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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:48
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Notre histoire commence sur la Terre. A force de faire des conneries, des bouleversements climatiques transforment notre belle planète en un sacré bordel. Des éruptions volcaniques, des séismes, en passant aux raz-de-marées et aux concerts de Justin Bieber.... Bref, on a le droit à la totale. Les humains ont donc préféré quitté leur maison-mère pour aller pourrir une nouvelle planète: Nova Prime. Malheureusement, des aliens déclarent la guerre aux nouveaux colons. Le spectateur n'a pas vraiment d'explication sur la raison de cette attaque soudaine. On ne comprend pas vraiment si c’était leur planète ou juste s’ils venaient nous emmerder (Bon Dieu ! Mais, qu'est-ce qu'on leur a fait pour qu'ils nous bombardent tout le temps !?). Cons comme des pelles, ces aliens ont parachuté sur Nova Prime des ursas, des grosses bêbêtes voraces et... aveugles. Ils détectent seulement les humains en sentant leur peur. Paye l'intérêt de la bestiole ! Toutefois, ça fonctionne à merveille puisque les humains flippent à mort à la vue du gros machin, et ils se font ratatiner la face. Face à cette menace, un corps d’élite fut crée pour protéger notre espèce: les Rangers. Mais bon... ça ne marche pas non plus. Les ursas leur font rapidement la misère. Il faut dire que se battre avec des sabres plutôt qu'avec des armes à feu et des canons, ce n'est pas forcément une bonne stratégie de guerre ! Autant leur donner un couteau suisse et leur dire de se démerder avec ça. Être habillé d'une combinaison ultra-moulante, ça n'aide pas non plus. Avoir une tenue renforcée, ça pourrait sauver des vies. Non ? Bon, on va cautionner sur le p'tit côté « bad-ass ».
Fort heureusement, un héros apparaît (tadadaaaam !): Cypher Raige (Will Smith). Celui-ci était un ranger couillu qui avait l'incroyable capacité de ne faire apparaître aucune peur chez lui. En affichant un visage inexpressif, il était donc invisible pour les ursas, et ainsi pouvait les poignarder dans le dos comme un gros traître. On appela cette technique "l’effacement" (appelé aussi « le Steven Seagal »). Aujourd’hui, Nova Prime est redevenue une planète tranquille. Les derniers ursas servent à l'entraînement des jeunes rangers à la capacité de « l'effacement ».
Le fils de Cypher Raige, Kitai (Jaden Smith), est un ranger à devenir, un cadet de l'espace. Toutefois - et malgré ses bonnes évaluations – c'est un vrai petit rebelle qui refuse les ordres de ses instructeurs. Il n'est donc pas admis à ses examens. Etant un père souvent absent, Cypher se fait sermonner par sa femme. Histoire de renouer le contact, celui-ci décide alors d'emmener son fiston à un voyage vers un camp d'entraînement. Manque de bol... leur vaisseau est obligé de faire un atterissage forcé sur la Terre. Manque de bol... En mille ans, la Terre est devenue un endroit inhospitalier où la vie humaine est dorénavant impossible. Manque de bol... Cypher et Kitai sont les seuls survivants du crash (normal, c'est les personnages principaux. Les autres étaient destinés à une mort certaine. Et oui, c'est dur la vie de figurant). Manque de bol... papa a les deux jambes brisées. Manque de bol... la balise de détresse est hors service. La deuxième balise se trouve dans la queue de l'appareil, située à une centaine de kilomètres du cockpit. Guidé par papa Cypher via intercom, Kitai va donc devoir parcourir seul ces contrées dangereuses, peuplées d'espèces animales évoluées. Bref, c'est la grosse merde. Pour rajouter un peu plus de tension, les scénaristes se sont dit qu'il fallait accumuler les emmerdes. Kitai va devoir affronter un ursa. Qui a eu la bonne idée de transporter un ursa dans la soute du vaisseau ? On se le demande. L'air est devenu irrespirable. Notre cadet est alors obligé de se shooter avec des doses d'oxigène. La nuit est glaciale. A chaque tombée du soleil, il doit rejoindre rapidement des points chauds avant de se transformer en Mister Freeze. Autant dire que les chances de survie sont au niveau zéro. Ça fait beaucoup d'emmerdes pour un gamin.

after-earth-movie-wallpaper-30.jpg
"En vérité, je n'ai pas les jambes pétées, mon fils. J'ai juste la flemme de me taper mille bornes dans une zone mortelle. Je te souhaite bonne chance, je t'ai mis des BNs dans ton sac."
 
 
Je ne parlerais pas de la suite de l'intrigue. Evitons les spoilers...
 
Le réalisateur du film, M. Night Shyamalan, divise les cinéphiles. Certains continuent à le protéger en défensant sa mise en scène personnelle, d'autres le conspuent. Se révélant au public avec son fameux Sixième Sens , suivi d'Incassable et de Signe, il déçoit avec Phénomènes et Le Dernier maître de l'air. Il use jusqu'à la corde son style, se parodiant lui-même. Toujours les mêmes twists scénaristiques, le même rythme lent, les mêmes cadrages improbables. Bref, son cinéma n'apportait plus aucune surprise. Ici, Shyamalan fait le bon choix de mettre sa mise en scène de côté pour opter pour l'académisme hollywoodien. Certes, ce choix apporte ses inconvénients. Aucune surprise à l'horizon, tout est cousu de fil blanc. On nous offre une histoire avec des motifs éculés et des stéréotypes chiants. Pour rattacher émotionnellement le spectateur à l'intrigue, on charge les personnages principaux d'un pathos surfait. C'est ainsi que, comme bon nombre de héros, Kitai et son père doivent vivre avec la mort d'un proche. La fille de Cypher, Senshi Raige (Zoë Kravitz), est morte en voulant défendre son frère d'un ursa. Chacun vit alors avec la culpabilité de ne pas avoir agit correctement, créant ainsi un fossé entre le père et le fils. L'histoire est ponctuée de rebondissements convenus. On a aussi le droit à la petite minute « guimauve » et niaise où un aigle géant sacrifie sa vie pour sauver celle de Kitai (Les animaux ont-ils évolués au point d'avoir de l'empathie ? WTF !?). Le film s'achève enfin avec un inévitable happy-end. Hollywood ! Tu m'entends ? Quand-est-ce que vous allez nous apporter de l'inédit !? S'il vous plaît, faîtes quelque chose !
 
Cependant, l'intrigue n'est pas complétement à jeter à la poubelle. After Earth n'est pas un entertainmentdénué de sens. Le regain d'intérêt se trouve dans cette relation conflictuelle entre père-fils, s'appuyant sur une réappropriation de l'oeuvre de Herman Melville, Moby Dick. Cité plusieurs fois dans le film, ce roman fait le lien entre Cypher, Senshi et Kitai. After Earth en est une version S-F où le terrible cachalot blanc est remplacé par un ursa. La volonté de vengeance du capitaine Achab qui, ayant perdu sa jambe face à Moby Dick, cherche à panser son orgueil par la mort du monstre, fait ici place à la volonté du père et du fils de guérir de la perte d'un être cher par un acte symbolique – la mort de l'ursa. Ce parti pris scénaristique évite ainsi à After Earth de n'être qu'un vulgaire blockbuster crétin et lourdingue. Faute de ne pas innover le genre S-F, l'ensemble est sauver in-extremis par son fond et sa forme.
 
Je ne fermerais pas cette chronique par les fameuses critiques d'Allociné, mais sur l'absurdité absconse de la revue Télérama qui dénigre After Earth par des prétextes vaseux. Ici l'article: link. Le titre montre déjà le manque évident de culture cinématographique de la célèbre revue pour bobo. After Earth, pire film S-F de l'histoire du septième art ? Des nanars tels que Robot Monster, la série des « turkish » ou un blockbuster tel qu'Independance Day auraient mérité un pareil titre. After Earth est plus proche du basique que du catastrophique. Faut pas déconner. Le taxer de « propagande scientologue » est d'une gratuité absolue. Vous savez combien de films reposent sur la relation père-fils ? Vous savez combien de films ont « la peur » comme thématique ? Vous allez accuser tous ces films d'apologie pour la scientologie ? Soyez sérieux. Sans connaissance de cette pseudo-dimension ésotérique, le spectateur ne pourrait même pas y faire attention.
Bref, allez voir le film et faîtes votre propre opinion !



Lef Dur



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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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