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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 15:11

 

 

 

Sortie: 11 juin 2014

Réalisé par Stephan Streker

Avec Vincent Rottiers, Ymanol Perset, Olivier Gourmet, Reda Kateb,...

Nationalité: belge

 

Synopsis: Une nuit sur un pont... Un coup de couteau. Il y a Pouga. Et il y a Julien.

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:47

 

 

Sortie le 17/09/2014

 Réalisé par Jean-Charles Hue

 Avec Jason François, Michaël Dauber, Frédéric Dorkel  

 Nationalité: Français.

 

Synopsis: Jason Dorkel, 18 ans, appartient à la communauté des gens du voyage, prépare son baptême chrétien. Pour clouer le tout, son baptême se trouve être à trois jour de la sortie de prison de son demi-frère Fred qui revient après plus de 15 années d'absence. Ensemble, accompagnés de leur dernier frère, Mickaël, et de Moïse, leur cousin, les garçons partent en virée pour fêter leur retrouvailles.

 


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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 15:35

  Gladiator1.jpg

 

 

Comment ne pas aborder le film historique sans évoquer Ridley Scott, réalisateur hors pair qui a offert à la SF deux films cultes que sont Alien (1979) et Blade Runner (1982), et redonner un second souffle au genre du péplum avec Gladiator(2000), énorme succès commercial et critique où vous pouvez admirer un superbe bagarreur australien comme Russell Crowe (qui n'était alors pas un Robin des bois accroc à la baston ou un Noé « bad-ass »). Ce film est l'ultime coup d'éclat du cinéaste britannique, qui essayera de récidiver son coup avec d'autres fresques historiques, mais avec plus de maladresses. L'histoire inspire son travail, mais lorsqu'il cherche à lui donner une vision plus romanesque, quelques trucs passent rapidement à la trappe. Artistiquement, les résultats sont assez concluants, mais historiquement... c'est tout autre.

 Si vous demandez à un historien ce qu'il pense de Gladiator, il vous dira qu'il y a certes de bonnes choses, mais surtout de nombreuses inexactitudes. A propos du film, le professeur Allen Ward de l'université du Connecticut souligne par ailleurs que la licence poétique ne suffit pas pour prendre autant de libertés dans les faits historiques.

 Et nous sommes du même avis dans cette rubrique. Le film demeure passionnant, mais était-il nécessaire de réinventer autant l'histoire ? N'était-il pas possible de faire un film historique précis et intéressant ? Il existe pourtant de nombreuses intrigues dans l'histoire si captivantes que la romance ne servirait à rien. La guerre entre les Armagnacs et les Bourguignons (1407-1435) est tout aussi riche en complot, trahison et meurtre que la saga de Game of Thrones. Mais recentrons-nous sur Gladiator.

 

 

L'histoire se situe en 180 après J.-C. Maximus, général romain et fidèle soutien de l'empereur Marc Aurèle, conduit l'Empire de victoire en victoire. Jaloux du prestige de Maximus, et plus encore de l'amour que lui voue l'empereur, le fils de MarcAurèle, Commode, s'arroge brutalement le pouvoir, puis ordonne l'arrestation du général et son exécution. Maximus échappe à ses assassins mais ne peut empêcher le massacre de sa famille. Capturé par un marchand d'esclaves, il devient gladiateur et prépare sa vengeance.

P'tit rappel avant de commencer: cet article ne cherche pas à discréditer le film. La qualité de mise en scène est évidente, et le résultat visuel demeure toujours aussi efficace. Ici, nous cherchons les écarts entre l'œuvre et la réalité historique. Donc, ne vous crispez pas sur vos sièges.

 

 

Comme l'indique le carton-titre au début du film, l'action se déroule en 180 ap. J.-C. « Rome est affaibli par les conflits et Marc-Aurèle lutte pour préserver son empire ». Il mentionne une guerre contre des tribus germaniques qui a perdurée plus de vingt ans. Nous retrouvons donc notre personnage principal, Maximus, dans une forêt de la sordide et sombre Germanie, à la tête de son armée contre une bande de méchants barbares. La bataille est lancée.

 

Dans les faits historiques, Marc-Aurèle fut bien en guerre en 180 contre des tribus germaniques qui menaçaient la frontière, les Quades (pas le véhicule motorisé, on se comprend) et les Marcomans, installés alors dans la région du Danube. Ce conflit (connu sous l'appellation des « guerres marcomanes ») dura plus de 22 ans. Et comme dans le film, Marc-Aurèle se rendit sur le front en 180. Mais il ne se trouvait pas en Germanie, plutôt en Pannonie, une ancienne région située en Europe centrale, dans l'actuel Hongrie.

On pourra noter le respect des tenues des légionnaires romains qui représentent bien la période du Haut-Empire (27av. J.-C- 235 ap. J.-C). Celle des ennemis germains paraît quelque peu stéréotypée, elle se résume à des mecs barbus en guenilles. On fera l'impasse dessus, tout comme la présence d'une « legio III Felix » (la bannière est visible après la scène de la bataille, et Maximus dit être le général des légions Felix). Il existait bien une « legio Flavia Felix », mais rien ne dit qu'elle a participée à ce conflit. La production avait pourtant le choix: XII Fulminata, I Adiutrix, I Italica, III Italica, V Macedonia, VII Claudia. Toutes ces légions ont participées à la campagne contre les Marcomans. C'est du détail, mais cela participe à la crédibilité historique.

Maximus, lui, est un personnage fictif, mais le scénario s'inspire de personnages authentiques, notamment Narcisse (lutteur et assassin de l'empereur Commode), Marcus Nonius Macrinus (général et ami de Marc-Aurèle) et Spartacus (meneur d'une révolte d'esclaves). Il existait jadis un gladiateur de Capoue du nom de Maximus qui obtient, dans la première moitié du Ier siècle, plus de 40 victoires et 36 couronnes. L'inspiration pourrait venir de là. Mais nous sommes ici dans le domaine de la probabilité.

Pour ce qui est de la scène de la bataille, le spectacle est bien présent. Le cadre est mis en scène avec brio, mais la scène est bourrée d'inexactitudes. Les Romains sont soudainement en avance sur leurs temps, en utilisant déjà des feux grégeois (ils ne seront réellement développés qu'aux alentours de 672 par les Byzantins contre les armées musulmanes). On pardonne Ridley Scott, ça fait des grosses explosions. C'est joli à l'écran. Un peu d'esbroufe, ça fait pas de mal. Par contre, la charge de la cavalerie romaine dans la forêt n'était pas nécessaire. La cavalerie était supplétive à la légion. Elle ne s'appuyait qu'occasionnellement sur cette force, et encore moins dans une forêt aussi dense où les manœuvres sont difficiles. Maximus ne devraient pas appeler ses soldats « Fratres » (« frères », terme qu'on utilisait jadis pour les sénateurs), mais plutôt « Cives » (citoyens). Les légionnaires romains devraient rester en formation compacte, et non se disperser un peu partout. Les catapultes sont ici totalement inutiles. C'est une arme de siège ! Enfin le général commandant des troupes se battait rarement lui-même. Si vous voulez découvrir un peu plus d'incohérences sur cette fameuse bataille, n'hésitez pas à aller jeter un œil sur l'article de Thierry Widemann, « Quid de la célèbre première scène du film Gladiator », paru dans le n°6 de Guerres et Histoire.

 

Le calme venu, Maximus reçoit les félicitations de l'empereur Marc-Aurèle pour sa victoire. Fier de son général adoré, il voit en lui son successeur, au détriment de son propre fils, Commode, le jugeant trop cruel pour gouverner. Alors en visite en Germanie avec sa sœur Lucilla, le fils de l'empereur apprend la décision de son père. Furieux, celui-ci le tue en l'étouffant dans une étreinte passionnée. Puis, il ordonne l'exécution de Maximus... et de sa famille (par gratuité).

 

Marc-Aurèle, Commode et Lucilla ont réellement existé. Si l'image d'un Marc-Aurèle philosophe et guerrier est conservé, il ne fut certainement pas assassiné (même si l'historien Dion Cassius laissa supposer le doute pour discréditer le règne de Commode). Il mourut de la peste en 180 dans la région de Pannonie, lors des guerres marcomanes. De surcroît, il eut toujours l'intention de faire de son fils son successeur, et l'avait déjà nommé co-empereur trois avant sa mort. Enfin, il cherchait encore moins à restaurer une nouvelle république.

 

N'ayez pas peur pour Maximus. C'est le personnage principal, donc il ne risque rien. Il parvient donc à tuer ses exécuteurs, et à s'enfuir pour rejoindre sa famille en Hispanie. Il a une grosse entaille au bras, mais il parvient à faire plus de 2000 km et à survivre à une escapade de plusieurs jours en cheval sans souffrir de la gangrène. Mais il ne parviendra pas à sauver sa famille, assassinée sur ordre de Commode. Là, il sombre dans un coma profond, le général sera alors récupéré par des marchands d'esclaves qui le trimballeront jusqu'à Zucchabbar (ancienne cité, située dans l'actuelle Algérie)... sans soigner sa blessure (la gangrène, non ? Toujours pas ?). Maximus parviendra à demeurer en vie, et à se faire peu à peu un nom en tant que gladiateur dans la troupe du maître Proximo. On rentre dans le schéma classique du film de vengeance: Maximus cherche à se rapprocher du nouvel empereur Commode en remportant assez de combats afin que sa réputation parvienne jusqu'à Rome. Il se retrouve alors bientôt à combattre dans le célèbre Colisée. Pendant ce temps, Commode règne en tyran sur la grande cité, et cherche à détruire l'importance du sénat, qui selon lui, entrave ses décisions. Le nouvel empereur s'avère de plus en plus parano, et se méfie même de ses proches, notamment sa sœur Lucilla. Pour fêter son avènement, il organise des jeux du cirque, jadis proscrits par son père. C'est à l'issue d'un combat épique que Commode découvre que Maximus a survécu à sa tentative d'assassinat. L'ancien général promet d'assouvir sa vengeance. Lucilla, amoureuse de Maximus (il faut bien une idylle amoureuse, sinon c'est moins bien), prend contact avec lui, et tente d'organiser avec quelques sénateurs le retour de la République. Apprenant le complot, Commode réprimande les conjurateurs. Maximus est emprisonné, mais Commode ne peut se permettre de l'assassiner, car celui-ci est devenu populaire aux yeux du peuple. Il organise alors un duel au Colisée. A l'insu de tous, Commode le blesse à mort avant de pénétrer dans l'arène. Malgré son affaiblissement, Maximus parvient à tuer l'empereur, avant de succomber à son tour de ses blessures. La paix est à nouveau instaurée dans Rome, le retour de la République est désormais possible.

 

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Les armes sont proscrites dans le sénat, mais je m'en branle ! Je suis empereur, bitch !

 

Plusieurs inexactitudes sont encore à relever dans cette seconde partie. La tyrannie d'un Commode se rapprocherait plus de celle d'un autre empereur romain, Caligula (12 ap. J.-C – 41 ap. J.-C), connu pour sa folie dévastatrice et sa débauche démesurée. Idem pour ses désirs incestueux envers sa soeur Lucilla qui se rapprocherait plus de celle de Caligula avec sa soeur Drusilla. Toutefois, Lucilla a réellement organisée un complot pour destituer son frère en 182, soit deux ans après son avènement. Elle fut bannie la même année suite à cet acte, et assassinée. Commode lança par la suite un grand « nettoyage » au sein de ses proches et des sénateurs. A l'instar du film, Commode n'appréciait guère le sénat, qu'il jugeait peu fiable, et il préférait s'appuyer sur des favoris. Il est reconnu pour être un homme instable et cruel, préférant les combats de gladiateurs à la politique. Il n'hésitait pas à descendre dans l'arène pour se battre. Bon... il se battait avec un glaive en bois contre des gladiateurs très prudents. Rien de glorieux, mais il fut tellement convaincu d'être la réincarnation de Hercule, qu'il fit des sculptures et des monnaies de lui à l'image du célèbre demi-dieu. Pour le plaisir, il changea le nom de Rome en Colonia Lucia Annia Commodiana. Ses dernières années de règne furent marquées par des purges. La crainte d'être les prochains sur la liste de Commode poussa sa concubine Marcia et son préfet Laetus à organiser son meurtre. En 192, soit 12 ans de règne (et non quelques semaines comme le laisse suggérer le film), il fut étranglé dans son bain par son entraîneur personnel, le lutteur Narcisse.

 Marc-Aurèle n'avait pas d'aversion particulière pour les jeux du cirque, insistant sur le fait qu'elle exerçait un rôle utile sur le peuple. Le sénat n'était pas un représentant du peuple, mais plutôt celui de l'aristocratie romaine. Certains sénateurs arborent étrangement une toge blanche avec des contours noires dans le film, alors que les sénateurs étaient plutôt vêtus d'une toge blanche à contours rouges. Les soldats prétoriens sont vêtus à présent d'un uniforme noir, alors que leurs armures étaient en fer brillant. Et la ville de Rome n'était pas aussi colossale que le montre le film: le Colisée semble faire 200 mètres de haut, et la voie triomphale est devenue un boulevard gigantesque.

 

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Rome sous le IIIeme Reich

 

Autre gros problème: la représentation des gladiateurs ! Pour un film qui traite des gladiateurs, le manque d'authenticité peut poser quelques soucis. Le film de Ridley Scott en donne une vision très romantique, et recherche plus un résultat esthétique efficace qu'une reconstitution historique exacte.

La mort d'un combattant à l'issue d'un duel n'était pas systématique. Les décès étaient évidemment récurrents, notamment chez les novices. Un combat se poursuivait jusqu'à ce que l'un des deux adversaires ne soit plus capable de continuer, soit qu'il soit mort, soit qu'il soit gravement blessé, soit qu'il soit épuisé. Cette troisième possibilité était la plus fréquente. Le gladiateur demandait alors à être épargné bien qu'il soit vaincu. Mais il existait des combats où on fixait la règle à un combat à mort. Un organisateur réclamait rarement la mort des combattants, car il fallait alors dédommager le laniste. Et un gladiateur coutait cher ! Le but était d'impressionner les foules, un peu comme le catch actuel.

Les gladiateurs n'étaient pas systématiquement des esclaves. Beaucoup de combattants étaient des hommes libres qui, en s'orientant vers cette voie, cherchaient une bonne rémunération et la gloire.

Les costumes du film paraissent assez fantaisistes, anachroniques et disparates, alors que les tenues et les armes des gladiateurs dépendaient de types de combat précis. Ils existaient de nombreux armaturæ, mais six ressortaient principalement: provocator, thrace, mirmillon, hoplomaque, secutor et retiaire. Ici, on retrouve du grand n'importe quoi. Casque viking, un autre ottoman. On peut même voir l'utilisation d'une arbalète à quatre carreaux ! Il existait bien un type d'arbalète rudimentaire dans la Rome antique (la manubaliste). Mais je vois mal l'utilisation d'une arbalète aussi perfectionnée dans les mains d'un gladiateur.

 

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Il y avait bien des femmes gladiatrices ! Ce qui est surprenant de la part de la culture romaine qui reléguait la femme au rang d'accessoire. Les témoignages de Juvenal dans ses satires ou ceux de Tacite dans ses Annales mentionnent l'existence de ces combattantes. Le film paraît même s'inspirer du Satyricon de Pétrone, dans lequel une femme sur un char se bat contre des hommes. On y retrouve une similitude avec la scène où des gladiatrices sur des chars combattent la troupe de Maximus.

Toutefois, nous pouvons voir dans le film de nombreux gladiateurs venus de l'Afrique subsaharienne, mais il n'existe aucun exemple de ces combattants dans les textes. Rome avait peu de lien avec l'Afrique subsaharienne.

Ah oui... et pourquoi Maximus est surnommé « l'Espagnol » !? L'Espagne n'existait pas encore !

 

Le récit de Gladiator sacrifie avec beaucoup de facilité la véracité historique. Et il est regrettable de voir autant d'inexactitudes dans un film aussi ambitieux que celui-là. On lui pardonnera assez facilement. Quinze ans plus tard, son sens de l'épique est encore vif et ça serait dommage de ne pas lui reconnaître ceci. A (re)voir sans modération.

 

 

Lef Dur et Badelaar.

 


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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 08:14

Alors que les histoires d’amour font couler beaucoup d’encre et se paient des films hollywoodien, les livres à caractère pornographique, destinés principalement (mais pas exclusivement) aux femmes, restaient secrets, un peu comme leur petit canard ou la tablette de Milka planquée au fond du placard à vaisselle.

 Il fallait bien que ça arrive un jour et donc voici l’adaptation d’un de ces « romans » qui a fait autant parler de lui qu'une bombe en plein centre-ville ! 50 Nuances de Grey, un best-seller écrit par E.L James qui a priori est sorti de nulle part et a inexplicablement enflammer les foules, au point de prendre place sur la table de chevet de nos chères compagnes !

 

 

grey affiche

« Lose Control » - Sûrement le leitmotiv du réalisateur !

 

Autant se le dire, ce n’est pas de la grande littérature, loin de là (source: notre chroniqueuse Maca, qui lit beaucoup de bons romans et à qui j’ai offert ça… encore désolé Maca !).

 Je lui en ai fait baver. J’ai donc été obligé de l’accompagner au cinéma pour le voir (ah oui, parce qu’en fait, je ne voulais pas du tout le voir… mais alors pas du tout. Moi, je voulais voir Les Nouveaux héros !) et si jamais vous venez d’un autre monde ou que vous n’avez pas Internet (qu’est-ce que vous foutez la ?), voici la bande-annonce:

 

 

 

 

Synopsis : 

 

Twilight sans les vampires….

 

 

Non, je déconne (un peu). C’est l’histoire d'Anastasia Steel , jeune étudiante étourdie, qui fait la rencontre d’un jeune et riche directeur d’une multinationale éponyme, Mr Christian Grey (on ne sait pas ce qu’il vend, mais j’y reviendrais) et de là, une romance débute. Mais Anastasia doit se frotter à un problème, le monsieur a 50 nuances de folies (hahahaha !).

 

Et alors ?

 

Et bien mes amis, je ne sais pas comment j’ai pu survivre à cette histoire. Allons droit au but et détaillons ensuite (pas trop quand même).

Tout d’abord, en terme d’histoire, c’est tellement mal écrit, j’ai vite eu l’impression de pénétrer (oups) dans l’esprit d’une ado. Toutefois, cela reste cohérent avec la narration, puisque l’on suit l’héroïne, qui est une jeune femme qui n'a jamais connu les affres de l'amour, ni même le sexe, mais quand même… c’est comme si l’auteur avait ressorti son journal intime de ses 16 ans et l’avait réadapté à ses 40 ans. C’est cliché sur cliché (Anastasia qui trébuche sur le sol à la première rencontre, Christian qui est le mec parfait, la meilleure amie/coloc' complètement dévergondée. On retrouve beaucoup les codes de nos bonnes vieilles séries des années 90, les querelles en moins et le sexe en plus… un genre de mix entre Beverly Hills et le film du dimanche soir sur M6.

 

 

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« C’était trop mon rêve de jouer dans une sitcom ! » - « Ouais mais là, tu te calmes, c’est un film ! »

 

L’histoire d’amour est en revanche complexe (même s'ils sont tombés amoureux l'un de l'autre au bout des dix premières minutes du film, après une conversation froide. Je ne sais pas vous... mais moi, j'y crois pas). Notre demoiselle est folle amoureuse (sûrement les hormones qui parlent) et le bel étalon (je n’ai pas mieux comme adjectif, là) n’est pas si parfait puisqu’il est partagé entre sexe violent et amour.

 

Grey ne dit jamais qu’il est amoureux, mais agit de façon étrange envers Ana, et insiste sur le fait qu’elle le change.

Anastasia, elle, aime Grey lorsqu’il est doux et attentionné (et torse nue), mais déteste ses désirs pervers (et pourtant cherche à les comprendre).

Au passage, étudions un peu Christian : le gars est directeur à 27 ans, mais les seules explications qu’on ait sur sa réussite c’est : « parce que je le vaux bien ». Ouais... OK MEC ! On ne sait pas ce qu’il vend, mais se paie le luxe d’avoir son nom partout (des crayons jusqu’à son hélico perso !), il ne dévoile aucune émotion et ne parle qu’avec des allusions sexuelles (si moi je fais ça, je me fais dégager direct… avoir du pognon, ça change tout).

 

 

grey bis

« Comment ? Tu n’as pas un « gros jouet » à ton nom pour ton propre « plaisir » ? »

 

« Très belle introduction pour parler du jeu des acteurs, Michel » - effectivement, le jeu des acteurs est à l’identique de celui des acteurs de Twilight, entre Christian qui ne bouge jamais un sourcil à la Edward Cullen ou Mrs Steel qui a dû apprendre à jouer avec Kristen Stewart en mode « mono-émotion ». Nous avons là, la nouvelle formule des studios hollywoodien pour réussir une romance (ça a bien fonctionné pour « Twilight », pourquoi pas ici).

 

 

Petite ANALyse :

 

L’histoire est assez longue. Il n'y a pas vraiment de temps mort mais on se demande souvent pourquoi ça n’avance pas. On est quelquefois mal à l’aise vis-à-vis de certaines scènes malsaines et on se retrouve très souvent à rire des situations légères… Je ne saurais pas dire si le côté très cliché et niais joue là-dessus ou si les dialogues ouvertement nuls y sont pour quelque chose. Le film a une sorte d’humour gras, mais suffisamment bien fait pour qu’on en rit doucement.

Au final, je ne sais pas si le réalisateur a simplement adapté le bouquin sans se poser trop de questions, ou s’il a mis en avant volontairement les poncifs de la série pour ado. Ne vous attendez pas à du grand cinoche ! 

 

Toutefois, si on creuse, on peut aisément comprendre pourquoi le livre (et donc le film) a été un succès. L’histoire n’est pas comme celle des autres romances. Il y a une histoire d’amour étrange et intrigante, une « déchirure » entre les personnages... et un fond qui fait probablement référence aux violences conjugales. Ce n’est pas exprimé directement, mais bon... une telle situation n’est pas normale.

Certes, je n'ai abordé le sujet du BDSM du film, mais pour cause, les scènes que l'on voit ne sont pas spécialement sales. C'est même un brin trop propret. On finit même par se demander pourquoi on ne fait pas tous ça. A croire que c'est cool (sauf si on vient de découvrir le sexe ou si on a un balai dans le c***).

C'est d'ailleurs maintenant le cas d'Ana qui vient de découvrir le plaisir charnel et qui au final est dans une situation comparable aux femmes qui subissent des violences conjugales. Elle est éperdument amoureuse. Elle s’enferme seule dans cette situation et est incapable d’en parler à ses proches, s’obstinant à croire que les choses vont changer. Grey exerce même un contrôle malsain sur sa vie en choisissant de nombreuses choses pour elle (jusqu'à son alimentation). 

 

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« Alors, comme ça, j’ai pas le droit de taper ? Toute mon existence est remise en cause, merde ! »

 

Lors de la séance, j’étais dans une salle remplie de midinettes venues entre copines ou accompagnées de leurs copains très gênés. L’ambiance n’était pas très agréable. Mais parait-il que je n’ai pas eu de chance, que dans d’autres salles, c’était différent. Tant pis pour moi !

Un film maladroit avec un fond social ambigu. Bref, un film adapté d’un livre mal écrit. Je n’aurais pas le courage d’aller voir la suite par contre !

 

 

Zang.

 

 


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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 10:46

  jupiter-affiche.jpg

"Ascending... ascending... c'est vite dit"

 

 

NOIR

 

Le film s'achève... rideau... l'obscurité m'entoure, puis la lumière revient progressivement. Le regard un peu perdu, je me demande encore ce qui s'est passé durant ces deux dernières heures. Qu'est-ce que c'était que ce... truc !? Pas un film, plutôt une blague. On pourrait s'attendre à un tel résultat s'il était le fruit du dernier jeune réalisateur sorti du chapeau d'une major. Les Wachowski nous ont offert des bons moments au cinéma, des scénarios ficelés, des univers intrigants... mais là c'est le film « je-m'en-foutiste » par excellence. On a leur passé un gros chèque de 176 millions de dollars, et ils sont partis en roue libre comme deux gamins qui ont reçus leurs jouets de Noël.

 

C'est dur d'avoir les idées claires après le visionnage d'un film aussi foutraque, on va donc le reprendre point par point.

 

 

 

L'histoire.

Vous ne chopperez le fil conducteur qu'au bout d'un quart d'heure de film. On nous balance direct du phrasé SF incompréhensible, des personnages étranges, une histoire autour d'une succession mal foutue. Mais derrière le (faux)ton complexe du film, il se résumera à ceci: C’est l’histoire d’une princesse triste et pauvre (mais elle ne sait pas qu'elle est une princesse). Sa famille, détenant le plein pouvoir sur l'univers, ne veut pas se voir détrôner par cette gentille princesse. Les méchants veulent donc la tuer. Fort heureusement le prince charmant arrive pour la sauver. Il l'embarque sur son beau destrier pour combattre les vils méchants. Ils gagnent (et oui, c'est les gentils) et ils se font des papouilles. Elle est devenue reine de la Terre, mais préfère garder sa modestie en récurant les toilettes.

Bref, vous avez un nouveau « Blanche-Neige » sauf que vous rajoutez des gros flingues, des explosions de la mort et des vaisseaux qui déchirent leur race. Les Wachowski nous ont offert plus de complexité, vous en conviendrez. Là, on est aux ras des pâquerettes. J'aime bien les contes de fées, ça me dérange pas. Tu te sens un peu escroqué, mais tu relativises. Cependant, tu n'y parviens pas. Même le plus mauvais Disney est plus cohérent que ce truc. Vous allez vite comprendre pourquoi...

 

 

 

L'univers.

On a l'impression que les Wachowski on pris tous les éléments visuels des films SF de ces cinq dernières décennies pour les foutre dans un mixer. Hop ! Ils appuient sur « On » et ils renversent le jus sur leur scénar'. Il n'y a plus qu'à admirer le spectacle. Le résultat de cette tambouille est... cherchons des mots... incohérent, délirant, absurde... et surtout KITSCH ! A s'en arracher les yeux (j'étais bien tenté de le faire, mais je n'avais qu'un gobelet de coca dans la main. Pas facile de s'énucléer avec ça). Tous les objets « aliens » sont couverts de loupiotes de toutes les couleurs (quitte à être des agents opérant en toute discrétion, autant faire dans le flashy. Logique !). Cette société extraterrestre est dite « évoluée », mais lorsqu'on arrive dans la planète-capitale de la galaxie, les mecs utilisent des machines de la Révolution industrielle, à base de manivelles et de ressorts mécaniques, ils se fringuent comme des bourgeois du XIXème siècle. A cela, vous rajoutez des dirigeants qui ont un délire autour des civilisations antiques (ah oui, ils s'éclairent à la bougie ! Et ils nous traitent de « primitifs »). Bref, un mélange de steampunk et de SF moderne sans queue-ni-tête et mal dosé.

 

Pour les individus peuplant cet univers, on a des reptiles, des hommes-éléphants, des humains génétiquement modifiés, des fonctionnaires-lutins, des androïdes, des gardes luchadores manchots avec des sulfateuses à la place des bras. On a 176 millions de dollars, alors on s'en fout ! Fais péter le budget ! Bref... tu me fous tout ça là-dedans ! Le public sera trop lourdé pour comprendre le comment de cet univers hétéroclite.

 

 

 

Les personnages.

Jupiter: Le récit commence à Moscou par la rencontre entre sa mère et son père. Ce dernier sera tué par des vilains embauchés par le grand méchant de l'histoire. Son père ne vit que pour son télescope (on pourrait croire que l'objet a une importance quelconque, mais non... on découvrira rapidement qu'il est secondaire et inutile). Il meurt d'ailleurs en suppliant les vilains de ne pas lui voler son télescope chéri. Sa famille... il s'en branle. Toute la petite famille russe émigre ensuite aux Etats-Unis et survit en se lançant dans dans une entreprise de nettoyage. Jupiter est donc femme de ménage (elle n'oublie pas de se maquiller et de se faire belle. On ne sait jamais... elle pourrait attirer l'œil d'un politicien français à la libido débordante), et nettoie des toilettes en répétant « Je hais ma vie. ». Cette monotonie sera brisée par l'arrivée des gros méchants et d'un sauveur, au nom biblique de Caine, qui lui dévoilera sa nature royale. Un peu ingénue (voire imbécile), elle nous offre une des pires approches amoureuses de l'histoire du cinéma. On l'excusera. Sur Terre, elle ne fait pas de rencontres amoureuses. Alors dès qu'elle voit un mâle (et même si c'est un humain avec des gênes de chien et des oreilles d'elfe), elle est obligée de lui sauter dessus et de lui forcer la main (par trois fois, elle lui fait du rentre-dedans!). Frustration que Caine a du mal à saisir puisqu'il reste aussi impassible qu'un mur. Je n'ai retenu qu'une chose de ce personnage : ses conseils pour arrêter une hémorragie avec une serviette hygiénique.

 

 

Caine: Un loup albinos avec des gênes humains (ou l'inverse, je ne sais plus), ancien légionnaire équipé d'un super odorat et de rollers volants. C'est le héros hollywoodien basique qui fonce dans le tas avant de réfléchir à un plan concret et réalisable. Fort heureusement, il est increvable. On l'éjecte dans l'espace ? Pas de problèmes. Pépère retient sa respiration et il survit (pour rappel, la température dans l'espace peut atteindre jusqu'à -270°C. A croire qu'il n'est pas frileux). Oh oui, scène épique: notre héros est enfermé par les méchants dans le sas, mais celui-ci contient toutes les combinaisons de survie (c'est con ! Les méchants ne pensent pas à tous, mais l'embauche se fait probablement sur l'aptitude à la connerie). Au moment où le grand méchant l'expulse en se gaussant de son plan machiavélique, Caine donne un coup de bottes dans les casiers à combinaisons, et hop, le voilà éjecté dans l'espace avec plein de tenues de survie. Pour plus de facilités, il suffit de mettre la main dessus pour qu'elle s’enfile automatiquement sur vous. Caine est sauvé par un mauvais scénario. Bravo.

 

 

Sean Bean: Acteur peu chanceux, il croise les doigts pour survivre à ce script. Dans celui-ci, il incarne un ancien soldat, dorénavant apiculteur. Dès qu'il voit Caine, il ne peut s'empêcher de lui péter sa gueule pour lui dire bonjour. C'est lui qui constate la nature royale de Jupiter en voyant l'attitude des abeilles à son égard. Elles volent en essaim autour d'elle. Il n'y a pas de doutes. C'est la reine de la Terre ! Selon lui, les abeilles savent reconnaître une personne royale, en ajoutant « avez-vous déjà été piqué par une abeille ? », Jupiter réplique que « non ». Et là, Sean réaffirme la chose : « Vous voyez ! Vous êtes notre reine ». Donc, si vous ne vous êtes jamais fait piqué par une abeille, vous êtes probablement le roi de la Terre. Rajoutez-le sur votre CV.

 

 

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Exemple: Nicolas Cage teste l'épreuve des abeilles. A première vue, ce n'est pas le roi de la Terre.

 

 

Ah oui... Sean Bean survit à la fin du film ! C'est une première !

 

 

 

Les méchants: Les grands méchants sont deux frères et une sœur de la maison Abrasax, dynastie pro-capitaliste vivant de l'exploitation des espèces. L'aîné, Balem, a une voix de vieux asthmatique, mais il le vit très bien. Ses sbires sont à son image, c'est-à-dire cons comme des balais Leur mission : tuer Jupiter. Et plutôt que de lui mettre immédiatement une grosse balle dans la tête, ils préfèrent utiliser des armes non-létales et utiliser les méthodes les plus inoffensives pour laisser le temps à leur victime de s'échapper. Leur mission est censée être incognito. Mais ils poursuivent nos héros en détruisant la moitié de Chicago (scène longue et illisible). Le lendemain matin, Jupiter constate que tout ce qui a été endommagé se reconstruit soudainement à la vitesse de l’éclair et Caine explique que les méchants effacent les dégâts et la mémoire de toute la population en un claquement de doigt ! Alors que nous nous souvenons que Jupiter a conservée une photo d'eux sur son portable. Tant d'efforts alors qu'ils n'arrivent même pas à effacer une photo d'un téléphone. Cela compromet quelque peu leur plan, non ?

 

 

 

Conclusion : il n' y a rien à retenir de ce film incohérent et absurde. Le seul point positif est pour Sean Bean qui parvient à survivre jusqu'à la fin du film. Ce qui amène une sacrée nouveauté.


 



 

 

 

Lef Dur

 

 


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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 09:16

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Bouffe ma métrosexualité

 

Quand l'histoire est repris par le cinéma, il part du principe qu'il faut impérativement la remanier pour susciter l'intérêt du public. Il faut rendre la réalité historique plus romanesque, plus épique. Mais certaines histoires n'ont nullement besoin de remaniements, nous pouvons prendre pour exemple l'histoire de ces 300 soldats spartiates qui résistèrent à une armée de 200 000 perses à la fameuse bataille des Thermopyles en -480 av. JC. Elle suffit en elle-même pour mettre en avant le courage et la ténacité d'une poignée d'hommes face à l'ennemi. Mais quand Frank Miller met la main sur cet événement, on peut dire qu'il ne fait pas dans la dentelle.

Frank Miller est cet auteur qui laissent les amateurs de comics dans une perplexité terrible. Dans les années 1980, il fait partie de cette nouvelle génération de dessinateurs et de scénaristes qui révolutionnent le genre en y apportant une touche plus mature et pessimiste dans le monde si propret du super-héros. Tout le monde admire son travail avec des comics comme Batman: Dark Knight, Batman: Year One, sans oublier la saga Sin City. Et c'est incontestable. Ces oeuvres sont des exemples du genre, à avoir impérativement dans sa bibliothèque. Mais le côté « pile » de notre monsieur se dévoile depuis plusieurs années. Le 11-septembre a apparemment touché la susceptibilité de notre Franky, vu qu'il voit actuellement des terroristes islamistes un peu partout. Il ira jusqu'à faire un super-héros, Fixer, dont le passe-temps est de faire la chasse aux islamistes, dans Holy Terror. Chacun s'occupe le week-end comme il peut.

Il charge fréquemment le monde musulman sur son blog ou sur ses interventions à la radio. Avant Holy Terror, 300 montrait déjà des prémices de ses idéaux. Ne nous le cachons pas, le comics 300 (et le film) n'a rien d'innocent. L'opposition caricaturale du monde occidental et du monde oriental n'est pas anodine. Et les amalgames sont nombreux. Qu'on soit clair: tout le monde a ses propres principes politiques et éthiques, et c'est tant mieux. Tout le monde devrait pouvoir s'exprimer sans contraintes, et même si je n'aime pas le message d'un Holy Terror, je suis content qu'il ait trouvé un éditeur. A vous ensuite de forger votre propre point de vue sur le sujet (et de voir avant de juger !).

 

Zack Snyder adaptera subtilement (…ou presque) le comics 300 en 2006, puis il prolongera de façon outrancière dans sa suite 300: Naissance d'un Empire. Les vilains Perses sont donc représentés comme des créatures difformes, des esclavagistes déviants, des opportunistes sans civilisation. Tandis que les gentils Spartiates et Grecs, défenseurs de la démocratie, sont beaux, musclés et très courageux. Esthétiquement, on pourrait vanter les mérites de Zack Snyder qui parvient à mettre en second plan le message. Mais pour le scénario, on repassera. Outre la parabole déplacée et même si son intention première n'était pas de faire un cours d'histoire mais un condensé de diverses influences graphiques et cinématographiques, 300 demeure le plus beau viol historique du septième art.

 

Ici, nous ne reprochons pas les différences historiques du film, nous cherchons juste à démêler le vrai du faux. Et ça sera ainsi avec les prochains articles « Histoire vs. Cinéma ». Les enjeux esthétiques ne sont donc pas à l'ordre du jour.

 

Commençons par le commencement : le titre. 300 ! Alors y avait-il uniquement 300 mecs face à l'armée perse. Faux ! Au début de la bataille, l'armée grecque compte plus de 7000 hommes. On y trouve évidemment des hoplites spartiates, mais aussi des Thespiens et des Thébains (confinés dans des rôles de figurants dans le film, sous le nom d'Arcadiens). Ils ne furent que plus de 1000 hommes lors de l'ultime assaut. Même si le titre « 7000 » aurait fait moins bonne impression que « 300 », soulignons l'exploit que constitue cette prouesse militaire puisque l'armée adverse comptait plus de 200 000 hommes (selon l'historien Frederick Maurice). D'autres penchent pour 80 000 ou 20 000 hommes. Ce qui demeure tout de même une infériorité numérique conséquente. Le film, lui, montre 300 mecs contre 5 millions... crédible ?

 

Le film démarre sur la formation des jeunes spartiates à l'art de la guerre. L'histoire se centre sur l'enfance du personnage principal, Léonidas. On nous explique que, dès la naissance, les Spartiates se débarrassent des nourrissons trop chétifs ou malformés en les balançant du haut d'un gouffre. On garde les plus forts pour les préparer à leur future vie de soldat. A l'âge de 7 ans, on les enlève de leur foyer pour l'agôgè. Là, ils sont livrés à eux-mêmes. L'enfant se durcit au rythme des combats avec ses petits camarades. On les oblige à se balader en slip dans les montagnes, endroit hostile où l'enfant est en proie à la faim, mais aussi à des loups-tigres à dents de sabre (espèce peu courante dans la Grèce Antique, vous en conviendrez). Après cette longue et dure formation, Léonidas est reconnu par les siens. Entouré par sa cour de citoyens en slip, il est direct couronné roi de Sparte.

Sur ce point, le film se rapproche de la réalité historique. Le récit de Frank Miller semble s'inspirer du récit de Plutarque, selon lequel une commission d'anciens de la cité de Sparte se réunissait pour déterminer la robustesse d'un nouveau-né. Si l'enfant n'était pas convenable, il était alors jeté dans un gouffre du nom des Apothètes. Mais cette version fut vite remise en cause par les archéologues qui ne trouvèrent aucun ossements d'enfants dans le gouffre des Apothètes. A l'âge de sept ans, l'enfant est bien retiré du foyer familial pour l'agôgè. Le film montre bien la rigueur de l'entraînement. Les jeunes garçons ont la tête rasée, et n'ont qu'un pagne comme unique vêtement (jusqu'à l'adolescence). Livré à lui-même, l'enfant ne doit sa survie qu'au vol et au meurtre. Par contre, Léonidas n'a pas été couronné roi à l'issue de son éducation. Il devint roi à l'âge de 51 ans en -489, dans des circonstances plus que troublantes puisque juste après le « suicide » de son prédécesseur, son demi-frère Cléomène Ier, alors emprisonné par Léonidas lui-même. La réalité est donc moins glorieuse que la version de Snyder.

Pour ce qui est de l'habit du citoyen spartiate, elle ne se résume pas à un slip et une cape, mais bien à une toge comme dans la plupart des cités grecques.

 

Puis arrive le déclenchement des hostilités avec les Perses du roi Xerxès Ier. Dans le film, l'émissaire perse arrive à Sparte en arborant les crânes des rois vaincus et en demandant à Léonidas « de la terre et de l'eau » comme gage de soumission. Ce qui provoque la colère du roi spartiate qui expédie l'émissaire au fond d'un puits en beuglant » This is Sparta !». Évidemment, tout ceci ne s'est pas passé ainsi. En -481, Xerxès Ier réclame bien « de la terre et de l'eau » aux cités grecques, exceptées Athènes... et Sparte. Les émissaires ne se sont jamais rendus dans ces cités. Pourquoi ? Xerxès se souvint que son père Darius en avait envoyé pour les mêmes raisons dix ans auparavant. Résultat : les Athéniens les avaient balancés dans le barathron, et les Spartiates dans un puits, en les invitant à y prendre toute la terre et l'eau qu'ils voudraient. Miller s'inspire bien d'un fait réel, mais il y a un écart de dix ans. Et c'est Cléomène Ier qui fit cet acte, et non Léonidas Ier.

 

false-true-xerxes.jpgXerxès était-il un fana du piercing ? A croire que non...

 

Léonidas souhaite alors se lancer dans la guerre, mais pour former son armée il doit avoir l'accord des éphores, des devins consanguins et lépreux vivants en haut d'une montagne (probablement inspiré par Tholos de Delphes). Le roi fait donc un peu d'alpinisme, voit les éphores, leur donne de l'or et en échange les devins lui font la prédiction : « ne pars pas en guerre, respecte la Karnéia ». Déçu, Léonidas repart d'où il est venu, sans savoir que les éphores sont à la solde des Perses. Ici, les éphores sont devenus des prêtres cupides ("débris moisis et pourrissants d'une tradition absurde et stupide"), alors qu'il s'agissait de magistrats élus chaque année pour gouverner Sparte aux côtés des deux rois... et oui, il n'y avait pas un roi à Sparte, mais deux ! Il est vrai que Sparte demanda conseil à l'oracle de Delphes, et les gérontes et les éphores demandaient à Léonidas d'attendre la fin des Karnéia (fêtes religieuses en l'honneur du dieu Apollon) pour partir en guerre.

 

Dans le film, Léonidas se balade à poil dans son palais prestigieux, et sa femme Gorgo possède de jolis bijoux. Faux !

Dans un soucis d'égalité, les rois de Sparte résidaient dans des demeures égales à celles des autres citoyens, c'est-à-dire des petites maisons carrées très modestes. Les bijoux étaient inexistants. Le luxe et les arts frivoles étaient bannis et méprisés.

 

Par la suite, Léonidas part donc "se promener" avec 300 hommes vers le nord sans tenir compte de la loi.

Le film reprend quelques faits réels de la bataille des Thermopyles : la tempête de l'Artémision (plus de 400 navires perses coulèrent durant trois jours de tempête) et la stratégie générale (combattre l'ennemi dans un défilé étroit).

Le reste tient beaucoup de l'imaginaire. Dans le film, les hoplites Spartiates sont uniquement vêtus de casques, de sandales, de capes et de slips. Ils portent également un bouclier portant la lettre « lambda » (véridique). Leurs armes sont des lances et des épées courtes (ressemblant étrangement à des épées type falcata, arme ibérique, et non grec). Ici, l'image du guerrier viril est mis en avant. Donc, pas d'armure ! Tout le monde à poil ! Une autre chose qu'on ne vous dit pas dans cette version fantasmée du macho man : les vrais hoplites spartiates portaient les cheveux longs.

 

hoplite spartiate

Et non... les Spartiates ne partaient pas en guerre tels des bodybuilders en slip

 

Le style de combat du soldat spartiate est celui de la phalange, qui ne doit être transgressé à aucun moment sous peine de sanctions sévères. Ici, les spartiates font un mélange de phalange et de free style ninja. A se demander comment ces gars peuvent vaincre une armée adverse en étant si dispersés.

 

Le plus étrange reste la représentation des Perses. Xerxès est un géant chauve, avec une voix de baryton et un corps tellement couvert de piercings et d'anneaux qu'il ressemble à une bijouterie ambulante. Il se déplace sur un char traîné par des dizaines d'esclaves, préférant ainsi le moyen de locomotion le plus lent et le plus contraignant au monde. Au combat, les Perses portent une sorte de turban arabe. Ils utilisent des trolls difformes, des rhinocéros (animal si imprévisible qu'il en devient aussi dangereux pour les Perses que pour les Spartiates), et même des éléphants (alors que les Grecs ne les découvriront pour la première fois comme bêtes de guerre seulement lors de la conquête d'Alexandre le Grand en Asie). Ils se battent en sautant partout et en agitant les bras. Xerxès possède une garde personnelle, les "Immortels". Là, on a le droit à des samourais enturbannés et masqués (ah oui... et ce sont des Uruh-kai !). La cour de Xerxes est une véritable cour des miracles, composé d'hommes-chèvres, de prostitués lépreuses et d'êtres difformes. Le but étant de montrer la barbarie orientale, et la faire confronter à la perfection physique de la culture occidentale.

 

La réalité est tout autre. L'Empire Perse est cosmopolite. Politiquement plus ouvert que les Grecs.

Pour ce qui est des « Immortels », Xerxès a bien utilisé ces combattants pour la bataille des Thermopyles, mais ce ne sont évidemment pas des créatures hideuses. Et leurs tenues étaient considérablement différentes.

 

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Lancier, sur le palais de Darius Ier à Suse, probablement un "Immortel"

 

Notons la présence du personnage d'Éphialtès, ce Spartiate bossu dont les parents ont cachés l'existence pour qu'il ne soit pas tué comme les autres nourrissons difformes. Il se présente à Léonidas pour combattre avec lui mais il est rejeté en raison de son incapacité à prendre place dans la phalange. Par colère, il se tourne vers Xerxès et trahit Léonidas.

Ephialtès a réellement trahi les Grecs en dévoilant à Xerxès un sentier par lequel il pourrait prendre à revers les forces spartiates. L'homme n'était pas bossu et n'était pas Spartiate. Il s'agissait d'un Grec Malien de Trachis.

 

Le film s'achève sur le sacrifice héroïque de Léonidas et de ses hommes. Avec l'énergie du désespoir, ils se battent une dernière fois contre les troupes de Xerxès, celui-ci étant même blessé par la lance de Léonidas. Ce sacrifice servira à nourrir la résistance face à la barbarie Perse.

Vrai... ou presque. Le sacrifice de Léonidas permit de gagner du temps afin que les cités grecques s'organisent pour une contre-attaque. Malgré leur victoire, la bataille des Thermopyles fut un revers cuisant pour Xerxès. Et il ne fut certes pas blessé comme le montre le film, mais deux de ses frères moururent lors du dernier jour de la bataille.

 

Enfin, l'ultime écart historique du film est le message. Tout au long du récit, on nous montre Sparte, comme un défenseur de la liberté et des droits humains, face à un oppresseur tyrannique et barbare. Léonidas est désigné comme un homme en lutte contre l'esclavage. Il serait regrettable d'oublier que le système spartiate était fondé sur l'exploitation des hilotes (peuple de Laconie asservi par Sparte... et totalement absent de l'œuvre). Ici, le fantasme de Miller et de Snyder tient plus du fameux « mirage spartiate » que d'une réalité historique.

 

 

 

Prochain rendez-vous: Gladiator, de Ridley Scott

 

 

Lef Dur et Badelaar

 


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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 17:36

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Depuis plusieurs années, les majors nous offrent de nombreuses adaptations de la littérature « young adults », ces romans à succès s'adressant à des lecteurs entre 12 et 18 ans. Et plus les idées se fanent dans la machine hollywoodienne, plus on se tourne vers ces garanties de grosses entrées de dollars. 2014 a été une année très marquée par cette vogue... et souvent pour le pire : Le Labyrinthe, Divergente, Hunger Games – La révolte 1ère partie (quitte à engranger du pognon, autant prolonger l'aventure sur plusieurs parties), The Giver, et enfin la dernière tâche au tableau Le Septième Fils !

Je n'ai pas lu le livre dont l'aventure est tiré, L'Apprenti épouvanteur de Joseph Delaney, mais ce que je viens de voir dépasse les limites de la bêtise cinématographique – au même rang qu'un Hansel & Gretel ou un I, Frankenstein. Télérama: “ Sergei Bodrov se laisse, certes, déborder par des effets spéciaux standards, mais il sait filmer avec talent une nature authentique. ” WHAT !?. L'Ecran fantastique : "Une épopée surnaturelle pleine d'énergie". NON ! Mais arrêtez de vanter les mérites de ce... machin ! Même les Trois Mousquetaires en 3D était plus inspiré. Les producteurs n'ont même pas réussi à trouver un réalisateur sur leur territoire qui ait le courage de le réaliser. On a tout de même le droit de retrouver au casting, Jeff Bridges et Julianne Moore, qui se côtoient quinze ans après le cultissime The Big Lebowski.

Chers spectateurs, attendez à voir un summum d'idées éculées: un jeune héros charmeur, un vieux mentor usé par la vie, une histoire d'amour impossible, une prophétie, le tout emballé dans un fourre-tout culturel improbable et une imagerie bas de gamme.


Synopsis : Une époque enchantée, où les légendes et la magie ne font qu'un…L’unique guerrier survivant d'un ordre mystique  part en quête d'un héros prophétique doté d’incroyables pouvoirs, désigné par la légende comme étant le dernier des Sept Fils.
Le jeune héros malgré lui, arraché à la vie tranquille de fermier qu'il menait jusqu'à présent, va tout quitter pour suivre ce nouveau mentor rompu au combat. Ensemble ils tenteront de terrasser une reine d’autant plus maléfique qu’elle a levé contre le royaume une armée d'assassins redoutables aux pouvoirs surnaturels.

 

 

 

 

Tout commence avec un jeune barbu refermant une grille sur un immense puits, creusé au sommet d'une montagne. Du trou béant  nous parvient les suppliques d'une femme sommant l'homme (un certain « Gregory ») de la libérer... Mais non, il part et la laisse pourrir ici. Les années s'écoulent, le paysage change autour de nous. Puis arrive une nuit où le ciel arbore une lune rouge. La créature croupissant dans le trou se réveille soudainement et se libère tel un diablotin à ressort du puits. A croire que cela ne servait à rien de bâtir une prison si la créature était capable de sortir de là au bout de quelques années.

Dans un village, les cloches sonnent. C'est l'alerte ! Jon Snow (si, si... il est dans le film) rentre dans la taverne et vient réveiller son ivrogne de maître, Gregory, incarné par un Jeff Bridges sous Xanax. Le jeune Gregory est devenu un vieux barbu cuvant dans les tavernes. Un soldat vient l'aborder en lui disant : « hey le vieux ! Il y a la cloche qui sonne ! ça signifie qu'on a besoin de toi pour protéger le royaume contre les forces du mal. Tu es un chevalier ». Un univers où l'armée demande au poivrot du coin de protéger le royaume, on a déjà de quoi s'inquiéter, et ça se justifie lorsque le soldat se prend ensuite une dérouillée mémorable par ce même alcoolique. On a le droit à une p'tite séance de kung-fu dans lequel le héros se félicite d'avoir défié la loi de la gravitation, au point qu'il n'a réussi à renverser aucune goutte de son doux breuvage, malgré ses nombreuses galipettes.

Maître Grégory et son apprenti Jon Snow parviennent au lieu de l'incident : une église, où la fameuse créature de l'introduction possède le corps d'une jeune fille. Celle-ci est vite dépossédée et le monstre apparaît sous sa forme humaine, la maléfique sorcière Malkin, une Julianne Moore sur-maquillé et déguisé en Cruella. Pourquoi posséder le corps de cette gamine ? On ne sait pas. Pour s'amuser ? C'est un pouvoir puissant qu'elle n'utilisera qu'une fois, va savoir pourquoi. ça aurait été pour autant utile face à ses futurs adversaires. Après un âpre combat (quelques paillettes argentées et un coup de filet sur le museau, hop c'est emballé... et c'est la sorcière la plus dangereuse du royaume ! Pas de quoi s'inquiéter), Malkin se fait capturer, mais par une fine ruse elle parvient à se délivrer de sa cage, en tuant au passage Jon Snow. Maître Grégory se retrouve comme un idiot, seul et vaincu.

 

Dans la scène suivante, nous découvrons le jeune protagoniste de l'histoire, Tom Ward. C'est un jeune paysan qui passe son temps à chasser le chevreuil au couteau de lancer... parce que c'est plus classe. Celui-ci vit une vie paisible avec sa famille, sauf qu'il ressent des visions par moment. Oh... mon dieu... s'agirait-il d'un pouvoir démontrant qu'il est un être exceptionnel ? Probablement puisque maître Gregory arrive à la ferme et s'incruste comme un malpoli, piochant au passage un peu de bouffe. Personne ne se dit : « Mais qu'est-ce que ce clodo fout ici ? ». Gregory réplique : « Je cherche le septième fils d'un septième fils pour devenir épouvanteur ! ». Son regard se pose sur Ward et c'est parti pour l'aventure. Les parents ne sont pas choqués, ils ne disent pas : « mais pourquoi on laissera notre fils partir avec un clodo complètement saoul ». Nan, Gregory leur file quelques pièces et la négociation est vite conclue, à croire que les parents de Tom se foutent de lui. Bon... sa maman lui dit tout de même de faire attention à lui et de ne pas faire de bêtises.

 

Sans trop d'explications sur ce qu'est le statut d'épouvanteur, Gregory amène son nouvel apprenti dans une ville pour faire quelques courses (enfin... Tom fait les courses pendant que Greg part boire un coup dans une taverne). Lors d'une scène digne de Sacré Graal des Monty Python, il libère une « sorcière » d'une foule de villageois en colère et l'amène discrètement dans une ruelle. A ce moment démarre la bluette traditionnelle entre le héros et une charmante demoiselle. Ils font rapidement les présentations, puis il la laisse repartir à ses occupations, ne craignant pas que celle-ci se fasse reprendre par la foule. On apprendra par la suite que la fille (Alice) était une vraie sorcière, la nièce de Malkin pour être plus précis.

 

Par la suite, Gregory présente à Tom son troll de compagnie, Tusk (sidekick de l'histoire) et son repaire. Là, il lui parle du rôle des épouvanteurs, un ordre jadis puissant qui se résume à présent à la personne de Gregory. Problème de recrutement. Ah bon ? Moi j'aurais cru que c'était dû au concours très sélectif : être le septième fils d'un septième fils, ça doit pas courir les rues. Les épouvanteurs chassent les forces maléfiques. Gregory lui explique, entre deux rasades de whisky, qu'il n'a pas beaucoup de temps pour le former. La maléfique Malkin est de retour, et elle s'apprête à reformer son club privé de sorcières-transformistes-ninjas. Il lui présente les différentes sorcières : Un assassin-dragon, une black-panthère (uh, uh), un chinois-ours (un chinours ?) et Kali (ouais, les scénaristes n'avaient plus d'idées. Ils ont piochés dans le panthéon des dieux hindou). La formation de Tom se limite à du lancer de couteau et à la lecture de quelques bouquins. Voilà, il est prêt !

 

Ils marchent vers la forteresse de Malkin et établissent un camp à la nuit tombée. En pleine nuit, Tom surprend Alice alors qu'elle fait trempette dans un lac. Là, le garçon ne semble pas très surpris de voir la fille faire un bain de minuit au beau milieu d'un trou paumé. Nan, il dit juste qu'il est content de la revoir. Elle fait alors sa confession : c'est une sorcière. Ce qui ne le dérange pas puisqu'il divulgue le plan de l'épouvanteur sur la prochaine extermination de Malkin. Un peu plus tard, son maître lui expliquera calmement que c'est un foutu con. Au bout de cette deuxième rencontre expéditive, les deux protagonistes ont conclu qu'ils étaient amoureux. Ils s'embrassent, puis Alice disparaît comme Batman.

 

septieme-fils-2.jpgC'est une sorcière et toi, tu lui divulgues notre plan d'attaque. T'es pas un peu con ?

 

Prochaine destination : le seigneur local de la seule ville du coin réclame l'aide de l'épouvanteur pour se débarrasser du chinours que les gardes ont parvenus à capturer. Après avoir empoché un peu de pognon pour sa consommation de bibine, Gregory et son apprenti font face à un gros ours dans une cage. A ce moment, l'ours parvient à exploser sa cellule. Pourquoi ne l'a t-il pas fait avant ? Nan, il a préféré attendre l'épouvanteur pour se libérer de sa détention. On a le droit à un combat à base de kung-fu, de paillettes et de filets. Tom, n'ayant pas la volonté de brûler le chinours, Gregory fait le sale boulot et lui dit que c'est un bon à rien. Vexé, il part pleurnicher dans son coin. Il sera consolé par Alice. Me demandez pas comment elle a réussi à le retrouver. Je n'en sais rien. Là, ils couchent ensemble (un record : trois rencontres s'étendant sur cinq minutes de film = coup de foudre. La relation amoureuse la plus rapide de l'histoire du cinéma). Puis, elle re-disparait comme Batman.

 

septieme-fils-1.jpg"- Bonsoir, on couche ensemble ?

- Attends, je connais même pas ton prénom !"

 

Le lendemain, Tom retrouve maître Gregory dans une forêt. Comment savait-il où il se trouvait ? L'instinct ! Allez savoir. Ce monde doit se limiter à quelques lopins de terre.

La suite de leurs aventures se limitera à quelques scènes gratuites, comme le combat contre un gobelin ou un autre combat face à un sorcier et son armée d'assassins d'élite. Ce qu'il appelle « élite », ce sont des bons à rien gesticulant inutilement les bras et les jambes et dont le seul rôle est de servir de punching ball aux protagonistes. Même quand ils parviennent enfin à bloquer les héros au bord d'un précipice, ils ne vont pas les attaquer directement avec leurs armes. Non... ils partent d'abord chercher une bûche, et là s'en servent comme bélier pour faire basculer Tom dans le vide. Il fait une chute de 100m de haut, mais rassurez-vous il s'en sort sans une égratignure. Pendant ce temps, les sorcières font un raid contre la ville du coin, massacrant tout le monde au passage. Et là vous êtes en droit de vous poser cette question : si les sorcières sont aussi puissantes que cela, elles devraient avoir déjà conquis le monde, et non pas se préoccuper d'un alcoolique et d'un crétin. Elles ont si peur de Gregory ? Il est tout seul !

 

Les scénaristes nous réservent enfin quelques « révélations » sur la mère de Tom Ward et la relation Malkin-Gregory, mais elles restent vite secondaires.

L'affrontement final nous livre quelques instants épiques où Tom Ward, alors jusqu'ici totalement novice dans l'art du combat, se révèle soudainement être un roi du kung-fu. Les sorcières passent leurs temps à parler et chercher des moyens classes pour tuer leurs ennemis plutôt que de faire quelque chose de réellement menaçant, et ce n'est pas l'armée d'assassins d'élite qui va changer quelque chose. Et Malkin se fait pitoyablement tuer d'un simple coup de couteau. Hop ! On en parle plus.

 

Tout le monde est heureux. Ward devient maître épouvanteur, tandis que Jeff Bridges part décuver sa vinasse loin d'ici. Et il en a sacrément besoin après cette avalanche d'inepties scénaristiques.

 

Conclusion : Si vous avez la soudaine envie de voir ce film, j'espère que vous vous perdrez sur le chemin du cinéma. Préservez votre temps et votre argent. Amicalement...

 

 

 

Lef Dur

 


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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 16:57

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Night Call, un film qui vous happe vers le dérangeant, qui vous grignote à feu doux, qui vous amène dans les coins sombres de l’actualité.

 

Synopsis :

 

A Los Angeles, Lou Bloom est un chômeur qui gagne de l'argent en revendant des métaux volés. Une nuit, il assiste à un accident de la route et après avoir vu les caméras de télévision venues filmer la scène, il décide de se lancer lui aussi dans la réalisation de vidéos. En écoutant les fréquences radios de la police, il parcourt les rues de nuit afin de trouver des images choc qu'il revend ensuite à des chaînes de télévision locales.

 

Sans conteste inspiré de Drive, Night Call nous plonge dans une atmosphère sombre, sinueuse, étrange, envoûtante. On y retrouve un personnage charismatique ayant pour accessoire une voiture équipée d’un scanner radio, traquant caméra au poing les faits divers les plus sinistres et les plus sanglants de la métropole. Très rapidement, Lou trouve un client en la personne de Nina, à la tête de la programmation d’une grande chaîne de télévision, et engage un employé, Rick, suite à un entretien d’embauche directif, avec pour mission de le copiloter le plus vite possible sur les lieux de crime.

 

Tout de suite interpellée par le grain de l’image qui donne une texture enveloppante au film en le dépouillant de temporalité, j’ai été séduite par les plans soignés de Dan Gilroy qui signe avec Night Call un premier film très prometteur. On se repaît de la caméra, centré sur le visage de Jake Gyllenhaal, qui présente ici un faciès émacié, mangé par deux globes bleus luisants, le tout souligné par un rictus alternant le sournois à l’onctueux.

 

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« J’ai l’air paumé, mais tu sais pas comment je vais te retourner comme une crêpe ! »


L’accent est porté sur l’essence du film en écartant le superflu. Dans Night call, c’est à peine si on remarque le téléphone portable ou l’ordinateur du personnage qui pourtant souligne et démontre que sur internet, on peut tout trouver. Il en va de même pour le « côté route » qui est dosé avec finesse et justesse. Sans entrer dans des courses poursuites folles, quelques accélérations font monter la pression pour un film tout en suspense.

Le début du film se joue, au fil du rasoir, par un personnage inquiétant mais intelligent, courtois, même si excessif dans la raffinerie dont il enveloppe ses mots. On découvre ensuite derrière la façade brodée de suavité, le sociopathe qui traque autant les faveurs sexuelles que des images chocs. Le personnage aime le contrôle, le pouvoir. Il est avide d’exprimer ses talents. Captivé par sa noirceur, on ne peut que se demander jusqu’où celui-ci va aller. Et l’on ne peut être déçu par ce que nous propose Dan Gilroy (et que je vous tairais pour ne pas vous spoiler, bien sûr).

Certes, la musique y est un peu fade, mais parfois peu est bien mieux que trop. Cette dernière contribue cependant à renforcer la montée en tension du film, jusqu’aux dernières images terribles recueillies ou plutôt mis en scène faut-il dire par Lou.

Au-delà de la simple critique du goût pour l’information-spectacle américaine ou de la fascination de tous pour les faits divers, le film délivre une critique de l’info commerciale servie par des médias de masse bousculée par l’audience. Par ailleurs, mené de main de maître, on retrouve également une pression du monde contemporain via le management. Le personnage utilise toute cette science et reprend ce langage à son escient pour assurer un contrôle et une prise de pouvoir sur les autres. L’art de la manipulation est à son paroxysme notamment dans la scène où Lou invite Nina à dîner afin de la séduire à sa manière. En effet, pour atteindre son but, il se lance dans une discussion plus que malsaine, démontrant comment celle-ci est pieds et poings liés sans en avoir conscience. La scène longue, imposante conjugue la beauté, la brillance de l’esprit de Lou, à l’abject de ses procédés.

 

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« Bouffe ton dessert chérie, parce qu’après ce sera ma b*** »

 

Les deux autres personnages secondaires sont au diapason avec une René Russo (Nina) d’abord proie rétive puis subjuguée et un Riz Ahmed (Rick), employé manipulé et tyrannisé.

 

Night Call est une plongée dans le malsain qui, graduellement, met en scène les actions incroyables de Lou. Un Lou au sang froid polaire, qui se délecte de tout pour sortir de l’ombre.

 

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« La classe, baby ! vise-moi ces lunettes »

 

 

Mon avis :

 

Rien que pour la performance de Jake Gyllenhaal, Night Call vaut totalement votre place de cinéma. Il y est magistral. Il continue après Donnie Darko, Prisoners ou le moins connu Enemy à démontrer qu’il fait partie des grands et qu'il est capable d'incarner des âmes sombres avec brio.

 

Quelques lenteurs gâtent un peu l’ensemble mais le film reste tout de même une sacrée claque. Étonnant, nauséeux et captivant.

 

 

 

Aurélie R.

 


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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 10:26

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Le Hobbit, un film d'animation ? 

 

 

(silence)

 

 

 

Mais... qu'est-ce que c'est que ce truc ? Ok... Peter Jackson, je t'adore. J'ai aimé la grande majorité de tes films. Bad Taste, Les Feebles, Braindead, Créatures célestes, Forgotten Silver, Fantômes contre fantômes, la trilogie du Seigneur des Anneaux. Il y avait un sens du spectacle ou alors de la joyeuse subversion. C'était super ! Mais là qu'est ce qui s'est passé ? Les deux premiers volets du « Hobbit » étaient certes poussifs, mais tu n'avais pas le droit de finir la trilogie sur un ton aussi nanardesque. Ton adaptation de l'œuvre de Tolkien est aussi peu respectueuse que le boulot effectué par Paul W.T. Anderson sur Les Trois Mousquetaires en 3D. Le niveau de grand n'importe quoi est tout aussi proche.

On va encore dire que j'exagère, mais là non ! Alors qu'est-ce qui ne va pas avec le Hobbit: la Bataille des Cinq Armées ?


Parlons du scénario ! C'est simple, il n'y en a pas. Ce volet s'articule principalement sur la bataille. Voir de la baston, c'est bien. Mais s'il n'y a aucun enjeu pour soutenir tout cela, ça devient rapidement ennuyeux. Les personnages n'évoluent pas d'un pouce. Seul Thorin sort son épingle du jeu, éclipsant totalement ce pauvre Bilbo qui devient ici un personnage quelque peu secondaire.

Nous avons déjà parler du gros défaut d'adapter une œuvre aussi peu dense comme Le Hobbit en trois films. Jackson est obligé de l'étirer au maximum (voire un peu trop), en y ajoutant des éléments externes au roman de Tolkien, notamment le combat entre le nécromancien (Sauron) et Gandalf. Il pioche dans des passages du "Seigneur des anneaux", des "Contes et légendes inachevés" et du "Silmarillion" pour construire une histoire parallèle à celle du "Hobbit" (n'oublions pas que l'intrigue principale du "Hobbit" est le voyage vers la montagne solitaire pour dérober le trésor du dragon Smaug... et c'est tout). C'est un but louable: c'est un supplément d'informations pour ce qui va suivre dans les évenements retracés dans "Le Seigneur des Anneaux". Sauf qu'elles continuent à être totalement inutiles. Tout ce qu'on voit, on le sait déjà en voyant le Seigneur des Anneaux. En voyant ses scènes superflues dans les deux premiers volets, je me disais : « ok, attendons de voir. Il fera sans doute un lien avec l'intrigue principale du Hobbit. Soyons indulgents ». Mais non ! Même pas ! On pourrait mettre ces deux histoires côte à côte, elles resteraient distinctes et autonomes. Ces scènes ne sont là que pour le fan service. On nous montre Saroumane et Elrond faire du kung-fu contre des nazgûls et tout le monde est censé être content (c'est comme foutre la tronche de Legolas dans les ¾ du film. Vu le nombre important de personnages, il n'était pas essentiel au récit. Il n'est là que pour le fan service). Au fur et à mesure du film, cette nostalgie devient de plus en plus entêtante, et Peter Jackson la place dès qu'une occasion se présente. Il y a notamment cette discussion inutile entre Legolas et Thranduil à la fin de la bataille. Grosse modo, ça donne ça :

 

Legolas: "Qu'est-ce que je vais faire à présent ?"

Thranduil: "Je sais pas... ah si, tu pourrais aller voir un rôdeur"

L.: "oui... et ?"

T.: "C'est le fils d'Arathorn"

L: "Oui ?"

T.: "On le nomme Grand-Pas. Tu devrais aller à sa rencontre"

L.: "Pourquoi je ferais ça ?"

T.: "Nan, mais cherche pas ! Vas le voir et puis c'est tout. Comme ça, on fait un enchaînement avec la prochaine trilogie !"

L.: "Ah ! D'accord."

 

En parlant de personnages inutiles, mentionnons la présence d'Alfrid.  Peter Jackson se rabaisse à mettre un comique de service comme s'il servait la dernière soupe populaire offerte par Hollywood. Et celui-là, il est gratiné. Du surjeu, du cabotinage à faire pâlir Jar-Jar Binks. On lui colle même un physique disgracieux pour bien montrer au public que l'individu est de la race des fourbes. Pour ce qui est de l'humour, même Planchet dans les Trois mousquetaires en 3D était plus drôle que lui, c'est pour vous dire le niveau de nullité du gars.

 

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Né pour être méchant

 

 

Côté dialogue, on frôle le néant. On notera notamment les répliques de Tauriel, une elfe pleurant la mort de son nain chéri: « l'amour fait toujours aussi mal ?". Et là Thranduil, un autre elfe, lui dit: "Seulement quand il est beau". On va dire que pour l'inspiration, Peter Jackson s'est pas trop foulé. On s'attend à entendre ça dans un soap, pas dans le dernier « Hobbit ». Et dîtes vous qu'ils étaient quatre sur ce scénar' !

 

 

Passons au plus gros du film : Les scènes de bagarres. C'est le principal intérêt du film. Voyez par vous-mêmes : environ 1H30 sur 2H de film est consacré à la fameuse bataille des cinq armés. On s'attend à de l'épique pour clôre cette aventure. Résultat: on n'y croit pas. Tout est surréaliste, exagéré. Tout paraît faux. Bref, on n'y ait pas.

Les scénes d'actions des deux premiers volets étaient spectaculaires. Toutes les scènes s'articulaient dans des chorégraphies parfaites. Il y avait du dynamisme. C'était digne d'un ballet. Mais là, on frôle un voyage dans la wagon du Nanar Express.

 

1.  Legolas et Bard : ces deux gars rentrent dans la catégorie des ninjas intouchables. D'un côté, vous avez Bard. Un humain comme vous et moi, sauf que lui il est capable de cavaler sur des toits comme un véritable chat et qu'il te bricole un arc géant en deux secondes avec un élastique et deux bouts de bois... et de son fils comme appui ("ne bouge pas fiston... pour une fois que tu me sers à quelque chose"). Il peut te toucher une cible alors qu'elle se trouve à 300 kilomètres de lui. Mais, ça c'est rien. Il a de la concurrence !

Et Legolas, cet elfe qui n'arrive pas à se battre sur la terre ferme. Non, ça l'énerve. Lui, il choppe des chauve-souris volantes en plein vol. Il peut se battre la tête en bas, faire des chutes de 40 mètres, combattre en surfant sur toutes les surfaces planes qu'il croise. Il arrive même à arrêter le temps pour pouvoir sauter tranquillement sur des pierres en pleine chute libre. Il défie la loi de la gravitation ! C'est so bad-ass, mais ils en font trop ! On n'y croit plus.

Et que dire du final !? Alors que la situation est critique pour nos héros, Jackson nous ressort (encore!!!) les éternels aigles géants pour leur sauver les miches. Deux ex machina ! Ça en devient vite lassant.

 

 

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« ah non, mais moi je m'emmerde pas avec les dénouements ! Des aigles, des aigles et encore des aigles ! »

 

 

2. Dans la Terre du Milieu, il faut savoir imposer son style. Pour montrer qu'on est le mec le plus classe du coin, il faut savoir s'équiper d'un destrier original. On connaissait les lièvres de Radagast, on a dorénavant l'elfe avec son caribou aux bois gigantesques (il s'en sert pour empaler six orques en même temps... si, si. Rien que ça) et le nain et son phacochère d'assaut. Et je ne parle pas des bouquetins !

 

 

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Thug life ! Tu peux pas test...

 

3. Les deux premiers volets étaient des véritables claques visuelles. Les effets spéciaux nous en avaient mis plein les mirettes. Or, La Bataille des Cinq Armées est d'une laideur digne d'un blockbuster sous-alimenté. Alors que le décor ne se résume qu'à un seul lieu, l'équipe n'en profite pas pour faire dans la qualité : animations bâclés, effets spéciaux désuets,...

Adieu l'authenticité du Seigneur des Anneaux et ses décors naturels,  Le Hobbit est un véritable film d'animation...

 

Conclusion: Je n'attendais plus grand chose de cette trilogie, juste voir un grand moment de spectacle. Même à ce niveau, la déception est au rendez-vous. Peter Jackson effectue un service minimum avec un scénario bâclé et une mise en scène paresseuse. Peter, ne nous refait plus jamais ça...

 

 

 

 

 

Lef Dur

 


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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:12

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Aujourd'hui, un kamikaze se frotte à un tueur, et pas n'importe lequel. Celui du dernier film de Cédric Anger, La Prochaine fois je viserai le cœur (vu la longueur du titre, vous devinez qu'il s'agit d'un film français). Un thriller... français ! Là, j'imagine déjà les râleurs conspuer d'emblée la qualité du film sans même l'avoir vu. Et bien détrompez-vous. Anger réussit bien son affaire.

 

 

 

 

Cédric Anger adapte ici l'affaire Alain Lamare dite du "tueur de l'Oise", qui sévit entre 1978 et 1979 et qui provoqua une vive indignation de la population en apprenant que le tueur n'était autre qu'un des gendarmes de la brigade chargée de l’enquête. Et le choix du personnage est des plus judicieux car il permet d'offrir au public un protagoniste intrigant, coupé par une dualité certaine. Quoi de plus intéressant qu’un personnage double qui est chargé de faire respecter la loi et qui la transgresse violemment en dehors de ses heures de travail. L'histoire s'axe principalement sur cet individu schizophrène, au visage d'ange et à la cruauté sans fin, à la fois timide et dégrossi, organisé et maladroit. Tout au long du film, Auger fournit un portrait méticuleux, sans tomber dans l'empathie, ni dans la glorification des films US. On pourrait reprocher cette introspection d'être trop superficiel. Après chaque meurtre, l'homme provoque ses collègues par des lettres anonymes en promettant d'autres meurtres. Mais qu'elles sont ses réelles motivations ? Haine pour les femmes ? Homosexualité refoulée ? Asocialité ? Les pistes sont multiples, mais aucune ne peut être affirmé. Ce mystère peut être vu comme un atout supplémentaire : laisser le public faire sa propre conclusion. Et c'est là que l'interprétation de Guillaume Canet est excellente, jonglant sur la duplicité chaos/ordre tout en conservant ce visage monolithique. Rien ne transparaît, pas même un indice sur ses réelles pensées. Le tueur est méthodique et froid, mais mal à l'aise et maladroit. Ses pulsions meurtrières lui procurent du soulagement, mais la culpabilisation le ronge après-coup. En parallèle de ses crimes, le jeune gendarme nargue les enquêteurs en envoyant des lettres revendiquant les faits. Sur son lieu de travail, il assure à ses collègues qu'il va l'arrêter, ce « salaud ». Construire un jeu autour d'un personnage aussi complexe n'est pas une mince affaire, mais le pari est réussi.

 

On pourrait regretter sa lenteur narrative et ses quelques poncifs du genre, notamment la collection d'articles de journaux que le tueur aime arborer sur un mur de sa chambre ou les lettres de provocation faîtes aux autorités, mais n'oublions pas que le film est tiré d'une histoire vraie, et les lettres sont les clés même de cette affaire.

 

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"Bonjour la police, je ne vous écris pas pour vous parler de mon prochain meurtre, juste pour vous dire que je m'apprête à manger une banane et boire du lait. Amicalement..."

 

 

La mise en scène d'Auger n'est jamais paresseuse. Elle encadre parfaitement l'excellente interprétation des personnages (aucune fausse note parmi les interprètes, chapeau), reprenant le style d'un Corneau ou d'un Melville par ses couleurs gris-bleu et sa froideur. Il dépeint le cadre du tueur comme encore une autre piste à exploiter sur son penchant meurtrier : un univers glauque, déprimant et sale pour mieux refléter le monde tel que le voit ce tueur en rage contre tout (ce qui n'est pas sans rappeler Taxi Driver).

 

La Prochaine fois je viserai le cœur s'arroge le style des polars d'antan qui firent la gloire du cinéma français et Auger montre qu'il en est à la hauteur. Le genre renaîtra t-il en France ? Seul l'intérêt du public nous la dira. Le Kamikaze vous le recommande, vous en faîtes ce que vous voulez.

 

 

 

Lef Dur

 


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