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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 18:04

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Aujourd'hui, le « nanar express » passe une nouvelle fois par la station « Cannon Group ». Oui... encore ! Après Invasion USA et Superman IV, nous allons nous attaquer à un autre film de la fameuse fabrique de nanars. Je sais que ce n'est pas très sympathique de frapper une victime déjà à terre. Mais, j'ai toujours été un adepte de la facilité. Cannon, c'est le firmament de la nanardise, l'éden des films bourrins et écervelés, le refuge du commando le plus dévastateur de la Terre. Chuck Norris, Sylvester Stallone, Jean-Claude Van Damme, Michael Dudikoff, Charles Bronson, Dolph Lundgren ! Ils sont tous devenus les fers de lance de ce légendaire studio de série B, racheté par les cousins Menahem Golan et Yoram Globus en 1979. Et ces films qui sentent bon la sueur, les beuglements virils, les discours patriotiques, la testostérone, le soufre: Over The Top, Cyborg, Exterminator, Cobra, la série des Delta Force, American Ninja, Portés disparus ou encore celle des Justicier dans la ville. Nous pouvons aussi préciser que le studio fut l'initiateur bienheureux de la série « Walker, Texas Rangers ». Ah ! On fait moins les malins !? Donc, merci Cannon d'avoir offert à son public du nanar de choix. Sincèrement... merci !

 

Expendables 3 arrive sur les écrans cet été et je souhaitais faire la chronique d'un des membres du crew: Dolph Lundgren. S'il existe un acteur avec un parcours assez insolite, Dolph Lundgren pourrait faire bonne figure dans un top. Qui pourrait croire que ce suédois au visage carré, enchaînant des films d’actions bis plus crétins les uns que les autres, fut un brillant étudiant de quatre universités internationales (dont les prestigieuses Institut royal de technologie de Stockholm et MIT), puis devient en 1982 majeur en ingénierie chimique par l’Université de Sydney. Ses 160 de QI (si, si. C’est vrai) et ses formations ne sont qu’une infime partie de son CV, puisque le monsieur entretient tout aussi bien son corps que son esprit. Kick-boxing, full-contact (où il remporte deux prix internationaux), haltérophilie ( à souligner sa participation dans l’équipe d’Australie en 1982), judo, karaté (troisième dan, mec), pentathlon (capitaine de l’équipe américaine aux JO d’Atlanta en 1996, rien que ça). On peut rajouter un peu de fitness, mais ça c’est seulement quand il s’ennuie entre deux compétitions internationales. Ah oui… c’est aussi un batteur confirmé. Lors de son séjour aux Etats-Unis, il se dit alors que le cinéma ne devait pas être un grand défi pour lui. Après les sages conseils d’un des papas de l’Actors Studio, Warren Robertson, il obtient son premier rôle dans un film de la franchise James Bond, Dangereusement Vôtre (1985) où il incarne un agent du KGB. Son physique particulier (grand, blond, visage de marbre) interpellent immédiatement tous les producteurs cherchant un potentiel méchant soviétique. C’est ainsi qu’il devient Ivan Drago dans Rocky IV, le méchant boxeur communiste que Rocky, symbole de l’american way of life, doit vaincre. Le ridicule ne tue pas. La preuve avec le succès du film qui propulse Dolph au rang des espoirs du cinéma bodybuildé.

 

A côté de cela, Cannon Group, toujours avide d’un succès commercial majeur, obtient l'autorisation de faire une adaptation cinéma du célèbre dessin animée « Les Maitres de l'univers » (Masters of the Universe), qui servait lui-même de promotion à la fameuse gamme de jouets Mattel, qui fut longtemps le gouffre financier de nombreux parents, harcelés par des enfants trop capricieux. Qui ne connait pas le nom de Musclor, grand guerrier d'Eternia, en lutte constante contre l'impitoyable Skeletor qui ne rêve, lui, qu'au contrôle de l'univers. Rien que ça. Autant vous dire que Cannon s'imaginait déjà toucher le jackpot.

Dolph Lundgren accepte le rôle de Musclor, pensant qu'il allait avoir le grand rôle censé le starifier, à l'instar d'un Schwarzenegger avec Conan. Bref, tout le monde avait de grandes espérances pour le film. Il y a juste à lire la description saisissante que nous donne la production:

 

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"De surprises choc"... ça c'est sûr. ça va être un sacré choc visuel


Au lieu de tout cela, l'unique film de Gary Goddard ne sera qu'un concentré de kitsch eighties, mêlant la niaiserie à l'absurdité la plus totale. A sa sortie en 1987, le film fut un échec artistique et commercial cuisant, Gary Goddard arrêta sa brève carrière de réalisateur et Dolph Lundgren ne sera plus rencardé que sur des productions mineures. Il ne reste plus qu'un film de SF eighties désuet, soutenu par des effets spéciaux et des costumes grossiers. Sans ampleur, ni audace, le film n'offre à son public qu'un nanar kitsch à la naïveté plus ou moins assumée. Les fans de Musclor n’adhèrent alors absolument pas. Cette version low cost n'apporte pas les petites choses essentielles venant de l’histoire d’origine : pas d’Orko, ni de Kringer, le fameux tigre de combat. Pas de transformation d’Adam en Musclor, et la phrase culte « par le pouvoir du crâne ancestral » est mise au placard. Faute d’un budget convaincant, la majorité de l’histoire ne se passe même plus sur la planète d’Eternia, mais dans les rues d'une banlieue californienne. Exit… les grandes aventures épiques !

 

Le film commence donc sur la planète d’Eternia. Le vilain Skeletor (Frank Lagella) est énervé ! Sans doute parce que son visage se résume à un mauvais masque en latex. On pourrait penser qu’il ne porte ce truc que pour Halloween, mais non… et il continue à penser qu’il parait crédible ainsi. Personne n’ose lui dire de peur de le contrarier. Parce que lorsqu'il est vexé, il se lance dans des interminables monologues de méchant dictateur intergalactique, insistant sans cesse sur des mots comme « pouvoir », « destruction », « chaos » et autres termes machiavéliques. Puis, attention ! On vise la rime riche : « L’univers est le pouvoir, l’inattaquable pouvoir ! Je suis la force ! Je suis le pouvoir ! ». Rajouter à cela qu’il a un sens de la déco très limité (des murs en carton-pâte, des couleurs vives avec quelques crânes pour faire un peu plus « dark ». Ben ouais… il ne faut pas oublier qu’il a une réputation de super vilain à tenir) et il surjoue énormément. Sans cela, il est certain que Skeletor serait un chic type. Avec ses soldats ressemblant à des contrefaçons de Dark Vador (Skeletor ? Tu payes les droits réservés ?), il est parvenu à conquérir une bonne partie de la planète. On se demande bien comment vu qu’aucun de ses mecs est capable de viser correctement avec son flingue. Même un éléphant dans un couloir de métro pourrait leur échapper. Alors, même en se baladant à moitié à poil et ne se battant qu’avec son épée, Musclor peut dormir sur ses deux oreilles.

 

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« Je savais pas que déblatérer des monologues machiavéliques était aussi crevant. Pfou... dur d'être un super vilain. »

 

Il n’empêche que notre héros et ses deux copains, Teela (Chelsea Field) et le maître d’armes (Jon Cypher), sont en fuite. On peut certes se moquer du jeu d’acteur surdimensionné de Frank Lagella, mais qu’en est-il de celui de Dolph Lungren ? Le dernier espoir d’Eternia n’est qu’une tête blasée de basset sur des pectoraux. A croire que ça l’emmerde de sauver le monde. La résistance se limite donc à trois gars… et un gnome poilu (Billy Barty). Si Musclor commet bien une erreur, c’est de sauver cet être abject des troupes de Skeletor. Gwildor (le nom du gnome) est censé être l’élément comique du film… mais, comment dire ? ... hum… TUEZ-LE ! C’est un Jar-Jar Binks puissance 10. Chacune de ses blagues est un appel au suicide, chacune de ses paroles est un viol auditif, chacune de ses actions est une déclaration de guerre à l’intelligence.

 

 

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Gwildor, ennemi public n°1

 

On nous explique que ce petit bonhomme moche est un génie (ah bon ?), inventeur d’un objet précieux convoité par Skeletor, une clé cosmique, qui permet de créer des portails dimensionnels. Les méchants sont sur le point d’embarquer Gwildor lorsqu’il est sauvé in extremis par nos héros. On apprend par la suite que Skeletor cherche à mettre la main sur la clé cosmique, mais aussi qu’il en détient déjà une (pourquoi cherche-t-il à en posséder une deuxième ? On a pas trop d'infos. Il souhaite probablement monter une collection. Va savoir…). Faut dire que les soldats n’ont pas cherché bien loin dans la baraque du gnome, puisque la clé cosmique est bien mise en évidence sur une petite étagère. Dans la séquence suivante, nous nous retrouvons dans la base du vilain Skeletor qui apprend l’existence d’une deuxième clé. Attendez, attendez… il donne l’ordre de trouver un objet dont il ignorait l’existence. C’est quoi ce bordel !? Alors soit il souffre d’amnésie partielle, soit il aime faire des blagounettes à ses sbires. Dans tous les cas, il n’est pas content. Ses ennemis possède une arme redoutable : la clé cosmique (ou le gros tube lumineux avec des touches, comme vous préférez).

 

 

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Par le pouvoir de la terrible surimpression, je te vaincrais !

 

 

Pendant ce temps, Musclor et ses amis, après une courte incursion chez Skeletor, fuient par un portail dimensionnel et atterrissent sur notre bonne vieille Terre. La clé cosmique se retrouve entre les mains d’un teenager américain (Robert Duncan McNeill) et de sa copine nunuche (la très jeune Courteney Cox dans son premier « grand » rôle au cinéma). Skeletor réplique en envoyant sa troupe d’élite afin de récupérer l’objet et tuer Musclor. Quand il parle de « guerriers d’élite », ça se résume à des monstres et des psychopathes maladroits et abrutis, accoutrés n’importe comment. Je me demande à quoi ressemble les pires soldats de Skeletor. Bref… Musclor sauve les teenagers qui, eux, ne sont pas vraiment surpris d’être secouru par un mec en slip. Tout est normal. Sur leur trajet, Musclor parviendra même à se faire des copains terriens.

 

 

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Rien de plus normal que de faire confiance à des mecs habillés comme ça.

 

Après plusieurs échecs, Skeletor décide de prendre la totalité de sa troupe (dix figurants) et d’intervenir himself sur Terre.

Le final s’achève sur Eternia dans un combat épique où tous les codes du nanar sont respectés à la lettre. Nous retrouvons ainsi un fusil à pompe à recharge illimitée. Les méchants sont toujours incapables de viser correctement. Musclor, armé de sa seule épée, trouve qu’il est tout à fait logique de se battre à poil face à des ennemis équipés de fusils et d’armures. Mais il peut être serein puisque certains méchants oublient qu’ils ont un flingue, et pensent qu’il est préférable de se battre à mains nues.

 

Après un rapide clash verbal entre les deux antagonistes, le spectateur peut admirer la conclusion tant attendue : le gentil Musclor bat le vilain Skeletor… et fin !

 

 

 

 

 

Le film pourrait être défendable sur quelques points. Les Maîtres de l’univers demeure un entertainment assez fun, avec des scènes de combats de bonne facture. Toutefois, il est loin du charisme d'un « Star Wars », oeuvre dont il essaye difficilement de copier l'essence. Je le conseille vivement aux enfants de 1 à 6 ans et aux fans de nanars.

 

Notre « Nanar Express » repart enfin vers une autre destination. D'ici là, je vous souhaite un joyeux film et prenez soin de vous !

 

 

 

 

 

Lef Dur

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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