Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 18:54

LES-20TROIS-20MOUSQUETAIRES-202011-20-3D.jpg

 

 

 

Le doute m'envahit souvent avant de rentrer dans une salle de cinéma. Là, j'hésitais entre Dream House et Les Trois Mousquetaires (oui, j'aime me tirer des balles dans le pied). Mais, qu'est-ce que je pouvais attendre de Dream House alors que la bande-annonce racontait déjà toute l'histoire et expliquait même le twist final ? D'habitude, quand un film possède ce genre de procédé scénaristique, les créateurs de l'oeuvre vont faire en sorte de cacher le fameux dénouement qui va te scotcher sur ton siège (« ah ! En fait, le psychopathe, c'était lui... il avait une double personnalité ! Là, je suis choqué ! »). Mais là, ils devaient être tellement déçus de savoir que leur film était du « déjà-vu » merdique qu'ils ont préferés tout dévoiler dans le trailer. Joli suicide médiatique. C'est aussi frustrant que... je sais pas... imagine que tu mates Sixième Sens  sans connaître l'issue finale et tu as un branleur qui hurle tout fort dans la salle comme un gros débile: « HEY ! EN FAIT, BRUCE WILLIS EST MORT ET C'EST SON FANTOME QU'ON VOIT DURANT TOUT LE FILM ». Regard assassin vers le gros débile qui est tout fier d'avoir spoiler (bon, c'est une pratique qui peut s'avérer très amusante).

 

Donc, mon choix s'arrêta sur « Les Trois Fucking Mousquetaires », réalisé par Paul W.S. Anderson... oui, oui le réalisateur nanardesque de Mortal Kombat, d'Alien vs. Predator et de la saga Resident Evil, celui qui a violé impunément plusieurs franchises avec ses mises en scène beaufs. Il s'attaque cette fois-ci à l'oeuvre franchouillarde d'Alexandre Dumas. En apprenant cela, on a appris que ce dernier avait réussi à exécuter un double salto arrière dans sa tombe. Et encore... c'est parce qu'il n'avait pas vu la bande-annonce.

 

 

 

Whoua ! Les producteurs américains pensent à tout ! Ils se disent: « comment faire intéresser le public (qui, selon nos avis d'enfoirés, est potentiellement con et léthargique) à une oeuvre comme celle de monsieur Dumas ? ». Eurêka ! On va leur foutre des explosions, des aéronefs, des ninjas, des yamakazis, des armes de ouf !!! (Putain, je suis impatient qu'ils nous adaptent « Antigone » de Jean Anouilh avec des robots géants et une bad girl « bad ass », ça va déglingué).

Alors, Robert me demandera: « est-ce que ça respecte le roman à la lettre ? ». Je lui répondrais: « Ben, si tu oublies les explosions, les dirigeables, les ninjas, les yamakazis et les armes de ouf... ouais ! ». La trame est la même sauf qu'on y rajoute une affaire de dirigeable de combat pour rendre l'histoire plus crédible (euh... j'ai dit « crédible ? Excusez-moi, alors).

Mais, le plus important pour Anderson, c'est de garder la « cool attitude « . On devrait pourtant lui dire que c'est ce qu'il y a de plus déjà-vu dans ce genre de film. Il faut arrêter avec le postulat de la « cool attitude ». C'est tout simplement peu original, nanardesque et lourdingue. La preuve...

 

Exemples de « cool attitude » dans ce navet:

  

Nous sommes dans la Venise du XVII ème siècle, reconstituée avec des décors en carton et de la flotte faite en images de synthèse (vraiment hideuses et dégueulasses). Là, Athos, vêtu d'une combinaison de ninja-combattant-amphibie-sadomaso, sort de la flotte dans un magnifique ralenti à faire pleurer de désespoir John Woo (N.B.: le ralenti est important pour un personnage qui a la « cool-attitude ») et dégomme avec des arbalètes repliables quelques pauvres gardes qui ne demandaient qu'à être payer à la fin du mois. Là, Athos en impose déjà dans le genre « je suis un mec cool qui en impose grave ». Mais, Milady de Winter le rejoint et lui explique qu'elle a déjà fait la part du travail du pauvre Athos. Bref, il ne sert à rien, sa petite scène de combat non plus et les gardes sont morts gratuitement.

Heureusement qu'Aramis est assez cool pour raccomoder l'image des mousquetaires puisqu'il est devenu, lui, une sorte de Batman religieux qui intervient en sautant sur une gondole (sans la faire chavirer ?) et tabassant dans des grands mouvements de cape les quelques membres d'équipage. Au passage, il se fait la superbe fille qui restait sur le bateau. La mission et sa bonne démarche, on s'en fout ! Il a bien dix minutes à consacrer à la demoiselle.

Porthos, lui,a été fait prisonnier, enchaîné avec de grosses chaines. Un geôlier l'interroge avec un fort vilain accent de gros méchant. Mais, Porthos est un mec super rusé car il lui explique qu'il s'est volontairement fait prisonnier et enchaîner pour introduire plus facilement la place forte des méchants. Whoua ! C'était son plan, ça ? Ahah il est futé. Pour résumer, son plan repose juste sur l'espoir que les chaînes qui le retiendront prisonnier seront assez rouillées pour les briser tranquillement et ainsi péter la gueule de ses geôliers à mains nues. La cool-attitude, c'est donc aussi de l'audace, de la confiance aveugle, mais aussi une bonne dose de connerie. Bon ! À la grande surprise du spectateur, il réussit tout de même à briser ses chaînes en un coup de main. Trop facile... (sans doute des chaînes faites en nougat).

Après toutes ces péripéties, les quatre individus se rejoignent pour déverrouiller un mécanisme à faire pâlir le plus psychopathe des horlogers (pratiquement hors du commun pour le XVII eme siècle) et entrer dans la crypte secrète du grand Leonard De Vinci (oui, le but est de voler un plan d'aéronef dessiné par le grand Leonard). Là, ils doivent passer par un couloir piégé où des dalles à pression déclenchent des dizaines d'arquebuses balançant des petits boulets à pointes. La cool-attitude permet ici à Milady de Winter qui, au lieu d'utiliser astucieusement sa cervelle pour éviter le piège, décide de passer dans le couloir en courant à fond la caisse ! « aaaaah, rien à foutre ! je suis une dingue !!! ». Bon, ce n'est pas forcement un problème quand le temps se met subitement à ralentir et qu'elle a la capacité incroyablement ridicule d'éviter les grosses bouboules en faisant des grands gestes à la « matrix ». Elle a même le temps d'admirer d'un air ahuri toutes les boules qui passent au-dessus de sa tête (maintenant, imagine ça en vitesse réelle et rigole). Grâce à ce geste dépourvu de bon sens, ils entrent tout de même dans la chambre secrète et volent au hasard un papier parmi tant d'autres. Mais, les gardes arrivent. N'ayez crainte... leur cool-attitude leur ont permis de développer un instinct de préservation incroyable. Ceci leur permet ainsi d'élaborer des plans pas trop risqués: faire péter le plafond de la chambre secrète pour remonter comme un vulgaire bouchon de champagne dans les eaux de Venise.

Objection de Robert: « D'accord, mais l'eau qui s'engouffre subitement par le plafond devrait-t-elle pas plutôt les entrainer au fond la crypte, redirection: le couloir piégé et les gardes, au lieu de les envoyer à l'extérieur ? »

aaaaah, mais ferme-la, Robert. Tu gâches leur magnifique sortie, là !

On l'a pourtant dit: avoir un plan à la con peut être synonyme de « cool-attitude ». Tant que ça fonctionne dans le film, hein. Que demande le peuple ?

Dans la scène suivante, nous découvrons le Duc de Buckingham (Orlando Bloom) qui incarne l'ennemi « cool » par excellence puisqu'il ne veut même pas s'emmerder à se débarrasser de ses ennemis jurés. Les trois mousquetaires étaient pourtant à sa merci, empoisonner, paralyser, à terre. Il ne profite même pas de cette aubaine pour éliminer ces témoins gênants (au moins, le film se serait achevé après seulement 15 minutes. Ça aurait été un bonheur). Nan, il doit se dire: « Je vous laisse vivant. Peut-être que vous viendrez vous venger à la fin du film ? Ahahah.... de toute façon, je suis sûr que vous n'avez pas les couilles pour venir me péter la tronche ! Chiche ? ».  

 

4e24064071270.jpg

mmmh... mon dieu qu'il semble sournois comme garçon

 

Outre ce personnage ridiculement machiavélique, il y a aussi le célèbre D'Artagnan, qui est devenu ici un jeune prépubère tombeur de midinettes. Le charmant jeune homme quitte le foyer familial après avoir reçu quelques leçons de vie débiles de son père (« Noublie pas. La véritable arme du mousquetaire, ce n'est pas son épée. Mais, son coeur ! »... merci papa, j'essayerais d'expliquer ça aux hommes qui cherchent à me trucider au combat) et part pour devenir, comme vous le savez, mousquetaire ! Il arrive donc dans un Paris du XVII ème siècle modelé par un américain moyen...

 

Petite note:

Oui bon, je m'emmerde pas à relever toutes les inexactitudes historiques du film. Le roman d'Alexandre Dumas en relevait quelques-unes, mais là c'est un florilège. Mais bon, on va pas demander à un film qui explique que les ninjas, les bateaux volants, les mitraillettes et les lance-flammes sont l'apanage de l'Europe du XVIIème siècle de faire un boulot de recherche approfondi.

 

… par la suite, notre ami D'Artagnan-le-teenager provoque en duel Athos, Aramis et Porthos parce qu'il semblerait qu'il manque cruellement d'amis. Cette rencontre sera interrompue par les hommes du cardinal qui n'ont que pour seul motif d'arrestation le droit de faire chier les mousquetaires (mais bon, cela apparait déjà dans le roman). D'artagnan, jeune garçon sans réel expérience du combat en gros, s'énerve et décide de s'attaquer à une quarantaine d'adversaires avec l'aide de ses trois nouveaux copains. C'est presque trop facile pour eux. D'Artagnan prouve par la même occasion qu'il a lui aussi la « cool-attitude ». Histoire d'enfoncer un peu plus le clou, il arrive même à draguer une jeune demoiselle de la cour tout en combattant. Elle le rembarre gentiment. Mais de toute façon, il la reverra plus tard dans le film et vous savez déjà comment ça va se passer. Ne vous attendez pas à des surprises.

 

19815338_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110920_033105.jpg

 Trop fastooooche ! Je les prend un par un...

 

La cool-attitude, c'est surtout Milady de Winter en tenue robe-commando qui continue à jouer les kamikazes dans des pièges hallucinants de débilité. Mais, c'est aussi les trois mousquetaires qui bombardent la gueule du duc de Buckingham sans avoir peur de déclencher une guerre avec l'Angleterre. Voilà, il faut pas les faire chier.

 

Si tu veux te taper une bonne franche rigolade, tu as les rigolos de services: Planchet, le serviteur grassouillet et maladroit des trois mousquetaires, qui possède un don pour la blague facile, et le jeune roi de France, petit abruti qui ne pense qu'à la mode anglaise. Ils sont les gages comiques du film. Des bonnes grosses blagues pas drôles t'attendent. N'aie pas peur. Allez viens...

 

Le final s'achève dans le plus gros fucking happy end de l'année. Une belle fin où tout le monde est content, tout le monde est heureux et où tout est beau. Le roi félicite ses mousquetaires. Bravo, les gars. Alors qu'au résultat, les mousquetaires n'ont fait que couvrir le complot de Richelieu, détruire une bonne partie des recherches de Leonard De Vinci, défoncer Notre-Dame de Paris et provoquer une guerre avec l'Angleterre. Mais, on s'en fout des détails. Bref, vous êtes des bons.

 

Le pire reste quand même le fait qu'Anderson nous inflige une fin ouverte comme pour dire au spectateur: « préparez-vous à une suite ! Youpiii! ». Non, mais non... arrête ça tout de suite ! Je vous ordonne d'arrêter ça !

 

Lef Dur

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog du kamikaze de l'ecran
  • Le blog du kamikaze de l'ecran
  • : "Le Kamikaze de l'écran" est un web-magazine libertaire offrant à l'internaute des avis de plusieurs chroniqueurs sur le cinéma, le jeu vidéo, la littérature, la BD, mais aussi sur les actualités du net. Priorité à la dérision et l'humour.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens