiment les extrêmes ! Vérifiez-le par vous-même. Le coup classique : les deux personnages se détestent à mort (on ne sait pas trop pourquoi, c’est physique). En général, on peut être sûr à 99% que ça finira par bicher entre eux. Des exemples ? Ca ne manque pas : La Proposition(ils s’aiment à la fin), Six Jours Sept Nuits(ils vivent ensemble à la fin), Vous Avez Un Mess@Ge(de toute façon ils passent tout le film à flirter), Le Journal De Bridget Jones(mais comment résister à Mark Darcy ? Soyons honnêtes.), Orgueil et préjugés(Monsieur Darcy est décidément irrésistible !)…
Ou sinon, vous avez carrément l’inverse. C’est le big coup de foudre. Là, tu sens qu’ils sont fait l’un pour l’autre, et que rien ni personne ne pourra les arrêter, ils sont au taquet. Titanic, Romeo + Juliette, N’oublie jamais, Sur la route de Madison, The Reader, La cité des anges,et même Le Secret De Brokeback Mountain.
 
4. Choisir, c'est aimer
 
Il ne faut pas 1 grand amour… mais 2 pour que ce soit comme dans la vrai vie… enfin c’est ce que le cinéma veut nous faire croire. Là ça marche pour l’homme viril qui doit choisir entre la bombe sans cervelle ou le rat de bibliothèque au regard de feu, mais aussi pour la douce demoiselle en proie avec le macho tombeur de fille et le gentil gars qui n’aime qu’elle… choix cornélien, donc. Imaginez notre angoisse.
Et pour ça, suffit de regarder les différentes aventures de Bridget Jones ou même 40 jours 40 nuits. On peut même vous trouver ça dans La Petite Sirène qui doit choisir entre l’amour de l’océan ou l’amour de l’homme. Audrey Tautou en fait l’expérience dans Hors de Prix, lorsqu’elle doit choisir entre sa position cagole-tout-confort et le gentil et adorable Gad Elmaleh... Car oui, le choix se présente aussi entre une vie toute tracée et l’amour de sa vie ! Dur. Notons la fabuleuse scène de combat entre Daniel et Mark pour conquérir le cœur de Bridget: link    
 
5. La rencontre est un bouleversement du quotidien du (des) personnage(s) principal(aux)
 
Dans les films, les personnages aiment bien le faire ressentir à quel point cette rencontre est on ne peut plus « bouleversifiante« . Dans Coup De Foudre A Rhode Island, Steve Carell est fou amoureux de Juliette Binoche, et ça le torture un max (c’est ballot. Dans le film, la Juliette sort déjà avec le frère). Edouard Baer en perd tous ses moyens quand il retrouve son amour de jeunesse dans Mensonges Et Trahisons Et Plus Si Affinites ; et la cultissime Amélie Poulain alias Audrey Tautou et son carré court nous en fait tout un pataquès en faisant tourner en bourrique le pauvre Nino Quincampoix (Matthieu Kassovitz pour les intimes) dans Le Fabuleux Destin D’Amélie Poulain.
 
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  Le pauvre Gad en est tellement toute chose qu’il cherche la porte de sortie…
 
6. Il faut que ça danse, bébé !
 
Après beaucoup (oui, vraiment beaucoup) de visionnages, on a compris que pour que le garçon soit attirant, il a plutôt intérêt à savoir remuer ses petites fesses de beau gosse ! C’est un gage de qualité apparemment (et une idéalisation de l’homme qui vous meurtrie mesdames). Et oui, que ce soit Patrick dans Dirty Dancing, Travolta dans Grease, même la bête dans La Belle Et La Bête, ils ont tous eux leur chance avec la belle dame parce qu’ils savaient danser… les mecs, vous savez quoi faire : « Time of my life » ! Mais si vous ne maîtrisez pas le porté (la dame n’apprécierait sûrement pas que vous la plantiez…), un slow peut faire l’affaire.        
 
     
 
Si même Hugh Grant s’y met, alors…
 
 
7. Au milieu du film, il y en a un qui déçoit l'autre (donc leur amûr est carrément remis en question, tu comprends...)
 
Eh oui ! Les scénaristes s’arrangent toujours pour vous offrir une montagne russe. Rien n’est jamais gagné d’avance ! Vous croyiez que la vie est un long fleuve tranquille ? Que nenni ! Sus aux barrages, aux obstacles de la vie, cette chienne ! Romain Duris dévoile sa véritable identité dans L’arnacoeurà Vanessa Paradis, qui elle-même déçoit Daniel Auteuil sur les choix qu’elle prend dansLa Fille Sur Le Pont, Katherine Heigl est super déçue de l’article de James Marsden qui révèle ses 27 robes, et Ryan Philippe brise le cœur de la jeune et belle Reese Witherspoon dans Sexe Intentions.
Et là, c’est le drame. La vie est une chienne.
 
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  Bon là ça se voit pas trop, mais en fait Kirsten est hyper triste.
 
8. … Mais ensuite, tout s'arrange ! (tu vas les voir courir l'un vers l'autre au ralenti, oh yeah)
 
Et oui : c’est LAAAAAAque le mec réalise qu’en fait tout cela n’était qu’un malentendu, et il se rend compte qu’il l’aime, et que merde ! Il faut qu’il lui dise avant qu’elle se barre à l’autre bout de la planète… La fameuse course finale, et là, tu t’accroches à ton accoudoir en te demandant, la sueur coulant sur ton front« Mais mon Dieu, est-ce qu’il va réussir à la rattraper à temps. Oh mon Dieu, non… il faut qu’il la rattrape, MAIS COUUUUUURS PUT*** !!!! » (oui, les émotions intenses peuvent prendre le dessus, surveillez-vous)
On y a droit dans Love Actually, Last Chance for Love, Coup de foudre à Rhode Island, Coup de Foudre à Notting Hill, et même en creusant un peu dans Titanic, Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare.
Quant aux personnages secondaires (parce que les scénaristes ne sont pas des chiens), ils ont aussi droit à une petite compensation. Eux aussi trouvent l’amour. Mais ça… c’est une autre histoire !
 
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 « Reviens chéri ! Je t’aimeuuuuurrrg ! »
 
 
 
EN CONCLUSION ?
 
Existe-t-il des films romantiques qui échappent aux poncifs ? Les films respectent malheureusement une série de codes qui « parlent » aux spectateurs, et il n’est généralement pas question de s’en éloigner : puisqu’ils marchent au box-office, pourquoi s’en détourner ? Le public est demandeur malgré le peu de suspense qu’il nous reste. Regarder des films romantiques reste finalement une bonne occasion de s’offrir un bon divertissement pendant 1h30, surtout pour la gente féminine…
 
[Clémentine Samara] Car ne soyons pas naïfs, les dames ne sont pas idiotes au point de confondre réalité et fantasme ! Bien sûr que les femmes savent que l’homme n’ira pas faire un grand show sur la piste de danse (et encore moins dans la rue) pour l’épater, bien sûr qu’elles n’iront jamais flasher subitement sur leur collègue de travail excessivement exaspérant, et évidemment que jamais il ne viendrait à l’idée de ces messieurs d’aller les chercher en courant sur le quai d’une gare (même si on l’a toutes souhaité secrètement). Au même titre que les films d’action, les films romantiques enjolivent le genre et la situation, pour nous aider à nous échapper de cette morne réalité…
 
[Zang] … Cela dit, ces films nous permettent à nous les hommes d’être vu autrement ! Et oui, cela donne aux charmantes demoiselles l’impression que le premier type qui passe est peut-être l’élu de son cœur. En plus, en s’y intéressant un peu, nous pouvons user de ces poncifs pour faire rêver ces dames, (mais honnêtement c’est chaud et vos potes vous regarderons différemment s’ils l’apprennent !).
 
 
 
Zang et Clémentine Samara.
 
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 20:39
Le « Kamikaze de l'écran » ne peut résister au spectacle d'un bon vieux film propagandiste « made in USA ». Ayant loupé la sortie au cinéma, il était dommage de louper le DVD/Blu-Ray du dernier chef-d'oeuvre du cinéma d'action 'ricain. Attention aux yeux, voici l'affiche ! Ouais, ça pique. Je sais...
 
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Un Gerard Butler avec une moue déterminée, les habituelles explosions en arrière-fond, la Maison Blanche découpée à l'arrache sur Photoshop© et la sainte bannière étoilée en lambeaux (… Heureusement que Gerard est placé devant pour protéger les restes).  
     
   
Synopsis: Suite au décès accidentel de la première Dame, Margaret Asher (Ashley Judd), Mike Banning (Gerard Butler), ancien garde du corps du président des États-Unis Benjamin Asher (Aaron Eckhart), se retrouve relégué à un poste de bureau. Lorsque des troupes nord-coréennes attaquent la Maison Blanche, Banning se retrouve seul à pouvoir sauver le président ainsi que son fils et enfin prouver sa loyauté.
 
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« Voilà Grand chef suprême, vous faîtes « Ctrl+Alt » et ça lancera l'attaque sur ces sales capitalistes d'américains. »  
 
A travers leur histoire, les États-Unis ont toujours menés une politique d'expansion économique et militaire. Tout ceux qui serait un frein à cette expansion représenterait une menace. Pour fédérer la population derrière cette idée, tout un cinéma de sécurité nationale a été développé, recensant des menaces probables, improbables, connues ou inconnues. Le grand méchant, c'est l'anarchiste, le terroriste, le communiste, le destructeur du rêve capitaliste. Ce danger a pour but de soulever un sentiment collectif, par la peur, l’inquiétude et la méfiance. C'est ainsi que Hollywood a souvent participé aux débats, parfois de manière active, au sein du ministère de la Défense. La guerre froide et la menace rouge furent ainsi très rentables pour les studios. On a eu alors le droit à plein de films où un vilain communiste (avec un accent slave fort exagéré et une cruauté sans nom) s'oppose au héros « bad-ass » (également appelé « le ricain»), lequel est gentil, charismatique et plein de punchlines décoiffantes. Avec les russes, la propagande fut longtemps payante. Mais voilà ! Tout ça, c'est fini. Toutefois, il faut continuer à fédérer la population contre un ennemi commun. Les méchants intégristes religieux ? Non, ça commence à être démoder. Trop cheap. Cette année, le must du « hype », c'est la Corée du Nord: on a eu le droit à un remake plat de « l'Aube Rouge » (Red Dawn, 2012), voici « La Chute de la Maison Blanche ». En prime, on n'oublie pas de re-exploiter le traumatisme post-11 septembre, ça fait toujours vendre.
Le cinéma propagandiste nous a tout de même permis d'avoir des classiques indétrônables dans le domaine du nanar. God bless America !
 
 
 
   
Le film démarre donc doucement sur le titre... qui n'oublie pas de faire une surimpression sur le drapeau américain.
Nous sommes au camp David, résidence secondaire du président des États-Unis. Après une rapide présentation des personnages (le gentil président / le gentil fils du gentil président / la gentille femme du gentil président / le garde du corps bourrin), l'équipée quitte les lieux pour rejoindre Washington. Mais, là... c'est le drame. Petite question: Tous les héros américains ont un point commun. Lequel ? … (Je vous laisse réfléchir)... 1... 2....3... réponse: ils portent un lourd traumatisme comme fardeau. Au début du film, le protagoniste subit souvent un choc émotionnel qui le plonge (inexorablement) dans une période de déprime. Ça permet au spectateur d'avoir de l'empathie pour le héros, et ainsi mieux le faire adhérer aux sentiments du personnage. C'est une astuce vieux comme le monde, mais ça marche toujours. Ici, le stéréotype du « héros au passé douloureux » n'a pas été omis: La femme du président meurt d'un tragique accident de voiture, et Gerard Butler se sent personnellement responsable de sa disparition. Il quitte la fonction de garde du corps et nous le retrouvons dix-huit mois plus tard comme simple flic, cogitant sur son petit malheur (scènes de flashbacks inclus. C'est tellement original). Ahlala... si seulement il y avait un événement qui permettrait de recadrer sa destinée. Ne parlons pas trop tôt, car une bande de sournois nord-coréens se préparent à lancer une attaque sur Washington.
A partir de ce moment précis, le reste du film servira à illustrer l'efficacité de la défense américaine par... son incompétence et sa débilité ! Oui, ça semble paradoxal. Mais, ne cherchez pas à comprendre une quelconque logique. Il n'y en a pas !
 
Des paramilitaires nord-coréens profitent d'une visite du premier ministre de la Corée du Sud à Washington pour démarrer leur assaut sur l'Amérique. On a le droit à toute l'infanterie ! Dans un premier temps, un bombardier ennemi survole la ville. Bien sûr, il faut montrer que ces asiatiques sont d'un manque total d'humanité, à l'inverse des gentils américains. Ces méchants-là seraient capable de tuer ton bébé chien, juste pour avoir une histoire drôle à raconter à ses copains de Pyongyang. Alors vas-y que je tire sur les femmes et les enfants, vas-y que je détruis les monuments nationaux. Après la destruction de l'avion, on pourrait se dire: « Tiens, c'est fini ? ». Non ! Les centaines de touristes coréens qui font face à la Maison Blanche se trouvent être... des redoutables soldats-kamikazes ! Ils descendent des cars avec des grenades, des sulfateuses, des kalachnikovs, des lance-roquettes. Mais... attendez ! Comment ça se fait que personne n'a remarqué un arsenal pareil ? Bon d'accord, je veux bien croire que c'est facile de faire passer des centaines de touristes en provenance de Corée du Nord avec des faux visas. Mais là, c'est suspect. 0/20 en sécurité intérieure.
 
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Ridiculisés par une bande de touristes en short. Ça fout un coup à l'égo.
 
Au sein de la Maison Blanche, c'est aussi le bordel: les gardes du corps du ministre de la Corée du Sud s'avère être des agents nord-coréens ! A croire que le ministère sud-coréen n'enquête pas sur les antécédents de ses employés. Il serait même capable de recruter un psychotique-pédophile-cannibale pour s'occuper de la sécurité d'un haut-fonctionnaire. Le président américain n'est pas en reste car son propre agent tourne sa veste et se met à scander des propos communistes (oh mon dieu ! Bill ! Comment peux-tu renier ton pays ? Traître !). Bref, nous découvrons le visage du « cerveau » de l'opération: Kang (Rick Yune), un terroriste machiavélique dont la mission est de s'emparer du président pour faire replier la flotte américaine des eaux territoriales coréennes et détruire les États-Unis avec leur propre dissuasion nucléaire. Plus tard, on apprendra qu'il était fiché par le FBI comme un individu dangereux, mais bon... ça ne l'a pas empêché de passer la frontière sans trop de problèmes. A force de conneries, on va réellement croire que ces amerloques sont cons comme des chaises.
 
Dehors, c'est un carnage total. Les agents de la Maison Blanche subissent de plein fouet l'incompétence de leurs supérieurs. La demeure présidentielle est prise par l'ennemi (« Olympus has fallen », dans la version originale. Voilà, c'est officiel: l'Amérique est devenue la terre des dieux). L'assaut s'achève sur l'image symbolique d'un drapeau américain criblé de balles, puis jeté à terre par les gros méchants. Oh mon dieu ! Sacrilège !
Fort heureusement, notre héros Banning se baladait dans le coin et s'est dit « why not, motherfucka ? », avant de se jeter comme un fou furieux dans la bataille. Il parvient à pénétrer dans l'édifice, mais pas de chance... tout le monde est mort et il se trouve seul face à toute une armée de vilains terroristes. Vous devinez ce qui va se passer: notre Gerard Butler va jouer un remake complet de « Die Hard », c'est-à-dire se balader en solo, bidouiller quelques systèmes de sécurité, tuer des méchants en tirant au hasard à travers les murs ou en exécutant quelques mounchs et gunfights. Le méchant Kang préfère choisir l'astuce la plus idiote du monde pour débusquer Banning: envoyer ses hommes un par un au casse-pipe, au lieu d'envoyer une bonne escouade sur la tronche du trouble-fête. Ça serait pas plus efficace ? Pour les scénaristes, non. Au final, Banning s'amuse à trucider ses sbires et à imiter un mauvais John McLane en lui lançant une ou deux boutades ironiques. A ce stade du film, « La Chute de la Maison Blanche » ne fait plus référence à « Die Hard », mais le plagie ouvertement. Même trame scénaristique, même héros, mêmes méchants terroristes. Seul le décor change.
 
Pendant ce temps au Pentagone, Morgan Freeman prend le contrôle des opérations. On se dit qu'il suffirait d'envoyer Morgan pour calmer Kang avec sa voix suave et calme (N'importe quelle personne ayant vu un film avec Morgan Freeman sait que cela suffirait amplement. C'est un Jedi hors du commun !). Il opte pour la tempérance, mais ses associés préfèrent jouer les bourrins. Alors on envoie les hélicoptères de combat pour canarder les envahisseurs, en oubliant les propres moyens de défense qu'ils ont installés pour protéger la Maison Blanche. Résultat: leur propre DCA pulvérise les hélicoptères et la moitié de la résidence présidentielle est détruite. Oui, oui... ils confirment une fois de plus qu'ils sont les individus les plus incompétents de la terre. C'est à ce moment que Morgan Freeman se demande se qu'il fout avec cette bande d'abrutis.
 
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« Ecoutez Morgan, j'ai un plan infaillible: on a qu'à faire BOUM BOUM, puis PAN dans tes dents et là on en profite pour baisser leur pantalon. Qu'est-ce que vous en dîtes ? »

Fort heureusement, nous avons affaire à un film conventionnel avec une fin conventionnelle. Banning annihile la menace à lui tout seul (des centaines d'agents des services spéciaux ne parviennent pas à tenir la Maison Blanche. Mais lui, il s'en sort sans une égratignure. Chapeau). Vu qu'il est asiatique, le vilain Kang sait obligatoirement faire des arts martiaux. Alors il se bagarre avec le gentil Banning. Ce dernier lui fout une dérouillée. Puis, il arrête la bombe à 03 secondes du déclenchement (Poncif n°56: lorsque le héros désamorce une bombe, il doit faire en sorte de l'arrêter 3 à 2 secondes avant l'explosion. Ça amène un soupçon de suspense). Enfin, il sauve le président et tout le monde est content. Pour clôturer le film, on a le droit à quelques discours surannés sur l'amitié, puis un speech patriotique du leader du monde libre afin de justifier les actions américaines à travers le monde. FIN ! (… ou presque. Si la Corée du Nord voit le film, on est parti pour une Troisième Guerre Mondiale).
 
 
Résumé: « La Chute de la Maison-Blanche » n'est pas une catastrophe cinématographique. C'est un suicide programmé. Héroïsme dégoulinant, mise en scène outrancière, absence de second degré, chauvinisme absolu.
Le pire est qu'un autre film a repris la même histoire: White House Down (sortie le 03 septembre). Si le cœur vous en dit, allez le voir... ou regardez « La Chute de la Maison Blanche » (ça reviendra à la même chose).
 
 
Avant de clôturer l'article, je tiens à laisser la parole aux admirateurs des péripéties « réalistes » de Banning:
- « je suis allée voir ce film rien que pour le nom du réalisateur javoue ! Jen ressors absolument absourdie par tant de réalisme » - 1984aubagne
- « il e immensément tro tro bien ce film..il a va vs ravir de plaisiir en tou points. donc prenez du tem pour le regarder entr potes ouu en famille. » - Abdoul A.
- « un bon film d actions...scénario prévisible mais on s en fou....les méchants y mange grave.... » - lm075

(sources Allociné)
 
 
Lef Dur

 
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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 20:44
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  « Toi aussi, tu veux voir dans la nuit ? Facile, trouve-toi un bon chirurgien »
 
 
Riddick, c’est MON personnage préféré. Sombre, puissant, imbattable, mystérieux, nyctalope. Ce mec est capable de survivre là où la mort attend indubitablement les autres. Comment ne pas vouloir lui ressembler ?
Seulement voilà, c’est un tueur implacable, une bête avide de sang, un anti-héros parfait, détesté et chassé.
Riddick va bientôt se payer son troisième film. Je m’en vais donc vous proposer un petit retour sur ces aventures passées.
 
Pitch Black
 
Sorti en 2000 avec Baboulinet (alias Vin Diesel). Ce n’était pas certes son premier film, mais c’est sans aucun doute celui qui l’a révélé au public.
Le film commence sur le crash d'un vaisseau spatial commercial sur une planète déserte et inconnue. Les survivants, composés d’un capitaine, un imam, quatre petits musulmans, un gosse prêt pour l’aventure, un archéologue flippé, un chasseur de prime drogué et un tueur méga classe ! (J’ai oublié d'autres survivants, mais on s'en fout. Ils meurent très vite). Ils découvrent rapidement que la planète a été découverte par des géologues il y a fort longtemps et n'est habitée que par des créatures voraces (qui ont accessoirement boulotés les scientifiques). Leur objectif est bien entendu de quitter les lieux avant de mourir.
Un film d’horreur SF simple, mais efficace. Tout au long du récit, l’intrigue reste bien maîtrisée, notamment en effectuant un travail approfondi sur la personnalité des protagonistes. Ainsi, le spectateur peut être agréablement surpris par l'évolution de certains personnages (« Le gentil en fait, il est peut-être un peu méchant. Non ?) ou par les nombreux changements scénaristiques (La menace première est le personnage de Riddick, puis celui-ci est rapidement supplanté par les monstres qui deviennent les principaux obstacles).
 
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  « Allez les mecs, on va …. euh... par-là !!! »
 
Bon, il est tout de même dommage de trouver pas mal de facilités au sein du film:
  • Planète avec air respirable (pas au début, mais ensuite si … hum hum ! Etrange)
  • Arrivé pile au mauvais moment: les monstres ne sortent que la nuit et le crash se produit le seul jour où une éclipse de plusieurs mois commence. Pas d’bol, hein ?
  • Découverte miraculeuse d’une navette spatiale en quasi parfait état (il manque juste les batteries, mais ça se trouve sur l’épave... OUF ! Trop facile)
  • Riddick sait tuer les bestioles en devinant par instinct leurs réactions. C'est fort !
 
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« Tu as de très beaux yeux, tu sais »

 
En somme, le film n’est autre qu’un thriller futuriste, avec un anti-héros ultra classe qui fait un job vite fait, mais bien fait. Il parvient avec beaucoup d'efficacité à immerger le spectateur dans l'angoisse et dans le doute. Qui survivra ? le bon, la brute ou le truand ? Le film fut un tel succès qu'on accorda une suite au personnage de Riddick.
 
Les Chroniques de Riddick
 
Quatre ans après le premier opus, Riddick se paie son propre film. Ici, pas de gros monstres. Ce n’est plus un film d’horreur, mais de la science-fiction épique tournée complètement vers notre musclor chauve.
 
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  « Et ouais, je suis de retour »
« tu aurais pu prendre une douche quand même ! »
 
Après ses multiples fuites, Riddick a décidé de vivre seul sur une planète déserte, mais il est finalement retrouvé puis enfermé dans une prison de haute sécurité dans une planète infernale. Il y retrouve une ancienne connaissance, Kyra, qui a pour but de devenir un Riddick version féminin. Ils réussissent tous deux à s’enfuir, mais Riddick a un destin: combattre les necromengers, ces êtres voyageant de planète en planète pour les conquérir. Une menace pour l’univers dont la seule réponse fait 1m82, n’a pas de cheveux et possède plus de muscles que Lef Dur et moi réunis.
 
Vin Diesel est dorénavant le personnage principal et cette nouvelle aventure est totalement différente de la précédente.
Cette fois, ce n'est plus de la sympathie que l’on a pour lui, c’est une foi inconsidérée. Le héros, c’est lui et lui seul ! Le scénario pointe un peu plus vers la compassion en insistant sur les faiblesses du personnage, mais il l'impose aussi comme une nouvelle figure héroïque dans le panthéon des bad-ass boy du cinéma en le soumettant à un véritable parcours du combattant:
 
1 – l’appel à l’aventure (par le biais de Kyra qui se fait enlevée par les mechants)
2 – Série d’épreuves (combats avec les Necromengers)
3 – Objectif atteint (On bat les méchants parce que « AH GROUH, moi BABOULINET ! »)
4 – Retour dans le monde ordinaire (plus d’oppression dans l’univers)
5 – Utilisation du savoir acquis pour améliorer le monde (je ne dévoilerais pas la fin du film !)
 
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  « Ah bordel... ça pèse son poids ce truc»
  
Encore une fois, le boulot est bien fait. Nous avons une ambiance immersive, des ennemis intriguants, des effets visuels de qualité, une histoire pas trop clinquante et pompeuse. Bref, un vrai entertainment !
Je ne me suis pas amusé à relever les messages idéologiques du réalisateur (David Twohy), mais des allusions... il y en a un p'tit paquet (dès qu’il y a un tyran, on a le droit à notre petit rappel politique). Je vous invite à le revoir et à me faire part de vos impressions.
 
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  « A l’assaut ! »
             
             
Pitch Black VS Les Chroniques de Riddick :
     
 
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Résultat: nous avons deux films possédant des différences évidentes. Deux points de vue opposés qui exploitent le dualisme d'un personnage complexe. Et pourtant, on n’en sait encore très peu sur lui. Je ne sais encore peu de choses sur ce que nous réserve le prochain opus appelé sobrement « RIDDICK », mais... allez le voir !
 
A la vue de la bande-annonce, les producteurs semblent vouloir revenir au Riddick original de la saga et reprendre les ingrédients de « Pitch Black » (sang, chasseurs de prime, monstres, nuit, etc…).
 
 
 
 
 
Zang
 
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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 18:56
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Des magiciens qui s'amusent à braquer des banques ? Moi, je prends ! Sauf que malheureusement le tour de magie n'opère pas comme prévu.
Aux commandes, Louis Leterrier (Le Transporteur 1 & 2, mais aussi La colère des Titans, suividu Choc des Titans. Mouais... Heureusement qu’il s'en sort un peu mieux avec Danny the Dog). Un casting de qualité: un Jesse Eisenberg (Bienvenue à Zombieland) plus impétueux que jamais, Mark Ruffalo (Avengers) en remarquable agent du FBI, Morgan Freeman (besoin de présentation ?) aussi cool que d'ordinaire et Mr Michael Caine (le majordome de Bruce Wayne) toujours aussi distingué. Et puis, on a aussi Mélanie Laurent, dont le jeu... ne change pas particulièrement.
Petit rappel avec la bande annonce :
 
 
 
Parlons-en un peu... cette bande-annonce nous présente quatre magiciens, qui vont cambrioler des banques et qui se feront par la suite poursuivre par le FBI. De l’action, de l’high-tech et une phrase qui revient plusieurs fois.
Cette phrase est essentielle, car cette bande-annonce est un tour de magie ! Bon bien sûr, ce n’est pas une fausse bande-annonce, mais elle camoufle les vraies intentions du film.
 
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- « Bonjour VEGAS, notre tour de magie du jour : Vous convaincre ! »
ouais, ben... bonne chance !

 
 
Synopsis :
Quatre « magiciens » présentent des tours de magie, tous plus impressionnants les uns que les autres, et achèvent leur spectacle sur un final fantastique où ils braquent des banques pour offrir l'argent au public. Daniel Atlas et sa bande d’illusionnistes sont par conséquent traqués par un agent du FBI hargneux, Dylan Rhodes, et une inspectrice Française d’Interpol, Alma Dray. Oui je sais, « Alma Dray » ne sonne pas très français, mais passons...
Et Alors ?
Après cette présentation, je tenais à vous dire que le film ne nous présente pas nos chers magiciens en plein braquage. Leur tour est même très peu dévoilé. La bande-annonce nous offre de la magie, de l’action, des magiciens roublards usant de leurs tours pour échapper à la police, mais tous ceci est un subterfuge. Nous ne suivons pas Atlas et sa bande, mais… le FBI. Bien entendu, nous avons le plaisir de voir les prestidigitateurs à l’œuvre. Mais à force de naviguer entre le bien et le mal, le spectateur s’y perd quelque peu.
La trame est intéressante, mais exploitée avec paresse. Les scénaristes usent de leur talent pour ponctuer leur récit avec des facilités du genre « ta gueule, c’est comme ça et pis c'est tout ! ». Dommage donc. Je n’irais pas vous spoiler l’histoire, mais je peux vous donner les quatre grandes questions que je me suis posé à l'issue de la séance :
  • Pourquoi ils braquent une banque ?
  • C’est quoi leur but ?
  • MAIS Merde, ce sont des magiciens ou des ingénieurs en micro-technologie ?
  • A quoi sert Mélanie Laurent ?
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  « C’est magique, mec ! C'est tout... »
 

 

Pourquoi ils braquent ?
On sait pourquoi ils braquent: on leur en a donné l’ordre… Mais pourquoi ? La réponse donnée à la fin du film est terriblement fade. Bien imaginé, mais pas aussi impressionnante qu'on nous le promettait.

 

C’est quoi leur but ?
On sait juste que « l’œil » est leur but … c’est tout ! Même à l'issue du film, on ne sait pas à quoi cela sert. Aucune explication. Nada ! Alors d’accord, ça entretient un mystère. C'est sympa. Mais s'il vous plaît, on pourrait avoir au moins quelques pistes pour nous faire une idée ? Non?

 

Magiciens ou ingénieurs ?
Un film sur la magie ? Non, sûrement pas. Des magiciens quasi-inconnus faisant des petits tours de passe-passe, OK. Un film entretenant un lien étroit avec l'art de l'illusion, encore mieux. Mais ici, leurs tours se basent sur des FLASHS, des BOUMS, des HOLOGRAMMES. L'excès d’effets spéciaux annihile totalement le véritable côté magique du film, c’est nul !

 

Mélanie Laurent
J’ai creusé un peu sur son personnage. A part apporter une intrigue amoureuse ou un peu de rêve au spectateur mâle , je n’ai pas vu le moindre intérêt. Une ancienne magicienne repentie qui aurait éveillé notre agent fédéral aurait été sympa à voir, mais ce n'est que mon avis.

S'attache-t-on facilement aux autres personnages ? Je vais vous décevoir : pas un seul personnage n'est attachant !

Commençons par Morgan Freeman. Je n’ai pas encore parlé de son rôle, mais c'est normal car il n'y a rien à dire dessus. On ne sait rien des magiciens, on ne sait rien des agents, bref on ne sait RIEN ! On fait certes une p'tite incursion dans la psychologie des personnages lorsque le plus nul de l’équipe des illusionnistes cherche à parler de ses doutes, mais même ici on coupe court. Mélanie n'intervient que pour rappeler l'intrigue aux spectateurs, Mark lui grogne contre les magiciens, Michael Caine est le riche banquier. Il ne sert qu'à avoir du fric.

 

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« Tapez la pose, les gars. C’est tout ce qu'il nous reste, je crois ! »

 

Au final, la déception est bien au rendez-vous. Certes, je ne m’attendais pas à du grand spectacle, mais au moins voir une histoire bien menée de bout en bout ou à un véritable film sur la magie. Malheureusement, quand Hollywood fait de la magie, c’est seulement sur fond bleu. Bref, un film oubliable. Mais à vous de vous faire votre propre opinion, chers lecteurs !

 

 

Zang

 

 

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 20:05
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« Bancal », « réac' », « maladroit », « crétin », « potache ». « Kick-Ass 2 » a eu le droit par la presse professionnelle aux plus mauvais qualificatifs. Mais, n'allons pas croire ces cinéphiles du dimanche qui, comme des fonctionnaires effectuant leur travail à contre-coeur et sans grande passion, limitent souvent leur jugement sur un paragraphe écrit à la va-vite. Par ailleurs, ces articles très superficielles ne méritent même pas d'être pris pour du « professionnialisme ». Pour voir de telles choses, autant s'arrêter sur l'avis de dédé59 sur Allociné. Ça sera même beaucoup plus parlant que n'importe quel numéro des Inrocks. Parlons sérieusement et abordons le film comme il le mérite.
 
En 2010 sortait sur les écrans l'adaptation du comics de Mark Millar et de John Romita Jr., Kick-Ass. Dave Lizewski (Aaron Taylor-Johnson), jeune lycéen geek, décide de devenir un super-héros. Mais lorsqu'on possède le physique du nerd parfait, la réalité peut s'avérer très douloureuse, notamment lorsqu'on se frotte à une véritable mafia.
Outre l'exploitation efficace de la figure du super-héros dans le monde réel, Kick-Ass ne s'est pas avéré être seulement un excellent film de divertissement revigorant et jouissif, il est aussi une réelle déclaration d'amour à tout un pan du cinéma d'action et de l'univers du comics. S'amusant avec les stéréotypes dominants du super-héros, Matthew Vaughn (déjà cinéaste d'un très bon « Stardust » et producteur du cultissime Snatch) impose une mise en scène ingénieuse, ancré dans son amour pour la culture populaire. Avec Kick-Ass, la forme référentielle n'a jamais été aussi bien portée à l'écran. En plus de faire véhiculer divers clins d'oeil à la culture geek par son protagoniste, le film se réapproprie les séquences d'action de John Woo, la musique d'Ennio Morricone, des répliques de Batman, Scarface ou Spider-Man, des scènes de Star Wars, Taxi Driver ou de Condorman, des cadrages des FPS. Tout ceci sans lourdeur, sans le moindre accroc, ni perte de rythmes, et évitant une accumulation trop gratuite de références.Un véritable travail d'artisan à faire jalouser un Quentin Tarantino. Le premier volet a séduit les cinéphiles confirmés par sa forme, mais aussi le grand public par son humour trash et décalé, ses fulgurances agressives et bad-ass. Bref, il s'agit d'une bouchée d'air frais dans le genre du super-héros.
Qu'en est-il du second volet ? Est-il toujours un blockbuster hors norme ?
 
 
 
Après avoir massacré la clique de Franck d'Amico (Mark Strong), Kick-Ass a décroché son job de super-héros. Cependant une nouvelle vague de justiciers masqués débarque, menés par le colonel Stars (Jim Carrey), héros conservateur et patriote. S'ennuyant à nouveau de sa vie de lycéen, Dave Lizewski / Kick-Ass décide de les rejoindre. Malheureusement, Chris d'Amico (Christopher Mintz-Plasse) décide de prendre sa revanche sur Kick-Ass pour la mort de son père. Devenu un super-vilain du nom de « Motherfucker », ce dernier engage un groupe de tueurs pour chasser ces nouveaux super-héros - seule la tranchante Hit-Girl (Chloë Moretz) peut les empêcher de se faire tuer en redevenant la figure qu'elle essayait d'oublier...

Le principal défaut de ce deuxième opus est de ne pas retrouver la mise en scène ingénieuse de Matthew Vaughn. Son remplaçant, Jeff Wadlow, n'a pas le talent pour imbriquer avec harmonie le référentiel dans son histoire. Les clins d'oeil sont bêtement jetées à la volée. Ce qui fait perdre à la franchise le p'tit plus qui faisait sa marque de fabrique. Dommage...
A côté de cela, Kick-Ass 2 reste un aussi bon entertainment que son prédécesseur. Son histoire est similaire à un pastiche. A l'instar d'un Terry Pratchett se moquant des stéréotypes de l'heroïc-fantasy dans les Annales du Disque-Monde, Kick-Ass est le regard amusé d'un fan de comics sur le monde très archétypal du super-héros.
Le premier volet de Kick-Ass exploitait la figure du super-héros. En l'imposant avec des enjeux du réel, Matthew Vaughn s'amusa à le démystifier. Le justicier de comics possède un charisme indéniable. Dans un monde réaliste, il perdait ici toute crédibilité. Alternant avec un côté fun et décalé rappellant la vision naïve du protagoniste sur cet univers, le film possédait de nombreuses scènes de violence brutale et sanglante, montrant clairement que la réalité est tout autre que la BD. Pas de pouvoirs, beaucoup de dommages.
Kick-Ass 2 continue son exploration parodique, en abordant cette fois-ci la figure du super-vilain. A l'image du Joker et Batman, il fallait un alter-ego maléfique à Kick-Ass, voici donc « Mother Fucker » !
 
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La technique est la même que celle employée pour l'exploitation du super-héros dans le précédent opus: l'approche réaliste. Chris d'Amico est un jeune geek se faisant une image fantasmée du bad guy. Dans notre univers, la figure est vite mise à mal. La gaucherie de Chris ne fait que donner une vision erronée de celle-ci. Au Kamikaze de l'écran, nous n'aimons pas les oeuvres usant d'un excès de poncifs. Alors quand nous assistons à un film qui ne fait que démonter les stéréotypes du bad guy, nous ne pouvons qu'exulter. Entre la remise en cause d'idées reçues (nan... porter un flingue sur le côté comme un gangsta n'est pas cool. C'est dangereux...), les costumes et les pseudonymes ridicules, le super-vilain n'a jamais fait aussi grise mine.
 
On dit que le film use d'une idéologie malsaine ? Réac' ? Les critiques s'offusquent du héros patriote et chrétien, colonel Stars, et de sa bande de copains qui forment une milice pour défendre les rues des voyous et des voleurs. Mais... le principe de la « self justice » est propre à tout les films de super-héros. Jusqu'ici, personne n'a été offusqué. Et contrairement à un Dark Knight Rises et son justicier milliardaire se battant pour l'ordre établi contre des hordes anarchistes, Kick-Ass 2 arrive à avoir un avis plus contrasté sur le sujet. On réalise rapidement que ces personnages souffrent d'une fragilité psychologique. Certains sont même schizophrènes. Cela se voyait déjà avec le personnage de Big Daddy dans le premier Kick-Ass.
Kick-Ass 2 a le don de tourner au ridicule ces figures réactionnaires. Prenons cette scène montrant l'arrestation d'un gang de criminels chinois. Leur action, déjà brutale et extrême, est illustrée par une reprise ironique de « When The Saints Go Marching In » (chanson à caractère religieux), chantée par un choeur de « lalala » enfantin. La mise en scène casse ici toute crédibilité à la joyeuse bande de lurons.
 
Résultat: Kick-Ass 2 possède les mêmes ingrédients qui a fait le succès du premier volet: dynamisme, bad-ass, humour référencé, rock'n roll et trash. Il reste un blockbuster se démarquant radicalement des autres par son irrévérence et sa décomplexité. A voir...
 
Lef Dur
 
 
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