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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 20:05
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« Bancal », « réac' », « maladroit », « crétin », « potache ». « Kick-Ass 2 » a eu le droit par la presse professionnelle aux plus mauvais qualificatifs. Mais, n'allons pas croire ces cinéphiles du dimanche qui, comme des fonctionnaires effectuant leur travail à contre-coeur et sans grande passion, limitent souvent leur jugement sur un paragraphe écrit à la va-vite. Par ailleurs, ces articles très superficielles ne méritent même pas d'être pris pour du « professionnialisme ». Pour voir de telles choses, autant s'arrêter sur l'avis de dédé59 sur Allociné. Ça sera même beaucoup plus parlant que n'importe quel numéro des Inrocks. Parlons sérieusement et abordons le film comme il le mérite.
 
En 2010 sortait sur les écrans l'adaptation du comics de Mark Millar et de John Romita Jr., Kick-Ass. Dave Lizewski (Aaron Taylor-Johnson), jeune lycéen geek, décide de devenir un super-héros. Mais lorsqu'on possède le physique du nerd parfait, la réalité peut s'avérer très douloureuse, notamment lorsqu'on se frotte à une véritable mafia.
Outre l'exploitation efficace de la figure du super-héros dans le monde réel, Kick-Ass ne s'est pas avéré être seulement un excellent film de divertissement revigorant et jouissif, il est aussi une réelle déclaration d'amour à tout un pan du cinéma d'action et de l'univers du comics. S'amusant avec les stéréotypes dominants du super-héros, Matthew Vaughn (déjà cinéaste d'un très bon « Stardust » et producteur du cultissime Snatch) impose une mise en scène ingénieuse, ancré dans son amour pour la culture populaire. Avec Kick-Ass, la forme référentielle n'a jamais été aussi bien portée à l'écran. En plus de faire véhiculer divers clins d'oeil à la culture geek par son protagoniste, le film se réapproprie les séquences d'action de John Woo, la musique d'Ennio Morricone, des répliques de Batman, Scarface ou Spider-Man, des scènes de Star Wars, Taxi Driver ou de Condorman, des cadrages des FPS. Tout ceci sans lourdeur, sans le moindre accroc, ni perte de rythmes, et évitant une accumulation trop gratuite de références.Un véritable travail d'artisan à faire jalouser un Quentin Tarantino. Le premier volet a séduit les cinéphiles confirmés par sa forme, mais aussi le grand public par son humour trash et décalé, ses fulgurances agressives et bad-ass. Bref, il s'agit d'une bouchée d'air frais dans le genre du super-héros.
Qu'en est-il du second volet ? Est-il toujours un blockbuster hors norme ?
 
 
 
Après avoir massacré la clique de Franck d'Amico (Mark Strong), Kick-Ass a décroché son job de super-héros. Cependant une nouvelle vague de justiciers masqués débarque, menés par le colonel Stars (Jim Carrey), héros conservateur et patriote. S'ennuyant à nouveau de sa vie de lycéen, Dave Lizewski / Kick-Ass décide de les rejoindre. Malheureusement, Chris d'Amico (Christopher Mintz-Plasse) décide de prendre sa revanche sur Kick-Ass pour la mort de son père. Devenu un super-vilain du nom de « Motherfucker », ce dernier engage un groupe de tueurs pour chasser ces nouveaux super-héros - seule la tranchante Hit-Girl (Chloë Moretz) peut les empêcher de se faire tuer en redevenant la figure qu'elle essayait d'oublier...

Le principal défaut de ce deuxième opus est de ne pas retrouver la mise en scène ingénieuse de Matthew Vaughn. Son remplaçant, Jeff Wadlow, n'a pas le talent pour imbriquer avec harmonie le référentiel dans son histoire. Les clins d'oeil sont bêtement jetées à la volée. Ce qui fait perdre à la franchise le p'tit plus qui faisait sa marque de fabrique. Dommage...
A côté de cela, Kick-Ass 2 reste un aussi bon entertainment que son prédécesseur. Son histoire est similaire à un pastiche. A l'instar d'un Terry Pratchett se moquant des stéréotypes de l'heroïc-fantasy dans les Annales du Disque-Monde, Kick-Ass est le regard amusé d'un fan de comics sur le monde très archétypal du super-héros.
Le premier volet de Kick-Ass exploitait la figure du super-héros. En l'imposant avec des enjeux du réel, Matthew Vaughn s'amusa à le démystifier. Le justicier de comics possède un charisme indéniable. Dans un monde réaliste, il perdait ici toute crédibilité. Alternant avec un côté fun et décalé rappellant la vision naïve du protagoniste sur cet univers, le film possédait de nombreuses scènes de violence brutale et sanglante, montrant clairement que la réalité est tout autre que la BD. Pas de pouvoirs, beaucoup de dommages.
Kick-Ass 2 continue son exploration parodique, en abordant cette fois-ci la figure du super-vilain. A l'image du Joker et Batman, il fallait un alter-ego maléfique à Kick-Ass, voici donc « Mother Fucker » !
 
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La technique est la même que celle employée pour l'exploitation du super-héros dans le précédent opus: l'approche réaliste. Chris d'Amico est un jeune geek se faisant une image fantasmée du bad guy. Dans notre univers, la figure est vite mise à mal. La gaucherie de Chris ne fait que donner une vision erronée de celle-ci. Au Kamikaze de l'écran, nous n'aimons pas les oeuvres usant d'un excès de poncifs. Alors quand nous assistons à un film qui ne fait que démonter les stéréotypes du bad guy, nous ne pouvons qu'exulter. Entre la remise en cause d'idées reçues (nan... porter un flingue sur le côté comme un gangsta n'est pas cool. C'est dangereux...), les costumes et les pseudonymes ridicules, le super-vilain n'a jamais fait aussi grise mine.
 
On dit que le film use d'une idéologie malsaine ? Réac' ? Les critiques s'offusquent du héros patriote et chrétien, colonel Stars, et de sa bande de copains qui forment une milice pour défendre les rues des voyous et des voleurs. Mais... le principe de la « self justice » est propre à tout les films de super-héros. Jusqu'ici, personne n'a été offusqué. Et contrairement à un Dark Knight Rises et son justicier milliardaire se battant pour l'ordre établi contre des hordes anarchistes, Kick-Ass 2 arrive à avoir un avis plus contrasté sur le sujet. On réalise rapidement que ces personnages souffrent d'une fragilité psychologique. Certains sont même schizophrènes. Cela se voyait déjà avec le personnage de Big Daddy dans le premier Kick-Ass.
Kick-Ass 2 a le don de tourner au ridicule ces figures réactionnaires. Prenons cette scène montrant l'arrestation d'un gang de criminels chinois. Leur action, déjà brutale et extrême, est illustrée par une reprise ironique de « When The Saints Go Marching In » (chanson à caractère religieux), chantée par un choeur de « lalala » enfantin. La mise en scène casse ici toute crédibilité à la joyeuse bande de lurons.
 
Résultat: Kick-Ass 2 possède les mêmes ingrédients qui a fait le succès du premier volet: dynamisme, bad-ass, humour référencé, rock'n roll et trash. Il reste un blockbuster se démarquant radicalement des autres par son irrévérence et sa décomplexité. A voir...
 
Lef Dur
 
 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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