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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 18:17
The-Divide-Affiche-Promo.jpg
 
Qui se souvient de « Frontières » ? Rappelez-vous ! C'était un film estampillé Europa Corp (la firme du gros Luc) qui tentait de racoler les p'tits pervers adeptes de découpages de « Saw »-sicces (si le jeu de mot est pourri, c'est qu'il n'est pas de moi). Mais si ! Rappellez-vous ! Peut-être que cette affiche va vous rafraîchir la mémoire ?
 
frontieres.jpg
 
Mettre l'argument de vente sur le fait que le film sera digne d'un immense stand de boucherie au marché de Rungis, c'est aussi séduisant qu'un concert d'Yvette Horner. Mais bon ! Quand on aime le gore, on ne compte pas.
Certes, les amateurs de steaks hachés ont pour leur billets. Le reste est à se tirer une balle dans le pied. On n'a peur de rien, donc on ose tout et n'importe quoi.
Nous faisons face à une oeuvre qui a le talent incroyable de réunir tout les clichés du cinéma d'horreur: une bande de jeunes canaillous (originaires du 9-3 comme la majorité des personnages « Europa Corp ») est en cavale. Durant leur périple, les jeunes décérébrés décident de s'arrêter dans l'auberge la plus glauque du coin (« c'est le noooord ! », comme disait le grand Galabru). Comme cela ne semble pas les déranger de dormir sous le même toit qu'une bande de dégénérés cannibales consanguins nazis (je n'invente rien. C'est dans le script), ils décident de rester dans le but ingénieux de se faire massacrer. Bref, tu retrouves le même schéma que la plupart des « survival-horrors ». ça devient vite chiant. Le caméraman décide de bouger dans tout les sens « pour faire une mise en scène moderne » (aiiiight ! tu vois, cousin ! Ça déchire sa race !), la mannequin Estelle Lefébure pense qu'elle est crédible en méchante et les dialogues sont de la poésie à l'état brut
Pour déceler la profondeur inouïe de cette oeuvre, il suffit de prendre un extrait:
  • Victime 1 : Quelles salopes ! Putain, quand je vois comment je l'ai baisée après elle me dit qu'elle a plus envie
  • Victime 2 : J'te le disais depuis le début que c'est des putes. C'était trop beau pour être vrai
  • Victime 1 : Ça m'énerve ça, comment ça m'énerve
  • Victime 2 : 'Tain mon gars, tu tires une sale gueule. C'est cette tasspé qui te met dans cet état ?
  • Victime 1 : Nan mais, j'en ai rien a foutre de cette pute là. J'en ai rien a branler, elle pue de la chatte en fait
 
P'tit bonus: le papa ancien SS ! Attention ! Celui-ci est un nazi assez puriste puisqu'il a décidé de garder l'accent allemand et son ancien uniforme de service. On ne rigole pas avec les traditions !
 
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 Des p'tits faux airs à un certain homme politique français. Vous ne trouvez pas ?
 
Vous l'avez compris: le film a voulu avoir un sous-entendu politique. On cherche à nous dire que « les nazis, c'est des vilains. Il ne faut dormir pas chez eux ». Mais, le message est tellement naïf, vulgaire et ridicule qu'il passe pour une énorme blague.
Vous allez me dire: pourquoi je vous parle de ce film ? C'est simple. « The Divide » a été réalisé par le même réalisateur que « Frontière(s): Xavier Gens. Outre le fait d'être l'initiateur de cette grosse bouse de « Frontière(s) », il a aussi mis en scène le très mauvais « Hitman ». Je pardonne facilement. Même si les préjugés demeurent toujours tenaces, je deviens vite curieux quand je vois un trailer comme celui-ci:
 
 
P.S.: le film n'a pas eu le droit à une sortie ciné en France. Il faut vous contenter d'une sortie direct-to-DVD le 01/06/2012
Synopsis: Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York, neuf personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des rivalités apparaissent parmi les rescapés qui survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture. Soudain, des hommes en combinaison pénètrent dans l’abri et font feu sur ses occupants. Eva, la seule jeune femme du groupe, va devoir s’endurcir pour survivre à cette menace extérieure…
 
Allez ! Pourquoi pas ! Xavier a peut-être eu une révélation (genre « … et si je suivais des cours de cinéma). Un groupe d'individus différents l'un de l'autre est condamné à vivre ensemble. L'histoire pourrait amener un contenu intéressant sur les limites de la morale humaine dans un univers où la peur et la folie sont devenues les nouvelles règles. On nous vend un huis-clos riche et captivant. Qu'en est-il réellement ?
 
L'explosion d'une bombe nucléaire force neuf stéréotypes à s'enfermer dans un abri. Il y a le sosie de Clint Eastwood, la mère de famille avec sa gamine chiante, le black, les deux frangins et leur copain rebelle et l'héroïne avec son p'tit ami peureux et binoclard. N'étant pas des clichés pour faire des excellents personnages de film, les autres individus sont morts dans l'explosion. Après une dispute sur « comment on va survivre, Clint ? Hein ? » (oui, Clint est le proprio de l'abri), nous subissons le mauvais jeu de la gamine chiante qui n'arrête pas de chouiner. Fort heureusement, des soldats débarquent dans leur abri et kidnappent de force la gamine (merci, les gars !). C'est la baston générale. Clint et le black contre-attaquent avec des cutters et les soldats, armés jusqu'aux dents, prennent la fuite. Mon dieu, qui était ces soldats ? C'est quoi ces tenues bizarres ?
Pour répondre aux questions, on envoie un des frangins en expédition. Lors de sa sortie, ils découvrent que les soldats font des expériences scientifiques. Il prend peur, tirent sur tout le monde et revient à l'abri. Là, les méchants soldats décident de les condamner en soudant leur porte d'entrée. La situation devient donc critique: ils n'ont plus aucune chance de fuir. On commence donc à parler de cannibalisme, des cinglés se forment. Le rationnement alimentaire de Clint énerve tout le monde et ça finit en révolte. A partir de là, tout le film tombe dans la gratuité la plus totale: ça amène sur une torture où on excelle dans les gros plans (hop, je te coupe un doigt et puis un autre), sur une scène de sexe WTF (en tenue anti-radiations et laisse pour chiens), sur l'agression sexuelle du binoclard, ect. Au milieu de ce bordel, on a le droit à la fameuse idylle secrète entre la gentille et un des jeunes hommes. Mais, on fait court car « la tendresse, c'est pour les fiottes ». La fin se conclut encore dans la merde puisque l'héroïne fuit par les fosses sceptiques (seule sortie possible pour Xavier Gens car il s'agissait de la conclusion la plus crade).
 
Alors que « La Route » de John Hillcoat excellait sur les mêmes thèmes. Dans « The Divide », le contexte post-apocalyptique n'est qu'un vulgaire prétexte pour montrer des scènes toutes plus injustifiées les unes que les autres. La vague tentative de sonder les bas fonds de l'âme humaine se ramène juste sur la conclusion qu'on devient un pervers maniaco-dépressif à tendance sado-maso au bout de deux jours d'enfermement. Mouais, pas concluant.
C'est poussif, lourdingue, sans logique. « The Divide » est au-dessus de « Frontière(s). Le jeu d'acteur n'est pas aussi mauvais, les mouvements de caméra sont plus raisonnables et les moyens sont plus conséquents. Mais, Xavier Gens ne parvient toujours pas à construire intelligemment un propos en évitant la surenchère. Les situations surannées enfoncent un film qui aurait pu être fort sympathique. Dommage. Je retourne voir un film d'Alexandre Aja.
 
Lef Dur

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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