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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 23:01

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Posture du cowboy assuré

 

 

 

Synopsis:  Arizona, 1873. Un homme qui a perdu tout souvenir de son passé se retrouve à Absolution, petite ville austère perdue en plein désert. Le seul indice relatif à son histoire est un mystérieux bracelet qui enserre son poignet. Alors que la ville est sous l’emprise du terrible colonel Dolarhyde, les habitants d’Absolution vont être confrontés à une menace bien plus inquiétante, venue d’ailleurs...

 

 

Harrison Ford est un Dieu. Nan, je ne m'emporte pas, c'est vrai !

Je l'avoue: je serais une femme, j'aurais tout fait pour me marier avec lui. Mais, je suis un homme et je ne peux alors que le jalouser. Quel genre d'homme peut être à la fois Han Solo, Indiana Jones et Rick Deckard ? Quel genre d'individu peut être dirigé par George Lucas, Steven Spielberg, Francis Ford Coppola, Mike Nichols, Robert Aldrich, Roman Polanski ou encore Sidney Pollack ? Ça ne peut être qu'un demi-dieu engendré par une folle nuit d'amour entre Chuck Norris et toutes les déesses de l'Olympe.

Mais, j'étais assez mécontent (désolé de te décevoir Harrison). Alors qu'il représentait un rêve de gosse, les années 1990-2000 m'ont vite fait déchantées. Il enchaîna une longue série de films médiocres ou moyens (préservons tout de même Le Fugitif de cette longue errance). Il délaissa ce qui lui réussissait le mieux: le film de divertissement. Il en était pourtant le principal représentant dans les années 1980. Il y avait bien eu « Indiana Jones 4 », mais voir un flots d'âneries et d'inepties détruire une saga aussi mythique laissa vite un goût dégueulasse dans la bouche. Oui, on avait bien violé Indiana Jones (ref. South Park). Le spectateur est certes rassuré: nous savons à présent que Indiana Jones est immortel et qui lui suffit de s'enfermer dans un frigo pour survivre à une bombe atomique. Et pourquoi a-t-il donc un fils comme Shia laBeouf ? Le mystère reste complet.

« Cowboys et envahisseurs » sera-t-il la voie de la rédemption ? Ce film sera-t-il son grand retour dans l'entertainment ? Il n'a certes pas le premier rôle, laissant le personnage du grand aventurier à Daniel Craig, mais sa participation à la tête d'affiche fait rêver.

Comment ça il ne vous fait pas rêver ?!? Mais si, regardez bien !



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   Posture classe n°1

 

harrison-ford-20070219-213480 Posture classe n°2

 

 

Étant en voyage, je parviens tout de même à me libérer pour voir ce film tant attendu. Je bouscule une petite vieille pour être le premier spectateur dans la salle et je m'installe confortablement.



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  "Je sais que tu me désires"

 

 

 

A l'instar de récents films comme Kick-Ass et Captain AmericaCowboys et Envahisseurs est du « cinéma-hommage ».

L'intention du film est simple: créer un pop-corn movie inventif en mélangeant les codes du western et de la science-fiction. Si tu n'as pas compris, tout est dans le titre: «Cowboys & Envahisseurs». A partir de là, le bon goût n’a plus rien à faire dans le coin. On s'en fout de tout. On s'éclate sur le transgenre. On connaissait le western à hélicos (l’inclassable Seuls sont les indomptés, avec Kirk Douglas et Gena Rowlands), le western/kung-fu (La Brute, le Colt et le Karaté), mais «Alien à OK Corral», voilà plus fortiche et inédit. Tu te dis donc: bonne ambiance, bon esprit distancié et gros moyens.


- Ouais, mais les ficelles narratives sont grosses, maladroites. Les situations sont souvent clichesques.

- La ferme, on t'a déjà dit que c'était fait exprès. Bordel, t'écoute rien, ma parole

 

Tout commence avec son désert panoramique et son antihéros amnésique (Daniel Craig) qui se réveille avec un étrange bracelet au bras, une magnifique séquence qui baigne dans le naturalisme crasseux des westerns crépusculaires.

Par la suite, aucun cliché du genre western ne sera oublié (pas « spaghetti » comme le mentionne les foutus détracteurs du film, plutôt « western classique »): arrivée du héros dans la ville, canyons, vaches, «horde sauvage», ruée vers l’or, ville fantôme frontière, Apaches bariolés au parler guttural vantant leur trip chamanique, saloon à porte battante, bar et duels, bandits huileux, embuscades, grand tenancier terrorisant la contrée, sheriff impuissant, la belle, le sage barbier-pasteur, la chirurgie au schlass rouillé et à la gnôle (ça te requinque un homme !), héroïsme à la John Wayne, légendes de la Conquête et de la guerre de Sécession… Il ne manque plus que le final s'achève sur le poor lonesome cowboy inconsolable mais impassible qui repart sur son blanc destrier dans le soleil couchant, sur fond de «The end» géant barrant l’horizon au son d’un banjo.

Le même travail est fait pour la science-fiction: aliens belliqueux aux physique ingrat qui cherchent à nous pomper la moëlle, grands vaisseaux dantesques, explosions d'humains, pistolets lasers, expériences douteuses,...

 

Le résultat de cette fusion est purement jouissive: partant sur un pitch à La Prisonnière du désert,  on se laisse emmener dans cette aventure comme un môme: gunfighter à rayon laser, des batailles captivantes, des vaisseaux kidnappant au lasso-tentacule des cowboys et des indiens sidérés, des héros sans peur et sans reproche attaquant au galop des aéronefs, des extraterrestres gluants à sécateurs ventraux intégrés (Total Recall ?), fée cosmique…

Comme chaque bon divertissement, rien ne marcherait sans des personnages attachants et/ou drôles: Doc, le propriétaire du saloon peu sûr de lui (Sam Rockwell), le colonel Woodrow Dolarhyde, vieux salaud sudiste avec un bon fond (Harrison Ford), son fils ingrat (le prometteur Paul Dano) et le mystérieux et amnésique héros (Daniel Craig). Le personnage d'Ella, jeune femme « ni pute ni soumise » au maquillage waterproof et dotée de magnifiques courbes, mais aussi combattante acharnée qui est la seule à mettre à terre Daniel Craig, est certes un brin agaçant. Voilà depuis bientôt dix ans, Hollywood s'acharne à nous montrer des "filles couillues". Cette parité arrive à faire croire au spectateur lambda que les combattants les plus dangereux sur cette planète sont les femmes blanches de moins de 60 kilos. Dans cette mouvance, on pourrais citer, les Kill Bill, Tomb Raider, Sucker Punch ou encore Resident Evil. Aujourd'hui, il y a de quoi être terrorisé en croisant une jeune femme sexy dans une ruelle. Eh oui, Hollywood va parvenir à créer une génération d'hommes complexés et peu sûrs d'eux. Mais, je vous rassure messieurs. 

Déjà ! voilà une preuve que les demoiselles de format Angelina Jolie ne peuvent pas participer convenablement à une fusillade comme dans les films.

 

 

 

Deuxièment, son rôle est vite éclipsé par le duel Daniel Craig / Harrison Ford.

Oui ! Harrison Ford montre qu'il a encore sa place dans l'entertainement. Prosternons-nous !

 

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L'ensemble paraît un peu expédié. A cause de quelques facilités scénaristiques, Cowboys et envahisseurs ne sera pas un film qui fera l'unanimité.

Il ne s'agit pas d'un film à message ou d'un film auteuriste ayant la prétention de montrer des grandes vérités existentielles qui nous échappent, il s'agit juste d'un film qu'on aime voir au cinéma entre un pot de pop-corn et un gobelet de coca. Mais, il ne faut pas oublier que le septième art est né avant tout comme objet de divertissement et certains snobinards l'oublient malencontreusement.

Puis, merde quoi !? C'est le retour de Harrison Ford, quoi ! Ce ne sera pas une de ses interprétations les plus marquantes, mais, à l'image de Han Solo ou d'Indiana Jones, c'est toujours un plaisir de le voir incarner des rôles d'antihéros.

 

 

Pour mesurer mes paroles, je vous informe que les « Inrocks », magazine hype radotant sur la pop-indus-électro et les films de Lars Von Trier et qui enseigne aux jeunes hipsters parisiens que violence gratuite rime avec fascisme, dit que Cowboys & Envahisseurs est « un western informe et lourdingue ». Donc voilà, moi je n'écris mon article qu'avec une volonté de pure objectivité et ce n'est pas mon amour irraisonné pour Harrison Ford qui dira le contraire.

 

 

Lef Dur

 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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