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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 17:08

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Marc Levy est assez connu, et vu qu'il nous pond autant de bouses infâmes que des romans sensationnels, il faut parfois faire le tri pour éviter une perte de temps.

Alors bouse ou roman génialissime ?

 

Voyons un peu ce que vau la chose. Le Voleur d'ombres, c'est l'histoire d'un petit garçon un peu particulier qui a le pouvoir de voler des ombres. un peu moins de la moitié est centré sur l'enfance, tandis que le reste des pages relate l'entrée dans la vie adulte du jeune homme.

Le fil conducteur du récit s'articule autour des ombres d'une manière tout à fait étonnante. Entre science-fiction et synonymes du mot, l'ombre insuffle une poésie trouble dont l'auteur n'abuse pas. La légéreté prime, ce qui agrémente sans alourdir.

Le sujet de l'enfance est maîtrisé en totalité. Avec tendresse, Marc Levy se penche sur les petits bobos, malheurs et bonheurs de l'enfance. Le petit garçon découvre le collège en tombant amoureux, ce qui va le conduire à se faire un grand ennemi en la personne de Marquès. Ce dernier est - je pense - le seul personnage avec des dissonances. Il est dépeint comme un cancre avec deux ans de retard, une grosse brute ventarde souhaitant devenir délégué afin d'acquérir le cœur de la belle Elisabeth, que convoite également notre petit nouveau. Jusque là, ok. C'est un peu stéréotypé mais il en faut bien un de cet acabit chaque année. Personnellement ce qui m'a interloqué c'est une tirade de Marquès, le cancre grosse brute: "Je t'ai à l'œil, me dit-il en m'empoignant par l'épaule. Ne t'avise pas pas de te présenter à l'élection du délégué de classe, je suis le plus vieux et c'est moi que revient ce poste. Si tu veux que je te fiche la paix, un conseil, fais-toi discret, et puis ne t'approche pas d'Elisabeth, je dis ça pour ton bien. Tu es trop jeune, tu n'as aucune chance, alors inutile d'espérer, tu te ferais de la peine pour rien, petit crétin."

Ok. Mais "what the fuck !?". Les termes "aviser", "ce poste", "je dis ça pour ton bien", etc sonnent un poil trop soutenu pour un Marquès ayant redoublé deux fois sa 6ème.

Tant qu'on y est, Marquès aurait pu dire "St ti t'approches d'Elisabeth, je serais fort contrarié. Et si tu te portes candidat en tant que délégué de classe, je serais même désappointé." De quoi terrifier n'importe quel petit garçon de 6ème !! Et puis, pour une terreur, c'est tout de même lui qui vient en aide au petit garçon perdu dans la forêt un jour de classe verte.

 

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  Moi, c'est Marquès le balèze. "Fais toi discret" 

                                       "Heu... voui, me tape pas dessus"

 

 

Passons.

Le point fort du roman se sont les interactions entre les personnages. Le petit garçon se noue d'amitié avec le gardien de l'école et lui viendra en aide à la manière d'Amélie Poulain. Sa relation avec sa mère est aussi très émouvante. Son meilleur ami Luc fait également parti des personnages attachants. Et que dire de la Cléa sourde et muette ! Bref, on a envie de les aimer tous ces personnages, par les petites meurtrissures qu'ils dévoilent à travers leurs ombres. Cette part cachée prend métaphoriquement forme avec du concret grâce au pouvoir du personnage central. Ce qui est un peu dommage, c'est que ce fameux pouvoir reste assez peu exploité.

Toutefois, hormis ces quelques petits regrets, je dois dire que ce roman nous fait entrer dans les rêves, est mené avec délicatesse, et offre une réflexion autour du bonheur personnel mais aussi de son entourage. On retrouve aussi le respect de l'intimité de l'autre, la maturité et l'espoir. La fin est un peu naïve mais garde la ligne éditoriale qui est posée au début, à savoir faire vivre ses rêves d'enfant.

 

Les +:

- Facile à lire, écriture poétique

- Des personnages attachants

- Beaucoup de petites touches mignonnes entre les personnages.

- Un concept intéressant du voleur d'ombres

- Un personnage principal que l'on peut suivre de son enfance à sa vie d'adulte avec un réel intérêt de récit entre les deux temporalités. L'enfance n'est pas racontée pour nous émouvoir.


Les - :

- Le pouvoir de voler des ombres reste trop en surface. Ça peut être frustrant pour le lecteur.

- Une certaine naïveté.

 

En bref, Le Voleur d'ombres est un excellent petit roman qui ne peut pas vous faire passer un mauvais moment. Il se lit très facilement, est bouleversant. Il peint de manière fragile et délicate les vestiges de l'enfance, le combat pour vaincre ses peurs et démons intérieurs. Il montre aussi que le bonheur passe par celui de son entourage, mais qu'il faut savoir prendre des risques pour être heureux et que si l'on ne se donne pas les moyens, nos seuls compagnons seront les regrets. Voilà donc un roman délivrant un message d'espoir, un peu naïf, mais porteur d'humanité.

Attention toutefois, ce n'est pas le roman qui bouleversera toute votre vie. C'es frais, léger, drôle, attendrissant, émouvant. C'est déjà pas mal.

 


Aurélie R.



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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans BD - Littérature
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