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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 09:39
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Chaque super-héros a le droit à ses casseroles. Batman a eu certes le mérite de faire deux gros nanars dans la catégorie poids-lourds (le kitsch Batman version 1966 – nous avons déjà décrit ce chef-d'oeuvre dans un article: Batman le film "version 1966" (Review de Zang) - et le désastreux Batman et Robin), son copain Superman n'est pas en reste avec Superman IV: The Quest for Peace.
 
 
Dès son développement, Superman IVavait déjà les atouts pour devenir un futur grand nanar. Le film est produit par l'éternel « Cannon Group », responsable des plus beaux films réac' de Chuck Norris, de Charles Bronson ou encore de Sylvester Stallone et de blockbusters sous-alimentés tels que la série des « Allan Quatermain » (pâle copie d'Indiana Jones), Cyborg, Captain America(la version de 1990) ou Les Maîtres de l'univers (oui, oui, même Musclor a eu le droit d'être massacré par la « Cannon »). La réalisation est confiée à Sydney J. Furie, obscur cinéaste de nanars d'action. Christopher Reeves, l'interprète emblématique de Superman, a initialement refusé cette nouvelle suite. Toutefois, la « Cannon » parvient à le convaincre en lui promettant de financer sa première réalisation. Ce que l'illustre productrice de navets cinématographiques ne fit jamais, alors qu'elle avait même réduit de moitié le financement de Superman IV pour permettre de lancer par la suite le projet de Reeves. Malgré son budget risible et peu convenable, le film sort sur les écrans en 1987. Bon... ce fut un bide commercial. Je vous laisse deviner pourquoi. Intéressons-nous à l'histoire...
 
Après ses vacances, Superman revient sur Terre et retourne au taf au sein du fameux Daily Planet sous le pseudonyme de Clark Kent. Mais Lex Luthor (Gene Hackman), aidé par son neveu Lenny (Jon Cryer), s'évade de son bagne (encore !). Au lieu de profiter de sa liberté et d'agir incognito, il décide de créer un nouveau plan pour emmerder l'Homme d'Acier: il vole un cheveu de Superman présenté dans un musée. Vous conviendrez que le plus célèbre des super-héros se fout d'être identifié par des tests ADN. Lex Luthor pourrait même se servir de ce cheveu pour prouver la véritable identité de Superman, mais non... il préfère créer un monstre, Nuclear Man (l'Homme Nucléaire, incarné ici par Mark Pillow), un homme radioactif capable de vaincre le fameux super-héros. Il lui suffit alors de balancer un ovule (fait à partir du cheveu) vers le Soleil et un drag-queen naît immédiatement avec des habits de catcheur, des ongles de diva et une magnifique permanente. Simple, non ? Le pépère passe son temps à beugler et à griffer, et il est d'une vulnérabilité effrayante. Ecolo à l'extrême, il fonctionne à l'énergie solaire. Il suffit donc de lui faire de l'ombre pour que son cerveau se déconnecte. Fail. Malgré cette déconvenue, Lex Luthor pense qu'il pourra enfin réaliser en toute liberté ses plans les plus mégalomaniaques, grâces à son Nuclear Man tellement « parfait ». N'oublions pas une p'tite histoire parallèle sur la course à l'armement nucléaire entre USA et URSS, où Superman décide de se faire une place d'arbitre impartial.

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On ne juge pas sur les apparences, s'il vous plaît

 
Superman IV est reconnu pour ses piètres effets spéciaux. Avec un budget réduit à 17 millions de dollars, ils perdirent beaucoup de qualité. Des effets vieux de vingt ans, des mauvaises incrustations, des décors en carton-pâte, ... tout y est pour faire jalouser Ed Wood. Ils ne font même pas l'effort de dissimuler les ficelles tirant les acteurs. Ainsi, on peut remarquer un câble tirant Superman lorsqu'il pose le pied sur la Lune ou lorsque Nuclear Man traverse plusieurs plafonds du Daily Planet. Autre indice de la pauvreté du projet: Nuclear Man détruit un mur de la Grande Muraille de Chine et Superman le reconstruit en se servant de son regard-laser qui fait réapparaître les briques. Attend... Depuis combien de temps Superman a ce pouvoir ? La véritable raison de ce pouvoir supplémentaire n'est pas pour faire beau, mais parce que le budget n'a pas permis de réaliser ce qu'il y avait dans le script original, c'est-à-dire voir Superman reconstruire la Muraille avec sa super-vitesse.

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Par contre, il peut faire office de micro-onde

 

Un bon nanar, c'est aussi beaucoup d'incohérences et de débilités gratuites. Ce « Superman » n'en manque certainement pas. Ainsi, les séquences dans l'espace défient toutes les lois scientifiques. Lorsque Superman introduit un cosmonaute dans sa navette, il n'y a pas de dépressurisation. Par contre, il y a des courants d'air dans l'espace. On peut aussi y vivre sans équipement. Si, si... c'est prouvé ! Lorsque Larry Warfield (Mariel Hemingway) est kidnappée par Nuclear Man, ce dernier l'emmène dans le vide spatial. Elle y respire à l'aise, sans scaphandre, ni de réserves d'oxygène. Elle ne congèle pas non plus sur place (-270 ° Celsius, s'il vous plaît). A croire qu'elle est une véritable kryptonienne.

 
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Le spectateur a le droit à d'autres perles: Superman devient un fervent pacifiste, s'amusant à faire des discours moralisateurs sur « faire la guerre, c'est pas gentil » et passant son temps à chopper des missiles nucléaires, lancés par les ricains et les russes, pour les mettre dans un filet géant (oui, oui... vous avez bien entendu. Il met tout ça dans un filet de pêche gigantesque). Puis, il balance le tout vers le Soleil. Hop... fini la course à l'armement !
Dans une autre scène, Superman découpe le sommet d'une montagne en carton-pâte pour boucher le célèbre volcan de l'Etna, évitant une éruption volcanique. Hop, hop... trop fastoche.
N'oublions pas non plus les clichés racistes où les Italiens sont representés comme des villageois du XIXème siècle et où les représentants des Nations-Unies sont vêtus selon les coutumes de leur pays. Ainsi, un africain est obligé de porter le boubou, un canadien la tenue de la police montée et une indienne le sari traditionnel.
Côté interprétation, l'excellent Gene Hackman semble faire ce qu'il peut pour surmonter le ridicule de son personnage de Lex Luthor. Ici, l'ennemi juré de Superman n'est qu'une caricature de super-vilain fortuné, ne cherchant qu'à se divertir par des combats entre son monstre et Superman. Chacune de ses phrases se résume à dire qu'il est le mec le plus génial de la Terre. Son appart' de luxe possède une déco bling-bling digne d'un rappeur US, mélangeant les styles dans un grand n'importe quoi excentrique. Il est accompagné de son neveu Lenny Luthor. Comique de service du film, ce dernier cabotine à mort, fait des blagues pas drôles. Avec son look punk des années 80, il est aussi un des personnages qui a le plus mal vieilli dans le film.
 
Bref... vous voulez voir un bon complément après « Man of Steel », le Kamikaze vous conseille Superman IV. Bon visionnage...

Pour le plaisir des yeux, voici un duel épique sur la Lune entre Superman et Nuclear Man (… ou Godzilla ? J'ai un doute):





Lef Dur


  


 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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