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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 22:20
Mama-Movie.jpg
 
Voilà... je vais me confier: je ne sais pas si j'aime ou pas « Mamà ». Et il y a rien de plus emmerdant que de se demander si on a depensé utilement un billet pour voir un film qui nous laisse un léger « mouais » sur le bord des lèvres. Bon, ça reste toujours mieux que de dépenser pour un gros navet, mais merde quoi... Tout d'abord, on nous présente le film comme de l'horreur pur, le film qui pourrait faire flipper Freddy Krueger en personne.
 
 
 
Voilà ! Même si on s'attend à se prendre dans la face quelques stéréotypes du genre, on se dit « pourquoi pas » ! Bon... c'est vrai que je dis ça pour n'importe quel film. Donc, on part au cinéma d'un pas guilleret, on achète toutes les places de la salle où est projeté le film (ouais, j'en ai marre de partager la salle avec des cons qui passent leur temps à bouffer du pop-corn ou à téléphoner durant la séance) et on admire le résultat.
Tout commence avec une scène d'introduction brutale. D'emblée de jeu, le réalisateur Andres Muschietti impose un contexte dramatique digne d'un fait divers tiré du « Nouveau Detective »: Jeffrey ( Nikolaj Coster-Waldau), jeune père de famille desespéré, a abattu froidement sa femme et deux de ses collègues. Il emmène ses deux filles âgées de 1 à 3 ans, vers une destination inconnue, mais ils sont victimes d’un terrible accident de voiture au cœur d'une forêt. Après avoir marché durant des heures dans les bois, ils tombent sur un étrange chalet abandonné (Vous imaginez déjà le genre d'ambiance sinistre qui peut se dégager. Ça sent bon le film d'horreur classique. On offre même au spectateur un p'tit lieu commun. En effet, il s'agit de la même cabane que celle d' « Evil Dead ». A croire que c'est le passage obligé pour une bonne histoire d'horreur dans les bois).
Alors qu’il s’apprête à mettre fin aux jours de ses deux filles, l’homme est interrompu par une créature qui lui brise la nuque. Ce « monstre », qu'on appellera par la suite « Mamà », va prendre les deux gamines sous son aile et les élever au cœur des bois. Un générique sympathique, accompagné d'un petit thème musical « façon Danny Elfman », accompagne agréablement la suite. BAM ! On se laisse happer par cette introduction sombre et violente, bâtie sur une intrigue forte, une performance étonnante des acteurs et une créature ambiguë, mélangeant brutalité bestiale et sentimentalisme maternel. Malgré un léger sentiment de déjà-vu, on s'attend à une mise en scène se démarquant considérablement des films d'horreur contemporains.
Mais alors, qu'est-ce qui ne va pas avec ce film ? Continuons...
Après avoir disparues pendant cinq ans, les deux gamines, Victoria (Megan Charpentier) et Lilly (Isabelle Nelisse), devenues sauvages,sont retrouvées et sont confiées à leur oncle Lucas, frère jumeau de leur père, et à sa petite amie, Annabel (Jessica Chastain). Un psychiatre offre au jeune couple une maison pour suivre les enfants. Après un départ glacial, Annabel devient peu à peu la nouvelle maman des deux filles, mais la concurrence ne va pas plaire à Mamà, qui continue à rendre visite aux enfants. Une bataille entre deux mères va alors débutée.
Dit comme ça, l'intrigue semble intéressante. N'est-ce pas ? Mais, le réalisateur oublie vite de surprendre son public avec une histoire inédite et innovante. Il adopte direct les pires clichés du cinéma fantastique. Certes, ce qui est bien avec les poncifs, c'est qu'on se sent un peu chez soi. Normal... avec des lieux communs, on est tout de suite à l'aise. Mais, si tu veux foutre la pétoche à ton spectateur, il ne vaut mieux pas le conforter dans un p'tit nid douillet. Il faut le déranger, le surprendre avec des idées nouvelles. Si tu emploies des scènes qui sentent bon le déjà-vu, il y a peu de chance de faire sursauter Bébert et Cynthia au cinéma. Non ?
(SPOILER !!!) Bon, déjà l'intrigue ! Au fil de l'histoire, Annabel et le psychiatre découvrent le passé de Mamà, celle d'une mère qui, au XIXème siècle, se libère d'un asile pour aller récupérer son enfant, mais qui, poursuivit par les autorités, se jette du haut d'une falaise avec celui-ci. Malheureusement, alors que la mère continue dans sa chute mortelle, le bambin s'accroche à une branche. Séparée de lui, elle n'a qu'un désir: le récupérer pour retrouver la paix éternelle. (FIN du SPOILER !!!). Ce genre de petite histoire où un esprit cherche à récupérer une chose sur terre pour avoir l'âme sereine, ça ne vous dit rien ? Bien sûr que si... on retrouve cela dans 50% des films de fantômes (l'autre moitié est sur le thème de la vengeance). Exploitée jusqu'à la corde, cette intrigue est visible dans des films tels que Ghost, L'Echine du Diable, Les Autres, Fog, Apparences ou encore Casper (oui, oui.. je l'ai vu ! Et alors ?!)

MAMA11.jpg
« Tu vas nous foutre la paix, ouais ! »
 
Outre les nombreuses apparitions furtives de l'esprit, sensées nous surprendre subitement, mais tellement surannées qu'elle nous fait seulement hausser les sourcils, les protagonistes ont l'illogisme de tous les personnages de film d'horreur ! Quoique plus normal que de suivre les informations d'un rêve glauque où un mort nous indique d'une voix macabre qu'il « faut aller dans la forêêêêt », se réveiller et aller se balader au lieu-dit, endroit sinistre à souhait, jusqu'à la nuit tombée ! Quel individu normalement constitué ferait ça ? Quoique plus normal que d'aller voir dans le placard ou dans la pièce où il y a des bruits étranges ! Tous les spectateurs crient: « Mais non ! Ne vas pas là-bas ! Pourquoi tu y vas. T'es conne ou quoi ? ».
On a même droit à la vieille folle qui balance des sentences macabres. Oui, oui. Le psychiatre va tranquillement demandé des informations sur les origines de la mère foldingue et là... subitement... la vieille archiviste prend sa voix la plus lugubre et se tape un monologue sur l'au-delà.
BLAM ! «  Oh, Excusez-moi madame ! J'ai du vous gifler. Vous commencez à partir en freestyle, là »


Mais alors, cher Kamikaze... ce film est si mauvais ?
Hé bien non... c'est plutôt une semi-déception. Ce film n'est pas un film d'horreur. Les distributeurs ont fait la maladresse de le présenter comme tel. Si un « once upon a time... » est inscrit au début du récit, c'est qu'il y a une raison. Il s'agit plutôt d'un conte macabre pour les grands enfants, avec de la poésie teintée de noir. Même si la morale du film est difficile à cerner, Mamà ressemble à ces films d'horreur produits par les studios Universal dans les années 20. Il transcende le genre horrifique par le côté profondément humain de sa créature, « Màma ». Comme le monstre de Frankenstein incarné par ce bon vieux Boris Karloff, Mamà est un être imprévisible, mais terriblement attachant. Si le « revival » était une des idées de base du scénario, le pari est réussi. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave. On ne dira rien.
Résultat: on a un magnifique conte ténébreux, porté par des excellents acteurs, mais plombé par de nombreux poncifs. Ça gâche le plaisir et c'est dommage.
 
Lef Dur


 
 
 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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