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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 20:39
Le « Kamikaze de l'écran » ne peut résister au spectacle d'un bon vieux film propagandiste « made in USA ». Ayant loupé la sortie au cinéma, il était dommage de louper le DVD/Blu-Ray du dernier chef-d'oeuvre du cinéma d'action 'ricain. Attention aux yeux, voici l'affiche ! Ouais, ça pique. Je sais...
 
maison-white-affiche.jpg 
Un Gerard Butler avec une moue déterminée, les habituelles explosions en arrière-fond, la Maison Blanche découpée à l'arrache sur Photoshop© et la sainte bannière étoilée en lambeaux (… Heureusement que Gerard est placé devant pour protéger les restes).  
     
   
Synopsis: Suite au décès accidentel de la première Dame, Margaret Asher (Ashley Judd), Mike Banning (Gerard Butler), ancien garde du corps du président des États-Unis Benjamin Asher (Aaron Eckhart), se retrouve relégué à un poste de bureau. Lorsque des troupes nord-coréennes attaquent la Maison Blanche, Banning se retrouve seul à pouvoir sauver le président ainsi que son fils et enfin prouver sa loyauté.
 
 maison-white-1.jpg
« Voilà Grand chef suprême, vous faîtes « Ctrl+Alt » et ça lancera l'attaque sur ces sales capitalistes d'américains. »  
 
A travers leur histoire, les États-Unis ont toujours menés une politique d'expansion économique et militaire. Tout ceux qui serait un frein à cette expansion représenterait une menace. Pour fédérer la population derrière cette idée, tout un cinéma de sécurité nationale a été développé, recensant des menaces probables, improbables, connues ou inconnues. Le grand méchant, c'est l'anarchiste, le terroriste, le communiste, le destructeur du rêve capitaliste. Ce danger a pour but de soulever un sentiment collectif, par la peur, l’inquiétude et la méfiance. C'est ainsi que Hollywood a souvent participé aux débats, parfois de manière active, au sein du ministère de la Défense. La guerre froide et la menace rouge furent ainsi très rentables pour les studios. On a eu alors le droit à plein de films où un vilain communiste (avec un accent slave fort exagéré et une cruauté sans nom) s'oppose au héros « bad-ass » (également appelé « le ricain»), lequel est gentil, charismatique et plein de punchlines décoiffantes. Avec les russes, la propagande fut longtemps payante. Mais voilà ! Tout ça, c'est fini. Toutefois, il faut continuer à fédérer la population contre un ennemi commun. Les méchants intégristes religieux ? Non, ça commence à être démoder. Trop cheap. Cette année, le must du « hype », c'est la Corée du Nord: on a eu le droit à un remake plat de « l'Aube Rouge » (Red Dawn, 2012), voici « La Chute de la Maison Blanche ». En prime, on n'oublie pas de re-exploiter le traumatisme post-11 septembre, ça fait toujours vendre.
Le cinéma propagandiste nous a tout de même permis d'avoir des classiques indétrônables dans le domaine du nanar. God bless America !
 
 
 
   
Le film démarre donc doucement sur le titre... qui n'oublie pas de faire une surimpression sur le drapeau américain.
Nous sommes au camp David, résidence secondaire du président des États-Unis. Après une rapide présentation des personnages (le gentil président / le gentil fils du gentil président / la gentille femme du gentil président / le garde du corps bourrin), l'équipée quitte les lieux pour rejoindre Washington. Mais, là... c'est le drame. Petite question: Tous les héros américains ont un point commun. Lequel ? … (Je vous laisse réfléchir)... 1... 2....3... réponse: ils portent un lourd traumatisme comme fardeau. Au début du film, le protagoniste subit souvent un choc émotionnel qui le plonge (inexorablement) dans une période de déprime. Ça permet au spectateur d'avoir de l'empathie pour le héros, et ainsi mieux le faire adhérer aux sentiments du personnage. C'est une astuce vieux comme le monde, mais ça marche toujours. Ici, le stéréotype du « héros au passé douloureux » n'a pas été omis: La femme du président meurt d'un tragique accident de voiture, et Gerard Butler se sent personnellement responsable de sa disparition. Il quitte la fonction de garde du corps et nous le retrouvons dix-huit mois plus tard comme simple flic, cogitant sur son petit malheur (scènes de flashbacks inclus. C'est tellement original). Ahlala... si seulement il y avait un événement qui permettrait de recadrer sa destinée. Ne parlons pas trop tôt, car une bande de sournois nord-coréens se préparent à lancer une attaque sur Washington.
A partir de ce moment précis, le reste du film servira à illustrer l'efficacité de la défense américaine par... son incompétence et sa débilité ! Oui, ça semble paradoxal. Mais, ne cherchez pas à comprendre une quelconque logique. Il n'y en a pas !
 
Des paramilitaires nord-coréens profitent d'une visite du premier ministre de la Corée du Sud à Washington pour démarrer leur assaut sur l'Amérique. On a le droit à toute l'infanterie ! Dans un premier temps, un bombardier ennemi survole la ville. Bien sûr, il faut montrer que ces asiatiques sont d'un manque total d'humanité, à l'inverse des gentils américains. Ces méchants-là seraient capable de tuer ton bébé chien, juste pour avoir une histoire drôle à raconter à ses copains de Pyongyang. Alors vas-y que je tire sur les femmes et les enfants, vas-y que je détruis les monuments nationaux. Après la destruction de l'avion, on pourrait se dire: « Tiens, c'est fini ? ». Non ! Les centaines de touristes coréens qui font face à la Maison Blanche se trouvent être... des redoutables soldats-kamikazes ! Ils descendent des cars avec des grenades, des sulfateuses, des kalachnikovs, des lance-roquettes. Mais... attendez ! Comment ça se fait que personne n'a remarqué un arsenal pareil ? Bon d'accord, je veux bien croire que c'est facile de faire passer des centaines de touristes en provenance de Corée du Nord avec des faux visas. Mais là, c'est suspect. 0/20 en sécurité intérieure.
 
  maison white 2
Ridiculisés par une bande de touristes en short. Ça fout un coup à l'égo.
 
Au sein de la Maison Blanche, c'est aussi le bordel: les gardes du corps du ministre de la Corée du Sud s'avère être des agents nord-coréens ! A croire que le ministère sud-coréen n'enquête pas sur les antécédents de ses employés. Il serait même capable de recruter un psychotique-pédophile-cannibale pour s'occuper de la sécurité d'un haut-fonctionnaire. Le président américain n'est pas en reste car son propre agent tourne sa veste et se met à scander des propos communistes (oh mon dieu ! Bill ! Comment peux-tu renier ton pays ? Traître !). Bref, nous découvrons le visage du « cerveau » de l'opération: Kang (Rick Yune), un terroriste machiavélique dont la mission est de s'emparer du président pour faire replier la flotte américaine des eaux territoriales coréennes et détruire les États-Unis avec leur propre dissuasion nucléaire. Plus tard, on apprendra qu'il était fiché par le FBI comme un individu dangereux, mais bon... ça ne l'a pas empêché de passer la frontière sans trop de problèmes. A force de conneries, on va réellement croire que ces amerloques sont cons comme des chaises.
 
Dehors, c'est un carnage total. Les agents de la Maison Blanche subissent de plein fouet l'incompétence de leurs supérieurs. La demeure présidentielle est prise par l'ennemi (« Olympus has fallen », dans la version originale. Voilà, c'est officiel: l'Amérique est devenue la terre des dieux). L'assaut s'achève sur l'image symbolique d'un drapeau américain criblé de balles, puis jeté à terre par les gros méchants. Oh mon dieu ! Sacrilège !
Fort heureusement, notre héros Banning se baladait dans le coin et s'est dit « why not, motherfucka ? », avant de se jeter comme un fou furieux dans la bataille. Il parvient à pénétrer dans l'édifice, mais pas de chance... tout le monde est mort et il se trouve seul face à toute une armée de vilains terroristes. Vous devinez ce qui va se passer: notre Gerard Butler va jouer un remake complet de « Die Hard », c'est-à-dire se balader en solo, bidouiller quelques systèmes de sécurité, tuer des méchants en tirant au hasard à travers les murs ou en exécutant quelques mounchs et gunfights. Le méchant Kang préfère choisir l'astuce la plus idiote du monde pour débusquer Banning: envoyer ses hommes un par un au casse-pipe, au lieu d'envoyer une bonne escouade sur la tronche du trouble-fête. Ça serait pas plus efficace ? Pour les scénaristes, non. Au final, Banning s'amuse à trucider ses sbires et à imiter un mauvais John McLane en lui lançant une ou deux boutades ironiques. A ce stade du film, « La Chute de la Maison Blanche » ne fait plus référence à « Die Hard », mais le plagie ouvertement. Même trame scénaristique, même héros, mêmes méchants terroristes. Seul le décor change.
 
Pendant ce temps au Pentagone, Morgan Freeman prend le contrôle des opérations. On se dit qu'il suffirait d'envoyer Morgan pour calmer Kang avec sa voix suave et calme (N'importe quelle personne ayant vu un film avec Morgan Freeman sait que cela suffirait amplement. C'est un Jedi hors du commun !). Il opte pour la tempérance, mais ses associés préfèrent jouer les bourrins. Alors on envoie les hélicoptères de combat pour canarder les envahisseurs, en oubliant les propres moyens de défense qu'ils ont installés pour protéger la Maison Blanche. Résultat: leur propre DCA pulvérise les hélicoptères et la moitié de la résidence présidentielle est détruite. Oui, oui... ils confirment une fois de plus qu'ils sont les individus les plus incompétents de la terre. C'est à ce moment que Morgan Freeman se demande se qu'il fout avec cette bande d'abrutis.
 
  maison white 3
« Ecoutez Morgan, j'ai un plan infaillible: on a qu'à faire BOUM BOUM, puis PAN dans tes dents et là on en profite pour baisser leur pantalon. Qu'est-ce que vous en dîtes ? »

Fort heureusement, nous avons affaire à un film conventionnel avec une fin conventionnelle. Banning annihile la menace à lui tout seul (des centaines d'agents des services spéciaux ne parviennent pas à tenir la Maison Blanche. Mais lui, il s'en sort sans une égratignure. Chapeau). Vu qu'il est asiatique, le vilain Kang sait obligatoirement faire des arts martiaux. Alors il se bagarre avec le gentil Banning. Ce dernier lui fout une dérouillée. Puis, il arrête la bombe à 03 secondes du déclenchement (Poncif n°56: lorsque le héros désamorce une bombe, il doit faire en sorte de l'arrêter 3 à 2 secondes avant l'explosion. Ça amène un soupçon de suspense). Enfin, il sauve le président et tout le monde est content. Pour clôturer le film, on a le droit à quelques discours surannés sur l'amitié, puis un speech patriotique du leader du monde libre afin de justifier les actions américaines à travers le monde. FIN ! (… ou presque. Si la Corée du Nord voit le film, on est parti pour une Troisième Guerre Mondiale).
 
 
Résumé: « La Chute de la Maison-Blanche » n'est pas une catastrophe cinématographique. C'est un suicide programmé. Héroïsme dégoulinant, mise en scène outrancière, absence de second degré, chauvinisme absolu.
Le pire est qu'un autre film a repris la même histoire: White House Down (sortie le 03 septembre). Si le cœur vous en dit, allez le voir... ou regardez « La Chute de la Maison Blanche » (ça reviendra à la même chose).
 
 
Avant de clôturer l'article, je tiens à laisser la parole aux admirateurs des péripéties « réalistes » de Banning:
- « je suis allée voir ce film rien que pour le nom du réalisateur javoue ! Jen ressors absolument absourdie par tant de réalisme » - 1984aubagne
- « il e immensément tro tro bien ce film..il a va vs ravir de plaisiir en tou points. donc prenez du tem pour le regarder entr potes ouu en famille. » - Abdoul A.
- « un bon film d actions...scénario prévisible mais on s en fou....les méchants y mange grave.... » - lm075

(sources Allociné)
 
 
Lef Dur

 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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