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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 10:26

  hobbit-affiche.jpg

Le Hobbit, un film d'animation ? 

 

 

(silence)

 

 

 

Mais... qu'est-ce que c'est que ce truc ? Ok... Peter Jackson, je t'adore. J'ai aimé la grande majorité de tes films. Bad Taste, Les Feebles, Braindead, Créatures célestes, Forgotten Silver, Fantômes contre fantômes, la trilogie du Seigneur des Anneaux. Il y avait un sens du spectacle ou alors de la joyeuse subversion. C'était super ! Mais là qu'est ce qui s'est passé ? Les deux premiers volets du « Hobbit » étaient certes poussifs, mais tu n'avais pas le droit de finir la trilogie sur un ton aussi nanardesque. Ton adaptation de l'œuvre de Tolkien est aussi peu respectueuse que le boulot effectué par Paul W.T. Anderson sur Les Trois Mousquetaires en 3D. Le niveau de grand n'importe quoi est tout aussi proche.

On va encore dire que j'exagère, mais là non ! Alors qu'est-ce qui ne va pas avec le Hobbit: la Bataille des Cinq Armées ?


Parlons du scénario ! C'est simple, il n'y en a pas. Ce volet s'articule principalement sur la bataille. Voir de la baston, c'est bien. Mais s'il n'y a aucun enjeu pour soutenir tout cela, ça devient rapidement ennuyeux. Les personnages n'évoluent pas d'un pouce. Seul Thorin sort son épingle du jeu, éclipsant totalement ce pauvre Bilbo qui devient ici un personnage quelque peu secondaire.

Nous avons déjà parler du gros défaut d'adapter une œuvre aussi peu dense comme Le Hobbit en trois films. Jackson est obligé de l'étirer au maximum (voire un peu trop), en y ajoutant des éléments externes au roman de Tolkien, notamment le combat entre le nécromancien (Sauron) et Gandalf. Il pioche dans des passages du "Seigneur des anneaux", des "Contes et légendes inachevés" et du "Silmarillion" pour construire une histoire parallèle à celle du "Hobbit" (n'oublions pas que l'intrigue principale du "Hobbit" est le voyage vers la montagne solitaire pour dérober le trésor du dragon Smaug... et c'est tout). C'est un but louable: c'est un supplément d'informations pour ce qui va suivre dans les évenements retracés dans "Le Seigneur des Anneaux". Sauf qu'elles continuent à être totalement inutiles. Tout ce qu'on voit, on le sait déjà en voyant le Seigneur des Anneaux. En voyant ses scènes superflues dans les deux premiers volets, je me disais : « ok, attendons de voir. Il fera sans doute un lien avec l'intrigue principale du Hobbit. Soyons indulgents ». Mais non ! Même pas ! On pourrait mettre ces deux histoires côte à côte, elles resteraient distinctes et autonomes. Ces scènes ne sont là que pour le fan service. On nous montre Saroumane et Elrond faire du kung-fu contre des nazgûls et tout le monde est censé être content (c'est comme foutre la tronche de Legolas dans les ¾ du film. Vu le nombre important de personnages, il n'était pas essentiel au récit. Il n'est là que pour le fan service). Au fur et à mesure du film, cette nostalgie devient de plus en plus entêtante, et Peter Jackson la place dès qu'une occasion se présente. Il y a notamment cette discussion inutile entre Legolas et Thranduil à la fin de la bataille. Grosse modo, ça donne ça :

 

Legolas: "Qu'est-ce que je vais faire à présent ?"

Thranduil: "Je sais pas... ah si, tu pourrais aller voir un rôdeur"

L.: "oui... et ?"

T.: "C'est le fils d'Arathorn"

L: "Oui ?"

T.: "On le nomme Grand-Pas. Tu devrais aller à sa rencontre"

L.: "Pourquoi je ferais ça ?"

T.: "Nan, mais cherche pas ! Vas le voir et puis c'est tout. Comme ça, on fait un enchaînement avec la prochaine trilogie !"

L.: "Ah ! D'accord."

 

En parlant de personnages inutiles, mentionnons la présence d'Alfrid.  Peter Jackson se rabaisse à mettre un comique de service comme s'il servait la dernière soupe populaire offerte par Hollywood. Et celui-là, il est gratiné. Du surjeu, du cabotinage à faire pâlir Jar-Jar Binks. On lui colle même un physique disgracieux pour bien montrer au public que l'individu est de la race des fourbes. Pour ce qui est de l'humour, même Planchet dans les Trois mousquetaires en 3D était plus drôle que lui, c'est pour vous dire le niveau de nullité du gars.

 

hobbit-2-copie-1.png

Né pour être méchant

 

 

Côté dialogue, on frôle le néant. On notera notamment les répliques de Tauriel, une elfe pleurant la mort de son nain chéri: « l'amour fait toujours aussi mal ?". Et là Thranduil, un autre elfe, lui dit: "Seulement quand il est beau". On va dire que pour l'inspiration, Peter Jackson s'est pas trop foulé. On s'attend à entendre ça dans un soap, pas dans le dernier « Hobbit ». Et dîtes vous qu'ils étaient quatre sur ce scénar' !

 

 

Passons au plus gros du film : Les scènes de bagarres. C'est le principal intérêt du film. Voyez par vous-mêmes : environ 1H30 sur 2H de film est consacré à la fameuse bataille des cinq armés. On s'attend à de l'épique pour clôre cette aventure. Résultat: on n'y croit pas. Tout est surréaliste, exagéré. Tout paraît faux. Bref, on n'y ait pas.

Les scénes d'actions des deux premiers volets étaient spectaculaires. Toutes les scènes s'articulaient dans des chorégraphies parfaites. Il y avait du dynamisme. C'était digne d'un ballet. Mais là, on frôle un voyage dans la wagon du Nanar Express.

 

1.  Legolas et Bard : ces deux gars rentrent dans la catégorie des ninjas intouchables. D'un côté, vous avez Bard. Un humain comme vous et moi, sauf que lui il est capable de cavaler sur des toits comme un véritable chat et qu'il te bricole un arc géant en deux secondes avec un élastique et deux bouts de bois... et de son fils comme appui ("ne bouge pas fiston... pour une fois que tu me sers à quelque chose"). Il peut te toucher une cible alors qu'elle se trouve à 300 kilomètres de lui. Mais, ça c'est rien. Il a de la concurrence !

Et Legolas, cet elfe qui n'arrive pas à se battre sur la terre ferme. Non, ça l'énerve. Lui, il choppe des chauve-souris volantes en plein vol. Il peut se battre la tête en bas, faire des chutes de 40 mètres, combattre en surfant sur toutes les surfaces planes qu'il croise. Il arrive même à arrêter le temps pour pouvoir sauter tranquillement sur des pierres en pleine chute libre. Il défie la loi de la gravitation ! C'est so bad-ass, mais ils en font trop ! On n'y croit plus.

Et que dire du final !? Alors que la situation est critique pour nos héros, Jackson nous ressort (encore!!!) les éternels aigles géants pour leur sauver les miches. Deux ex machina ! Ça en devient vite lassant.

 

 

hobbit-peter-jackson.jpg

« ah non, mais moi je m'emmerde pas avec les dénouements ! Des aigles, des aigles et encore des aigles ! »

 

 

2. Dans la Terre du Milieu, il faut savoir imposer son style. Pour montrer qu'on est le mec le plus classe du coin, il faut savoir s'équiper d'un destrier original. On connaissait les lièvres de Radagast, on a dorénavant l'elfe avec son caribou aux bois gigantesques (il s'en sert pour empaler six orques en même temps... si, si. Rien que ça) et le nain et son phacochère d'assaut. Et je ne parle pas des bouquetins !

 

 

hobbit-1.png

Thug life ! Tu peux pas test...

 

3. Les deux premiers volets étaient des véritables claques visuelles. Les effets spéciaux nous en avaient mis plein les mirettes. Or, La Bataille des Cinq Armées est d'une laideur digne d'un blockbuster sous-alimenté. Alors que le décor ne se résume qu'à un seul lieu, l'équipe n'en profite pas pour faire dans la qualité : animations bâclés, effets spéciaux désuets,...

Adieu l'authenticité du Seigneur des Anneaux et ses décors naturels,  Le Hobbit est un véritable film d'animation...

 

Conclusion: Je n'attendais plus grand chose de cette trilogie, juste voir un grand moment de spectacle. Même à ce niveau, la déception est au rendez-vous. Peter Jackson effectue un service minimum avec un scénario bâclé et une mise en scène paresseuse. Peter, ne nous refait plus jamais ça...

 

 

 

 

 

Lef Dur

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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commentaires

Tùriel 15/12/2014 12:07

Euh... tu as oublié le discours profond et utile sur la mère de Legolas.... et pour défendre l'amour intouchable de Kili et tauriel (non elle ne mérite pas la majuscule, car c'est une nouille
celle-là elle aurait pu l'embrasse de son vivant, non mais franchement) En VO, Thranduil dit : because it is real. Bon, j'aime mieux le I SEE YOU.... Mais bon, question de goût.

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