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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 21:15

  don-bluth-1.jpg

 

Dans l'ombre de Disney se cachent de grands artistes de l'animation. Don Bluth a souvent fait figure d'outsider face au géant. Si on se souvient encore de ses films d'animation, c'est notamment grâce à leur visuel recherché et détaillé, leur mysticisme omniprésent et leur humour peu candide, mais aussi grâce à leurs histoires sombres et brutales, autour de personnages essayant d'atteindre désespérement un but dans des univers périlleux et cruels. On désigne souvent Don Bluth comme le grand opposant du studio Disney durant les années 1980-1990. Mais il serait fort regrettable d'oublier qu'il fut aussi un de ses plus grands admirateurs.

 

 

Don Bluth est né à El Paso, au Texas, le 13 septembre 1937. Il est le deuxième enfant d'une famille mormone de sept enfants. Son enfance se partage entre le ranch familial, les chevaux et... les dessins animés de monsieur Disney. A 6 ans, il découvre  Blanche-Neige et les Sept Nains... et là, c'est le choc. Dès ce jour, il ne manquera jamais de vouer un culte inconsidéré au studio. Il commence même à apprendre le dessin en recopiant les comics de la célèbre major. Après un premier déménagement dans l'Utah, la famille Bluth débarque en Californie en 1954. Alors qu'il débute ses études en littérature anglaise, il décide de faire le grand pas: il se présente avec son portfolio aux studios Disney de Burbanks. Son talent est vite reconnu et il est engagé. Son premier travail dans le studio commence en tant que peintre intervalliste sur La Belle au bois dormant (Sleeping Beauty, 1959) et Merlin l'enchanteur (The Sword in the Stone, 1963). Cependant, il ne restera que deux ans à Burbanks. Il opère une mission en Argentine pour l'église mormone, puis il retourne aux Etats-Unis pour monter avec son frère Frederick un théâtre à Santa Monica (le Bluth Brothers Theater). Là, il produira quelques comédies musicales durant trois ans. Mais son amour pour l'animation est trop fort et il cède. Après avoir obtenu son diplôme en littérature anglaise, il est engagé en 1967 à Filmation sur des séries animées pour le format TV, puis il repart à Disney en tant qu'animateur à plein temps en 1971.

donIl travaillera notamment sur Robin des Bois (Robin Hood, 1973), Les Aventures de Bernard et Bianca (The Rescuers, 1977), Peter et Elliott le dragon (Pete's Dragon, 1977), Les Aventures de Winnie l'ourson (The Many Adventures of Winnie the Pooh, 1977) et enfin Rox et Rouky (The Fox and the Hound, 1981), sur lequel il travaille avec deux autres jeunes animateurs talentueux qui feront parler d'eux: Tim Burton et John Lasseter. Cependant, la nouvelle direction artistique du studio commence à lui déplaîre fortement. Dans les studios, il fait la rencontre de deux autres animateurs: Gary Goldman et John Pomeroy. Le trio souhaite retrouver l'esthétique des vieux classiques Disney qui ne sont alors plus à l'ordre du jour. Pour renouer avec cet état d'esprit, ils décident de fonder leur propre studio d'animation, Don Bluth Productions. Enfin... dans un premier temps, le studio se limite au garage de Don Bluth, et leur temps de travail ne se fait que parallèllement avec celui qu'ils effectuent déjà dans les studios Disney. A partir de 1975, ils enchainent les week-ends et les nuits blanches pour faire un court-métrage de 30 minutes: Banjo (Banjo, the Woodpile Cat). L'histoire se base avec certains éléments autobiographiques de Don Bluth, ainsi nous retrouvons un jeune chat rebelle qui décide de fuguer de la ferme de ses propriétaires, situé dans l'Utah (Etat où Don bluth passa une partie de son enfance) pour la ville de Salt Lake City (ville-siège des mormons) pour découvir le monde urbain. Le court-métrage sort en 1979 et il se fait remarquer en obtenant de nombreuses récompenses, notamment le Prix d'excellence du National Advisory Board.

Fort de ce succès, il décide qu'il est temps de s'émanciper. Le 20 novembre 1979, les trois compères font un gros coup d'éclat en claquant violemment la porte de la firme du grand Mickey et en emmenant plusieurs de leurs collègues avec eux. Ce geste causera de grands torts aux Studios Disney qui, déjà en pleine crise, sont obligés de retarder la sortie de Rox et Rouky suite à cette désertion massive orchestrée par Don Bluth. La guerre est déclarée.

 

Dès son premier long-métrage, il prouve que son style n'est pas un simple ersatz de Disney. affiche-brisby.jpgAvec Brisby et le secret de Nimh (The Secret of NIMH), basé sur le livre pour enfants Rats of NIMH de Robert C. O'Brien, il impose un trait rude et une mise en scène énergique et survoltée, ce qui deviendra une constante dans sa filmographie. Il s'éloigne aussi considérablement des standards Disney par les propos macabres et sombres qu'il propose aux jeunes spectateurs, n'hésitant pas à sacrifier plusieurs personnages par des morts violentes ou faire des allusions explicites sur le sort reservé aux animaux dans les laboratoires. Brisby impressionne par sa richesse visuelle, fournissant d'innombrables décors et personnages finement détaillés et travaillés, mais aussi par ses scènes oppressantes et mystiques.

 

 

Bien que salué par la critique, le film de Don Bluth n'attire pas l'attention du public. Lors de sa sortie en 1982, le film subit un échec commercial cuisant, conduisant « Don Bluth Productions » au bord de la faillite. Faute de ressources financières, Bluth est obligé d'abandonner son projet d'adaptation du conte norvégien A l'est du soleil et à l'ouest de la lune.

 

Cet échec ne l'abat pas pour autant, puisqu'en 1983 il relance, avec ses camarades Pomeroy et Goldman, la Group Bluth, dont l'ambition majeure est d'allier l'animation au jeu-vidéo via une collaboration avec l'équipe de Rick Dyer, de la société « Advanced Microcomputer Systems ». dragon' lairDe l'œuvre de Don Bluth, les geeks citeront sans hésiter deux jeux d'arcade cultes: Dragon's Lair (1983), jeu sorti dans un premier temps en Laserdisc, puis transposé sur plusieurs autres plateformes - un mélange entre le dessin animé et le jeu interactif, suivant les péripéties d'un chevalier débonnaire, Dirk, parti dans un donjon pour sauver la princesse Daphné de terribles créatures comme le roi lezard, les giddy goons ou encore un terrible dragon.. Il s'agit du premier jeu d'arcade à utiliser exclusivement des séquences créées par un studio d'animation. Le concept du jeu ressemble aux livres dont vous êtes le héros. Le joueur influe sur le déroulement du dessin animé en bougeant le joystick de gauche à droite.

Le même principe sera repris l'année suivante avec un autre jeu Space Ace, à l'exception que le joueur quitte l'univers fantasy pour la S-F. Toutefois, les bornes d'arcades deviennent des gouffres financiers pour les investisseurs, et le studio de Don Bluth se retrouve à nouveau sans ressources. Il est obligé de déposer le bilan le 1er mars 1985.

Son sauveur apparaîtra sous le nom de Morris Sullivan, un homme d'affaires qui, impressionné par le potentiel de cet équipe, propose au trio de choc (Bluth, Pomeroy et Goldman) d'ouvrir et d'installer un nouveau studio d'animation à Dublin (Irlande), Sullivan Bluth Studios. Morris Sullivan propose ensuite un contrat avec un certain Steven Spielberg. Don Bluth commence enfin à recevoir la consécration tant attendue: un succès commercial ! Le coup de pouce de Spielberg mènera le studio vers la création d'un petit personnage qui deviendra un des héros de l'animation le plus rentable des années 1980-90: Fievel !

 

Fievel et le nouveau monde (An American Tail) sort en 1986 dans les salles. Le film est un énorme succès critique et commercial. Don Bluth devient enfin une légende de l'animation à part entière. C'est la consécration.

Fievel et le nouveau monde narre les mésaventures d'une famille de souris qui, après avoir fui la persécution menée par les chats dans leur Russie natale, tente leur chance aux Etats-Unis. Fievel est accidentellement éjecté hors du bateau qui les mène vers leur nouveau foyer. Il va dès lors devoir se débrouiller tout seul dans cette nouvelle contrée pour retrouver sa famille.

Outre le divertissement grand public que constitue cette nouvelle oeuvre, Don Bluth utilise ici l'anthropomorphie comme effet de distanciation pour associer cette histoire fictionnelle avec une réalité historique, celle de la persécution antisémite russe qui obligea des millions de juifs à quitter leur foyer. Don Bluth, tout comme Steven Spielberg, ont en effet ce point en commun d'avoir eu des membres de leur famille ayant émigré aux Etats-Unis durant cette période noire. Il est donc évident de retrouver dans l'histoire de Fievel et le nouveau monde une transposition en animation de cette sombre période.

L'œuvre suivante sera moins pris à parti que Fievel, mais constituera un autre grand succès du studio: Le Petit Dinosaure et la vallée des merveilles (The Land Before Time).

 

petit-dinosaure.jpg

 

Don Bluth délivre ici un film sublime autour d'une quête iniatique sur l'amitié et l'entraide, mais il est reconnu aussi par de nombreux fans comme son œuvre la plus sombre et la plus dépressive. Le film fut d'ailleurs amputé de 20 minutes pour éviter de traumatiser les petits enfants, au grand dam de Don Bluth qui souhaitait préserver l'aspect originel de son film. Cela n'empêchera pas de réaliser son film le plus accompli sur le fond et la forme, permettant au spectateur de découvrir une magnifique histoire mélancolique et mature, soulignée par une esthétique proche de l'ancienne école Disney et une bande sonore magistrale.

 

 

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all-dogs.jpgDon Bluth continue d'innover avec Charlie (All Dogs Go to Heaven, 1989). A la différence d'un Disney, il fait de son personnage principal un héros amoral. Ce "héros" n'est pas un ange, c'est un chien roublard, voleur et escroc qui n'hésite pas à utiliser une orpheline pour son propre profit. Le méchant Carcasse est un criminel sans pitié et un fumeur invétéré, assassinant froidement ses ennemis. Le film aborde encore des sujets radicaux pour le jeune public: on n'hésite pas à souligner la thématique de la mort, mais aussi à traiter des thèmes religieux tels que le pêché originel et la rédemption, autour de monstres effroyables, de dialogues sans concessions et de jolies chansons accrocheuses.

 

 

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Toutefois, Don Bluth ne parvient plus à faire face à Disney qui, en pleine renaissance, commence à sortir des musts comme La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin ou encore le Roi Lion. Charlie sera un échec commercial, comme le sera ses films suivants Rock-O-Rico (Rock-a-doodle), Poucelina (Thumbelina), Le Lutin magique (A Troll in Central Park) et Youbi le petit pingouin (The Pebble and the Penguin). Les Films « Don Bluth » deviennent des débâcles financières et des regrettables échecs artistiques. Ils ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Celui qui jadis avait osé se rebeller contre le grand Mickey et qui lui avait royalement damer le pion dans les années 1980, fut en un rien de temps remisé au placard d'un revers de la main.

 

Il ne renouera avec le succès qu'en 1997 avec Anastasia.

Sur un budget estimé à 50 millions anastasia.jpgde dollars, il rapporta quasiment trois fois plus au box-office mondial. Anastasia fut nominé à de nombreuses cérémonies, y compris aux Oscars. Le film marque la première collaboration de Don Bluth avec la 20th Century Fox et son département « animation ». Le succès d'Anastasia le poussera à réaliser un spin-off autour d'un des personnages du dessin animé, Bartok. Emportés par ces succès, les studios de la Fox propose à Don Bluth de réaliser le plus « grand space opéra de l'animation »: Titan A.E. En l'an 3028, l'humanité fait une découverte capitale dans le domaine de la terraformation ; ce projet est baptisé "Titan", et ouvre de nouvelles possibilités extraordinaires. Mais une race de créatures extraterrestres, les Drej, y voient une menace pour leur suprématie, et en réponse, attaquent et détruisent la Terre, ne laissant qu'une poignée d'humains condamnés à errer dans le cosmos.

Le film s'adresse à un public plus adulte, désireux de s'ouvrir à un film d'animation basé sur de la vraie science-fiction, avec un univers riche et intriguant.

Malheureusement, le public va injustement ignorer le film à sa sortie. Il ne rapportera que 50% du budget investi, conduisant dès lors la compagnie à fermer définitivement son studio d'animation traditionnel. Il devient aussi l'ultime film réalisé par Don Bluth et Gary Goldman, qui n'ont plus réalisé d'autres films d'animation depuis lors. Après avoir tenté vainement de trouver un financement pour un long-métrage basé sur le jeu Dragon's Lair et réalisé l'animation du clip « Mary » du groupe Scissor Sisters en 2004, Don Bluth a peu à peu abandonné la réalisation pour se consacrer à la rédaction d'une série de livres sur l'animation - The Art of Storyboard (2004) et The Art of Animation Drawing (2005) – et au lancement d'un site Internet (DonBluthAnimation.com), axé sur l'initiation au dessin-animé. Enfin, il dirige actuellement un théâtre en Arizona, le “Don Bluth Front Row Theatre”

 

Epuisé par les revers financiers, Don Bluth a finalement disparu des yeux du grand public. Seuls quelques nostalgiques semblent encore se souvenir des claques visuelles que représentaient Fievel, Le Petit Dinosaure, Brisby et Charlie... et ceci est fort regrettable. L'animation ne se résume pas à Walt Disney ou Hayao Miyazaki, l'animation n'est pas seulement une affaire de « films pour enfant ». Le genre ne doit pas être mis au ban et un homme talentueux comme Don Bluth ne devrait pas être sous-estimé. Le Kamikaze vous recommande dès lors à (re)voir ses films. Faîtes-les découvrir à vos proches, à vos enfants. Ils n'attendent qu'à être (re)vus.

 

 

Lef Dur

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:29

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Souvenez-vous de Mary Poppins, le grand chef d’œuvre classique de Walt Disney sorti en 1964. Qui n'a pas déjà fredonné les airs des chansons du film, ou buté sur la prononciation de la formule magique Supercalifragilisticexpialidocious ? Sans avoir forcément lu les romans de P.L. Travers, la célèbre nounou a sans aucun doute enchanté des générations d'enfants.

 

Oui, mais pour en arriver à ce résultat, on ne se doute pas du travail colossal employé à la maison aux grandes oreilles. Pamela Travers refuse de céder les droits de Mary Poppins pendant près de 20 ans à Walt Disney, jugeant qu'il ne rendra pas justice à ses personnages. En 1961, l'écrivaine londonienne se rend finalement à Los Angeles, afin d'apporter un regard sur cette adaptation qui semble alors encore plus qu'hypothétique à ses yeux. Pour ne pas dire irréalisable, tant elle porte en horreur l'univers merveilleux que Disney a créé. Sauf que ce n'est pas un regard qu'elle va apporter : elle en fera voir de toutes les couleurs à l'équipe qui travaille sur ce projet !

 

On s'en doute bien, le film apporte une histoire quelque peu romancée de la collaboration plus que houleuse entre Walt Disney et Pamela Travers, mais le résultat fonctionne. On ne vante plus la qualité de jeu que nous offrent Emma Thompson et Tom Hanks, qui n'ont plus grand chose à prouver mais qui réussissent toujours à nous épater. L'acteur américain campe avec brio le producteur-animateur-réalisateur-homme d'affaire légendaire, bien sûr : convivial, complaisant, un brin joueur. On pourrait presque dire un grand enfant, mais ce serait résumer le personnage trop facilement. Madame Travers est représentée en vieille fille acariâtre insupportable, autoritaire et exigeante, une adulte habitée par une petite fille n'ayant pas résolu un problème d’œdipe, et on en comprend vite la raison dans le film au travers de flashbacks. Emma Thompson et Tom Hanks, ou disons plutôt la rencontre entre la retenue anglaise et l'optimisme américain donne un résultat réjouissant avec des passages drôles et émouvants. Si tout les oppose en apparence, les personnages partagent leur amour pour la super nounou, et une enfance pas tendre. Collin Farrell nous émeut également dans son rôle de père rêveur mais alcoolique étouffé par son travail à la banque, et véritable sujet de dévotion pour sa fille.

 

 

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Walt essaie de faire rire Pam' en saluant Mickey et Pluto. Ambiance...

 

 

Les fans du film de Mary Poppins s'extasieront certainement en reconnaissant des éléments préliminaires présentés sous forme de puzzles : chansons, maquettes, scènes répétées... On jubile de voir à l'écran le grand scénariste Don Dagradi et les frères Sherman subir les critiques et négociations incessantes de la romancière sur chaque détail. D'ailleurs, ne quittez pas la salle trop tôt : John Lee Hancock nous fait cadeau d'un des vrais enregistrements effectué lors des séances de révisions du scripte. Madame Travers était vraiment intraitable. On s'étonnera pourtant du résultat : des chansons (« ce ne sera pas une comédie musicale ! »), de l'animation (« je ne vous laisserai pas en faire un de vos stupides dessins animés ! »), une nounou chaleureuse (« Elle n'est pas joyeuse, elle est acerbe, tranchante, rude, entière et futile ») et j'en passe. Mary Poppins n'est pas un simple film familial aux effets spéciaux à la pointe de l'époque. C'est la rédemption d'un père pas toujours irréprochable (mais non volontairement cruel) et la guérison d'une blessure infligée dans l'enfance. Dans l'ombre de Mary, La promesse de Walt Disney– titre que je juge personnellement incorrect, Saving Mr. Banks est plus cohérent – nous offre une nouvelle vision du chef d’œuvre. A une époque où le 7e art a tendance à prôner le divertissement et les effets spéciaux, ça nous remet les idées en place.  

 

Je terminerai cette note sur un petit regret : pourquoi avoir nominé ce film dans une seule catégorie aux Oscars, celle de la meilleure musique de film (composée par Thomas Newman) ? Dans l'ombre de Mary aurait mérité une meilleure promotion dans tous les cas, dans la mesure où John Lee Hancock nous offre un très joli hommage servi sur un plateau d'argent. Alors que demander de plus ?

 

 

 

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Allez, p'tit bonus pour vous faire plaisir, de gauche à droite : Tom Hanks, Emma Thompson, Julie Andrews (alias Mary Poppins), Dick Van Dyke (alias Bert) réunis lors de la première de Saving Mr. Banksau Walt Disney Studios, à Burbank, Californie. Merci quiii ?

 

 

 

 

 

 

Clémentine Samara

 


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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 16:34

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Avant d'attaquer cette critique, je vais applaudir. Non pas pour féliciter, mais pour saluer l'initiative prise par Christophe Gans. Pas facile de s'attaquer à l'adaptation cinématographique du célèbre conte ! Avant que Disney ne s'en empare en 1991, Jean Cocteau nous avait offert un film magnifique que je qualifierai personnellement d'indétrônable. Nous sommes d'accord qu'il s'agit d'un des plus beaux classiques portés sur grand écran, avec notamment Jean Marais et Josette Day dans les rôles titres. mais bon... 1946, ça commence à faire loin, on est d'accord. deux autres remakes avaient été réalisés depuis, des tentatives d'adaptation à la télé également, sans grand succès. Un petit coup de lifting était donc le bienvenue, même si le risque de se planter lamentablement était très élevé. Alors on ne va pas se laisser distraire par la promo grandiose que Gans s'est offert pour vendre son film et on va répondre rationnellement à la question suivante: grosse daube bonne pour les oubliettes ou formidable chef-d'œuvre ?

 

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Là on dirait pas comme ça, mais la Bête vient de raconter une bonne blague. Ambiance.

 

Grosse surprise générale: visuellement, on s'en prend plein la tronche. C'est chouette les effets spéciaux, on peut décidément faire tout ce qu'on veut ! On peut faire des plans de oufs, genre, animer le livre qui narre l'histoire, montrer le château de la Bête dans toute sa splendeur et sa vastitude avec ses dédales labyrinthiques, la magie qui emballe le domaine, avec une graaaande forêt autour, et puis allez, on peut s'en servir aussi quand la Belle se met à rêver... Et comme le maquillage c'est has been (sic), on va faire une Bête virtuelle aussi, on va pas s'emmerder. Et puis tiens... on va aussi rajouter des créatures kawaï un peu chelous qui gambadent partout dans le château, histoire d'avoir des trucs mignons dans le film. Oh ! Et aussi, on va faire une super scène finale digne d'un film d'action, ça donnera un petit côté badass !....

Oui, on parle toujours de la dernière version de la Belle et la Bête. Abuser sévèrement des effets spéciaux ne reconstituera jamais la magie du conte, mon p'tit Christophe.

 

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D'accord, c'est beau. Mais, la technologie actuelle n'est pas assez puissante pour nous montrer qu'en vérité, le bonhomme au fond nous lance un doigt d'honneur.

 

Au niveau du scénario, pas de gros changements dans les grandes lignes. Vous connaissez l'histoire... Non, ce qui est décevant - pour ne pas dire scandaleux ! - ce sont les scènes clefs bâclées !

Quelques exemples ? Lorsque Belle décide de prendre la place de son père et de se sacrifier pour sauver sa famille: nous en sommes à 28 minutes du film (!), et la scène de son départ dure environ 30 secondes... conclue par une réplique désespérée de Belle: "N'oubliez pas de m'aimer !". Ou encore plus tard, lorsque Belle revient dans sa famille. Quelques échanges brefs avec ses frères et sœurs... et c'est tout ! Heu pardon, je m'attendais à plus d'émotions dans les retrouvailles familiales... Un truc plus proche de "mon Dieu, Belle ! Mais tu es vivante ! Mais comment se fait-il ? Tu as donc réussi à t'échapper ! Et comment est la Bête, t'a t-elle fait du mal ?", à la place de "Mais c'est quoi cette robe ?" (véridique). Sans oublier... la relation entre Belle et la Bête, torchée en deux dîners. Faut m'expliquer comment la jeune fille se retrouve toute chose face à son ex-geôlier mourant lorsqu'elle lui clame "mais je vous aime [...]". Léa, je sais que souvent femme varie, mais honnêtement, tu associes ton personnage à une girouette ambulante: ne clamais-tu point vingt minutes auparavant que la Bête te répugnait ??? Et même la scène de la transformation finale est bouclée en trois secondes. Quelle frustration !

Pour finir sur ce paragraphe, j'ajouterai que j'ai cru me retrouver dans un mélange de Cloverfield, Godzilla et Transformers vers la fin (c'est un peu confus, oui). Je ne vous révèlerai pas pourquoi, histoire de ne pas vous gâcher le film. Il l'est suffisament, je n'en ajouterai pas davantage. En tout cas, les plus jeunes apprécieront sûrement.

 

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En plus d'être laide, la Bête a une haleine de chacal. Ça n'aide pas pour pécho la Belle.

 

Vincent Cassel n'est pas foncièrement mauvais dans son rôle. Même s'il a beaucoup de difficulté à sauver la peau de sa Bête entre les mauvaises scènes et les clichés, il en ressort une certaine élégance et on retrouve presque un côté sexuel. Presque seulement.

En revanche, Léa Seydoux n'incarne nullement le charisme ou la sensualité, et ne soulève franchement aucune passion. Dommage, il va falloir la supporter pendant 1H52 ! Bon, il faut dire que les répliques qu'on lui prête sont peu convaincantes, ça n'aide pas non plus. Mais ça n'excuse pas son côté horripilant, et l'absence d'évolution de son personnage.

Petits (touts petits) moments jubilatoires quand ses deux sœurs aînées entrent en scène, futiles pestes harpies, jouées par Audrey Lamy et Sara Giraudeau même si elles frôlent le surjeu, mais j'ai été surprise de découvrir trois frères supplémentaires. Bon, pourquoi pas, s'ils apportent quelque chose au film (attention parenthèse spoil: en fait, leur utilité est limitée) (parenthèse spoil bis: les deux sœurs ne servent à rien non plus). André Dussolier est irréprochable dans son personnage du père attentionné, mais son rôle est très vite limité. Alors que reste t-il pour pimenter le film ?

Il nous faut des méchants ! Mais attention, je vous parle de VRAIS méchants ! A la tête du groupe, le BIG grand méchant voleur alias Eduardo Noriega suivi de près par sa voyante incarnée par Myriam Charleins (spoil ter: je n'ai pas compris son utilité... Je vous invite à m'écrire afin de m'éclairer sur cette épineuse question). Oh, les grands méchants, pas effrayés à l'idée d'entrer dans un royaume magique, avec une forêt qui s'ouvre devant eux, un château gigantesque avec des décors fantasmagoriques, des richesses étalées partout... non, je ne vois pas le problème ! NORMAL. De toute façon, la seule chose qui les intéresse ce sont les pierres précieuses. Et on voit les grands bandits fortement passionnés: ils iront jusqu'à se rouler par terre en embrassant les rubis tant leur joie est incommensurable ! Mais ce sont quand même des méchants. Ils ne profiteront pas de leur butin bien longtemps, vous vous en doutez. La morale est donc sauve, au profit d'une belle histoire d'amour qu'on aura vu enfin apparaître qu'aux deux dernières minutes du film.

 

 

belle 2

"Qui est pour qu'on se casse d'ici avant qu'il nous arrive des bricoles ?"

 

 

Allez, j'admets. Tout n'est pas à jeter dans le film: les décors, bien que virtuels, plantent l'univers mystérieux et merveilleux. Les costumes sont magnifiques et peuvent détourner notre attention des grandes faiblesses du film. Les petites filles en seront ravies, c'est certain (les robes de princesses !!). Le gros avantage du film est qu'il n'a pas cherché à se moderniser, mais au contraire à reconstituer une époque passée et glorieuse. Et si je vous parle beaucoup de la version de 1946, Gans a aussi copié sur le dessin animé de Disney, je vous laisserais deviner sur quels aspects. Il en résulte un film familial accessible aux petits et aux grands.

 

Bref, pour conclure: un film raté qui ne remue ni les tripes, ni la cervelle. On ne retrouve pas le symbolisme du conte (l'évolution de la Belle en femme, la Bête qui cache sa part humaine derrière son aspect bestial,...), la relation entre les deux personnages est quasi inexistante, on est encombré par trop de détails superflus, des clichés assommants, des dialogues vides, un casting orienté acteurs bankable, et des effets spéciaux à la pelle en-veux-tu-en-voilà. Un blockbuster qui peut plaire à ceux qui ont envie de divertissement vide de contenu. mais parce que je suis cool, je le redis: bravo Christophe Gans, c'est l'intention qui compte, après tout... ou pas.

 

 

 

 

Clémentine Samara


 


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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 18:04

Si vous pensez que Hansel & Gretel: Witch Hunters était le plus gros massacre perpétré par le septième art sur une œuvre littéraire, c'est que vous ne connaissez pas le potentiel ahurissant des studios hollywoodiens pour produire des "trucs" aussi débiles et incohérents que ceci:

 

affiche-frankenstein.jpg"Le seul espoir ? Et merde..."

 

 

Hansel & Gretel avait l'avantage d'être (involontairement) drôle. C'était con... mais c'était un bon nanar. Ici, nous avons le summum du gros n'importe quoi, réuni en un concentré d'une heure trente de torture visuelle et auditive. C'est vrai qu'on s'en doutait quelque peu avant d'entrer dans la salle de cinéma, mais que voulez-vous... le Kamikaze aime se faire du mal.

On a eu le droit aux trois mousquetaires dans un dirigeable de guerre, à Hansel et Gretel qui se bastonnent avec des sorcières-ninjas, à Lincoln qui découpe des vampires avec sa grosse hache. Alors, pourquoi pas le monstre de Frankenstein qui fait du free-fight contre des démons. Hein ? ça reste crédible ? Non ? Pourquoi pas ? Vous allez me dire parce que ça ferait forcément une bouse dantesque. Je vous répondrais: "oui, en effet". Même l'aspect du monstre de Frankenstein annonce un navet à (de)venir: il ressemble à Christophe Lambert. Car oui, I, Frankenstein est la preuve qu'Aaron Eckhart a des ressemblances avec le fameux acteur français. Sans rancune, Aaron. Mais bon, je peux me le permettre. Tu as défoncé ta carrière prometteuse avec un film comme celui-ci.

... Bon, imaginez que l'histoire de la créature de Frankenstein ne se soit pas arrêtée comme le veut le classique de Mary Shelley. Ici, le monstre ait parvenu à se débarrasser de son créateur, le Dr Victor Frankenstein, qui le pourchassait à travers l'Arctique. Il arrive ce qui doit arriver lorsqu'on oublie son écharpe à des températures avoisinant les -40° C, on meurt d'hypothermie.

Peu rancunière, la créature décide de trimballer le corps de son concepteur jusqu'au tombeau de la famille Frankenstein, en Suisse (pays d'origine du docteur). Elle aurait pu l'enterrer n'importe où. Mais non, il voulait lui rendre ce dernier hommage. Ok, c'est une bonne action. Mais... c'est-à-dire qu'entre le Pôle Nord et la Suisse, nous avons plus de 4700 km à parcourir dont une petite traversée en mer, vous allez pas me dire que personne durant son trajet n'a vu un mec bizarre en train de porter un macchabée !? C'est tout de même une chose peu ordinaire. Ça aurait dû interloquer certaines personnes. Non ?

Bref, le monstre se crève la pogne à porter un cadavre sur plus de 4700 km, puis arrive dans un cimetière so dark en carton-pâte et enterre son créateur, avec ses effets personnels. Toutefois, trois individus le reconnaissent et l'attaquent. Il fait certes très sombre, mais oui... ils arrivent à identifier leur cible. Ce sont des démons ! Ils ont des cornes, des griffes. Bref, des méchants démons. Leur chef souhaite juste le capturer, mais ça ne les empêche pas d'écraser la poire de leur victime à grands coups de tatanes. Voilà, on va dire qu'ils le désirent vivant... mais pas trop non plus. Le monstre de Frankenstein est en peine, mais le gaillard ne se laisse pas faire et parvient à en tuer un avec une croix à trois branches. Il est même assez surprenant de constater l'aisance qu'a le monstre pour pratiquer le kung-fu. On pourrait penser qu'un cadavre réanimé aurait l'agilité d'un mollusque. Que nenni ! Le docteur Frankenstein a dû faire en sorte de prodiguer à notre p'tit monstre les rudiments du free fight. Mais malgré cette capacité hors du commun, notre héros est rapidement mis à terre. Fort heureusement, des gargouilles se réveillent et partent à la rescousse de la créature. Jusqu'ici voir le célèbre monstre de Mary Shelley se bastonner avec des démons, ça paraissait acceptable (je préserve un esprit enfantin). Mais voir des gargouilles se rajouter à la baston, là on se dit que le scénariste cherche à tester les limites du n'importe quoi ("et là, je vais foutre en plus des licornes, des dragons... puis... puis... des explosions ! Du feu, plein de feu ! AHAH".) On se calme, s'il vous plaît.

Bref, les gargouilles découvrent l'importance du monstre, en trouvant le livre des expériences du Dr Frankenstein sur le corps de la dite personne. Ils décident donc de l'embarquer, en se disant qu'il peut servir leur cause (ben quoi ? Il a bien buté un des démons. Il peut en buter plein d'autres. Non ?). Voilà donc notre balafré embarquer dans une croisade improbable, et surtout... qui ne le concerne absolument pas. Mais bon, il fallait bien un commencement pour démarrer l'histoire.

On l'emmène dans une grande ville (pas de nom précis), et plus précisément dans une cathédrale. Là-bas, la reine de l'ordre des Gargouilles (Miranda Otto) lui explique qu'une guerre fait rage depuis l'aube des temps entre eux, protecteurs de l'humanité et serviteurs de l'archange Gabriel, et les démons. L'existence de ces deux camps doit demeurée secrète aux yeux des humains ! Ça ne les empêche pas de squatter un lieu public comme planque. Quoi de plus normal que de choisir un lieu frequenté comme QG "secret". Personne ne les a jamais surpris ? Etrange. Même pas le concierge de la cathédrale ?

La reine donne un nom au monstre: ça sera "Adam". Elle lui donne la mission sacrée d'arrêter les desseins du terrible prince Naberius (Bill Nighy). Pour celà, on lui offre la permission d'utiliser les armes de l'ordre. Pour désintégrer les méchants démons, elles doivent être bénies ou être marquées de la croix de l'ordre. Il n'y a bien sûr que des armes blanches. Personne ne sait dit qu'une arme à feu pouvait être plus pratique. Adam, lui, choisit deux grands bâtons qu'il manipule déjà comme un maître ninja. Et hop ! il les fourre dans son imperméable (les poches de ce manteau doivent être assez gigantesques puisqu'au fil du film, il met tout et n'importe quoi dedans: des armes, des livres. Un vrai sac de Mary Poppins).

 

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"200 ans sans prendre une seule douche. A rendre jaloux un punk à chien"

 

Le voilà enfin intérimaire de "l'Ordre de la Gargouille" (on est d'accord, ça sonne pas trop "sérieux" comme appellation ). Il parcourt le monde, à la recherche d'indices qui lui donneront l'emplacement du prince Naberius. il traîne un peu partout et devine, au milieu des foules d'êtres humains, qui est un démon par un simple regard instinctif (oui, c'est plouf-plouf, ça sera toi le chat. V'la pas le nombre de bavures qu'il a du faire). Puis, paf dans les dents. "Dis-moi où se cache Naberius !". Cette recherche le mènera droit vers une guerre impitoyable entre le Bien et le Mal.

Je ne vous spoile pas le reste de l'aventure. mais sachez que la suite est aussi incohérente et absurde que l'introduction.

 

1/ Notre héros est-il réellement invincible ? Lors d'un combat, un démon lui inflige une vilaine entaille. Ça le met directement H.S. ! Alors que pendant tout le reste du film, on le voit traverser des murs, tomber de 14 étages, se faire renverser par une bagnole... sans subir aucun dommage ! Où est la logique ?

2/ La guerre entre les gargouilles et les démons doit absolument demeurer secrète ! Mais comment peut-elle l'être si des hordes de démons livrent une bataille rangée contre des gargouilles au beau milieu d'une métropole ? Si des explosions éclatent dans les rues ? si des bâtiments entiers s'écroulent en pleine nuit ? Bon... ce n'est pas très grave puisqu'il semble y avoir PERSONNE dans les rues de cette foutue ville.

 

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"Chérie, tu me croiras jamais, mais il y a des démons et des gargouilles qui se foutent sur la gueule juste en bas de chez nous"


 3/ Les gargouilles recherchent depuis des siècles l'emplacement du prince Nabérius, alors qu'il se trouve dans la MÊME ville qu'eux. Ont-ils réellement faits des recherches ou alors ont-ils plutôt attendus qu'une pauvre poire comme « Adam » se pointe pour faire tout le boulot à leur place ?

 4/ Le livre sur les expériences du Dr Frankenstein est en anglais. Pourquoi rédigerait-il ses études en anglais, alors qu'il parle l'allemand ? Avait-il prévu qu'une scientifique américaine lirait ce bouquin ? Cette même scientifique qui parvient à assimiler ces recherches en quelques heures. Quelle prouesse intellectuelle !

 

Je ne poursuis pas plus cette liste. Elle serait infinissable .


 « I, Frankenstein » (titre ressemblant à celui d'un mauvais roman autobiographique) est un nanar... proche du « navet ». Débile, mais TROP indigeste. On nous promet le récit d'un héros torturé et lésé, combattant des hordes de créatures démoniaques dans des scènes d'actions éblouissantes. Mais... rien ! Le personnage est sans saveur, rance. La direction artistique est proche du zéro. Enfin, l'oeuvre culte de Mary Shelley est massacrée dans une histoire vide de sens, mélangeant des références « beauf' » comme Underworld, Van Helsing et Hansel & Gretel. Bref... à éviter !

 

 

 

 

Lef Dur

 

 



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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 20:19

 

Il est grand, il est métallique, il est mi-humain mi-robot et surtout, il est sans pitié ! Je vous présente Alex Murphy, plus connu sous le nom de ROBOCOP !

 

robocop 1

La classe robotique

 

Ce "héros" hors norme s'offre un nouveau visage le 5 février avec un reboot de José Padilha. Je m'en vais donc vous rafraîchir la mémoire pour certains et pour d'autres, leur faire découvrir les origines du policier-robot le plus connu de l'histoire (après l'inspecteur Gadget)... c'est parti !

 

 

 

 

A la fin du vingtième siècle, la ville de Détroit est en proie à une violence sans précédent. La police étant submergée, la société OCP propose donc de nouvelles solutions. C'est alors que la création d'une machine avec un esprit humain débute pour nettoyer la ville.

Alex Murphy, un flic plutôt intelligent et totalement dévoué à la loi, meurt tragiqement dans l'exercice de ses fonctions. Son corps est choisi pour incarner le héros de métal qui libérera la ville.

Il y a tellement de choses à dire sur cette histoire, je m'en vais vous présenter les grandes lignes:

 

OCP:

 

robocop-2.jpg

Omni Cartel des Produits

 

Je vais commencer par vous présenter le grand méchant de l'histoire, la société OCP. C'est une entreprise véreuse qui a pour seul but d'acheter l'intégralité de Détroit pour en faire la première ville en bourse. C'est pourquoi la boîte s'occupe de maintenir le crime pour que le gouvernement local s'effrondre et que l'achat de la ville devienne plus simple.

Pour des raisons encore plus obscures, la police de Détroit lui appartient et pour faire en sorte que la criminalité soit à son plus haut niveau, elle la sous-paye et laisse les agents se faire tuer chaque jour (et du coup... fait grève).

Robocop est donc créer pour donner l'impression qu'OCP est une boîte cool qui se préoccupe des problèmes de la ville (en plus, ça permet de ne plus payer les flics du coin, cool non ?).

 

Alex Murphy:

 

robocop-4.jpg

Sourire de beau gosse... ce gars va devenir la star des garages Renault !

 

Ce mec est gentil, serviable, bon père de famille. Mais celà ne l'empêchera pas de se faire salement massacrer par six truands.

A son "retour à la vie", sa mémoire a été effacée, son corps robotisé. Son seul objectif est de servir la loi et de nettoyer la ville, mais des souvenirs lui reviennent par bribes, donnant alors un peu de vie à ce "produit". Ce qui fait que monsieur le grand robot est en proie à un sérieux problème d'identité, d'autant plus que dans chaque film un scientifique se lance dans un projet de formatage d'androïde, ce qui fait que le cerveau de Murphy doit ressembler à un steak tartare.

 

Les méchants:

 

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"Les flingues, c'est pour les tarlouzes. Moi, j'ai un robot"

 

Ils sont nombreux ! Notre machine humaine a le don de se faire beaucoup de copains. Dans l'ordre, on a:

 

1er film:

- Clarence et sa bande (responsables du meurtre d'Alex Murphy)

- Dick Jones, sous-directeur d'OCP, qui veut défendre ses intérêts.

 

2ème film:

- OCP, qui souhaite le remplacement de Robocop.

- Des barjos punks (une bande de punks plutôt énervés)

- Une psychiatre qui veut mettre un criminel dans un nouvel androïde.

- Un dealer de Nuke (la drogue du moment)

- Le même dealer de Nuke, transformé en robot toxicomane (oui, oui... un robot toxico !)

 

3ème film:

- Toujours la société OCP (pourquoi créer un robocop s'il passe son temps à vouloir vous buter dans TROIS films ?)

- La société Kanemistu, qui veut racheter OCP et expédie deux robots-ninjas pour s'occuper de Murphy.

- Le Rehab, un groupe armé appartenant à OCP qui a la tâche de faire le ménage dans les bas-quartiers.

 

Non, je crois que notre "homme de fer" a de quoi s'occuper pendant plusieurs films.

 

robocop-6.jpg

Attention "cliché": même en robot, l'asiatique est un ninja

 

 

Et alors ?

Robocop est violent. Il ne possède presque plus de moral. Il mène les enquêtes à sa façon, c'est-à-dire par des interrogatoires musclés, des meurtres, etc.

La réalisation n'épargne pas le spectateur. A travers cette trilogie, on vous montre une hyper-violence décomplexée, qui ne fait même pas réagir les personnages du film... ah, les années 80 !

 

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"Où sont mes pépitos ?"

 

Par contre, notre robocop a un problème de taille: il ne court pas, ne saute pas. Il est aussi rigide qu'un clou. Mais que voulez-vous ? A côté de ça, il est capable de mettre une balle dans l'œil d'un type à plus de 500 mètres.

 

L'histoire de Robocop est aussi là pour tirer la sonnette d'alarme sur plusieurs aspects de l'Amérique moderne: la criminalité, la pauvreté, la banalisation de la violence, la montée en puissance des multinationales sans scrupules, la corruption du pouvoir établi et.. surtout les dangers d'une société ultra-sécuritaire. Il ne faut pas oublier que c'est Paul Verhoeven, cinéaste franc-tireur, qui réalisa le premier opus. Il sera également l'auteur du cynique et satirique, Starship Troopers. Son truc: démonter les institutions !

 

paul-verhoeven.jpg

Soyez méchants !

 

En définitif, la saga Robocop n'est pas si mal, à condition d'oublier le troisième opus qui accumule les absurdités (mais merde quoi... des robots-ninjas !!!) et prend trop de libertés sur le personnage de Robocop qui devient une machine ultra-armée. Seule la vision pessimiste et sombre du futur est préservée.

Je ne vous encourage pas à les voir. Ce n'est pas une chose indispensable, mais si vous tombez dessus par hasard... regardez-les ! L'opus de Paul Verhoeven est une œuvre culte. Le plaisir (ou la nostalgie) sera sans doute au rendez-vous.

Je l'ai déjà dit un peu plus haut dans l'article, mais un reboot arrive prochainement sur les écrans. A la vue des nombreuses interviews et bande-annonces, ce film ne ressemblera plus trop à l'homme-machine d'autrefois. Je ferais en sorte de voir ça (histoire de me marrer) et de vous faire un retour. En attendant, je vous laisse avec la bande-annonce:

 

 

 

 

(Non, sa mémoire n'a pas été effacée. Oui, il est agile comme un yamakasi. Non, la société OCP ne semble plus aussi cruelle et oui, Robocop semble plus humain que robot).

 

 

Zang



 


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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 21:36

 philomena-affiche.jpg

 

 

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.
Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.

 

 

Philomena a fait partie de ces innombrables femmes qui, jusque dans les années 1990, ont du expier leurs « fautes » dans un couvent, très souvent reniées par leur propre famille, pour des raisons religieuses. Philomena a fait partie de ces jeunes filles qui ont payé au prix fort ce qui nous semble pourtant banal aujourd'hui parce qu'elle a succombé à la tentation de la luxure : elle a eu un enfant hors des liens du mariage. Pécheresse. Elle fut ainsi contrainte de faire adopter son enfant. Fin de l'histoire, rideaux, show must go on.

 

Pendant cinquante ans, Philomena a gardé ce secret enfoui dans un coin de sa mémoire, jusqu'à ce que, ne tenant plus, elle finit par révéler cette histoire, avec la volonté – un espoir infime mais pas impossible – de retrouver l'enfant. Avec l'aide de Dieu et beaucoup de courage, elle mettra tout son cœur et sa foi pour le revoir, pas forcément pour s'immiscer dans sa nouvelle vie, mais pour s'assurer qu'il va bien. Est-il heureux ? Qu'est-il devenu ? Pense-t-il à ses origines, se souvient-il du visage de sa mère ?... Tant de questions, trop d'interrogations pour la vieille femme qui souhaite maintenant y mettre un terme, et trouver des réponses.

 

Le journaliste désabusé Martin Sixsmith vient de perdre son emploi en tant que conseiller du gouvernement travailliste et ne sait pas s'il va reprendre un autre travail ou écrire un livre sur l'histoire russe. Par hasard, Martin rencontre la fille de Philomena lors d’une fête. Bien qu'il méprise au départ les histoires d'un intérêt purement humain, il a besoin de travail et un éditeur veut l'histoire. Avec son cynisme et son athéisme convaincu, Martin rencontre donc la vieille femme qui lui raconte son passé. Pas spécialement empathique (plus c'est triste, mieux ça se vendra !), et un brin agacé par l'ardeur parfois envahissant de Philomena, il l'aidera néanmoins dans sa quête. D'abord, par opportunisme. Il faut qu'il sache comment cette histoire se termine, et il ne peut y avoir que deux fins possibles : soit une fin heureuse, soit une fin triste.

 

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Non, Martin Sixmith ne comprend toujours pas : comment peut-on arborer une telle coupe de cheveux ?


Ce sont donc deux personnages diamétralement opposés dans leurs convictions, leurs agissements, leurs croyances et leur vécu qui se lancent dans cette recherche laborieuse. N'allez pas croire que ce sera facile : combien de jeunes mères ayant « subi » le couvent dans leur jeunesse recherchent leur enfant qui leur a été arraché ?

 

Les personnages sont magnifiquement bien brossés, et s'opposent jusqu'au bout du film sans clash violent, au contraire, ils se font respectueusement face. Stephen Frears nous offre un long-métrage à la sauce anglaise, avec son élégance, ses répliques cinglantes lancées pile au bon moment (ou plutôt à l'instant merveilleusement inapproprié), et une certaine retenue dans les émotions, qui ne se déversent pas à flot en veux-tu-en-voilà comme chez les américains ! Youpi, le spectateur n'est donc pas un imbécile, merci Stephen !

 

Un jeu d'acteur (formidable Judi Dench !) très juste, ni dans le trop ni dans le trop peu, qui évite avec brio les clichés et le fadasse. Je n'y trouve rien à redire dans le travail des personnages. Philomena agit avec ses émotions, Martin restera dans le contrôle et le sérieux. Pourtant, l'un et l'autre finissent petit à petit... comment dire ? Par s'apprécier ? Oui, enfin, avec les défauts de l'autre... Trop cynique ! Pensera la vieille femme. Trop sentimentale, se dira le journaliste... qui au fil de l'aventure sera sincèrement touché par l'histoire, jusqu'à vouloir renoncer à écrire cet article. Alors oui, je vous vois venir d'ici, vous allez me dire : « Classique ! Le journaliste fourbe et sans pitié laisse parler son cœur et renonce à la gloire qui l'attendait, comme c'est noble ! » Oui, c'est vrai. Tant et si bien que Martin exprime sa colère contre les bonnes sœurs et la religion catholique : « Ce n'est pas vous qui devez confesser vos péchés ! C'est l'église qui le devrait ! « Pardon mon Dieu, j'ai fait enfermer des filles, j'en ai fait des esclaves et j'ai vendu leurs bébés ! » » Philomena, jamais au grand jamais, ne ressentira de la colère, sinon une immense culpabilité, pour le plaisir qu'elle avait ressenti dans les bras de cet homme qui l'a malencontreusement engrossé (les capotes n'étaient pas d'actualité il y a soixante ans...). Peut-être contre l'attitude de Martin, pour ce qu'elle juge pour de l'ignorance ou de l'arrogance. Et encore. Puisque Dieu pardonne tout, pardonnons à ceux qui nous ont fait du mal. Et c'est ce que la vieille femme fera : pardonner à ces sœurs qui lui ont retiré l'enfant et qui l'ont puni pendant si longtemps. Contrairement à ce que nous croyons, pardonner n'est pas un acte facile, allez poser la question à Mandela au passage... Aveuglement ou sagesse ? A vous de voir.

 

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Philomena soupçonne Martin d'être à l'origine d'une drôle d'odeur dans l'air. Martin prend l'air de rien.


Judi Dench est éblouissante en mère courage incarnant l'inébranlable croyante des années cinquante, Steve Coogan nous convint dans le rôle d'un homme intellectuel empli d'amertume et de préjugés. Le drôle de duo est parfaitement équilibré, il amuse autant qu'il surprend, et nous offre des minutes précieuses de rire et d'émotions sans aucune fausse note. Un film tout en finesse et émouvant, ainsi la compagnie de ces deux personnages est tellement attachante qu'à la fin du film on ne peut s'empêcher de se dire « déjà ? ».

 

 

 

 

 

 

Clémentine Samara

 


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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 13:34

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Synopsis: Walter Mitty (Ben Stiller) est employé au magazine Life. C'est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n'ose s'évader qu'à travers ses rêves. Mais un jour, il doit faire face à des problèmes dans sa vie réelle: avouer son amour à sa collègue Cheryll Melhoff (Kristen Wiig) et retrouver le négatif n°25 du photographe Sean O'Connell (Sean Penn).

 

 

"La Vie rêvée de Walter Mitty" est un film inter-générationnel, abordant des objectifs dont tout le monde voudrait attendre: rebooster sa vie, dépasser ses limites, surmonter les barrières du monde actuel pour assouvir ses rêves. Voilà, le credo du nouveau film de Ben Stiller. Nos vies faîtes de concessions, de déceptions et de frustrations se prêtent toujours bien à ce genre de film salvateur. Les contraintes et les artifices des sociétés modernes nous obligent souvent à faire trop de compromis. Un tel synopsis ne peut donc qu'être gagnant à notre époque. Et ?

On va encore dire que je ne suis pas une personne sensible, que je suis dénué de sentiments positifs. Je leur dirais: "oui, c'est vrai". Le film est parsemé certes de quelques séquences qui brillent d'éclat et de beauté: les scènes oniriques de Walter Mitty, les jolis panoramas du Groenland, de l'Himalaya et de l'Islande, le soin particulier à la photographie et à la couleur (l'Islande !), l'humour léger, les bonnes interprétations de Ben Stiller en col blanc rêveur et timide et celle de Sean Penn  en photographe baroudeur et old-school. Mais... à côté de celà, il y a le message (trop) naïf et nunuche qui pèse trop lourdement dans la balance. Ben Stiller nous délivre un road movie trop simpliste et contemplatif, sans message réellement appronfondi. Le passage du Walter Mitty "cadre respectable" en "baroudeur téméraire" est tellement expéditif qu'en arrive à peine à y croire. Tout peut se résumer à une jolie carte postale, avec un p'tit message derrière qui indique: "profite de la vie, bisous. Walter". Enfin... il y a cette fin niaise digne d'un indigne soap, où Ben Stiller rabaisse son film à un vulgaire film à l'eau-de-rose. Dommage de détruire toutes les capacités d'un tel film à cause d'un scénario trop léger. Devenir le nouveau Frank Capra n'est pas une mince affaire.

On peut saluer la critique faite sur les mutations regrettables du monde moderne, synonyme d'un univers froid où la passion et l'amour n'a plus sa place.

On peut regretter le placement de produit le plus énorme de l'histoire du cinéma (LIIIIIFE !), encadré par plein d'autres (eharmony, Papa John's, Air Greenland,....). La valeur consensuelle du film augmente encore d'un cran.

 

"La Vie rêvée de Walter Mitty" est un film de voyage sans grande prétention. Il n'y a pas de grands enjeux. Il est juste là pour faire figure de "feel good movie", un simple divertissement de bonne facture. Simpliste et abordable.

 

 

 

 

 

 

Lef Dur

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 22:00

Quand je suis tombé par hasard sur Dead Man Talking, j'ai pensé à un film américain. Ou du moins à un film d'action moyen au vu du titre. Je lis le synopsis, l'idée du scénario me plaît. Je regarde les têtes d'afiches. Hum... François Berléand, Virginie Efira !? Ah non, il s'agit d'un film dramatique franco-belge-luxembourgeois. Au temps pour moi. Trop tard, la curiosité m'emporte, je fonce le regarder.

 

20H00. Une prison quelque part. William Lamers est condamné à mort. La loi ne précisant pas la longueur de sa dernière déclaration, il va profiter de ce vide juridique pour dérouler le fil de sa vie afin d'échapper à la sentence. Son exécution qui ne devait être qu'une formalité va alors devenir le plus incroyable des enjeux politique et médiatique.

 

 

 

 

La référence est évidente: Shéhérazade que raconte des histoires durant 1001 nuits pour sauver sa peau. William Lamers, lui, raconte sa vie juste avant de mourir. Mais est-ce pour échapper à la mort ? La question se pose: bien qu'il abuse malgré lui de la faille juridique qui lui permet de prolonger sa vie ne serait-ce que pour quelques heures, voire plusieurs jours, ou carrément à l'infini, le fait-il vraiment pour échapper à la mort ?

Nous ne savons pas grand chose de ce personnage, si ce n'est qu'il ne renie pas ses actions aussi horribles et misérables soit-elles. Et que personne ne le regrettera. A aucun moment du film on ne nous renvoie une image de victime, son statut de coupable est posé et assumé du début jusqu'à la fin; l'homme lui-même ne remet pas en question sa sentence, s'il mérite ou non sa peine de mort. Alors pourquoi parler et remettre à plus tard sa mort ? Qui souhaiterait prolonger la vie d'un condamné à mort, c'est un homme qui relate de sa vie, son enfance, une mère violente, un grand frère brutalement décédé, un père absent, un premier amour décevant. Ne croyez pas, nous ne baignons pas dans le drame shakespearien ! Au contraire, l'histoire est suffisamment bien racontée pour qu'elle puisse nous toucher, et nous faire comprendre brièvement comment cet homme en est arrivé là, avec une aiguille plantée dans le bras.

 

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Alors d'accord, c'est un peu facile: le monsieur a eu une enfance malheureuse, donc il a mal tourné... ça se discute. Mais ce n'est pas là où nous devons nous concentrer. Si on se penche sur l'humanité de William, le film démontre aussi l'absurdité du gouvernement, qui va profiter de la situation. Entendant cette histoire qui fait la une des médias, il décide de l'utiliser à son profit, de filmer en direct avec la promesse de rétablir ce vide juridique. Parce que "merde, faut appliquer la loi à un moment donné, faut pas déconner". Un enjeu médiatique et politique très fort, hélas peu exploité dans le film. On a bien compris que le gouverneur était con comme ses pieds (s'en est même grossier, tant la caricature est surfaite), qu'il n'en a rien à secouer du sort du condamné à mort, et que seul le résultat des élections compte. Bref: le gouvernement est bête et méchant, seul le pouvoir l'intéresse. Bon... ça c'est fait. Ensuite ?

 

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Jean-Luc Couchard dans le rôle du stupide gouverneur Stieg Brodeck, Olivier Leborgne incarne Robert Gayland, le porte-parole (chien-chien) du gouverneur et Virginie Efira est Elisabeth Lacroix, secrétaire froide et calculatrice du gouverneur.

 

 

Ensuite il y a l'aspect télé-réalité, peu exploité, à une époque où tout se prête à être filmé, puis montré. Quant à l'aspect médiatique: hop, une petite dizaine de journalistes dans une scène, et zou... c'est dans la boîte. Dommage, le spectateur devinera à peine l'opinion du peuple tant nous sommes plongé dans les "coulisses". Des axes trop peu exploités, un peu disparates, et pourtant suffisants pour que nous comprenions l'absurdité du scénario: William est presque montré comme un appât. Tout, ou presque, autour de lui est absurde; seul le condamné à mort est conscient de la situation. Il ne fait pas semblant, chacun à sa place. Et quelques instants marquants dans sa vie est devenu un phénomène de foire.

La morale est un peu facile: qui est le plus humain dans le film ?

 

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Un homme de loi qui se confie à l'homme qui aurait du mourir depuis un bail, ça fait un peu désordre.

 

Le sujet est toujours intéressant à soulever. On sait qu'aux Etats-Unis, le débat fait rage et on oublie qu'en France son abolition a été votée en 1981... Et qu'elle a perduré en Belgique jusqu'en 1996 ! Libre à nous de juger ce que bon nous semble, mais posons-nous la question sur ses limites. Peut-on "utiliser" la vie d'un homme pour un enjeu politique, est-il décent d'en faire un programme de télé-réalité ? Ce dernier principe a été relaté dans le film américain Live ! signé en 2007 par Bill Guttentag (un film moyen en passant, malgré le scénario prometteur), où le jeu de la roulette russe est repris dans une émission de télé-réalité. Je pense aussi à La Vie de David Gale d'Alan Parker sorti en 2003 où Kevin Spacey manipule les pièces du puzzle... afin de prouver aux politiciens que tous les condamnés à mort ne sont pas forcément coupables. Par ailleurs, le titre fait référence au film de Tim Robbins en 1995 Dead Man Walking qui traite également de la peine de mort.

Où se situe donc la frontière entre la manipulation indécente et application de la justice ? Une question difficile à répondre.

 

Le casting fonctionne plutôt bien, j'y ai même découvert (enfin ! ) Virginie Efira, bonne actrice et crédible dans le rôle de la secrétaire froide et calculatrice. Patrick Ridremont est excellent dans le rôle de William Lamers, il oscille entre le pauvre type paumé et un tueur de sang froid. Aucune sympathie à éprouver pour lui, pourtant on s'y attache pour la justesse de ses réflexions et sn histoire passée et présente. Un film plutôt bon... malheureusement pas un chef-d'œuvre puisque les pistes sont éparpillées et donc pas assez creusées. Nous aurions pu aller jusqu'au bout de l'indécence, des scènes dérangeantes, des réflexions plus poussées, mais le film relate un sujet délicat relativement peu soulevé en Europe, ce qui est déjà louable en soi.

 

 

Clémentine Samara

 


 


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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 19:36

A l'approche de Noël, il est normal de revoir un classique adapté à la situation. Le « Kamikaze de l'écran » se doit alors de vous proposer le meilleur... du pire. Et oui, vos mauvaises actions ne vous apporteront pas de cadeaux cette année, vous n'obtiendrez qu'un superbe nanar qui vous plongera pendant 1H20 dans un état dépressif. Attention ! Les effets secondaires sont nombreux : épuisement physique et psychologique, dommages irréversibles à la rétine, schizophrénie, ect.

Aurez-vous le courage de gravir les sommets de la nullité ? Oui ?

Des mauvais films de Noël, on peut en trouver par milliers. Noël, c'est souvent l'occasion de sortir les histoires moralisatrices qui dégoulinent de bons sentiments, de guimauves, de mièvreries. On nous rabâche les éternels discours sur l'entraide, l'amour, le respect de la famille, l'importance de l'amitié, avec un gentil Papa Noël en arrière-fond qui évite de mentionner l'exploitation des petits lutins dans ses ateliers (ça fait tâche, en effet...). Je ne vous éviterais pas cela... Pire ! On va plonger allégrement dedans ! Du kitsch, du coloré, du carton-pâte ! Je vous l'offre, c'est cadeau !

Le titre va déjà faire sourciller quelques lecteurs: « Le Père Noël contre les Martiens » (« Santa Claus Conquers the Martians »). Oui, oui... vous avez bien lu. Ils ont osé ! Le film existe...

Après avoir lu ce « Nanar Express », vous ne serez pas étonné de savoir que ce... truc machin-chose figure souvent comme l'un des pires films de Noël jamais tournés (si ce n'est le plus mauvais). Il a même droit à sa place dans le « top 100 du pire » sur le site IMDb.

Sorti en 1964, le public cinéphile doit cet ovni à Nicholas Webster, un cinéaste du petit écran qui récidivera dans le nanar SF avec « Mission Mars » en 1968.

 

santa claus affiche

  J'ai jamais vu autant de points d'exclamation sur une affiche. A croire que ce film est génial !!!

 

 

Le film commence au Pôle Nord, près de l'atelier du Père Noël. Entre deux blagues lourdingues, un reporter de « Kid TV » (sic) annonce qu'il va s'entretenir en direct avec le célèbre Père Noël. Par la même occasion, il n'oublie pas de préciser qu'il fait -90°C au Pôle Nord. Oui... hum... en effet, une touche de perplexité commence à picoter mon esprit. Si la température du « Pôle Nord » est de -90° (ce qui est faux. La température du pôle varie entre -43°C et 0°C), comment se fait-il que ce mec soit encore en vie !? Il devrait déjà ressembler à un Mister Freeze ! Mais non, il parle tranquillement devant une caméra, sans tremblotter, ni renifler du nez. Bon... on va faire comme si c'était normal. Après tout, ce n'est qu'un film familial. Regardez ce décor en carton-pâte recouvert de neige artificielle. N'est-il pas beau ? Ne transpire-t-il pas l'authenticité ? Bien sûr que si.

Suite à cela, notre guerrier du froid sort du blizzard pour pénétrer dans l'atelier où tout le monde s'affaire à la fabrication des jouets. Le Père Noël explique au reporter qu'il est débordé de travail. Ce qui est normal vu qu'il ne semble faire travailler que deux ou trois pauvres lutins dans son atelier. La production n'a sans doute pas trouver assez d'acteurs de petite taille qui soient motivés pour jouer dans des costumes mal faits. Va savoir...

 

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Toutefois, le Père Noël ignore une chose: il y a de la vie sur Mars. Et sur cette planète, les enfants se fascinent pour les émissions terriennes, notamment pour celles où le vieux monsieur barbu apparaît. Faute de budget convenable (ou par manque d'inspiration), les martiens se limitent à des acteurs habillés en lycra, avec les visages peinturlurés en vert et des masques de plongée sur la tête. On rajoute quelques tuyaux et des antennes... et hop ! ça nous fait un martien. Pour ce qui est du décor, le spectateur est propulsé dans du préfabriqué maladroit fait en studio, avec un look SF très « sixties ». En réalité, vous devez vous contenter à des murs peints en couleurs vives recouverts de boutons et de gadgets divers. Entre-temps, nous découvrons le « comique de service » du film: Dropo. C'est un comique de nanar, alors ne lui en demandez pas trop. Il ne peut faire que des blagues lourdingues et des mimiques exagérées. Je n'épiloguerais pas trop sur le personnage. J'essaye de l'oublier !

 

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  oui, oui... ce sont des martiens !

 

Le problème est que les enfants martiens sont obsédés par ce personnage. Pire ! Leurs parents s'inquiètent: ils ne se branchent plus à leurs machines, ils ne mangent plus leurs pillules nutritives. Les parents sont même obligés de les endormir chaque soir avec un spray somnifère. Bref, le Père Noël a initié une rebéllion prépubère sur la planète rouge. Le chef martien, Kimar, réuni alors les autorités de la communauté, notamment un vilain moustachu du nom de Voldar, pour arranger la situation. D'emblée de jeu, nous savons que Voldar sera l'antagoniste du film. Mais... ce mec manque quelque peu de subtilité. Le mot pour le décrire serait: « connard ». C'est un petit bourrin de service qui déteste le « bonheur »... rien que ça. Il ne vit que pour la guerre (parce que c'est plus constructif pour les mômes... sauf s'ils se font atomiser la face, là l'éducation se limite à du destructif) et il -je cite - « refuse que les enfants se mettent à rire et à courir ». Rajoutez à cela quelques propos racistes sur les non-martiens, beaucoup de présomption. Et ça vous fait un mec parfait... avec la moustache de Staline.  

 

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Voldar, un moustachu né pour être méchant

 

 

Revenons à l'histoire... les autorités décident de demander conseil au vieux sage de la planète, Chochem (il a 300 ans, donc ça en fait obligatoirement le plus sage). Il apparaît dans un nuage de fumée (magiiiie !), fait un long discours plein de sagesse (ou pas) dans de la fumée (ça fait plus... mystérieux) et disparaît dans un autre nuage de fumée (re-magiiiiie !). Son conseil: les enfants ont besoin de joie. Mars a besoin du Père Noël !  

Les Martiens pourraient en créer un, mais non... pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Ils décident de faire une expédition sur Terre pour enlever le VRAI Père Noël. Kimar et les autres membres du conseil embarquent dans une fusée en carton (mouais... il faudrait être cinglé pour voyager dans l'espace avec une chose pareille). Pour être sur que la mission part en sucette, Voldar et Dropo font partis de l'équipée. Et il y a encore un hic: ils ne savent pas où se trouve le Père Noël. Ça aurait été bien de le savoir avant de lancer l'expédition, hein ? Mais... non. Alors que les martiens arrivent dans l'orbite terrestre, ils repèrent avec leurs lunettes de vue des centaines de mecs déguisés en Père Noël dans les rues. Ne sachant pas trop lequel est le vrai, ils se mettent d'accord pour en prendre un au hasard (plouf, plouf... ça sera toi la victime de notre connerie). Le vaisseau atteri près de deux enfants, Billy et Betty, qui se prélassent sous un arbre (en plein hiver !). Betty n'arrêtent pas de jacasser, alors Billy lui demande de la fermer. Il voudrait faire sa sieste tranquille (et mourir tranquillement d'hypothermie). Son souhait sera de courte durée puisque les martiens (ou plutôt trois pauvres cinglés en Lycra avec des casques de plongée sur la tête) les rencontrent et les interrogent poliment sur la cachette du gros barbu vêtu de rouge. Billy déballe toutes les infos qu'il a en stock: il n'y a qu'un seul Père Noël et il vit au Pôle Nord. Les martiens devraient déjà connaître ces informations puisqu'ils captent les émissions terriennes de « Kid TV ». Mais là... il y a un déclic (ah oui, mais bien sur). Tous au Pôle Nord (où la température est de -90°C) ! Ils font prisonniers les enfants afin qu'ils évitent de prévenir les autres terriens de l'arrivée des martiens (mais oui... n'importe qui croiront deux gamins qui disent qu'ils ont vu des martiens !).

S'ensuit une série d'images d'archives (faute de budget) sur l'armée américaine recherchant le vaisseau spatial apparu récemment dans l'orbite terrestre. Anecdote intéressante: certains plans sont tirés du film de Stanley Kubrick, Docteur Folamour (Dr Strangelove, 1964).

Dans le vaisseau, les enfants sont mis sous la garde du mec le plus abruti et le plus irresponsable de l'équipage: Dropo. Il est donc normal que, lorsque la fusée arrive au Pôle Nord, Billy et Betty parviennent à s'évader. Ils décident de prévenir immédiatement le Père Noël de son futur enlèvement (Billy ? J'espère que tu lui expliqueras que c'est de ta faute si les martiens ont trouvés son emplacement). Mais, le chemin est semée d'embûches. Il faudra affronter un environnement hostile (n'oublions pas qu'il fait -90°C, n'est-ce pas ?) et une ribambelles d'ennemis improbables. A noter cet ours polaire qui essaye de déloger les enfants d'une grotte. La scène se résume à un acteur dans un costume fait à la va-vite qui tente une attaque sans grande motivation dans un décor en carton-pâte. S'ensuit l'apparition du terrible Torg, le robot tueur envoyé par les martiens pour retrouver les enfants et kidnapper le Père Noël. Bon... on me l'a fait pas... j'ai su de suite que Torg n'était qu'un tas de cartons peints en gris et bricolés pour lui donner un air robot-esque. Il parvient à attraper les enfants. Je me demande encore comment. A-t-il un pouvoir paralysant ? Torg est si lent que la seule façon pour qu'il attrape une cible soit que celle-ci reste immobile.

 

 

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    Le terrible Torg !  

 

 

Bref... je fais un acceleré sur l'histoire. Le Père Noël se fait finalement kidnappé (what the fuck !? Un robot en carton et des mecs déguisés me menacent avec des pistolets en plastiques !). Il y a une autre série d'images d'archives. Sur Terre, c'est la panique: le Père Noël a été enlevé par des martiens ! Après quelques tentatives de Voldar pour tuer le Père Noël et les enfants (parce que... euh... c'est un connard sadique), le bonhomme rouge est reçu comme un sauveur sur Mars. Il travaillera dans un atelier high-tech où une machine fabrique instantanément des jouets en appuyant sur un simple bouton. Pendant ce temps, Dropo rêve de devenir Père Noël. Le vrai Père Noël, lui, se sent las de sa condition. Où est le bon temps où il exploitait trois pauvres lutins ? Là, il est obligé d'appuyer sans cesse sur un bouton (Critique du taylorisme ?). Ce n'est plus la grande joie. Suite à cela, le gros méchant cherche à éliminer défintivement le Père Noël, mais le plan échoue: les affreux sont défaits par des gamins armés d'ours en peluche (mais... merde... vous avez des flingues !!! Utilisez-les !). Le Père Noël revient finalement sur Terre après s'être trouvé un successeur sur Mars: Dropo (noooooon !).  

Le générique défile avec une musique horrible en arrière-fond (en cadeau, vous avez même une séance de karaoké !) 

 

(Silence)

 

 

Hum... que dire ? Ce film a-t-il été fait par une personne normalement constituée ? Ce truc est-t-il une illusion ? Un délire ? Je ne sais pas. Une chose est sûre: « Le Père Noël contre les Martiens » mérite sa place dans le panthéon du nanar. C'est un Ovni qui se bonifiera avec le temps. Plus il vieillira mal, plus il sera... consternant.

Le film est tombé dans le domaine public, ce qui veut dire que vous pouvez le voir légalement et gratuitement en streaming sur Youtube. Bon visionnage et joyeux Noël !

 

La bande-annonce:

 

 

 

 

 

Lef Dur

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 19:59
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Titre original: The Funhouse. De Tobe Hooper - 1981
 
La fête foraine est en ville. La compose : des animaux difformes, une voyante scabreuse, un tir à la carabine truqué, et bien entendu l’indémodable train fantôme. Ce même train où la seule chose dont vous avez peur est que quelqu’un, caché dans la pénombre, ne vous arrache votre collier. Du moins jusqu’ici.
Cette attraction sera la pierre angulaire de ce film, presque en huis-clos, puisque c’est lorsqu’une bande de quatre jeunes amis se décident à (enfin) y rentrer que tout se lance. A y entrer, mais pas seulement, puisqu’ils décident d’y passer la nuit. La mauvaise idée du film.
   
 
      
La bande de quatre amis, parlons-en, mais faisons court puisque de toute façon ce sont les profils types des jeunes américains des 80’s: deux belles pépées, un petit intello sympathique et (apparemment) drôle et une montagne de muscle, probablement la star du lycée. Typique donc, pour ne pas dire cliché.
Si le film est aussi long à montrer les dents qu’une attraction l’est à se monter, c’est après une bonne demi-heure que le spectateur peut frénétiquement piocher dans son sachet de popcorn, les yeux écarquillés, à l’affut de l’indice qui nous indiquera qui va mourir en premier (puisque dans le quatuor de personnages qui composent le film aucun n’est afro-américain, la question se pose plus ou moins).
Car oui, il va y avoir des morts. On commençait à en douter, mais tout se goupille lors d’un rapport sexuel tarifé entre une voyante alcoolique et un bipède portant un masque de Frankenstein (car si il y en a qui gardent leurs chaussettes pendant un rapport, lui garde son masque). Rapport très court soit dit en passant, comme quoi l’éjaculation précoce peut frapper tout le monde.
Frustré, ce que l’on devine être un jeune adulte, commet là le premier meurtre du film. S’en suit LA scène de l’œuvre, le paternel humiliant sa progéniture lorsqu’il découvre le corps inerte de la voyante. La fête foraine se voit donc amputée de sa diseuse de bonne aventure et le festival peut commencer puisque les quatre jeunes, dont la discrétion n’est pas un atout, se font trahir par un briquet. Quand on vous dit que fumer tue... Le jeu du chat et de la souris débute, et le chat a vraiment une sale gueule.
Sur l’intrigue, je n’en dévoilerais pas plus.
 
Ainsi, Tobe Hooper, sept ans après sa masterpiece « Texas Massacre Chainsaw », nous refait le coup du masque et il l’a bien compris, c’est en famille que les choses les plus malsaines se passent. Tous ceux qui ont assisté à la répartition d’un héritage familial vous le diront.
Malheureusement, malgré les nombreuses similitudes scénaristiques et les quelques clins d’œil à d’autres classiques de l’horreur, The Funhouse n’arrive pas à effleurer l’aura de son grand frère. Pourtant le lieu était propice à plus. 80’s oblige, n’espérer pas voir des effusions de sang, d’ailleurs parfois n’espérer pas voir quoi que ce soit tant le film est sombre...
Une chose est sure, la prochaine fois ils iront au cinéma. Enfin, ceux qui ne sont pas morts.
 
Stan
 
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