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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:29

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Souvenez-vous de Mary Poppins, le grand chef d’œuvre classique de Walt Disney sorti en 1964. Qui n'a pas déjà fredonné les airs des chansons du film, ou buté sur la prononciation de la formule magique Supercalifragilisticexpialidocious ? Sans avoir forcément lu les romans de P.L. Travers, la célèbre nounou a sans aucun doute enchanté des générations d'enfants.

 

Oui, mais pour en arriver à ce résultat, on ne se doute pas du travail colossal employé à la maison aux grandes oreilles. Pamela Travers refuse de céder les droits de Mary Poppins pendant près de 20 ans à Walt Disney, jugeant qu'il ne rendra pas justice à ses personnages. En 1961, l'écrivaine londonienne se rend finalement à Los Angeles, afin d'apporter un regard sur cette adaptation qui semble alors encore plus qu'hypothétique à ses yeux. Pour ne pas dire irréalisable, tant elle porte en horreur l'univers merveilleux que Disney a créé. Sauf que ce n'est pas un regard qu'elle va apporter : elle en fera voir de toutes les couleurs à l'équipe qui travaille sur ce projet !

 

On s'en doute bien, le film apporte une histoire quelque peu romancée de la collaboration plus que houleuse entre Walt Disney et Pamela Travers, mais le résultat fonctionne. On ne vante plus la qualité de jeu que nous offrent Emma Thompson et Tom Hanks, qui n'ont plus grand chose à prouver mais qui réussissent toujours à nous épater. L'acteur américain campe avec brio le producteur-animateur-réalisateur-homme d'affaire légendaire, bien sûr : convivial, complaisant, un brin joueur. On pourrait presque dire un grand enfant, mais ce serait résumer le personnage trop facilement. Madame Travers est représentée en vieille fille acariâtre insupportable, autoritaire et exigeante, une adulte habitée par une petite fille n'ayant pas résolu un problème d’œdipe, et on en comprend vite la raison dans le film au travers de flashbacks. Emma Thompson et Tom Hanks, ou disons plutôt la rencontre entre la retenue anglaise et l'optimisme américain donne un résultat réjouissant avec des passages drôles et émouvants. Si tout les oppose en apparence, les personnages partagent leur amour pour la super nounou, et une enfance pas tendre. Collin Farrell nous émeut également dans son rôle de père rêveur mais alcoolique étouffé par son travail à la banque, et véritable sujet de dévotion pour sa fille.

 

 

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Walt essaie de faire rire Pam' en saluant Mickey et Pluto. Ambiance...

 

 

Les fans du film de Mary Poppins s'extasieront certainement en reconnaissant des éléments préliminaires présentés sous forme de puzzles : chansons, maquettes, scènes répétées... On jubile de voir à l'écran le grand scénariste Don Dagradi et les frères Sherman subir les critiques et négociations incessantes de la romancière sur chaque détail. D'ailleurs, ne quittez pas la salle trop tôt : John Lee Hancock nous fait cadeau d'un des vrais enregistrements effectué lors des séances de révisions du scripte. Madame Travers était vraiment intraitable. On s'étonnera pourtant du résultat : des chansons (« ce ne sera pas une comédie musicale ! »), de l'animation (« je ne vous laisserai pas en faire un de vos stupides dessins animés ! »), une nounou chaleureuse (« Elle n'est pas joyeuse, elle est acerbe, tranchante, rude, entière et futile ») et j'en passe. Mary Poppins n'est pas un simple film familial aux effets spéciaux à la pointe de l'époque. C'est la rédemption d'un père pas toujours irréprochable (mais non volontairement cruel) et la guérison d'une blessure infligée dans l'enfance. Dans l'ombre de Mary, La promesse de Walt Disney– titre que je juge personnellement incorrect, Saving Mr. Banks est plus cohérent – nous offre une nouvelle vision du chef d’œuvre. A une époque où le 7e art a tendance à prôner le divertissement et les effets spéciaux, ça nous remet les idées en place.  

 

Je terminerai cette note sur un petit regret : pourquoi avoir nominé ce film dans une seule catégorie aux Oscars, celle de la meilleure musique de film (composée par Thomas Newman) ? Dans l'ombre de Mary aurait mérité une meilleure promotion dans tous les cas, dans la mesure où John Lee Hancock nous offre un très joli hommage servi sur un plateau d'argent. Alors que demander de plus ?

 

 

 

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Allez, p'tit bonus pour vous faire plaisir, de gauche à droite : Tom Hanks, Emma Thompson, Julie Andrews (alias Mary Poppins), Dick Van Dyke (alias Bert) réunis lors de la première de Saving Mr. Banksau Walt Disney Studios, à Burbank, Californie. Merci quiii ?

 

 

 

 

 

 

Clémentine Samara

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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