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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:14

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L'histoire retrace le parcours de la famille Nakaoka à Hiroshima, quelques jours avant, puis après le bombardement atomique du 6 août 1945.

 

Gen d’Hiroshima est un manga signé Keiji Nakazawa. L’histoire est par ailleurs inspirée de la vie de l’auteur, fortement marqué par la guerre et la Bombe…

A priori, je ne suis pas fan de manga. J’ai découvert cette série il y a quelques années, et je l’ai terminée il y a peu. En poche, vous trouverez dix tomes, très faciles à lire.

 

Du point de vue d’un européen, cette version de la guerre est une véritable découverte. Nous sommes habitués à ressasser une même facette de la Seconde Guerre (le génocide des juifs, le blitz, le débarquement des américains, toussa…). On connaît finalement très peu l’autre facette de la guerre, celle des américains contre les japonais, (ou juste du point de vue des américains, alors… Genre Pearl Harbor), et c’est fort dommage. Oui, les japonais en ont chié aussi. Oui, les japonais ont été traumatisés par la guerre. Et même après la guerre, les japonais ont continués à porter la cicatrice honteuse de l’échec et de la bombe. Et c’est bien de ça que dévoile Gen d’Hiroshima.

 

Dans le premier tome, l’histoire se déroule en avril 1945, à Hiroshima. Nakazawa y dresse un portrait très brut de la vie au Japon pendant la guerre... sans rien épargner. L’impérialisme et l’armée japonaise y prennent pour leur grade. Oui, il y a un parti pris. L’auteur nous pointe du doigt la violence et la cruauté des japonais (je sais qu’on n’a pas été des bisounours en Europe non plus… Mais je ne pourrais jamais m’empêcher de me demander : « Pourquoi ? »). Et quelque part, il y a un côté « documentaire ». Comme je vous le disais, on y apprend plein de choses, surtout du côté des civils. Par exemple, tout pacifiste était considéré comme un traître, et on n’hésitait pas à le trainer dans la boue. Avec toute sa famille. Ou que l’on refusait de soigner les malades/ blessés de la bombe, parce que c’était contagieux, et qu’ils faisaient honte (et je vous dis pas à quel point ça pouvait être honteux quand c’est quelqu’un que tu connais !).

Dans tout le premier tome, on se penche sur une famille (pacifiste, justement... donc forcément, ils en chient un max), la famille Nakaoka. On apprend à connaître chaque membre de la famille, dont Gen, leurs espoirs, leurs craintes, leur quotidien. Disons qu’il s’agit ici d’une introduction à la série. Car, vers la fin du tome 1 arrive l’impensable, l’ingérable, l’abominable bombe qui va tant marquer les japonais. Et là, ni le récit, ni les images ne vont nous épargner. Et pourtant, on sent que le manga est encore en-dessous de la réalité.

 

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La suite de la série est peut-être la plus « intéressante ». On découvre la façon dont les japonais vécurent l’après-bombe: la perte de la guerre, la façon de survivre dans la rue. Tous les traumatismes sont passés au peigne fin : rejet des victimes de la bombe (symbolisant la défaite), famine et pauvreté, marché noir, criminalité organisée des yakuzas, orphelins délinquants, l’armée américaine (représentée un peu comme un démon !) qui utilise les cadavres pour prélever des organes… Et on suit les aventures de Gen, qui grandit au fil des épisodes, jusqu’au début des années 1950. Et des années après, on comprend jusqu’où la bombe poursuit les japonais (je ne vous apprends rien, hein. On sait en 2012 que la radioactivité tue).

Certes, cette série donne peut-être son côté « mélodrame-pleurons-ensemble-et-vas-y-que-je-te-fais-du-pathos-à-mort », qui pourrait rebuter certains (bande de sans-cœur, va). Mais comment rester indifférent à cette réalité que l’on nous a si peu dévoilés ?

Bon, je ne m’engagerai pas sur le fameux débat sans réponse du « si on n’avait pas balancé la bombe dans leur tronche, la guerre aurait duré encore plus longtemps, aurait fait plus de victimes », ce n’est pas la question ici, on ne réécrit pas l’Histoire. Non, je trouve cette série très forte, très personnelle, avec des personnages bien brossés.

 

En bref, si vous avez envie de savoir ce qu’était la vie au Japon durant ce sombre moment de l’Histoire, cette série est pour vous. Et si vous avez envie d’aller plus loin, la série a été adaptée au cinéma !

 

 

  
Sur ce, bon vent !
Clémentine Samara

 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans BD - Littérature
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