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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 10:23
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et ses terribles pouvoirs de floutage

 
 
Superman  ! Ze super-héros ! La référence du comics ! L'icône de la culture US (ex-aequo avec la souris qui porte des gants et un short) ! Il est de retour au cinéma ! Tadadaaaam !... hum...
Bon, on va maintenant cesser les acclamations et voir ce que vaut réellement ce « Man of Steel ». Le projet était de suite emballant. La Warner avait réussie une remise à niveau correct de Batman, notamment avec les opus à succès « The Dark Knight: le chevalier Noir » et « The Dark Knight Rises ». Il était donc tentant pour la fameuse major de retenter le coup avec un autre grand super-héros de l'écurie DC. La recette est la même: un remaniement plus moderne du super-héros. Contrairement à la saga du chevalier masqué, Christopher Nolan n'est plus le réalisateur, mais il demeure affilié au projet en tant que producteur. David S. Goyer reste scénariste et Zack Snyder, autre grand habitué d'adaptations de comics à l'écran, devient réalisateur. Reste à voir si cette alchimie marchera autant pour Superman que pour Batman. Après le fade « Superman Returns » (2006), l'image, déjà usée, du fameux super-héros en prenait encore un sacré coup. Lui reconstruire des bases solides avait alors de quoi séduire.
 
 
 
 
Pour l'histoire, je ne vous fait pas un dessin. Tout le monde la connait. On passe par la destruction de Krypton (instabilité du noyau + guerre civile= BOUM). Afin de préserver leur race, Jor-El et sa femme Lara largue leur enfant Kal-El dans l'espace. Le berceau atterrit sur la Terre, où il est recueilli par un couple de fermiers, Jonathan et Martha Kent. Ces derniers appellent l'enfant Clark, l'éduquent, lui apprennent à surpasser sa différence et à maîtriser ses pouvoirs. Adulte et conscient de son origine extra-terrestre, il part en quête de son passé.
 
« Man of Steel » exploite les origines du futur héros encapé avec la finesse qu'il faut, sans longue biographie détaillée et lourdingue, avec en bonus un p'tit message sur l'acceptation des autres, le respect des différences. L'enfance et l'adolescence de Clark Kent sont narrées via des flashbacks brefs et non-chronologiques, faisant le bon choix de ne pas tout dévoiler d'un seul jet, mais de l'alterner avec l'histoire du Clark adulte. Un récit morcelé qui a le mérite de surprendre le spectateur, dévoilant même la transformation de Clark Kent en super-héros au bout de quelques minutes de film.
 
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  C'est quoi cette manie de toujours bomber le torse ?

 

 

Niveau mise en scène, l'approche « réaliste » de Nolan est moins visible sur un « Man of Steel » que sur la franchise « Batman ». Rendre crédible Superman serait insensé. Va faire croire qu'un extra-terrestre en voie d'extinction qui se bat contre d'autres extra-terrestres en voie d'extinction pour préserver l'espèce humaine est une histoire plausible. Et Snyder n'est pas tombé dans le piège. Certes, les séquences se déroulant sur Terre cherchent à capter une esthétique « réaliste » digne d'un film de Ken Loach (genre: Il fait toujours grisâtre dans le monde réel) et les aspects kitsch sont misent à l'écart (fini le slip rouge et les collants bleus. Le costume est plus proche de celui du relaunch « New 52 »), mais « Superman » tient plus de la science-fiction et c'est là que la part de Zack Snyder est importante. Pour l'occasion, le réalisateur se fait même plus sobre que sur ses précédentes oeuvres, cessant ses rébarbatifs bullet timeet ralentis bad-ass. Ça reste du Snyder pompeux, mais en plus soft.

Non, l'atout majeur de ce « Man of Steel » reste son casting monstrueux: Russel Crowe qui... se castagne avec d'autres mecs (ça change, non ?), mais qui incarne un excellent Jor-El, Amy Adams, Kevin Costner et Laurence Fishburne dans les rôles respectifs de Lois Lane, Jonathan Kent et Perry White. Ils entourent un tout jeune Henri Cavill, incarnant un Superman plus affectif et plus touchant que ses prédecesseurs. Mais... la perle, c'est Michael Shannon ! Le général Zod n'a jamais été aussi charismatique qu'avec lui. Loin du méchant clichesque voulant tout detruire juste pour le plaisir sadique de le faire. Zod est un super-vilain avec des motivations et des espoirs. Sa figure est pathétique et son histoire est même touchante par certains aspects. Snyder arrive parfois à nous faire ressentir de la compassion pour cet implacable kryptonien qui est prêt à tout pour sauver son espèce. On se demanderait presque s'il ne faut pas opter pour le camp des méchants... Il est fort ce Zod.
On regretterait juste un Jonathan Kent trop en retrait et une Lois Lane qui, d'abord femme forte et indépendante, retourne dans ses travers de potiche en détresse.
 
 
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  Michael Shannon, possédé par son rôle

 

 

Il y a un autre hic avec ce film.  Durant deux heures, le spectateur assiste à une histoire bien equilibrée, débutant avec une intro digne d'un excellent space-opera, puis s'ensuit un rite initiatique appréciable, entrecoupé de quelques flash backs... enfin arrive le grand bordel: la confrontation finale entre Zod et Superman. Ce n'est plus une scène d'action, c'est le grand Armageddon. Merci Zack Snyder. On sentait que pépère ne pouvait plus se contenir bien longtemps. C'était trop calme jusqu'ici. Il fallait que ça pète. Il lui fallait son quota d'explosions, de bastons, de dommages collatéraux. Résultat: trop brouillon, long, trop looooong, excessif et incohérent. Superman est soucieux du sort des humains ? Ah bon... quand il fait péter Metropolis et Smallville, c'est donc un geste humanitaire ? Car s'il sauve l'humanité, c'est sur un champ de ruine qu'il le fait. En cadeau, il a même le droit de rouler son premier patin avec la belle Lois Lane. Ahlala... ces super-héros ! Ils sont chiants à refaire la déco au nom du bien et de l'ordre. On lui pardonne. Ce n'est pas nouveau dans l'univers du comics: le sauvetage de l'humanité passe souvent par beaucoup de morts, mais là, ce « Man of Steel » tient plus de l'abus... Fort heureusement pour lui, un super heros ne paye jamais de dommages et intérêts
 
Conclusion: un récit bien developpé, une adaptation capable de surprendre les néophytes et les fanboys et un final bordélique. A voir...
 
N'oubliez pas de voir l'article sur Superman IV: Nanar Express n°2: Superman IV (Lef Dur)     
 
 
 

Lef Dur

 

 

 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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