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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 20:13
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  Ca va chier des bulles.
 
 
Même si vous n’avez jamais vu le film de votre vie, même si vous ne connaissez pas la célèbre phrase « I’ve a feeling we’re not in Kansas anymore », même si vous ne connaissez absolument pas l’histoire (plus connue aux States), même si vous n’avez jamais entendu parler de souliers de rubis, vous connaissez très certainement la magnifique chanson concoctée et chantée par l’actrice Judy Garland, reprise moult fois depuis, « Somewhere over the rainbow ». Mesdames et messieurs, j’ai l’honneur de critiquer Le monde fantastique d’oz, préquelle du Magicien d’oz.
 
Cependant, lorsque j’ai découvert la bande-annonce du film, j’ai été… perplexe, parce que :
1/ C’est un prequel (phénomène très à la mode). Là, j’ai eu la sensation que Sam Raimi n’a pas voulu prendre de risque : « Tiens, et si je visitais les origines du Magicien d’Oz ? » Mouais.
2/ Walt Disney : depuis le très décevant Alice au Pays des Merveilles, je m’attends à tout. Surtout s’il s’agit du même producteur…
3/ Je sens gros comme l’état du Kansas que le réalisateur s’est permis quelques libertés… L’imagination c’est bien, mais si on sort de l’ambiance originelle de l’histoire, moi je boude.
 
MAIS ! J’osais espérer quelques points positifs. Dans cette même bande annonce, certains détails m’ont déclenchée un sourire plein d’espoir. D’abord, Sam Raimi reprend des personnages ou des éléments présents dans le livre et/ou dans le film d’origine (donc un certain respect pour l’univers). Et puis, j’ai été envahie par une petite vague nostalgique en voyant le Kansas filmé en N&B, la tornade qui se déchaine, toussa.
 
Alors, j’ai mis ma plus belle robe, coiffé ma tignasse, arrangé le tout avec mon plus beau ruban, mis mes chaussures vernis (rouges, évidemment), et je suis donc allée au cinéma découvrir le film.
Un bref résumé pour vous mettre dans le bain ? Oscar Diggs est un petit magicien de cirque qui se retrouve un jour emporté par une tornade dans sa montgolfière (tiens, tiens ! Ca ne vous rappelle rien ?). Il découvre le pays d’Oz, extravagant, riche en magie et couleurs, bref, rien à voir avec le Kansas morne et poussiéreux. L’occasion de décrocher la fortune et la gloire, si ce n’est qu’il doit accomplir une prophétie…
Le film commence avec un générique soigné, rétro style les débuts du cinématographe. Un très bon travail, tout en accord avec la musique (composée par Danny Elfman, musicien attitré de Tim Burton : Edward aux mains d’argent, Charlie et la Chocolaterie, Les Noces Funèbres, et j’en passe). On est d’emblée plongé dans l’univers fantasmagorique du film. Suite à cela, nous nous retrouvons dans une foire en plein Kansas, en 1905. On nous présente le personnage principal tenu par James Franco : sournois, charmeur, sans scrupule, égoïste, bref, le profil du parfait escroc. Qui plus est minable, puisqu’il se présente comme un magicien de bas étage avec ses tours de passe passe. Bon. Jusque-là, rien de très folichon, sauf qu’à un moment, le voilà dans sa montgolfière (je vous passe les détails). Pas de bol, une tornade arrive à ce moment-là. Et le voilà parti pour un voyage merveilleux.
 
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  Ah ouais ! Ca claque sa mère !
 
 
Après le portrait du personnage principal, Sam Raimi nous brosse celui du pays d’Oz. Couleurs flamboyantes, paysages grandioses, nature extravagante, on en prend plein les yeux. Et c’est tant mieux pour nous ! On se laisse naïvement emporter par les grands plans, en long, en large, en travers. Mais ça ne dure qu’un bref moment (même si on a droit aux plans de paysages tout au long du film), puisqu’ensuite vint l’instant où l’on découvre les autres personnages. Et là c’est le drame (enfin, presque).
 
 
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  Beautés empoisonnées : sois méchante et tais-toi !
 
  
Mila Kunis, Rachel Weisz, Michelle Williams : à priori, on a quand même un bon casting, non ? Dommage, les rôles qu’elles incarnent ne tiennent pas leur promesse, à cause d’un scénario trop naïf, tiré par les cheveux. Mila Kunis incarne au début de l’histoire une gentille sorcière, un chouille ingénue dans la mesure où elle se laisse séduire par le numéro de charme du Magicien. Et paf ! Elle réalise plus tard son erreur, se dit qu’elle a été bien conne (oui), ça fait bobo à son cœur, et la voilà devenue la puissante et méchante sorcière de l’Ouest, son chagrin l’ayant transformée en un monstre verdâtre et bien connu de l’histoire originale. Ouhlà là ! Voilà donc d’où vient cette méchante sorcière, quelle révélation, ça va changer ma vie ! Euh… c’est tout ce que vous avez trouvé pour expliquer ses origines ? Un chagrin d’amour ? Comme Dark Vador ? Soyons sérieux. Quant à Rachel Weisz, une question me turlupine : à quoi elle sert ? Selon toute vraisemblance, elle serait donc la méchante sorcière de l’Est (vous savez, celle qui se fait écraser par la maison de Dorothy). Si c’est le cas, une seconde question me tourmente : où sont ses foutus souliers de rubis ?! Aucune apparition ou mention de ces objets cultes dans le monde du 7eart. Me voilà bien déçue. Michelle Williams, enfin : c’est encore la moins pire dans son rôle de sorcière (si ce n’est qu’elle se présente comme la sorcière du Sud, alors qu’elle est censée représenter le Nord… encore une bourde que je n’explique pas). Pas trop niaise (ouf !), mais relativement fade et peu attrayante. Dommage, on assiste à trois beaux gâchis, en somme. Heureusement, des personnages secondaires attirent notre attention  : le singe Finley, drôle tant par les gags visuels qu’il provoque que par ses répliques. Sans en faire trop, bien sûr. Une présence bien dosée accompagnée de la poupée de porcelaine, aussi amusante qu’attachante.
 
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 Mon avis personnel ? Sam Raimi nous a pondu un film digne de notre époque : une prouesse technique, qui vaut le coup d’œil au sens propre, puisqu’il joue avec les couleurs, les personnages animés en 3D, les paysages grandioses, des costumes soignés… Faut dire que le film s’y prête bien. Sauf qu’en contrepartie, on perd en richesse au niveau du scénario (qui a tendance à trainer en longueur) et des personnages stigmatisés dans des stéréotypes appauvris sans fond. On manque des occasions en or pour marquer de véritables clins d’œil au film du Magicien d’Oz. On parle de ferblantiers, pourquoi n’en profite-t-on pas pour nous parler du personnage de fer-blanc ? Mystère. On aperçoit un lion brièvement au début du film, s’agit-il du fameux lion peureux ? Allez savoir. Pourquoi les souliers de rubis sont absents dans ce prequel, dans la mesure où tout tourne autour d’eux dans Le Magicien d’Oz ? Encore une question sans réponse. De frustration en frustration, la fin finit par un classique happy end, avec une histoire d’amour entre Glinda et le Magicien. Pitié. Le pire ? La chanson du film est chantée par Mariah Carey. Achevez-moi.
 
Néanmoins, j’accorde une bonne note pour le respect de l’univers, tout à fait fidèle à l’histoire d’origine. Merci, Sam, tu n’as pas trop chié dans la colle sur ce coup.
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  Suis la route pavée de briques jaunes, et tu verras la cité d’Emeraude !
 
 
Allez, pour conclure sur cette critique, en quelques mots : si vous êtes un féru du Magicien d’Ozcomme moi, vous serez affreusement déçus. Sam Raimi n’a véritablement pas marqué le coup, même si on sent qu’il s’est amusé à visiter avec nous cet univers si particulier. Dans le cas inverse, vous prendrez (peut-être) plaisir à ce divertissement pendant ces 2h. Mais, des détails vous échapperont, et vous risquez de rester dans le flou. Nous voilà donc le cul planté entre deux chaises si j’ose dire ! Un film moins catastrophique qu’Alice au pays des merveilles, mais superficiel, sans profondeur ; si vous le manquez, je vous rassure, vous n’avez pas raté votre vie.
 
Bande-annonce:
 

 

 

Clémentine Samara

 

 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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