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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 21:07
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Le Tarantino Nouveau est arrivé et les fans du cinéphage trépignent, tels des épileptiques bourrés à la coke. Le Kamikaze part donc « admirer » ce dernier grand ouvrage avec la plus grande neutralité possible sur le visage. Pour ma part, l'avis est mitigé. Tarantino demeure un maestro du découpage narratif, des longs dialogues flamboyants autour d'un sujet anodin et du placement cinéphilique dans des oeuvres reconnues « cultes » telles que « Pulp Fiction » ou « Reservoir Dogs », autant avec son « Inglourious Basterds » celui-ci semblait se conforter dans son statut de « réalisateur culte » en ne donnant que ce que son public voulait voir, c'est-à-dire des longues scènes dialoguées, beaucoup de sang, des clins d'oeils (genre: « eh, t'as vu l'affiche en arrière-plan ! J'ai réussi à placer une référence à « Truck Turner ») et du politiquement incorrect. La différence était que tout paraissait d'une gratuité et d'une lourdeur infinissable (et c'est pas Mélanie Laurent qui allait améliorer le métrage). Fort heureusement, le film possédait quelques qualités. Par exemple, la participation de Christoph Waltz au casting en était une.
( P.S.: Après avoir lu cette introduction, je sais que de nombreux fans de Tarantino, pour qui il est interdit de toucher à l'oeuvre du messie, vont vouloir me rechercher pour me tuer. Je suis désolé d'avoir partager mon pauvre avis au sein d'une démocratie. Encore désolé). Mais.... je me rattrape. Vous allez voir !
 
 
Synopsis:
Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, libère Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…
 
Venons à « Django Unchained » !
Tarantino est un cinéphile absolu. Considéré pour son amour du cinéma bis (ou de genre), l'individu se révèle être un véritable amoureux de tous les types de cinéma, jusqu'aux plus classiques. Cet amour absolu du cinéma ( et pas seulement bis comme le disent ses détracteurs) se déverse littérallement sur « Django Unchained » .
Il brasse les courants et les influences sans le moindre accroc. Outre le fait d'adopter le style du western spaghetti de A à Z (le titrage, le zoom, le grain de la pellicule, le rythme, l'excentricité), les références sont nombreuses... et cohérentes. Il est difficile de faire cotoyer différents sous-genres du western en un seul film avec une symbiose aussi parfaite. Regarder « Django » (ça se prononce « Jango », le « D » est muet), c'est voir un western spaghetti (style Leone ou Corbucci, à votre choix. On salue au passage l'apparition de Franco Nero, le Django original) qui aurait mijoté avec du Sam Peckinpah (pour les gunfights sanglants et sa surenchère d'hémoglobine) et du western « blaxploitation » (le modèle du justicier noir tel celui de Boss Nigger » est évident). Dans « Inglourious Basterds », les citations semblaient purement gratuites et agaçantes (une affiche par-ci, un nom de personnage emprunté à une actrice par là.... c'est amusant, mais sans aucun avantage pour la narration). Ici, ce foisonnement de références ne nous donne pas l'impression d'admirer un patchwork fait par un geek maladroit, mais bien l'oeuvre d'un cinéphile accompli.
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Quentin trouve une forme d'équilibre, un mix réussi avec un certain ganache… euh, panache. A l'instar d'un « Kill Bill », le gars vient de trouver la façon de tout imbriquer pour que cela ressemble enfin à une œuvre logique. Celui-ci parvient même à arrêter les longs dialogues tarantinesques éculés pour montrer qu'il parvient à faire dans la modération. La direction d'acteur est remarquable par sa façon de créer des scènes burlesques et absurdes ponctuées de répliques percutantes sur une thématique difficile (l'esclavage, le racisme): le gang des cagoules, l’introduction du personnage de Waltz, l'accueil de Candie (DiCaprio) par Stephen (Samuel L. Jackson),...
Tout ceci ne serait bien sûr rien sans l'interprétation prodigieuse de Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio et Samuel L. Jackson, sans oublier des seconds rôles cocasses, mais aussi par une bande originale qui soutient parfaitement les grands moments du film. Le choix anachronique d'une musique contemporaine fait toujours mouche.
 
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"J'vais te faire un jeu d'acteur fracassant, moi !"
 
Bref, je dirais à Spike Lee d'aller voir le film pour lui montrer qu'un cinéaste blanc est capable de faire un plaidoyer effrayant contre le racisme, non pas grâce à une compassion hypocrite, mais une franchise crue et acerbe. Bravo Monsieur Tarantino !


Lef Dur
 
 
 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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