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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 16:20

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Après la mort de sa meilleure amie, une jeune femme tombe en dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie : pour combler l'absence de la disparue, le jeune veuf commence à se travestir. C'est ainsi qu'une quête sur l'identité commence.

 

 

 

 

Si vous aimez les films de quête d'identité, vous allez sûrement aimer le dernier film de François Ozon. Se travestir en femme (attention, à ne pas confondre avec transsexualité) n'est pas une nouveauté au cinéma, mais on creuse rarement ce phénomène réel. Non, David n'est pas gay, il aime les femmes, il les aime tellement qu'il apprécie ressentir le toucher du rouge à lèvre, les bas le long de ses jambes, le vernis sur ses ongles, reproduire la démarche si légère d'une femme... La mort de sa femme Laura, ou plutôt son absence a produit un déclic en lui. Laura, on le comprend dès les cinq premières minutes du film, incarnait la féminité même, elle fascinait, elle rassurait son mari David et sa meilleure amie Claire. Et lorsque cette dernière découvre le secret du veuf, elle est surprise. Non, choquée. Bouleversée. Puis curieuse. Amusée, aussi. Parfois même enchantée. Mais tout de même, n'est-ce pas de la perversion ? Un homme qui s'habille en femme, ça n'a rien de normal. Elle creuse la question, ça remonte forcément à l'enfance. Mais non, David apprécie simplement l'univers des femmes, à sa manière. Et Romain Duris interprète avec une superbe aisance cette Virginia, entre grotesque et glamour, incarnant cette sensibilité dite femme dont on ne soupçonnait pas forcément chez lui. On n'y voit pas un homme « déguisé » en femme, pas plus qu'un acteur qui parodie la Femme. Non, c'est un nouveau personnage de sexe féminin qui apparaît.

 

 

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Y'a comme un malaise... Pourquoi Virginia n'est pas venue dîner ?

 

 

Une nouvelle amie est l'ode de la féminité, n'y voyez pas autre chose. Car si Laura et Claire étaient les meilleures amies, l'une baignait dans la lumière tandis que l'autre était un peu dans son ombre. Au contact de sa nouvelle amie Virginia, Claire redécouvre sa féminité, en se remaquillant, en portant une robe rouge décolleté, elle s'extériorise. Elle devient femme, peut-être pour la première fois de sa vie. Et qu'est-ce que c'est, être une femme ? « C'est faire tout ce qu'on m'a interdit de faire en tant qu'homme » répond Virginia. Un beau rêve... qui rencontre ses limites. Car si Ozon parvient à nous faire nager en pleine confusion du genre pendant une grande partie du film, une scène d'amour marque un brutal retour vers la réalité. Claire ne voyait plus que Virginia, mais David réapparaît soudainement sous ses perruques, son maquillage, ses bas, ses escarpins : c'est un homme. « L'habit ne fait pas le moine » : un proverbe qui collerait parfaitement au film.

 

Ozon raconte de façon sensible et très judicieuse la féminité, qui va bien au-delà de la tenue vestimentaire et du comportement. Sa mise en scène est parfaitement maîtrisée (notons d'ailleurs la séquence d'introduction impressionnante), en jouant sur plusieurs pistes : celle des contes où l'on se perd entre émerveillement et stupeur et les comédies d'Almodovar qui nous baignent dans les joies du travestissement et la sensualité de la féminité. Il s'amuse à redéfinir les normes, joue avec le fantasme, la complexité des relations entre les personnages, et la tentation des transgressions. Un film drôle, sensible, qui questionne et bouscule les à prioris, jusqu'à la dernière scène.

 

 

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« Maintenant je sais appliquer le rouge à lèvre à la perfection. Muy caliente. »

 

 

Clémentine Samara


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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 16:29

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Mercredi 5 novembre. Dans une froide journée d'automne, je ressens l'appel du cinéma: Interstellar vient de sortir. On m'en a tant parlé. Tout ce réalisme scientifique vanté par la production, basé sur les théories de la relativité d'Einstein, sur les travaux de Kip Thorne et tout le tralalala. Puis je regarde de plus près la compo de l'équipe du film: réalisation de Christopher Nolan, ce qui me soulage ( Batman begins, The Dark knight) et m'inquiète (Dark knight rises, Inception). Une personne, que j'appellerai Mr. X pour les besoins de l'article, s'impatiente déjà dans la file d'attente, tournant en rond sur lui-même « OUOULOULOULOULOU ! TROP BIEN TROP BIEN TROP BIEN ! ». Et après être sorti de la salle ? Tout le monde était aux anges. Les quelques sceptiques, moi inclus, étions tombés dans le mutisme le plus total. Nous avions l'impression d'avoir assisté à un événement grandiose et émouvant, digne d'un 2001. Et pourtant, c'est après la réunion d'après-film que je commençait vraiment à m'interroger: un grand film ? Vraiment ?


Situation initiale: Dans un futur proche, la Terre vit une catastrophe écologique. Petit à petit, les espèces végétales à la base de l'alimentation humaine disparaissent une par une tandis que l'humanité se résigne prudemment à se vouer entièrement à l'agriculture pour sauvegarder l'espèce humaine en lieu et place de secteurs comme l'armée, l'aérospatiale, la médecine... Pourtant Joseph Cooper, ancien pilote et ingénieur devenu fermier (comme tout le monde) a toujours les yeux rivés vers le ciel et se voit offrir par...euh... Alfred la chance de pouvoir donner un avenir à ses deux enfants.

 

Les plus: Le cadre est impeccable, l'impression que l'on a de ces premières minutes est celle d'un monde vivant une catastrophe sans pouvoir faire quoi que ce soit pour l'arrêter et la poussière omniprésente renforce ce sentiment. Le rapport affectif entre le père et sa fille est très bien exploité et de manière générale, les scènes se passant sur Terre tout au long du film sont les plus réussies pour cette raison. Pendant que Cooper se ballade tranquillou à côté d'un trou noir, la situation empire de plus en plus et l'on se met à s'inquiéter de plus en plus sur l'avenir de ceux restés en bas, exactement ce que voulait le réal' et ce que laisse transparaître le jeu de Matthew McConaughey...beau boulot. C'est là que l'on comprend pourquoi notre petit Nolan s'applique tellement à ces scènes: attacher une dimension plus humaine ( l'excellent Gravity sorti l'année dernière y attachait déjà une grande importance ) à une œuvre qui roule sur le registre épique, ce qui fait que le thème d'Interstellar est en premier lieu l'importance des liens familiaux et en second lieu, l'exploration spatiale. Un effort pour un réalisateur qui a l'habitude d'occulter les problèmes du personnage principal pour ceux du MOOONNDEE entier. 

 

Les moins: Pour une œuvre dont on nous avait dit qu'elle tendait plus vers la science que vers la science-fiction, et bah... on nous explique pas grand-chose: pourquoi la poussière ? Pourquoi l'oxygène de la Terre vient-il a manquer ? Pourquoi les végétaux crèvent les uns après les autres ? Alfred nous explique vaguement les faits sans en venir aux causes, un peu comme un Stéphane Bern fait avec ses Secrets d'Histoire: on a vraiment l'impression qu'Alfred, censé être un putain de scientifique aussi intellectuellement bâti qu'Archimède, se contente de répéter ce que tout le monde sait déjà. « Rien dans notre système solaire ne peut nous aider. » FAUX ! ça s'appelle des ressources. Tu sais... des matières premières qui pourraient sauver ta planète, mais bon... je comprends. Pas assez de challenge si la solution n'est pas de l'autre côté d'un trou de ver.

 

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Alfred : « On est baisés, Coop'. Je sais pas comment ça se fait. D'un autre côté, j'ai pas recherché d'autre solution... mais n'empêche, on est quand même baisés. »

 

 

Une petite virée dans l'espace: Notre petite expédition, composée de Cooper (le papa le plus classe du monde), du docteur Brand (la fille d'Alfred), de Romily (le black qui va mourir) et d'un second couteau qui va mourir aussi parce que c'est un second couteau, part donc de la Terre à la rencontre de notre trou de ver. Ils ont sur leur liste des courses trois planètes très différentes l'une de l'autre (et toutes magnifiques au passage) et qui tournent autour d'un trou noir, oui vous avez bien entendu... un putain de trou noir !

 

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Une étoile morte et froide qui bouffe d'autres étoiles ?

 Le premier endroit que je visiterai pour trouver une planète !

 J'imagine les derniers mots de l'étoile « Christopher Nolan m'a menti ! »

 

 

Les plus de la petite virée dans l'espace: Il y a pas à dire. Effets visuels, B.O de Hans Zimmer qui a repris du poil de la bête ( il a enfin abandonné ses BOUAHH sonores), diversité des mondes explorés... bref c'est comme un Star Trek sans le côté chiant, comme un Star Wars sans l'image de son préquelle et comme un 2001 sans l'interminable attente que l'on doit avoir avant d'être émerveillé ( les trois quart du film au bas mot ). Les fans d'exploration spatiale en ont pour leur argent et ceux à la recherche de sentiments aussi: la scène du retour de la planète-océan est particulièrement poignante. On a vraiment mal pour notre pauvre Cooper qui s'en prend plein la gueule par sa fille, alors 23 ans plus âgée qu'à son départ, au travers d'un de ses messages. Le sentiment de désespoir et d'impuissance est bien là, le spectateur le ressent en même temps que Cooper et c'est le plus important. On retrouve ces sensations et ces enjeux au travers du personnage de Matt Damon interprété par Matt Damon dans le rôle d'un scientifique envoyé en expédition par le congrès des mauvais acteurs (je suppose qu'on avait envoyé Ben Affleck et Clovis Cornillac sur les deux autres planètes) pour jauger la viabilité de ce monde. A lui seul, cet idiot est à deux doigts de ruiner les seules chances de survie de l'expédition et par extension, de l'humanité. C'est à ce moment que le cœur du spectateur bat de plus en plus fort devant l'enjeu titanesque qui pèse sur les épaules du père de famille le plus classe du monde. J'ai même pu voir des mains s'agripper aux fauteuils.

 

 

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Matt Damon !

 

 

Les moins de la petite virée dans l'espace: C'est au dernier stade du film que l'on rencontre le plus de maladresses et que la fragilité du scénario est mise à nue. Tout commence lorsque Cooper à court de carburant se résout à foncer la tête la première vers le trou noir (ce qui au passage, aurait eu pour effet de ratatiner et de déchiqueter l'enveloppe corporelle du père de famille le plus classe du monde). Alors qu'il aurait pu conclure de façon plus linéaire, plus dramatique mais moins tirée par les cheveux (l'humanité aurait tout simplement pu périr), Nolan décide de nous faire un happy-end, quitte à passer de la science à la métaphysique, abandonnant au passage un des principaux arguments de vente du film. Il sort le très classique Le pouvoir de l'amouuurrr ! pour trouver une conclusion à une histoire qui aurait pu être encore plus épique si il n'avait pas emprunter cette solution de facilité. C'est selon la théorie de l'amour (je suis sûr qu'Einstein serait très fier de Nolan) qu'il parvient à communiquer en morse avec sa fille via des dimensions superposées (tout le monde ferait bien évidemment la différence entre une montre cassée et papa qui communique avec vous dans un univers à cinq dimensions, suis-je bête !).

 

 

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Cooper après son passage dans un trou noir

 

 

Jugement: Outre ses incohérences scientifiques dont un spectateur lambda peut aisément faire abstraction, ses quelques maladresses scénaristiques et un soupçon de niaiserie dans le message de fin (en gros, l'amour est la seule chose à transcender l'espace et le temps), Interstellar reste un film évènement à ne pas manquer pour une raison: on a envie d'y retourner après être sorti. Le spectacle visuel à lui seul en offre la raison d'y aller et tout le reste est une raison de se payer un second tour de manège. Certes, bien que n'offrant finalement pas de réponse logique aux problèmes initiaux, le travail fouillé du rapport humain entre Cooper et sa fille ainsi que la solitude de l'espace nous fait vite oublié le reste. Est-ce un chef d'œuvre ? Je pense qu'il faudra attendre quelques années pour le savoir. Il faudra le revoir dans dix ans sous un regard neuf pour pouvoir faire la différence entre une œuvre visionnaire nous posant la grande question de l'exploration spatiale et une œuvre fausse et naïve. 3,5/5

 

 

Avis de l'étoile Arcturus sur Interstellar:

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Nan mais c'est quoi ces conneries ? Des planètes autour d'un trou noir ? Autant foutre un pédophile dans un jardin d'enfants ! Vous savez j'ai combien de potes qui sont partis à la cueillette aux champis à côté de ces monstres et qui ne sont jamais revenus ? Vous croyez que c'est pas assez difficile comme ça une vie d'étoile ? Déjà que j'ai du vendre mon cul à Bioware pour apparaître dans Mass effect...

 

 

 

Badelaar

 


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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 08:55

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Interstellar, le chef-d'œuvre de l'année 2014 ? Je ne me suis pas remise de la claque de Gravity l'an dernier que l'envie de découvrir ce film me démange déjà. Retour dans les salles de cinéma après une pause de quelques mois, et c'est parti ! Et la question qui se pose toujours quand tu vas au cinéma : ce film valait-il vraiment ma place à 12€ (et oui les temps sont durs pour tout le monde) ?


Faisons péter le synopsis :

 Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire. 


 

 

 

Ce brave Cyrano de Bergerac nous répondrait à ceci près : Ah non ! C'est un peu court, jeune homme ! On pourrait dire, en somme, bien des choses ! (certes Cyrano n'a rien à voir là-dedans, j'avais seulement envie de balancer une citation. Passons.)

 Allociné n'est déjà pas très expansif sur le scénario. Scénario pondu par Christopher Nolan. Qui avait déjà écrit, entre autres, Inception. Voilà, déjà vous comprenez le hic de la chose ; on sait bien que ce brave Nolan aime craquer son slip. Il ne se contente pas d'aller d'un point A à un point B.


Pour vous poser le contexte plus précisément : nous sommes dans un futur proche, dans un cadre apocalyptique où la Terre devient progressivement stérile. Les ressources naturelles s'épuisent et l'humanité connaît une grave crise alimentaire. Cooper, un ancien pilote d'essai et ingénieur, est devenu agriculteur et vit dans sa ferme avec sa famille. Sa fille Murphy, dix ans, croit que leur maison est hantée par un fantôme qui tente de communiquer avec elle. Elle découvre avec l'aide de son père que le « fantôme » est une forme inconnue d'intelligence qui leur envoie des messages codés au moyen d'ondes gravitationnelles qui altèrent la poussière sur le sol, et les orientent vers une installation secrète de la NASA. Cooper se rend sur place et se retrouve recruté pour piloter l’Endurance, un vaisseau spatial expérimental, dont la mission sera de retrouver les explorateurs de la mission "Lazare", une série de capsules habitées pour étudier une douzaine de planètes potentiellement colonisables.


Ah, déjà ça devient plus intéressant.

 Certes, c'est une idée qu'on a déjà vu une centaine de fois au cinéma : l'humanité au bord de son extinction et un super-héros qui va porter toute une mission de sauvetage sur ses épaules. Allant même jusqu'au sacrifice. Premier cliché de la liste.

 Deuxième cliché : le héros n'est pas seul, il a une vie de famille. Sa femme est morte de maladie, le voilà donc veuf avec deux enfants dont une fille de dix ans très intelligente, qui va utiliser tout son potentiel pour déchiffrer les messages de son « fantôme », et même sauver la planète. Cooper et Murphy se portent mutuellement un amour père-fille inconditionnel, qui aura une importance capitale dans l'histoire.

 Troisième cliché : il se trouve qu'un élément perturbateur (ou disons le principal de l'histoire – n'oublions pas que nous sommes dans un scénario de Christopher Nolan) met en péril la mission de sauvetage d'origine pour sauver la planète. Le héros va donc tout mettre en œuvre pour maintenir le cap et sauver l'humanité (ça va, vous suivez?)

 Quatrième cliché... Non, merci, ça ira pour cette fois ! Donc trois gros clichés pour Interstellar, et c'est déjà pas mal. Est-ce que cela veut dire pour autant que le scénario est mauvais ?


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« Ne pleure pas, Murphy. Je dois partir... Sauver la Terre, toussa... C'est ma destinée. »

 

Non, ne soyons pas si sévère. L'histoire est très riche dans son contenu, il faut suivre du début à la fin pour comprendre le dénouement. On suit les péripéties du héros, et la vie sur Terre durant ce laps de temps. Et Nolan va même plus loin en mettant en scène la relativité du temps d'Einstein : le temps s'écoule plus lentement pour Cooper que pour Murphy sur Terre, d'où l'urgence de la mission (qui, pour lui, ne durera que quelques heures). On ressent donc une certaine empathie pour notre pilote, et on espère de tout cœur qu'il réussira à revenir à temps pour sa fille. C'est là tout le fil rouge du film qui nous anime jusqu'à la fin.

 

Un autre point fort du film, et pas des moindres : Interstellar se veut pratiquement héritier de 2001 : Odyssée de l'Espace. Sans avoir forcément vu cette œuvre, outre le fait que le scénario se déroule principalement dans l'espace, on ne peut passer à côté de la BO (très prometteuse, réalisée par Hans Zimmer) du film, très similaire à celle de ce bon vieux Kubrik Ainsi parlait Zarathoustra. La rupture musique / silence est même flagrante, sans oublier certains plans de la fin, que je ne dévoilerai pas davantage pour tous ceux qui n'ont pas encore vu le film.

 

Troisième point fort : visuellement, on se prend une claque. On ne le dira jamais assez, les effets spéciaux font des merveilles de nos jours. Vous ne serez pas déçu, Interstellar est fait pour vous si vous voulez en avoir plein les yeux et les oreilles.

 

 

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Non, ceci n'est pas le nouveau modèle de maillot de bain pour l'été prochain.

 

 

Alors, chef d’œuvre ? Que répondre à cela ? Certains répondront "oui" sans hésitation, je me permettrais de vous dire: "non". Un chef d’œuvre me prend aux tripes, il me bouscule, il me questionne, il m'éblouit tant au niveau du jeu d'acteur qu'au niveau scénaristique, il me donne envie de l'analyser et d'en débattre pendant des heures. Interstellar ne m'a pas fait cet effet.

 

Certes, Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine ou encore Jessica Chastain ont déjà fait leurs preuves, et porter ce film ambitieux ne leur pose pas de difficultés... Mais ils ont déjà fait mieux.

 L'histoire, bien qu'intéressante malgré ses poncifs, part totalement en live sur la fin. Nolan a sûrement pété un câble en arrivant à la conclusion puisque, comme je vous le disais plus haut, il n'aime pas aller bêtement d'un point A à un point B. Il faut corser l'affaire. Sauf qu'il en fait trop : la fin n'est plus assez crédible pour qu'on se laisse transporter, des incohérences embrouillent l'histoire.

 Et pour finir, le rythme du film reste inégal. Il faut admettre qu'il y a de très bons moments, forts ponctuels. Entre temps hélas on se noie dans des longueurs interminables. A force de tirer sur le suspense, on s'ennuie assez vite et c'est bien dommage.

 Interstellar n'est pas un mauvais film, mais pas un chef d’œuvre non plus. Disons un bon film à grand spectacle qui nous aura fait passer le temps pendant 2h30.

 

Clémentine Samara

 

 

 

 

 

 


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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 17:40

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Voguant sur le succès du film The conjuring : les dossiers Warren, Annabelle a fait couler beaucoup d’encre dans la presse.

 Ce film a révélé un phénomène de société lié au public adolescent, à savoir le besoin de se faire gentiment peur à plusieurs, à la fois comme un prétexte pour parader entre amis, sans se prendre la tête sur un film pas trop complexe. En cela, Annabelle joue parfaitement son rôle. Les salles obscures ont ici un excellent produit pour un jeune public souhaitant se défouler.

 Qu’en est-il cependant de la qualité de ce film ? Avant toute chose, un petit résumé de l’histoire.

 Allociné : « Une nuit, les membres d'une secte satanique s'introduisent dans leur maison et agressent sauvagement le couple, paniqué. Et ils ne se contentent pas de faire couler le sang et de semer la terreur – ils donnent vie à une créature monstrueuse, pire encore que leurs sinistres méfaits, permettant aux âmes damnées de revenir sur Terre : Annabelle… »

 

 

 

 

Grosso modo, une poupée possédée va faire une grosse peur à un petit couple mignonnet, dont la femme est enceinte. Tout est réuni pour faire un film d’horreur réussi... jusque-là.

 Tout d’abord, commençons par ce qui est bien fait dans ce film. Comme il n’y a pas grand-chose, ce sera rapide.

Nous avons tout d’abord d’excellents décors, nous remettant admirablement dans le contexte des années 1970. Les vêtements, objets (exemple landau), meubles ou décorations d’intérieur sont très soignés. Il en va de même pour les plans avec un joli travail de cadrage mais aussi de lumière. On y voit les grandes ficelles propres au film d’horreur, ce qui nous met dans l’ambiance voulue.

Mais malheureusement, il n’y a rien de plus d’intéressant.

Le scénario ne tient pas la route, les acteurs sont franchement mauvais, et les scènes qui doivent faire peur sont assez ridicules.

 

Premier mauvais choix : la poupée.

 

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Comment croire qu’une telle poupée ait pu plaire un jour pour qu’on l’achète ? Encore plus fort, c’est une poupée qui se veut chère et rare. Le héros, gentil mari attentionné, en fait cadeau à sa femme enceinte, collectionneuse de poupée. Pourtant, un peu plus tard, la belle poupée sera jetée à la poubelle sans façon. Assez étonnant, sachant que l’intrigue autour d’elle n’a même pas encore commencé. Pourquoi ne pas la vendre si elle coûte chère ? Miracle, celle-ci sera retrouvée par la suite dans un carton sans que l’on se pose plus de questions que ça.

Entre l’aspect de la poupée et son introduction dans le film, on a bien compris qu’elle sera méchante. La combine pour focaliser notre peur autour de la poupée Annabelle est vraiment grossière, ce qui la rend vraiment peu crédible dans son rôle.

D’ailleurs, je ne sais pas pour vous mais cette pauvre poupée m’a fait penser à ce bon vieux Chucky.

 

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"Je suis démoniaque ! I'll kill you "

 

 

Second mauvais choix : la gestion de la temporalité:

 Le gros avantage, c’est qu’au moins, on se passe d’un préambule infini et de longues contextualisations souvent chiantes des débuts de film d’horreur. Ici, le gentil couple se fait agresser par le couple sataniste presque au tout début du film. L’histoire est vite lancée.

Mais ensuite, que de lenteurs, de passages inutiles. On voit 100 fois l’héroïne faire de la couture en plan rapproché sur sa machine et ses ongles impeccablement manucurés, mais on ne sait absolument pas ce qu’elle coud avec autant de régularité ?! Limite, elle en est presque couturière. Quel beau, quel magnifique cliché de la femme au foyer.

On alterne l’action à l’inaction la plus totale avec un suspens des plus limités. Les seules scènes intéressantes semblent avoir été tournées uniquement pour faire une bande annonce attractive, car le reste est carrément du remplissage.

Le pire est encore cette fin qui arrive n’importe comment. Tout s’enchaine très vite. C’est bâclé, vite bouclé pour un public qui on le sent s’impatiente un peu.

 

Dernier mauvais, très mauvais choix : le scénario.

Ayant eu du mal avec le scénario, et curieuse de cette poupée qui existe réellement, je me suis documentée. Et surprise, d’une part la poupée n’est vraiment pas la même.

D’autre part, l’histoire n’a rien à voir avec les faits relatés par les Warren.

Du coup, j’ai mieux compris pourquoi rien n’avait de sens. La poupée réelle est tellement innocente, mignonne, qu’elle fait bien plus peur qu’une poupée moche pour être moche.

Dans Annabelle, rien de crédible. Côté entité démoniaque, on mélange un peu tout : un peu de la sataniste tueuse du début, un peu d’elle revenante monde enfant, puis mode adulte folle, un peu de la poupée et puis bah tant qu’on y est, un peu du diable. annabelle 2Ce dernier est à mourir de rire, tout en noir avec une belle fourche à la queue. Parfois, il est seul, parfois il tient la poupée. Si on associe à l’écran, la poupée + le diable, recette terreur assurée non ?

 

 

 

 

Vraie poupée Annabelle dans sa vitrine

 

 

 

Pour conclure, ce film est uniquement une production, j’insiste sur ce mot, un pur produit confectionné pour un public adolescent ayant un faible esprit critique. C’est vraiment dommage car les ingrédients de base étaient là. Pour ceux comme moi, qui ont appréciés The conjuring, faites-vous l’économie d’une place de cinéma et passez votre chemin devant Annabelle.

 

Aurélie R.

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 10:52

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Pour notre traditionnel « spécial Halloween », le Kamikaze a revêtu sa tenue de serial-critic et a appelé ses lecteurs pour leur demander d'une voix rauque et mystérieuse : « Quel est votre film d'horreur préféré ? »... et à ma grande surprise, beaucoup de personnes ont dit : Ça, ou « Il » est revenu. Vous vous souvenez de ce téléfilm des années 1990 ? Celui qui a rendu les clowns si impopulaires aux yeux de enfants. Et pour cause...

 

 En 1986, Stephen King, auteur de best-sellers horrifiques tels que Carrie, Shining, Dead Zone ou encore Salem, écrit une de ses œuvres les plus marquantes de sa carrière, « It », narrant le combat de sept enfants contre une entité maléfique connue sous le nom de « Ça » qui prend la forme des peurs les plus profondes mais se présentant principalement sous la forme d'un clown. L'œuvre est captivante de par ses thèmes abordés (l'enfance, l'amitié, la nostalgie) et je ne saurais que la conseiller aux plus lecteurs d'entre vous. A la vue du succès du roman, il ne fallu pas attendre longtemps pour qu'une maison de production exploite le filon. Et c'est ainsi qu'en 1990 sorti sur nos écrans de TV un p'tit film qui traumatisa toute une génération de mômes (et qui aura gâché à jamais l'image des clowns dans le monde).

Je n'ai lu le bouquin qu'à l'âge adulte, en gardant en souvenir le téléfilm qui a terrifié mon enfance. Mais, avec le temps je ne gardais que des vagues souvenirs de l'adaptation TV, me rappelant de quelques scènes marquantes, notamment celle où un gamin en ciré jaune se fait happé par le fameux clown dans une bouche d'égout. J'ai donc (re)visionné tout cela... et pour tout vous dire... quelle déception ! Outre le fait que «Ça » est une des pires adaptations que j'ai pu voir, je n'arrive toujours pas à comprendre comment ce « truc » a réussi à autant marqué les esprits.

On va mettre de côté les effets spéciaux ratés et obsolètes (qui sont une honte... même pour l'époque). L'histoire est incohérente et la mise en scène de Tommy Lee Wallace est paresseuse au possible.

Si le téléfilm a reçu jadis une aussi bonne notoriété, c'était grâce à la crédulité de notre enfance. Il faut bien l'avouer : il a su bien exploiter nos peurs infantiles. Mais bon... effrayer des gamins, c'est fastoche. Je veux bien faire mon nostalgique, mais là... il y a des limites.

 

 

L'histoire débute dans la petite ville de Derry, dans le Maine. Si vous connaissez Stephen King, vous savez que la majorité de ses histoires d'horreur se situe dans le Maine. A croire qu'il n'y pas un jour où on ne croise pas un vampire, un clown psychopathe ou des esprits vengeurs dans les contrées de cet état. Ah oui... et je ne sais pas ce qui se passe là-bas, mais tous les habitants sont soit des cons, soit des rednecks alcooliques ou soit des intégristes religieux... sauf les personnages principaux qui, eux, sont les seules personnes socialement acceptables. Donc si vous voyagez aux Etats-Unis, évitez ce coin. Il craint !

Nous sommes en 1990, un Ronald McDonald maléfique (Tim Curry) s'amuse à enlever des enfants. Les autorités n'arrivent pas à trouver le responsable. Mais Mikey Hanlon (Tim Reid/Marlon Taylor) fait le lien avec « Ça », un monstre dont il a fait la malheureuse rencontre durant son enfance. Il décide alors d'appeler ses amis d'enfance pour les prévenir du retour de « Ça ». A partir de ce moment précis, on rentre dans un schéma narratif systématique: appel/fondu enchaîné à la « Scooby-Doo »/flash-back. Une ou deux fois, ça passe. Quatre fois, c'est vraiment lourd. A croire que le réalisateur n'a pas voulu trop s'emmerder...

Premier appel : Mikey appelle Bill Denbrough (Richard Thomas/Jonathan Brandis). « Salut, c'est Mikey. Il est revenu ! ». Zoom sur le visage terrifié de Bill/fondu enchaîné/flash-back.

Nous voyons le jeune Bill qui, malade, envoie paître son petit frère, Georgie. Le petit décide donc d'enfiler son ciré et de faire naviguer son navire en papier tout seul. Le p'tit gars fait tomber son bateau dans une bouche d'égout, mais ouf... un clown apparaît pour lui dire de venir faire la fête dans les égouts, et aussi qu'il y a des ballons et que tout flotte en bas. Le petit n'est pas choqué qu'un clown zarbi avec des yeux de psychopathes squatte une bouche d'égout, nan pour lui c'est une chose monnaie courante. Il se passe évidemment ce qui se passe quand on tend la main à ce genre de mec bizarre, il vous tue. Bill fera la connaissance du clown un peu plus tard quand il regardera un album photo. Rien de trop surprenant sauf que des photos lui font des clins d'œils et que le livre se met à pisser le sang. Ce qui n'est pas une chose commune, vous le conviendrez.

Deuxième appel : Mikey appelle Ben Hanscom (John Ritter / Brandon Crane). « Salut, c'est Mikey... ». Zoom/fondu enchaîné/flash-back.

Ben était le petit gros de la classe, et vous savez ce qui arrive dans un film américain lorsqu'on a une tête de souffre-douleur, on devient officiellement la proie de la brute de la classe. Alors qu'il tente de fuir la bande de Henry Bowers, il fait la rencontre du clown près d'un marais. Le clown ne fait pas grand chose, mis à part lui faire coucou, lui dire que des choses flottent en bas et de se moquer de lui. A croire qu'il ne veut pas trop bosser aujourd'hui... ou il fait attention de ne pas tuer un personnage principal par mégarde.

Troisième appel ! Vous devinez ce qui va se passé ? Non ? Mikey appelle Beverly Marsh (Annette O'Toole / Emily Perkins). « Salut, c'est Mikey... ». Zoom/fondu enchaîné/flash-back.

La petite Bev' n'a pas de chance. Son père est un alcoolique et il la bat quotidiennement. Un soir dans la salle de bain, le clown s'amuse à l'appeler à travers le conduit du lavabo, puis il fait péter un ballon rempli de sang dans celui-ci, éclaboussant au passage la pauvre Bev'.

Après cette autre blague pourrie du monstre (rien de bien effrayant ou de dangereux), Mikey lance un quatrième appel. Je vous fais pas un dessin. Ce sont les mêmes procédés narratifs que les précédents appels, on va pas s'amuser à chercher d'autres moyens pour amener les flash-backs.

Nous arrivons sur l'asthmatique du groupe, protégé par une mère possessive, Eddie Kaspbrak (Dennis Christopher / Adam Faraizl). Lui, il croise le clown dans les douches de son école. Ce dernier s'éclate dans un premier temps à l'arroser avec des douches rétractables (comment il compte l'effrayer avec ça !?), puis il apparaît par une bouche d'évacuation. Là, il ne fait que se foutre de sa tronche et de lui dire que tout le monde flotte en bas. Il ne le poursuit pas, non il ne fait que rester là. Fin du flash-back, on ne sait pas trop ce qui se passe après, le scénariste n'y voit pas trop l'intérêt.

 

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Clown: "ahah, t'es gros, t'es con et t'es moche... ahah... ah oui... et je vais te tuer... si j'ai le temps"

 

Cinquième appel : c'est au tour du comique de service d'avoir son moment flash-back avec fondu enchaîné « Scooby-Doo ». Le comique, c'est Richie Tozier (Harry Anderson / Seth Green). Lui, il se fait agressé par Teen Wolf dans les sous-sols de l'école. Enfin, je dis « agressé », non il se fait chahuté par le clown, qui lui parle des choses qui flottent en bas comme à son habitude. C'est le genre de monstre qui laisse tout le temps des préavis à ses victimes, voyez-vous. Lui, il préfère les blagues aux meurtres. Il devient si prévisible que les scènes ne suscitent plus aucun sentiment de menace au bout d'un quart d'heure de film.

A présent le scénariste cherche un moyen de faire intervenir le flash-back de Mikey Hanlon. Il ne peut pas se téléphoner lui-même. Vous en conviendrez que c'est ridicule. Zut... il va falloir se creuser la tête pour trouver un autre stratagème. On va dire qu'il dort et qu'il rêve, ça c'est de l'idée bancale. Parce que Mikey est capable de rêver de son enfance au détail près, sans intervention onirique étrange, comme l'apparition d'une licorne ou d'un nain unijambiste au beau milieu d'une conversation. On va donc se fier au rêve de Hanlon, comme une source d'information fiable.

Nous découvrons alors l'enfance de Mikey. Immédiatement, il se fait attaquer par les seuls voyous du coin, le gang de Henry Bowers. Voyez-vous, il semblerait que la criminalité de Derry se résume à deux-trois canailles, un peu comme le pays des jouets dans « Oui-Oui » avec les vilains lutins de la forêt. Il est secouru par le « club des ratés » qui met en déroute la bande des brutes. Hanlon leur montre ensuite un album qui témoignent de la présence du clown dans la ville de Derry depuis sa fondation, s'ensuit une apparition de la dite créature à travers un des clichés de l'album. Là, il déblatère les mêmes menaces de mort, sans faire grand chose.

 

 

 

 

Au passage, nous faisons la présentation d'un des gamins de la bande, le scout Stan Uris (Richard Masur / Ben Heller).

Les sept mômes partent donc à la recherche du clown, dans le but de l'éliminer. Mais comment vont-ils faire pour le retrouver ? Ils n'ont pas trop d'informations sur l'emplacement exacte de son repaire, mais vu que le clown semble adorer les canalisations, ils proposent alors les égouts. Ça pourrait être très bien le sous-sol de l'école, Richie l'a rencontré à cet endroit. Mais non... Autre question : comment tuer cette créature surnaturelle ? Pareil, ils ne savent pas vraiment. Après une petite concertation de deux secondes, ils décident de lui balancer dans la face des boucles d'oreilles en argent, sous le prétexte que si ça arrête les loups-garous, alors pourquoi pas les clowns kidnappeurs d'enfants. A ce stade, le spectateur a droit de se dire que l'opération est suicidaire. Mais n'oubliez pas que le monstre ne menace pas réellement les personnages principaux, ils auront donc certainement une chance. Ils se dirigent par conséquent vers ce qui semble être sa cachette. On se sait jamais. Sur un coup du hasard... mais ils ne savent pas que les seuls délinquants de Derry, la bande du méchant Bowers, les ont suivi pour leur foutre une raclée.

Le hasard veut que le clown vit réellement dans les égouts. Il tue les deux copains de Bowers (parce que ce sont des personnages secondaires), mais laisse ce dernier en vie (on n'en saura jamais la raison). Puis arrive le moment de la confrontation. Vous pensez qu'une créature aussi diabolique serait impossible à vaincre ? Détrompez-vous ! Les enfants parviennent à la vaincre, non avec des armes à feu, ni des incantations en latin. C'est plus simple que ça : il suffit d'invoquer le pouvoir de l'imagination.

 

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Ils font un cercle de l'amitié, et le monstre se montre d'emblée impuissant face à ça. Tant qu'ils se tiennent la main et demeurent courageux, aucun mal ne peut les atteindre. Rien n'est vraiment expliqué sur le pourquoi du comment, mais ça fonctionne. Puis Eddie l'aveugle avec sa ventoline (sérieux!?), ils l'achèvent enfin en lui balançant les boucles en argent dans la face. Blessé, le clown se replie dans son antre. Bref, nous pouvons avoir une information supplémentaire sur le monstre : il est d'une crédibilité proche du zéro.

Fort de ce succès, les enfants se promettent de finir le boulot si la créature revenait attaquer la ville.

 

Le spectateur retourne ensuite en 1990, où Mikey Hanlon apprend le retour de Ça à Stan Uris. Ce dernier n'est pas prêt à affronter une créature aussi naze, il fait le choix judicieux de mettre fin à sa vie.

Le reste du film se concentre sur le retour de la «bande des ratés », devenue adulte, à Derry. Le réalisateur tente bien quelques scènes pour susciter de l'épouvante, mais ça se limite à des flopées de ballons. A moins que vous ne ressentez de la phobie pour les ballons, cela vous laissera rapidement de marbre. A croire que Ça a encore besoin de cours dans le domaine.

Il devient encore moins crédible lors d'une scène de flash-back, relatant la première rencontre de Stan avec le monstre. Alors que le jeune scout rentre dans une maison abandonnée, une momie tente de lui mettre la main dessus. Il parvient à la faire disparaître en brandissant son livre d'ornithologie et en récitant des noms d'oiseaux. Voilà... il suffit de dire « galinette cendrée » pour foutre la pétoche à Ça. C'est pas plus compliqué. Et il est tellement incompétent qu'il est obligé de demander au vieux Henry Bowers pour tuer les protagonistes. Ce qui sera un échec.

 

La fin s'achève avec une confrontation traditionelle où nous découvrons le véritable visage du clown : c'est une araignée géante ! Oui, une vulgaire araignée ! Autant le roman s'applique à chercher une nature mystique à cette créature polymorphe, ici on nous offre une bestiole toute simple. Mais comment une arachnide peut avoir un pouvoir aussi conséquent ? On n'en saura pas plus, car le groupe la tue. FIN...

 

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Ça, la terrible araignée au strabisme convergent !

 

Le téléfilm ne rend absolument pas justice à l'œuvre de Stephen King. Réussir l'adaptation d'un bouquin aussi complexe n'est certes pas un travail facile à accomplir, mais de là a foirer à ce point...

La production n'a pas cherché à adapter le roman, mais plutôt le résumé se trouvant au dos du livre. La mise en scène parvient difficilement à créer des moments d'angoisse, sans doute à cause d'un monstre plus risible que menaçant. Et l'interprétation des personnages va du bon (les enfants, et surtout Tim Curry dans le rôle de « Ça » qui parvient à faire ce qu'il peut avec un scénario aussi bancal) au très mauvais (les acteurs adultes). Je n'ai pas retrouvé l'effroi que je ressentais jadis pour ce téléfilm, et c'est fort dommage. Vous voulez une bonne histoire pour Halloween, lisez plutôt le roman !

 

J'ai entendu dire qu'un remake était en préparation. Espérons qu'il surpassera son prédécesseur, et ça ne sera pas une chose difficile à faire.

 

 

Lef Dur

 


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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 17:12

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Lou me tentait depuis un petit bout de temps. La bande annonce m’avait laissé une impression de fraîcheur, d’un couple mère/fille atypique et attachant.

Ne connaissant pas l’histoire du tout, car elle provient à l’origine de la BD à succès Lou ! de Julien Neel, je suis séduite par l’univers qui se dégage du film et décide donc de faire un saut au cinéma.

 

Côté casting, on est proche de la perfection. Ludivine Sagnier fait un sans faute, comme toujours, en donnant la réplique à sa « fille » incarnée par la magnifique Lola Lasseron. Nathalie Baye presque méconnaissable en grand-mère aigrie m’a hérissé bien comme il faut. N’oublions pas aussi Kyan Khojandi ("Bref", ça te parle ?) campant le personnage de Richard, à savoir le voisin sexy absolument énorme avec sa veste en chamois et sa touchante timidité.

 

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« Salut ! si tu aimes ma veste en peau de chamois, sache que je la lave à la main ;) »

 

Lou ! , qu’est-ce que c’est ? L’histoire pas banale d’une jeune adolescente et de sa mère. Toutes deux déconnectées du monde, ont su avec leur imagination débordante, avoir un style de vie unique du domaine du presque fantastique. Mais avec les garçons, c’est pas trop ça et avec l’argent non plus. L’amour peut-il venir à bout de tout ?

Jusque-là, tout va bien, mais…

Ce film m’a fait l’effet d’un soufflet raté. Le début est prometteur, montre un univers riche, puis quand on s’attend à la dégustation, pfiou le scenario s’essouffle, les dialogues s’appauvrissent et la voix narrative devient franchement de la masturbation intellectuelle.

Si l’univers de Lou ! est fascinant, attractif, cela ne suffit pas loin de là. A force de vouloir faire dans le mignon et dans le drôle, on perd l’essence de l’intérêt du film. Tout est trop prévisible et les blagues un peu forcées. Quel dommage !

 

Quelques passages déjantés ne m’ont pas fait regretter d’être allé le voir, mais sur d’autres, je me suis demandée quel était l’intérêt. Trop de métaphores, étouffe le scénario. Il y a des lenteurs et des accélérations subites qui rendent l’histoire vraiment peu crédible. Encore à la rigueur si on tablait sur le rêve, mais là aussi après une excellente entrée en matière et de grandes qualités esthétiques, pouf, ça s’envole.

 

Franchement, ça ne mérite pas les 3,2 étoiles spectateurs sur allo ciné. C’est mignon, sans plus.

 

 

 

 

Aurélie R.

 


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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 14:46

  gardiens affiche

 

 

Avant de s'engouffrer dans le cinéma, le Kamikaze lorgne avec envie l'affiche des Gardiens de la Galaxie. En voyant cet étrange personnage, vous vous dites qu'il semble mettre beaucoup d'espérance en cette sympathique aventure SF. Et c'est bien vrai...

 J'ai découvert cette bande délirante et décalée, après avoir vu l'étrange raton-laveur qu'est Rocket Raccoon dans le jeu de combat, Marvel vs Capcom. J'ai immédiatement été séduit par ce petit individu saugrenu et « bad-ass », à l'esprit cynique et au flingue bien entretenu. Je suis donc parti à la recherche de quelques comics VO des « Guardians of the Galaxy ». Puis vint la bande-annonce du film, qui promettait aux spectateurs une avalanche de rires, d'émotions, d'actions Bref, le B.A-BA du trailer made in US.

 

 

 

 

Synopsis: Les Gardiens de la Galaxie narre les aventures intergalactiques d’une bande de criminels déjantés et insolents: Peter Quill, alias Star-Lord (Chris Pratt), un voleur enlevé dès son plus jeune âge de la Terre, Gamora (Zoe Saldana), tueuse à la peau verte et au passé trouble, Drax (Dave Bautista), un justicier ne réclamant que vengeance après le meurtre de sa femme et de sa fille, et enfin Rocket (voix de Bradley Cooper), un raton-laveur génétiquement modifié, agressif et déprimé, accro aux armes à feu, accompagné de Groot (voix de Vin Diesel), un arbre humanoïde doté de pouvoirs, mais capable de ne prononcer que son propre nom. Ces êtres improbables devront s'allier pour faire face à Ronan, un Kree dont le rêve est de mettre la main sur un mystérieux globe qui pourrait lui permettre de conquérir le monde (Pour l'originalité, il peut revenir. Il y a déjà une centaine de super-vilains qui font déjà la queue pour ça).

 

 

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Et une bande de héros qui marchent au ralenti avant de partir ensemble au combat. C'est essentiel.

 

 

Dis comme ça, l'histoire parait bien ridicule, mais la déception ne fut pas au rendez-vous. A l'instar du comics, « Les Gardiens de la Galaxie » dégage dès les premières minutes une nonchalance et une autodérision qui n'est pas à déplaire. Même les cinéphiles aigris en auront pour leur fric.

 Le film met en scène des super-héros... Que dis-je ? Super-héros !? Non, héros ? Plutôt des anti-héros ! James Gunn, réalisateur du film, est déjà un habitué dans le traitement de ce genre de personnages, puisqu'il est déjà l'initiateur de Super (2011), dans lequel un loser devient un super-héros armé d'une clé à molette.

Le film démarre avec le personnage de Peter Quill, alias Star-Lord, qui débarque sur une planète abandonnée, visiblement à la recherche de quelque chose. L'homme porte un masque menaçant. L’atmosphère est lourde et inquiétante. Toute la scène porte un sérieux très académique, quand soudain, le personnage retire son casque, enfile les écouteurs d'un vieux walkman et lance de la pop music. Il danse et s'amuse à dégommer à coup de bottes les petits lézards bizarres qui trainent tout autour de lui, ou s'en servir d'un comme micro. Dès l'ouverture du film, on nous propose de suivre un individu atypique qui n'a pas peur de froisser son image de héros. C'est un homme basique, plus proche du commun des mortels que des héros Marvel traditionnels. Sa culture et son comportement sont plus celles d'un gamin des années 1980-90 (il n’hésite pas à dire son admiration pour les chansons pop et Kevin Bacon dans le film Footloose). Il est arrogant et prétentieux. Sa seule force d'attaque est d'avoir beaucoup de gadgets qui lui permettent de sortir de nombreuses embûches. C'est un être humain banal qui semble loin de l'ambiance SF du film.

 Ce anti-héros est à l'image de ses acolytes. Des marginaux, des personnages hors norme (une tueuse verte, un bodybuilder qui ne comprend pas les figures de style, un arbre qui ne dit que « Moi... s'appelle... Groot » et un raton laveur fou avec des flingues) qui parviennent à transformer n'importe quel plan d'action (ou 12% d'un plan) en une succession de situations burlesques et chaotiques. Ce sont des êtres faillibles, égoïstes, s'autoproclamant « loser ». Tous hors la loi à la fois débiles et fous. Bref, ils ont l'étoffe de tout sauf celle des héros.

 

gardiens-1.jpgOh yeah !

 

Vous l'aurez compris... le film est une décrédibilisation complète du genre. Si ce parti-pris fonctionne, ce n'est pas seulement grâce à ses interprètes qui font un très bon boulot (même Vin Diesel, dans le rôle de Groot, parvient à merveille à dire son unique réplique, ce qui en fait sa meilleure performance depuis Pitch Black... qu'on se le dise) mais aussi à l'énorme boulot de James Gunn. On peut reprocher au script de posséder une trame traditionnelle (un groupe de gentils, un méchant destructeur, une relique, course pour la relique, bagarre, paf paf, les gentils gagnent et c’est reparti pour un tour), quelques stéréotypes (les héros ne meurent jamais. C'est bien connu. Ils peuvent très bien se faire percuter de plein fouet par une navette ou rester plusieurs minutes dans l'espace sans combinaison appropriée. Ils ne meurent pas. Le méchant du film a déjà des soucis à se faire). Il y a toujours une ou deux incohérences (tous les êtres de la galaxie parlent une unique langue: l'anglais. Et… attendez, j'ai une question... SPOILER ! Leur vaisseau a été littéralement pulvérisé. Les autorités de Xandar leur offrent une réplique exacte pour les services rendus à la planète. La réplique du vaisseau est si bien reproduite qu'ils ont réussi à remettre en place tous les objets qu'il y avait à l'intérieur de l'ancienne navette... Comme le cadeau de la défunte mère de Star Lord. Comment ont-ils su qu'il y avait ces objets dans l'ancien ? Tout a été détruit !). Et malgré ces rares points noirs (on ne va pas chipoter pour des broutilles), James Gunn parvient à préserver une histoire singulière et originale, mélangeant au sérieux du genre SF une grosse part d'autodérision délivrée par des personnages peu conformes, des séries de dialogues très second degré et des scènes d'action se transformant en immenses spectacles burlesques. Les références fusent dans tous les côtés: les fans des comics retrouvent les pierres d'infinité (déjà présentes dans les autres films de la saga « Avengers »), le collectionneur et son musée qui renferme bien des richesses comme le chien Cosmo ou le fameux Howard le canard (déjà célébré dans un nanar de renom, réalisé en 1987 par Willard Huyck)

 

Conclusion: « Les Gardiens de la Galaxie » est un space-opéra qui amène le genre vers plus de légèreté et de gaieté. Il donne un bon coup de pied dans les valseuses des blockbusters sérieux. Il prouve enfin qu'une œuvre Marvel peut être un film décalé et impertinent. Et qu'un raton-laveur peut être tout aussi cohérent comme héros que Iron Man ou Hulk.

 

J’achève cette critique par la chanson pop la plus mise en avant par la promotion du film. Pas l’original, je préfère la version « David Hasselhoff ». Elle est plus… artistique. 

 

 


 

 

"Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non. C'est David Hasselhoff !

 

 

 

Lef Dur


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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 12:07

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Si Edge of Tomorrow devait correspondre à un proverbe, ça serait bien celui-ci : « Il y a folie à tout âge ». Car avec l’âge, Tom Cruise est ici surprenant d’auto-dérision ! Loin de ses habituelles représentations de star divine, loin de ses personnages de héros infaillibles et charismatiques, soutenus par des séries de ralentis et de contre-plongées.

« Edge of Tomorrow » casse enfin cette image pénible d’enfant hollywoodien pourri gâté. Au début du film, William Cage n’est qu’un agent de communication lâche et peureux, complétement inapte au combat, et finissant par se faire massacrer lamentablement dès le premier assaut. Là où le principe du héros hollywoodien est de ne jamais mourir, ici il décède à foison… et souvent dans des circonstances cocasses. Même si ce héros fini par sauver le monde, il passe par une longue phase de décrédibilisation.

Les autres points forts du film sont son intrigue et son cadre. L’intrigue de « Edge of Tomorrow », adaptation du roman japonais All You Need is Kill de Hiroshi Sakurazaka, est certes peu originale, mais assez intéressante pour nous interpeller:

 

Synopsis : Dans un futur proche, des hordes d’extraterrestres, les mimics, ont livré une guerre acharnée contre la Terre et semblent désormais maîtres de la situation. Le commandant William Cage (Tom Cruise), qui n’a jamais combattu de sa vie, est envoyé, contre sa volonté, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l’espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment… Mais à chaque combat, Cage gagne en force et en agilité pour affronter les mimics, aux côtés de Rita Vrataski (Emily Blunt). Tandis que Cage et Rita affrontent ensemble les extraterrestres, ils découvrent, au fil des combats qui s’enchaînent, les moyens d’anéantir les envahisseurs.

 

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Un p'tit côté "Starship Troopers" qui n'est pas à déplaire...


On peut regretter la démarche peu innovante de son schéma narratif, reprenant allégrement des gimmicks comiques de la comédie Un jour sans fin (1993, Harold Ramis) ou du court métrage animé Dans la tête (2008), mais il a le mérite de faire une excellente transposition dans un univers SF, s’éloignant du sérieux des autres blockbusters en rajoutant à son récit quelques frasques humoristiques. Le film du très contestable Doug Liman surprend ! On offre ENFIN au public un divertissement de bonne facture, se sauvant des nombreuses incohérences scénaristiques par le traitement des erreurs passées par une multitude de recommencements. Le film possède de surcroît des références vidéoludiques indéniables : « même joueur, joue encore », ça vous dit quelque chose ? Perdre plusieurs fois à un niveau d’un jeu vidéo et s’affiner au fur et à mesure de ses échecs. « Edge of Tomorrow », avec son environnement “third person shooter", reprend le même principe dans son script, et on prend plaisir à voir l’évolution du pathétique noob William Cage en un soldat expérimenté et so bad-ass. A cela se rajoute un univers futuriste accrocheur (exosquelettes, aliens belliqueux, batailles gigantesques), s’inspirant d’une période historique réelle, celle de la seconde guerre mondiale. Désolé, mais là je ne peux pas y résister.

 

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Rétro-futuriste ?

 

 

On regrettera une fin expédiée à la va-vite, mais « Edge of Tomorrow » compense largement par son flot d’action non-stop, son rythme nerveux, ses personnages et surtout son humour. A voir !  

 

 

 

 

Lef Dur


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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 19:33

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La voleuse de Livres est tout d’abord un roman écrit par l’auteur australien Markus Zusak en 2005. L'auteur donne ici la parole à la Mort elle-même. Je me suis dit : « Super ! Une histoire glauque, racontée par un fantôme avec une cape noire et une faux ! ». Mais en réalité, la Mort est surprenante. Elle commence par planter le décor d’une simple histoire. Une fillette, des mots, un accordéoniste, des allemands fanatiques, un boxeur juif et un certain nombre de vols.

 

On connait déjà la fin au début du livre : « un ciel rouge, une voleuse de livre agenouillée, en train de hurler, entourée d’un ridicule monceau de décombres graisseux concoctés par les humains ». C’est la Mort qui raconte, et elle commence par rappeler une vérité qu’on oublie souvent : tout le monde meurt un jour, c’est inévitable.

 

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« J’ai encore volé un livre … »

 

 

Les personnages :

 Sa route croise un certain nombre de fois la petite Liesel, une gamine analphabète qui vole son premier livre à l’enterrement de son petit frère. (Comme prévu, c’est glauque). On découvre alors Hans et Rosa Hubermann, le couple atypique qui la recueille pour avoir des allocations. Rudy, l’audacieux garçon aux cheveux couleur citron qui idolâtre le grand Jesse Owens (au cœur du nazisme, quel courage !). Et bien sûr Max, le boxeur juif aux cheveux comme des plumes, que l’on cache au fond de la cave de la rue Himmel.

 

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« On a fait un bonhomme de neige dans la cave, maintenant on se les pèle ! »

 

Markus Zusak donne à la Mort une douceur, une bonté et une humanité qui font écho à la cruauté de la Seconde Guerre Mondiale. C’est une allégorie attachante, et on se surprend à préférer la Mort au nazisme. C’est ce que j’ai aimé dans ce roman : toutes ces petites choses qui nous rappellent ce que c’est que d’être humain.

 

Bon, le Livre, c’est OK : lu, apprécié, recommandé.

A présent, La Voleuse de Livres, c’est aussi un film.

 

Bande annonce :

 

 

 

Comme souvent dans les adaptations, on est un peu déçu parce qu’il manque toujours quelque chose. Fort heureusement, ils ont gardé ma narratrice préférée (la mort donc). Le squelette de l’histoire est toujours aussi bien ficelé, les acteurs sont bien à l’image que je m’en étais fait, et il y a toujours cette émotion et cette lourde tristesse que j’ai ressenti en le lisant.

 Donc pas trop déçue... mais un peu quand même. Par exemple, déçue que le film oublie un peu vite le petit frère : un train, de la neige, un enterrement, un vol de livre et hop on passe à autre chose. Il n’en reste plus qu’une pauvre photo qui n’évoque rien. Alors que son petit frère la hante toutes les nuits, que Hans (le père nourricier) dort près d’elle chaque fois qu’elle fait des cauchemars … Tout ça, oublié dans le film. Le visage de son frère restera figé dans son imagination, sans pouvoir grandir avec elle. Dans le roman, on saisit mieux l’impact de l’arrivée de Max dans sa vie, et les liens fraternels qui se nouent entre eux, alors que le film laisse beaucoup de questions en suspens. 

 

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  Un amour naissant qui fait tâche dans le décor lugubre du reste du film…

 

 

Mais que dire de plus ?

 Au final, ce n’est pas tellement la fin de l’histoire qui nous intrigue, mais son déroulement. Comment les événements ont menés Liesel à avoir cette force de vivre, ce goût des mots et cette passion humaine dans un contexte qui ne s’y prête pas ?

 Malgré les quelques longueurs, il en reste un peu d’émotion. C’est donc un bilan un peu mitigé que je vous rends aujourd’hui ! Maintenant, c’est à vous de vous en faire votre propre idée !

 

 

 

 

Maca.

 


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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 18:04

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Aujourd'hui, le « nanar express » passe une nouvelle fois par la station « Cannon Group ». Oui... encore ! Après Invasion USA et Superman IV, nous allons nous attaquer à un autre film de la fameuse fabrique de nanars. Je sais que ce n'est pas très sympathique de frapper une victime déjà à terre. Mais, j'ai toujours été un adepte de la facilité. Cannon, c'est le firmament de la nanardise, l'éden des films bourrins et écervelés, le refuge du commando le plus dévastateur de la Terre. Chuck Norris, Sylvester Stallone, Jean-Claude Van Damme, Michael Dudikoff, Charles Bronson, Dolph Lundgren ! Ils sont tous devenus les fers de lance de ce légendaire studio de série B, racheté par les cousins Menahem Golan et Yoram Globus en 1979. Et ces films qui sentent bon la sueur, les beuglements virils, les discours patriotiques, la testostérone, le soufre: Over The Top, Cyborg, Exterminator, Cobra, la série des Delta Force, American Ninja, Portés disparus ou encore celle des Justicier dans la ville. Nous pouvons aussi préciser que le studio fut l'initiateur bienheureux de la série « Walker, Texas Rangers ». Ah ! On fait moins les malins !? Donc, merci Cannon d'avoir offert à son public du nanar de choix. Sincèrement... merci !

 

Expendables 3 arrive sur les écrans cet été et je souhaitais faire la chronique d'un des membres du crew: Dolph Lundgren. S'il existe un acteur avec un parcours assez insolite, Dolph Lundgren pourrait faire bonne figure dans un top. Qui pourrait croire que ce suédois au visage carré, enchaînant des films d’actions bis plus crétins les uns que les autres, fut un brillant étudiant de quatre universités internationales (dont les prestigieuses Institut royal de technologie de Stockholm et MIT), puis devient en 1982 majeur en ingénierie chimique par l’Université de Sydney. Ses 160 de QI (si, si. C’est vrai) et ses formations ne sont qu’une infime partie de son CV, puisque le monsieur entretient tout aussi bien son corps que son esprit. Kick-boxing, full-contact (où il remporte deux prix internationaux), haltérophilie ( à souligner sa participation dans l’équipe d’Australie en 1982), judo, karaté (troisième dan, mec), pentathlon (capitaine de l’équipe américaine aux JO d’Atlanta en 1996, rien que ça). On peut rajouter un peu de fitness, mais ça c’est seulement quand il s’ennuie entre deux compétitions internationales. Ah oui… c’est aussi un batteur confirmé. Lors de son séjour aux Etats-Unis, il se dit alors que le cinéma ne devait pas être un grand défi pour lui. Après les sages conseils d’un des papas de l’Actors Studio, Warren Robertson, il obtient son premier rôle dans un film de la franchise James Bond, Dangereusement Vôtre (1985) où il incarne un agent du KGB. Son physique particulier (grand, blond, visage de marbre) interpellent immédiatement tous les producteurs cherchant un potentiel méchant soviétique. C’est ainsi qu’il devient Ivan Drago dans Rocky IV, le méchant boxeur communiste que Rocky, symbole de l’american way of life, doit vaincre. Le ridicule ne tue pas. La preuve avec le succès du film qui propulse Dolph au rang des espoirs du cinéma bodybuildé.

 

A côté de cela, Cannon Group, toujours avide d’un succès commercial majeur, obtient l'autorisation de faire une adaptation cinéma du célèbre dessin animée « Les Maitres de l'univers » (Masters of the Universe), qui servait lui-même de promotion à la fameuse gamme de jouets Mattel, qui fut longtemps le gouffre financier de nombreux parents, harcelés par des enfants trop capricieux. Qui ne connait pas le nom de Musclor, grand guerrier d'Eternia, en lutte constante contre l'impitoyable Skeletor qui ne rêve, lui, qu'au contrôle de l'univers. Rien que ça. Autant vous dire que Cannon s'imaginait déjà toucher le jackpot.

Dolph Lundgren accepte le rôle de Musclor, pensant qu'il allait avoir le grand rôle censé le starifier, à l'instar d'un Schwarzenegger avec Conan. Bref, tout le monde avait de grandes espérances pour le film. Il y a juste à lire la description saisissante que nous donne la production:

 

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"De surprises choc"... ça c'est sûr. ça va être un sacré choc visuel


Au lieu de tout cela, l'unique film de Gary Goddard ne sera qu'un concentré de kitsch eighties, mêlant la niaiserie à l'absurdité la plus totale. A sa sortie en 1987, le film fut un échec artistique et commercial cuisant, Gary Goddard arrêta sa brève carrière de réalisateur et Dolph Lundgren ne sera plus rencardé que sur des productions mineures. Il ne reste plus qu'un film de SF eighties désuet, soutenu par des effets spéciaux et des costumes grossiers. Sans ampleur, ni audace, le film n'offre à son public qu'un nanar kitsch à la naïveté plus ou moins assumée. Les fans de Musclor n’adhèrent alors absolument pas. Cette version low cost n'apporte pas les petites choses essentielles venant de l’histoire d’origine : pas d’Orko, ni de Kringer, le fameux tigre de combat. Pas de transformation d’Adam en Musclor, et la phrase culte « par le pouvoir du crâne ancestral » est mise au placard. Faute d’un budget convaincant, la majorité de l’histoire ne se passe même plus sur la planète d’Eternia, mais dans les rues d'une banlieue californienne. Exit… les grandes aventures épiques !

 

Le film commence donc sur la planète d’Eternia. Le vilain Skeletor (Frank Lagella) est énervé ! Sans doute parce que son visage se résume à un mauvais masque en latex. On pourrait penser qu’il ne porte ce truc que pour Halloween, mais non… et il continue à penser qu’il parait crédible ainsi. Personne n’ose lui dire de peur de le contrarier. Parce que lorsqu'il est vexé, il se lance dans des interminables monologues de méchant dictateur intergalactique, insistant sans cesse sur des mots comme « pouvoir », « destruction », « chaos » et autres termes machiavéliques. Puis, attention ! On vise la rime riche : « L’univers est le pouvoir, l’inattaquable pouvoir ! Je suis la force ! Je suis le pouvoir ! ». Rajouter à cela qu’il a un sens de la déco très limité (des murs en carton-pâte, des couleurs vives avec quelques crânes pour faire un peu plus « dark ». Ben ouais… il ne faut pas oublier qu’il a une réputation de super vilain à tenir) et il surjoue énormément. Sans cela, il est certain que Skeletor serait un chic type. Avec ses soldats ressemblant à des contrefaçons de Dark Vador (Skeletor ? Tu payes les droits réservés ?), il est parvenu à conquérir une bonne partie de la planète. On se demande bien comment vu qu’aucun de ses mecs est capable de viser correctement avec son flingue. Même un éléphant dans un couloir de métro pourrait leur échapper. Alors, même en se baladant à moitié à poil et ne se battant qu’avec son épée, Musclor peut dormir sur ses deux oreilles.

 

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« Je savais pas que déblatérer des monologues machiavéliques était aussi crevant. Pfou... dur d'être un super vilain. »

 

Il n’empêche que notre héros et ses deux copains, Teela (Chelsea Field) et le maître d’armes (Jon Cypher), sont en fuite. On peut certes se moquer du jeu d’acteur surdimensionné de Frank Lagella, mais qu’en est-il de celui de Dolph Lungren ? Le dernier espoir d’Eternia n’est qu’une tête blasée de basset sur des pectoraux. A croire que ça l’emmerde de sauver le monde. La résistance se limite donc à trois gars… et un gnome poilu (Billy Barty). Si Musclor commet bien une erreur, c’est de sauver cet être abject des troupes de Skeletor. Gwildor (le nom du gnome) est censé être l’élément comique du film… mais, comment dire ? ... hum… TUEZ-LE ! C’est un Jar-Jar Binks puissance 10. Chacune de ses blagues est un appel au suicide, chacune de ses paroles est un viol auditif, chacune de ses actions est une déclaration de guerre à l’intelligence.

 

 

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Gwildor, ennemi public n°1

 

On nous explique que ce petit bonhomme moche est un génie (ah bon ?), inventeur d’un objet précieux convoité par Skeletor, une clé cosmique, qui permet de créer des portails dimensionnels. Les méchants sont sur le point d’embarquer Gwildor lorsqu’il est sauvé in extremis par nos héros. On apprend par la suite que Skeletor cherche à mettre la main sur la clé cosmique, mais aussi qu’il en détient déjà une (pourquoi cherche-t-il à en posséder une deuxième ? On a pas trop d'infos. Il souhaite probablement monter une collection. Va savoir…). Faut dire que les soldats n’ont pas cherché bien loin dans la baraque du gnome, puisque la clé cosmique est bien mise en évidence sur une petite étagère. Dans la séquence suivante, nous nous retrouvons dans la base du vilain Skeletor qui apprend l’existence d’une deuxième clé. Attendez, attendez… il donne l’ordre de trouver un objet dont il ignorait l’existence. C’est quoi ce bordel !? Alors soit il souffre d’amnésie partielle, soit il aime faire des blagounettes à ses sbires. Dans tous les cas, il n’est pas content. Ses ennemis possède une arme redoutable : la clé cosmique (ou le gros tube lumineux avec des touches, comme vous préférez).

 

 

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Par le pouvoir de la terrible surimpression, je te vaincrais !

 

 

Pendant ce temps, Musclor et ses amis, après une courte incursion chez Skeletor, fuient par un portail dimensionnel et atterrissent sur notre bonne vieille Terre. La clé cosmique se retrouve entre les mains d’un teenager américain (Robert Duncan McNeill) et de sa copine nunuche (la très jeune Courteney Cox dans son premier « grand » rôle au cinéma). Skeletor réplique en envoyant sa troupe d’élite afin de récupérer l’objet et tuer Musclor. Quand il parle de « guerriers d’élite », ça se résume à des monstres et des psychopathes maladroits et abrutis, accoutrés n’importe comment. Je me demande à quoi ressemble les pires soldats de Skeletor. Bref… Musclor sauve les teenagers qui, eux, ne sont pas vraiment surpris d’être secouru par un mec en slip. Tout est normal. Sur leur trajet, Musclor parviendra même à se faire des copains terriens.

 

 

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Rien de plus normal que de faire confiance à des mecs habillés comme ça.

 

Après plusieurs échecs, Skeletor décide de prendre la totalité de sa troupe (dix figurants) et d’intervenir himself sur Terre.

Le final s’achève sur Eternia dans un combat épique où tous les codes du nanar sont respectés à la lettre. Nous retrouvons ainsi un fusil à pompe à recharge illimitée. Les méchants sont toujours incapables de viser correctement. Musclor, armé de sa seule épée, trouve qu’il est tout à fait logique de se battre à poil face à des ennemis équipés de fusils et d’armures. Mais il peut être serein puisque certains méchants oublient qu’ils ont un flingue, et pensent qu’il est préférable de se battre à mains nues.

 

Après un rapide clash verbal entre les deux antagonistes, le spectateur peut admirer la conclusion tant attendue : le gentil Musclor bat le vilain Skeletor… et fin !

 

 

 

 

 

Le film pourrait être défendable sur quelques points. Les Maîtres de l’univers demeure un entertainment assez fun, avec des scènes de combats de bonne facture. Toutefois, il est loin du charisme d'un « Star Wars », oeuvre dont il essaye difficilement de copier l'essence. Je le conseille vivement aux enfants de 1 à 6 ans et aux fans de nanars.

 

Notre « Nanar Express » repart enfin vers une autre destination. D'ici là, je vous souhaite un joyeux film et prenez soin de vous !

 

 

 

 

 

Lef Dur

 


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