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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 12:42
looperfrench1029192125.jpg
Je préfère mettre l'affiche version "old school"
 
Bonjour !
Bienvenue en 2044 ! Vous venez de rentrer dans un jolie univers rétro-futuriste. On chevauche des bikes volants, on utilise des tromblons, on se shoote à coup de collyre et les méchants ne savent toujours pas encore viser correctement avec un flingue. C'est chouette. L'ambiance n'est plus au beau fixe. C'est la misère la plus complète et on se tire dessus pour le moindre prétexte. Bref, c'est comme à notre époque avec un peu plus de gadgets. Jusqu'ici, le film tient le coup. 
 
Venons ensuite à la trame principale (parce que c'est tout de même ce qui nous intéresse en tant que spectateur. On a beau nous montrer des jolies images. Si le récit ne vaut pas une cacahuète, tout tombe à l'eau): En 2074, les méthodes policières sont tellement performantes que se débarrasser d'un corps est devenu impossible. Les grandes mafias ont donc mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Via une machine à voyager dans le temps – car à cette époque, celle-ci existe, mais ne me demandez pas pourquoi cette sublime machine n'est exploitée que par les mafieux, le film ne se limite qu'à cette explication - Elle expédie leurs victimes dans le passé, en 2044, où des « loopers » les éliminent. Le mec qui se fait plomber à coup de tromblon disparaît totalement du futur. Dans le passé, personne ne pourrait identifié la victime car cette dernière, en 2044, n'existe pas vraiment. Elle n'est alors qu'un charmant bambin, voire un foutu adolescent qui emmerde la société et ses parents. Joe (interprété par un Joseph Gordon-Levitt ressemblant à un mannequin de vitrine suite au maquillage qui semblait lui donner des faux airs de Bruce Willis, vous comprendrez bientôt pourquoi), est un de ses loopers. Le seul hic d'être looper est d'avoir une espérance de vie très limitée. La coutume ou la tradition (extrêmement glauque et problématique) veut que le looper ferme la « boucle » en tuant « son lui » du futur, ce qui lui donne donc que trente ans à vivre contre une bonne paye (Imagine l'entretien d'embauche, mec. Il faut avoir une sacrée motivation pour devenir « looper »). Il semblerait que dans le futur, un nouveau boss, appelé le Maître des Pluies, a pris le pouvoir sur toutes les pègres et à demander à ce qu'on élimine tous les « loopers ». Etrange. Pourquoi fait-il ça ? Les seules informations que les « loopers » du futur ont est le fait que sa mère a été assassinée et que ce fameux « Maître des Pluies » a une blessure à la mâchoire.
Jusqu'ici l'histoire tient encore la route.
 
  
Lorsqu'on veut faire un film sur le voyage dans le temps, le problème est de bien savoir où on fourre ses pieds, au risque de tomber dans les fameux paradoxes temporels et de rendre son intrigue complétement faussée. Un exercice très casse-gueule auquel le réalisateur, Rian Johnson, ne parvient pas.
  
Exemples de gros paradoxes: Attention « Spoilers » !
  
Un soir, l'impossible arrive: Seth, un ami « looper » de Joe, le supplie de l'aider : il devait boucler sa boucle quelques heures auparavant mais il n’a pas pu. Lorsque la victime du futur est arrivée, Seth n’a pas su faire quoi que ce soit d’autre que détacher son "lui plus vieux" pour le laisser s’enfuir. Celui-ci est dans une embrouille pas possible car vu qu'il n’a pas respecté son contrat, les hommes d’Abe, chef des « loopers » envoyé du futur, le cherchent pour lui faire des misères et lui apprendre qu'on ne se fout pas de la gueule de la direction.
Après qu'Abe joue la carte du chantage avec Joe, ce dernier balance son pote. Le plus marrant arrive: Ainsi, le vieux Seth du futur, qui est en train de fuir la ville, voit soudain une vieille cicatrice apparaître sur son bras. Un message lui ordonnant d’être à une certaine adresse dans quinze minutes. Car oui, au même moment, Abe s'amuse à charcuter le jeune Seth pour faire passer des messages au vieux Seth à coups de cicatrices (car tout ce qui arrive au jeune Seth arrive irréversiblement au vieux Seth. Vous comprenez ?) Puis, vu qu'Abe s'ennuie, il continue à découper Seth Junior: le vieux Seth voit donc ses doigts disparaître un à un, et décide donc de se rendre au rendez-vous. Il part donc vers l’adresse. Ce qui sera fort difficile puisqu'Abe a décidé aussi de couper les jambes du jeune Seth, ce qui est très con de sa part. Malgré tout, le bougre parvient à l’adresse indiquée. Un homme de main d'Abe lui ouvre la porte et l'exécute froidement. Derrière l'homme de main, un médecin est en train de faire sa petite chirurgie correctrice sur le jeune Seth, qui est désormais un homme-tronc. Maintenant ! Place à un peu de réflexion !
Si Seth a eu les jambes coupées dans le passé, comment celui-ci a-t-il pu arriver dans un corps parfaitement fait lorsque le jeune Seth l’avait devant lui trente ans plus tôt ? Quand le jeune Seth le laisse s'enfuir, on a pourtant vu le vieux Seth courir sur ses deux petites jambes. Non ? PARADOXE ! Dans ce film, on ne nous abreuve pas de détails. On joue avec les incohérences en fonction de ce qui arrange le plus le script.
Mais attendez, le paradoxe le plus grave arrive ! Celui qui compromet toute l'histoire ! Nous voyons le futur du personnage de Joe. Il « boucle sa boucle » en découvrant au passage son « futur lui ». Mon dieu, il est Bruce Willis (ça, c'est la classe. Il faut avouer... et on comprend mieux la face photoshopée de Joseph Gordon-Levitt). Il prend sa retraite en claquant tout ses lingots à Shangaï dans des fêtes ou pour de la drogue. Puis, il rencontre l'amour, une belle asiatique qui l'emmène dans un petit village de la province chinoise et l'aide à surmonter sa dépendance pour les substances illicites. Puis, arrive la belle vie, l'amour jusqu'à ce que trois gangsters en tenue d'amish – sous les ordres du fameux « Maître des Pluies » - débarquent et l'enlèvent pour l'envoyer de force dans la machine à voyager dans le temps.
Mais tout ça ? ça ne devrait pas se passer ! En 2044, le vieux Joe (Bruce Willis, donc) a foncé sur son Joe du passé, lui a pété sa gueule tel un valeureux catcheur et s'est barré, empêchant ainsi le « Joe du passé » de prendre sa retraite et de vivre la même vie que Bruce Willis (c'est-à-dire « son futur lui »). WTF !?
Après moults péripéties où le jeune Joe se dépatouille avec les hommes de main d'Abe, les deux Joe se donnent rendez-vous dans un café. Le jeune Joe est comme le spectateur: lorsqu'il veut plus d'infos sur le voyage dans le temps, Bruce s'énerve et lui lâche: « On s'en tape ! ». Ce qui résume assez bien l'idée que devait avoir Rian Johnson sur la question lorsqu'il a écrit son histoire.
 
REVIEW-Looper-votre-futur-moi-s-en-souviendra_portrait_w532.jpg
"Dis-moi, vieux Joe ? Je jouerais dans combien de "Die Hard" dans le futur ?"
 
Le vieux Joe cherche l'enfant qui sera le Maitre des Pluies, le fameux tueur de loopers, pour le tuer. Ils partent chacun de leur côté, mais avec des avis divergents sur la question. "Joe du passé" retrouve l'enfant avant le "Joe du futur", cherche à le protéger– qui au passage est une bête en télékinésie suite aux produits que sa mère consommaient en masse lors de sa grossesse - et empêcher son « lui du futur » de tuer le môme. Ce qui on espère n'arrivera pas car sinon la rencontre avec son « futur lui » n'aurait jamais eu lieu. Si l'enfant meurt, pas de Maître des Pluies et donc pas d'histoire de « bouclage de boucle » et dooooonc pas de rencontre entre les deux Joe. A votre avis, que se passe-t-il à la fin du film ? Pour sauver l'enfant, le jeune Joe se sacrifie pour faire disparaître le vieux Joe et ainsi empêcher l'évènement qui allait créer le personnage du Maître des Pluies. PARADOXE ! Si l'enfant est sauvé, qu'est-ce que Bruce Willis (le futur Joe) fout dans cette époque ? La rencontre entre les deux "Joe"n'aurait même pas dû avoir lieu. Bref, l'histoire ne tient même plus la route et les auteurs du film nous offrent un spectacle qui ne devrait existé.
 
Joseph-Gordon-Levitt-in-Looper1.jpg
"Je... je ne comprend plus rien. Aidez-moi !"
 
Fort dommage pour un film dont l'interprétation et la mise en scène étaient rondement bien menées. Mais, il ne faut pas jamais négligez son récit. Donc, le Kamikaze vote pour un « sympathique, mais non... »
Dans un soucis d'objectivité, je laisse la parole aux chroniqueurs d'Allociné:
« Excellent film, vraiment bien ficelé... Plusieurs théories possible, de quoi vous faire tourner la tête !! » - laskezz
« longtemps que je n'avais pad prie autant de plaisir à voie un film d adtin. Le scenario est juste énorme, bon jeu d acteurs enfin superbe! » - geronimoo
 
 Lef Dur



 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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