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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 10:52

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Pour notre traditionnel « spécial Halloween », le Kamikaze a revêtu sa tenue de serial-critic et a appelé ses lecteurs pour leur demander d'une voix rauque et mystérieuse : « Quel est votre film d'horreur préféré ? »... et à ma grande surprise, beaucoup de personnes ont dit : Ça, ou « Il » est revenu. Vous vous souvenez de ce téléfilm des années 1990 ? Celui qui a rendu les clowns si impopulaires aux yeux de enfants. Et pour cause...

 

 En 1986, Stephen King, auteur de best-sellers horrifiques tels que Carrie, Shining, Dead Zone ou encore Salem, écrit une de ses œuvres les plus marquantes de sa carrière, « It », narrant le combat de sept enfants contre une entité maléfique connue sous le nom de « Ça » qui prend la forme des peurs les plus profondes mais se présentant principalement sous la forme d'un clown. L'œuvre est captivante de par ses thèmes abordés (l'enfance, l'amitié, la nostalgie) et je ne saurais que la conseiller aux plus lecteurs d'entre vous. A la vue du succès du roman, il ne fallu pas attendre longtemps pour qu'une maison de production exploite le filon. Et c'est ainsi qu'en 1990 sorti sur nos écrans de TV un p'tit film qui traumatisa toute une génération de mômes (et qui aura gâché à jamais l'image des clowns dans le monde).

Je n'ai lu le bouquin qu'à l'âge adulte, en gardant en souvenir le téléfilm qui a terrifié mon enfance. Mais, avec le temps je ne gardais que des vagues souvenirs de l'adaptation TV, me rappelant de quelques scènes marquantes, notamment celle où un gamin en ciré jaune se fait happé par le fameux clown dans une bouche d'égout. J'ai donc (re)visionné tout cela... et pour tout vous dire... quelle déception ! Outre le fait que «Ça » est une des pires adaptations que j'ai pu voir, je n'arrive toujours pas à comprendre comment ce « truc » a réussi à autant marqué les esprits.

On va mettre de côté les effets spéciaux ratés et obsolètes (qui sont une honte... même pour l'époque). L'histoire est incohérente et la mise en scène de Tommy Lee Wallace est paresseuse au possible.

Si le téléfilm a reçu jadis une aussi bonne notoriété, c'était grâce à la crédulité de notre enfance. Il faut bien l'avouer : il a su bien exploiter nos peurs infantiles. Mais bon... effrayer des gamins, c'est fastoche. Je veux bien faire mon nostalgique, mais là... il y a des limites.

 

 

L'histoire débute dans la petite ville de Derry, dans le Maine. Si vous connaissez Stephen King, vous savez que la majorité de ses histoires d'horreur se situe dans le Maine. A croire qu'il n'y pas un jour où on ne croise pas un vampire, un clown psychopathe ou des esprits vengeurs dans les contrées de cet état. Ah oui... et je ne sais pas ce qui se passe là-bas, mais tous les habitants sont soit des cons, soit des rednecks alcooliques ou soit des intégristes religieux... sauf les personnages principaux qui, eux, sont les seules personnes socialement acceptables. Donc si vous voyagez aux Etats-Unis, évitez ce coin. Il craint !

Nous sommes en 1990, un Ronald McDonald maléfique (Tim Curry) s'amuse à enlever des enfants. Les autorités n'arrivent pas à trouver le responsable. Mais Mikey Hanlon (Tim Reid/Marlon Taylor) fait le lien avec « Ça », un monstre dont il a fait la malheureuse rencontre durant son enfance. Il décide alors d'appeler ses amis d'enfance pour les prévenir du retour de « Ça ». A partir de ce moment précis, on rentre dans un schéma narratif systématique: appel/fondu enchaîné à la « Scooby-Doo »/flash-back. Une ou deux fois, ça passe. Quatre fois, c'est vraiment lourd. A croire que le réalisateur n'a pas voulu trop s'emmerder...

Premier appel : Mikey appelle Bill Denbrough (Richard Thomas/Jonathan Brandis). « Salut, c'est Mikey. Il est revenu ! ». Zoom sur le visage terrifié de Bill/fondu enchaîné/flash-back.

Nous voyons le jeune Bill qui, malade, envoie paître son petit frère, Georgie. Le petit décide donc d'enfiler son ciré et de faire naviguer son navire en papier tout seul. Le p'tit gars fait tomber son bateau dans une bouche d'égout, mais ouf... un clown apparaît pour lui dire de venir faire la fête dans les égouts, et aussi qu'il y a des ballons et que tout flotte en bas. Le petit n'est pas choqué qu'un clown zarbi avec des yeux de psychopathes squatte une bouche d'égout, nan pour lui c'est une chose monnaie courante. Il se passe évidemment ce qui se passe quand on tend la main à ce genre de mec bizarre, il vous tue. Bill fera la connaissance du clown un peu plus tard quand il regardera un album photo. Rien de trop surprenant sauf que des photos lui font des clins d'œils et que le livre se met à pisser le sang. Ce qui n'est pas une chose commune, vous le conviendrez.

Deuxième appel : Mikey appelle Ben Hanscom (John Ritter / Brandon Crane). « Salut, c'est Mikey... ». Zoom/fondu enchaîné/flash-back.

Ben était le petit gros de la classe, et vous savez ce qui arrive dans un film américain lorsqu'on a une tête de souffre-douleur, on devient officiellement la proie de la brute de la classe. Alors qu'il tente de fuir la bande de Henry Bowers, il fait la rencontre du clown près d'un marais. Le clown ne fait pas grand chose, mis à part lui faire coucou, lui dire que des choses flottent en bas et de se moquer de lui. A croire qu'il ne veut pas trop bosser aujourd'hui... ou il fait attention de ne pas tuer un personnage principal par mégarde.

Troisième appel ! Vous devinez ce qui va se passé ? Non ? Mikey appelle Beverly Marsh (Annette O'Toole / Emily Perkins). « Salut, c'est Mikey... ». Zoom/fondu enchaîné/flash-back.

La petite Bev' n'a pas de chance. Son père est un alcoolique et il la bat quotidiennement. Un soir dans la salle de bain, le clown s'amuse à l'appeler à travers le conduit du lavabo, puis il fait péter un ballon rempli de sang dans celui-ci, éclaboussant au passage la pauvre Bev'.

Après cette autre blague pourrie du monstre (rien de bien effrayant ou de dangereux), Mikey lance un quatrième appel. Je vous fais pas un dessin. Ce sont les mêmes procédés narratifs que les précédents appels, on va pas s'amuser à chercher d'autres moyens pour amener les flash-backs.

Nous arrivons sur l'asthmatique du groupe, protégé par une mère possessive, Eddie Kaspbrak (Dennis Christopher / Adam Faraizl). Lui, il croise le clown dans les douches de son école. Ce dernier s'éclate dans un premier temps à l'arroser avec des douches rétractables (comment il compte l'effrayer avec ça !?), puis il apparaît par une bouche d'évacuation. Là, il ne fait que se foutre de sa tronche et de lui dire que tout le monde flotte en bas. Il ne le poursuit pas, non il ne fait que rester là. Fin du flash-back, on ne sait pas trop ce qui se passe après, le scénariste n'y voit pas trop l'intérêt.

 

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Clown: "ahah, t'es gros, t'es con et t'es moche... ahah... ah oui... et je vais te tuer... si j'ai le temps"

 

Cinquième appel : c'est au tour du comique de service d'avoir son moment flash-back avec fondu enchaîné « Scooby-Doo ». Le comique, c'est Richie Tozier (Harry Anderson / Seth Green). Lui, il se fait agressé par Teen Wolf dans les sous-sols de l'école. Enfin, je dis « agressé », non il se fait chahuté par le clown, qui lui parle des choses qui flottent en bas comme à son habitude. C'est le genre de monstre qui laisse tout le temps des préavis à ses victimes, voyez-vous. Lui, il préfère les blagues aux meurtres. Il devient si prévisible que les scènes ne suscitent plus aucun sentiment de menace au bout d'un quart d'heure de film.

A présent le scénariste cherche un moyen de faire intervenir le flash-back de Mikey Hanlon. Il ne peut pas se téléphoner lui-même. Vous en conviendrez que c'est ridicule. Zut... il va falloir se creuser la tête pour trouver un autre stratagème. On va dire qu'il dort et qu'il rêve, ça c'est de l'idée bancale. Parce que Mikey est capable de rêver de son enfance au détail près, sans intervention onirique étrange, comme l'apparition d'une licorne ou d'un nain unijambiste au beau milieu d'une conversation. On va donc se fier au rêve de Hanlon, comme une source d'information fiable.

Nous découvrons alors l'enfance de Mikey. Immédiatement, il se fait attaquer par les seuls voyous du coin, le gang de Henry Bowers. Voyez-vous, il semblerait que la criminalité de Derry se résume à deux-trois canailles, un peu comme le pays des jouets dans « Oui-Oui » avec les vilains lutins de la forêt. Il est secouru par le « club des ratés » qui met en déroute la bande des brutes. Hanlon leur montre ensuite un album qui témoignent de la présence du clown dans la ville de Derry depuis sa fondation, s'ensuit une apparition de la dite créature à travers un des clichés de l'album. Là, il déblatère les mêmes menaces de mort, sans faire grand chose.

 

 

 

 

Au passage, nous faisons la présentation d'un des gamins de la bande, le scout Stan Uris (Richard Masur / Ben Heller).

Les sept mômes partent donc à la recherche du clown, dans le but de l'éliminer. Mais comment vont-ils faire pour le retrouver ? Ils n'ont pas trop d'informations sur l'emplacement exacte de son repaire, mais vu que le clown semble adorer les canalisations, ils proposent alors les égouts. Ça pourrait être très bien le sous-sol de l'école, Richie l'a rencontré à cet endroit. Mais non... Autre question : comment tuer cette créature surnaturelle ? Pareil, ils ne savent pas vraiment. Après une petite concertation de deux secondes, ils décident de lui balancer dans la face des boucles d'oreilles en argent, sous le prétexte que si ça arrête les loups-garous, alors pourquoi pas les clowns kidnappeurs d'enfants. A ce stade, le spectateur a droit de se dire que l'opération est suicidaire. Mais n'oubliez pas que le monstre ne menace pas réellement les personnages principaux, ils auront donc certainement une chance. Ils se dirigent par conséquent vers ce qui semble être sa cachette. On se sait jamais. Sur un coup du hasard... mais ils ne savent pas que les seuls délinquants de Derry, la bande du méchant Bowers, les ont suivi pour leur foutre une raclée.

Le hasard veut que le clown vit réellement dans les égouts. Il tue les deux copains de Bowers (parce que ce sont des personnages secondaires), mais laisse ce dernier en vie (on n'en saura jamais la raison). Puis arrive le moment de la confrontation. Vous pensez qu'une créature aussi diabolique serait impossible à vaincre ? Détrompez-vous ! Les enfants parviennent à la vaincre, non avec des armes à feu, ni des incantations en latin. C'est plus simple que ça : il suffit d'invoquer le pouvoir de l'imagination.

 

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Ils font un cercle de l'amitié, et le monstre se montre d'emblée impuissant face à ça. Tant qu'ils se tiennent la main et demeurent courageux, aucun mal ne peut les atteindre. Rien n'est vraiment expliqué sur le pourquoi du comment, mais ça fonctionne. Puis Eddie l'aveugle avec sa ventoline (sérieux!?), ils l'achèvent enfin en lui balançant les boucles en argent dans la face. Blessé, le clown se replie dans son antre. Bref, nous pouvons avoir une information supplémentaire sur le monstre : il est d'une crédibilité proche du zéro.

Fort de ce succès, les enfants se promettent de finir le boulot si la créature revenait attaquer la ville.

 

Le spectateur retourne ensuite en 1990, où Mikey Hanlon apprend le retour de Ça à Stan Uris. Ce dernier n'est pas prêt à affronter une créature aussi naze, il fait le choix judicieux de mettre fin à sa vie.

Le reste du film se concentre sur le retour de la «bande des ratés », devenue adulte, à Derry. Le réalisateur tente bien quelques scènes pour susciter de l'épouvante, mais ça se limite à des flopées de ballons. A moins que vous ne ressentez de la phobie pour les ballons, cela vous laissera rapidement de marbre. A croire que Ça a encore besoin de cours dans le domaine.

Il devient encore moins crédible lors d'une scène de flash-back, relatant la première rencontre de Stan avec le monstre. Alors que le jeune scout rentre dans une maison abandonnée, une momie tente de lui mettre la main dessus. Il parvient à la faire disparaître en brandissant son livre d'ornithologie et en récitant des noms d'oiseaux. Voilà... il suffit de dire « galinette cendrée » pour foutre la pétoche à Ça. C'est pas plus compliqué. Et il est tellement incompétent qu'il est obligé de demander au vieux Henry Bowers pour tuer les protagonistes. Ce qui sera un échec.

 

La fin s'achève avec une confrontation traditionelle où nous découvrons le véritable visage du clown : c'est une araignée géante ! Oui, une vulgaire araignée ! Autant le roman s'applique à chercher une nature mystique à cette créature polymorphe, ici on nous offre une bestiole toute simple. Mais comment une arachnide peut avoir un pouvoir aussi conséquent ? On n'en saura pas plus, car le groupe la tue. FIN...

 

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Ça, la terrible araignée au strabisme convergent !

 

Le téléfilm ne rend absolument pas justice à l'œuvre de Stephen King. Réussir l'adaptation d'un bouquin aussi complexe n'est certes pas un travail facile à accomplir, mais de là a foirer à ce point...

La production n'a pas cherché à adapter le roman, mais plutôt le résumé se trouvant au dos du livre. La mise en scène parvient difficilement à créer des moments d'angoisse, sans doute à cause d'un monstre plus risible que menaçant. Et l'interprétation des personnages va du bon (les enfants, et surtout Tim Curry dans le rôle de « Ça » qui parvient à faire ce qu'il peut avec un scénario aussi bancal) au très mauvais (les acteurs adultes). Je n'ai pas retrouvé l'effroi que je ressentais jadis pour ce téléfilm, et c'est fort dommage. Vous voulez une bonne histoire pour Halloween, lisez plutôt le roman !

 

J'ai entendu dire qu'un remake était en préparation. Espérons qu'il surpassera son prédécesseur, et ça ne sera pas une chose difficile à faire.

 

 

Lef Dur

 


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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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Louve des eiges 08/04/2015 20:03

Coucou, si t'aimes ce film j'ai un petit blog dessus
http://grippe-sou.eklablog.com/

Louve des eiges 08/04/2015 20:03

Coucou, si t'aimes ce film j'ai un petit blog dessus
http://grippe-sou.eklablog.com/

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