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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 17:19
elysium-affiche.jpg
 
 
Une note. Pourquoi seulement une toute petite note ? Tout simplement parce qu'il est plus difficile de parler d'une chose qu'on apprécie. Je ne compte pas mettre « Elysium » sur un piédestal et le proclamer « chef-d'oeuvre du siècle », mais... c'est un entertainment qui... n'a pas une source originale. Il ne révolutionne pas non plus sur la forme ou sur le fond. Il n'est pas aussi incisif qu'on le pensait. Non, Il possède juste le « je-ne-sais-quoi ».
 
Avec son District 9 (sorte de docu-fiction sur une apartheid entre aliens et humains au cœur de Johannesburg, faisant le parallèle avec l'apartheid sud-africain), le réalisateur Neill Blomkampavait fait fort impression auprès du public et de la critique. Humour corrosif, violence sanguinolente et contenu satirique offensif, District 9 fut ainsi le premier aperçu de l'univers trash du jeune cinéaste. Son second film S-F, Elysium, fut déjà présenté comme tout aussi percutant que son premier essai. Plus politique, plus ambitieux, plus agressif.
 
 
 
 
Le début du film donne déjà le ton: En 2154, la Terre subit surpopulation, misère et pollution (si vous avez vu assez de films S-F, vous savez que c'est le train-train quotidien du futur). Des nantis, plus élitistes que jamais, s'enferment dans une station orbitale nommée « Elysium », laissant les plus désœuvrés sur la Terre et ne communiquant avec eux que pour leur tirer dessus ou pour les exploiter dans des usines aux conditions déplorables. Devenus élitistes au point de ne jamais partager leur confort ou leur sécurité, se moquant du sort de ces pauvres serfs qui ne les voit que comme des vermines facilement remplaçables. L'autorité policière n'est d'ailleurs en place que pour garder ces élites en sécurité dans leur forteresse, éloigner les pauvres qui se désespèrent de leur condition. Bref, le prolo, c'est pas beau. Dehors ! Pas de ça sur « Elysium » ! A se demander s'il y véritablement aucun prolétaire sur cette station pour au moins s'occuper de leurs sanitaires ou de l'entretien de leurs piscines ? Va savoir. Bref, ne chipotons pas. La trame rappelle certes déjà notre condition en 2013, personne n'est surpris de l'état dans lequel ce monde se trouve. Mais, le film a le mérite de retranscrire ce discours de la façon la plus lisible et la plus compréhensible possible. On nous plonge d'emblée dans un univers cyberpunk sale, glauque et dérangeant. C'est aussi bon à voir qu'un bon vieux « Mad Max » et son style « white trash déglingué ». L'autorité n'est plus incarnée que par des politiciens véreux et des mercenaires sadiques. Il n'y a pas non plus de héros, juste un personnage désespéré cherchant à sauver sa vie. A l'heure où on continue à nous casser les noix avec les messies de service, Blomkamp fait le choix de nous offrir un personnage de blockbuster moins conventionnel et plus terre-à-terre. Et ça, c'est un bon point. Le deuxième point positif du film est... Kruger. Avec sa tête de redneck psychopathe et son penchant pour l'humour noir, voici le bad guy le plus dégénéré de l'année 2013. Bref, le genre de bon gars que tu inviterais pour un p'tit barbecue entre copains... notamment si tu préfères allumer ton barbec' à coup de lance-flammes.
 
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Kruger, l'ami des petits enfants

 

 

Bref, « Elysium » pourrait être considéré comme un "Metropolis" moderne. Mais, malheureusement non ! Blomkamp écarte rapidement son discours politique pour imposer du bon gros bourrin explosif... et là, c'est le drame. On ne fait pas une révolution avec les préceptes de l'ordre établi. Quand on essaye de faire un pamphlet non-conventionnel, le but est d'éviter de côtoyer son récit avec du gros formatage hollywoodien. Je parle de ne pas faire une oeuvre à l'image de ces films décérébrés où le plus important est de cumuler des explosions, des plans tremblotants et des montages épileptiques, des gunfights en slow-motion et des punchlines insipides. Tout y est dans « Elysium ». Cette deuxième partie du film est fort dommage dans le sens où elle éclipse largement la première partie plus satirique et politiquement incorrect. En fin de séance, on en vient même à oublier l'excellente introduction du film pour ne se focaliser que sur l'aspect bourrin.
et cette fin ! Une fin « guimauve » et démagogue à souhait, assassinant toutes les volontés originales du réalisateur. Dommage de proposer de bonnes idées pour les détruire par la suite avec un récit aussi formaté.
 
C'est un bon entertainment S-F (mieux que le très plat « Oblivion »), mais qui n'atteindra jamais ce qu'il désirait: être aussi subversif qu'un THX 1138, un Invasion Los Angeles ou encore un Soleil Vert."Rebelle", mais sans l'être réellement. Le Kamikaze vous conseille de le voir pour son univers visuel, mélange parfait entre cyberpunk cradingue et SF classique. Allez le voir pour son bad guy... faîtes plaisir à Kruger.
 
 

Lef Dur

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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