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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 17:48

affiche-du-film-intouchables-10548633bnovk.jpg

 Slogan possible: "Tous ensemble, nous devenons plus fort. Envoyez-nous des dons"

  

Attention ! Certaines personnes s'attendent à ce que j'enfonce ce film sous un flot d'insultes et de mugissements sous le prétexte qu'il s'agit d'une comédie dramatique (aïe) française (aaaaaah) populaire (Doux Jésus !). Mais non ! Je ne me rabaisserais pas à ça. D'ailleurs, je ne ferais pas de chronique sur le film. C'est décidé !

Pourquoi un critique de cinéma devrait forcément rédiger un article sur un film ? Rien. Je pourrais dire: « Merde ! Foutez-moi la paix. Aujourd'hui, j'ai envie de faire un article sur un tuyau d'arrosage ou un pot de fleur ! ».

Par exemple, j'ai trouvé plus plaisant aujourd'hui de faire la critique d'une critique. Ce n'est pas le film en lui-même qui m'a déçu, mais la mauvaise foi de nombreuses revues spécialisées qui se disent être les grands dieux du bon goût de notre monde, les grands représentants de l'intelligentsia culturelle du pays des 400 fromages. Je veux bien sûr parler des « Inrocks », « Cahiers du cinéma » et autres « Télérama ». Je pourrais m'agenouiller devant eux comme l'ont fait de nombreux comparses cinéphiles. Mais... non ! Je n'arrive tout simplement pas à faire allégeance à des hypocrites qui ont peur de voir disparaître leur image « ultra-intello-bobo-underground-condescendante » en publiant une critique positive sur un film réussi et... populaire. Pour eux, le problème est là: il est trop populaire pour être bon. Intouchables et ses 12 millions d'entrées (au 07/12/11) font peur. Le succès est tel que toutes les salles sont complètes. Pour pouvoir assister à une des séances, j'ai du promettre une nuit d'amour avec tout le staff d'un multiplexe (et j'ai été forcé de camper pendant une semaine devant celui-ci). C'est pour vous dire...

Cette popularité auprès du grand public les effraie car « le goût du populo, c'est sale et con ». Il est vrai que de nombreux films populaires ne valent pas grand chose. Certains ne valent pas leur succès. Mais, pourquoi rester sur un a priori ? Je laisse cette question aux jeunes critiques parisiens qui pourront ainsi s'offrir un excellent débat masturbatoire comme ils savent si bien le faire.

Nous allons plutôt nous pencher sur la chronique du film Intouchables rédigée par Jean-Marc Lalanne. Celle-ci est paru dans « Les Inrocks », magazine pour jeunes rebelles branchés, hipsters et consorts qui s'amusent à crier « fasciste ! » ou « nazi ! » dès qu'un film américain s'exerce un peu trop dans la violence (cf.: les articles sur Fight Club ou Kick-Ass).



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 Le lecteur des "Inrocks" est quelqu'un comme vous et moi... enfin presque...

   

  

 "Intouchables, une fable relou et démagogique"



 

 

 

 L'utilisation du qualificatif « relou » démontre ici un soucis pour l'auteur d'être à la page, d'être jeune dans sa tête. Un jeune qui n'a pas peur de parler « kom i veu » avec des mots en verlan. D'emblée, on sait qu'il n'y aura pas de concessions. ça va chier ! La jeunesse, Jean-Marc connaît bien puisqu'il est en parfaite osmose avec la saga pour teenagers « Twilight », dont il a fait l'incroyable défense (ce qui le différencie tout de même de ses collègues qui ont peur de féliciter un film commercial. Bravo Jean-Marc... ou pas).
L'utilisation d'un langage populiste pour servir un discours montre clairement que son article vaut autant que l'idée qu'il se fait du film, c'est-à-dire une chose « relou et démagogique ». Ne t'en fais pas, Jean-Marc. La contradiction n'est pas encore un crime puni par la loi.



"Intouchable s’apparente à un croisement inattendu de Joséphine ange gardien et du Service après-vente. De la série de TF1 avec Mimie Mathy, le film reprend la structure dramatique. La situation initiale campe un foyer triste, celui d’un homme puissant et tétraplégique (François Cluzet).

Surgit alors la nounou idéale, sous les traits paradoxaux d’un lascar rigolard. L’homme riche qui avait perdu goût à la vie la voit enchantée par cet ange gardien facétieux, porteur de cette compréhension des vraies valeurs de la vie que les démagogues attribuent au peuple."

 

 Il est vrai que j'ai moi-même eu peur que le film soit aussi digne d'intérêt qu'un téléfilm de France 2, c'est-à-dire un truc stéréotypé bourré de clichés humanistes beaufs et chiants. L'affiche elle-même fait déjà assez peur. On a l'impression de faire face à celle d'une campagne humanitaire.

Il est vrai aussi que le film adopte une structure classique, mais le contenu est loin d'être le résultat dégueulasse de la célèbre série de TF1 dont Jean-Marc semble bien connaître. Pas d'apitoiements sentimentalistes, pas de beaux sentiments démagos, mais des sentiments justes, francs et sincères. Pas de blagues lourdingues, mais de l'humour bien dosé avec une pointe de second degré, de l'humour qui n'a pas peur de railler les différentes classes sociales et les idées reçues qu'ils se font les unes des autres.

 

"L’idéologie pointe aussi son nez. Super nounou ne manque pas de restaurer au passage l’autorité paternelle en matant une adolescente effrontée. Et si les pratiques culturelles de la classe dominante sont raillées (l’opéra c’est chiant, la peinture contemporaine quel foutage de gueule), les signes matériels de richesse (grosse voiture, avion privé) sont considérés avec la plus grande bienveillance."

 

D'accord... Peux-tu voir un film sans en voir l'apologie d'une quelconque politique ? Pourquoi cet acharnement dans tes articles ? Un politicien réactionnaire t'a sans doute violenter dans ton enfance. C'est pas possible. Fais un effort !

Cette lutte des classes que tu aimes tant mentionner est aussi cette volonté du peuple a accéder à certaines richesses appartenant à la classe dirigeante (comme les désirs matérialistes du personnage d'Omar Sy, Driss). On va pas cracher dans la soupe ou faire preuve de mauvaise foi, hein. La vie consumériste ne laisse personne indifférente. Toi-même, tu rêverais qu'un jet privé t'emmène jusqu'à la rédaction des « Inrocks ». La qualité du personnage de Driss, en refusant la supériorité du « bon goût bourgeois » tout en rêvant de posséder certains aspects matériels, est d'être honnête avec lui-même, une qualité qu'on ne voit guère aux « Inrocks ».



"La part S.A.V. du film ne tient pas seulement à la présence d’Omar Sy. Les auteurs n’ont pas manqué de lui ménager des espaces, au fonctionnement absolument calqués sur celui du programme court de Canal+. Ce sont des petites saynètes surdécoupées, où un concert de musique classique, une séance de rasage donnent lieu à mille facéties à la seconde, que le comédien ponctue, comme à la télé, de son propre éclat de rire. Un canevas de soap TF1 épicé d’humour Canal, c’est donc la formule, formatée jusqu’au délire, de ce film assez repoussant."

 

  

Non, non... il y a une linéarité entre les scènes, pas de baisses de rythmes. Bon, c'est sans doute ma perception qui me joue des tours. C'est que je commence à prendre de l'âge. Mais, la tienne peut aussi prêter à discussion.

Par contre, tu te répètes. Personnellement, je n'aime pas faire ce genre de remplissage donc reporte-toi deux paragraphes plus haut.

 

"A la fin, selon un procédé très en vogue, les vrais protagonistes de l’histoire dont est inspiré le film apparaissent quelques secondes. Mais cette caution preuves à l’appui se retourne contre le film. C’est l’histoire de ces deux-là que l’on aurait eu envie de connaître, plutôt que sa reformulation dopée aux hormones du feel good movie."

 



Un point pour toi !

Cette "caution preuves à l'appui"  était juste nécessaire que pour nous tirer une larme de plus, mais je préfère voir un film de divertissement remodelé que le film dramatico-social-auteuriste-chiant que tu désires tant. Le cinéma demeurera toujours de la fiction. Pourquoi vous entêtez avec le réalisme alors qu'on ne pourra jamais l'atteindre, ni même le toucher du doigt. Dîtes-vous que le cinéma est né dans un soucis populaire et fictionnel. On ne change pas l'histoire. Il en demeurera toujours ainsi.

 

Jean-Marc Lalanne, cette chronique n'est pas contre toi mais pour la majorité de tes critiques parus dans « Les Inrocks ». Il est dommage de voir l'auteur du magnifique ouvrage sur Gus Van Sant (Gus Van Sant, de Jean-Marc Lalanne et Stéphane Bouquet, Cahiers du cinéma) se fourvoyer dans des articles aussi bâclés et superficielles. Sans rancune. Je t'apprécies tout de même.

 

Comme vous l'avez compris, je vous recommande d'aller voir le film et de vous faire une idée personnelle. Je ne vais pas m'amuser à tirer sur un film qui n'est certes pas parfait, mais réussi.



 Avant de partir, je tiens à faire un peu de pub à un autre webzine de ciné, « L'Ouvreuse ». (http://louvreuse.net/). Des bons gars qui n'ont pas peur d'égratigner les grands esprits du septième art. En cadeau, je vous offre un de leur détournement vidéo... un pur plaisir:





 

 Lef Dur

 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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lilimouche 08/12/2011 07:08

je ne suis pas allée voir le film ... je pense que ça aurait été beaucoup moins "touchant" si le film avait relaté la vie d'un "tétra lambda" c'est à dire sans la fortune ... pas de voiture de
luxe, pas de demeure exceptionelle, pas d'employés à plein temps... même dans le handicap, les gens ne sont pas égaux ...

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