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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 14:38

C'est Halloween ! On a donc fait le choix peu original de réaliser un dossier « cinéma d'horreur ». Quoi de mieux que se mettre dans l'ambiance en (re)voyant quelques films appropriés à la circonstance.

Je m'excuse d'avance: le titre est mensonger. C'était juste pour avoir une accroche facile. Oui, je sais. C'est un coup bas. Par conséquent, ne réagissez pas au quart de tour. Cet article est surtout dédié au cinéma « d'épouvante ». On cite beaucoup de films d'horreur en exemple, en n'oubliant l'essence même de ce genre: la peur. Il s'agit de l'émotion forte qui doit être atteint pour qu'on puisse dire qu'un film d'horreur est réellement efficace ou pas. Le film d'épouvante est le film d'horreur « malin » qui va omettre les facilités et les grosses ficelles pour mettre son spectateur dans un sentiment d'angoisse. Il va préférer la subtilité en exploitant l'imagination du public par des effets de suggestion et de non-dits, des ambiances dérangeantes et des effets de surprises. Beaucoup s'offusqueront d'avance de mon classement, en disant qu'ils manquent des œuvres marquantes du genre: des grands représentants du gore (Braindead, Evil Dead, Cannibal Holocaust, Re-Animator ou les films de Herschell Gordon Lewis et de Lucio Fulci), des films de monstres (Freaks, Frankenstein,...), des films de zombie (les films de George R. Romero), des films «animaliers » (Arachnophobie ou La Nuit des vers géants) ou du slasher (les sagas Scream, Halloween et Vendredi 13). Certains films sont des excellentes œuvres qui ont marquées le genre, mais ils ne seront pas intégrer à cette liste. Ces films exploitent non pas l'angoisse pure, mais principalement les sentiments de répulsion, de répugnance... ou de rire (oui, les galipettes de Regan dans l'Exorciste sont drôles, comme les insultes de Chucky ou les bagarres cultissimes d'Ash contre lui-même dans la trilogie « Evil Dead »).

Le cinéma d'épouvante ne se limite pas qu'aux films de fantômes. L'angoisse peut revêtir différents aspects. Elle n'a pas de forme précise. La peur est subjective, d'où l'importance de la non-suggestion ou de la surprise dans ce genre. Ici, pas de jets de tripes ou de jump-scares foireux. Place au cinéma d'horreur intelligent !

 

1/ The Thing (John Carpenter - 1982)

 

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Synopsis: En plein cœur de l'Antarctique, une équipe de scientifiques découvre une créature gelée.. Ramené à la vie, le monstre prend l'apparence de toutes formes organiques et décime un à un les membres de l'expédition.

 

Le « Kamikaze » avait déjà réalisé un dossier spécial sur ce bijou du cinéma d'horreur.

The Thing est le premier pilier de la trilogie de l'apocalypse, les excellents Prince des Ténèbres (1987) et L'Antre de la folie (1995)étant les deux autres films constituant cette trilogie réalisée par le grand maître de l'horreur, John Carpenter (Halloween, New-York 1997, The Fog,...).

A sa sortie, The Thing fut d'abord boudé et considéré comme un vulgaire ersatz d'Alien. Bref, la réception du film fut un flop monumental. Aujourd'hui, les cinéphiles reconnaissent l'énorme potentiel du chef-d'oeuvre de John Carpenter. De la claustrophobie, de la paranoïa, rajouté à cela l'énorme potentiel de cette créature polymorphe qui, en volant l'identité de ses victimes, parvient à faire s'entre-tuer un groupe d'hommes. Un monstre intelligent qui a saisi l'importance de l'adage « l'homme est un loup pour l'homme ». Elle n'attaque pas de front, et c'est en cela que la surprise est énorme pour le spectateur. Cette histoire de mal intérieur, d'équipe de chercheurs perdus dans l'environnement inhumain de l'Antarctique, en est arrivée à devenir un des huis-clos les plus terrifiants jamais réalisés dans le cinéma d'angoisse.

 

 

2/ Shining (The Shining, Stanley Kubrick - 1980)

 

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Synopsis: Jack Torrance (Jack Nicholson), gardien d'un hôtel fermé l'hiver, sa femme (Shelley Duvall) et son fils Danny (Danny Lloyd) s'apprêtent à vivre de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don de médium, le "Shining", est effrayé à l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles évènements passés.

 

Que dire sur un film aussi célèbre ? Jeux d'espaces, apparitions malsaines, musique lancinante, décors labyrinthiques, longs travellings sillonnant les couloirs d'Overlook tel un esprit malfaisant. Évitant les effets de gore et autres facilités (jump scares, ect...), la mise en scène froide et tranchante de Stanley Kubrick transforme le best-seller de Stephen King en une belle leçon visuelle sur la manière de créer efficacement de l'angoisse au cinéma. Argument supplémentaire: Jack Nicholson incarne un des personnages les plus illuminés de sa carrière.

 

3/ La Maison du diable (The Haunting, Robert Wise – 1963)

 

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Synopsis: Le Dr Markway (Richard Johnson) qui effectue des recherches dans le domaine de la parapsychologie tente une expérience de perception extrasensorielle avec un groupe de personnes réunies dans un vieux manoir réputé hanté. Dès le départ, des bruits insolites terrorisent les habitants de la demeure...

 

Ce long-métrage de Robert Wise est une des quintessences dans le genre de l'épouvante. Il réalise ici un véritable chef-d'oeuvre de suggestion. Aucun fantôme n'apparait directement, la mise en scène suffit à elle-même pour rendre n'importe quel motif comme un sujet de terreur. A l'heure où le cinéma d'horreur accumule les effets spéciaux et les maquillages outranciers, La Maison du diable reste un exemple à suivre. Par contre... oubliez son remake « Hantise ». Un vrai bide.

 

4/ L'Échelle de Jacob (Jacob's Ladder, Adrian Lyne – 1990)

 

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Synopsis: Jacob Singer (Tim Robbins), un New-Yorkais employé des postes, est surpris par d'étranges cauchemars pendant ses journées. Il se retrouve plongé dans des endroits inconnus et fait face à d'étranges personnes plus effrayantes les unes que les autres. Il est aussi victime de flashbacks, et revit ainsi son service au Viet-Nam, ou la mort de son fils quelques années auparavant. Ces souvenirs troublants le hantent jour après jour. C'est petit à petit que la folie s'empare de Jacob, dont il va tenter de sortir avec l'aide de sa petite amie Jezebel (Elizabeth Pena).

 

Il est étrange qu'on ne parle pas autant de ce film. Il s'agit pourtant du véritable coup de maître de Adrian Lyne qui, en plus de mettre en scène habilement une métaphore visuelle (l'échelle de Jacob, Genèse, Ancien Testament), crée un film à l'ambiance lourde et dérangeante. Au fur et à mesure de l'oeuvre, les repères entre la réalité et le cauchemar se perdent. Les espaces et les individus se transforment en véritables visions d'horreur. Un film à voir.

 

5/ Ju-On: The Grudge (Takashi Shimizu – 2002)

 

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Synopsis: Rika (Megumi Okina), une assistante sociale, se rend dans une maison, sur laquelle pèse une malédiction, pour s'occuper de Sashie, une vieille dame alitée. Elle y découvre un petit garçon enfermé dans un placard, avant d'être agressée par un esprit malfaisant.

 

Il serait injuste de ne pas faire figurer Takashi Shimizu dans cette liste. Vous savez... toute cette mode des mauvais remakes américains de films d'horreurs japonais ? Hideo Nakata et Takashi Shimizu furent les principaux responsables de cette nouvelle vague du fantastique au pays du Soleil Levant, avec The Ring, Dark Water et The Grudge. S'inspirant des fameux yurei (histoires de fantômes dans la tradition japonaise), The Grudge est un récit froid et âpre, où le moindre répit humoristique est inexistant. Son arme de terreur: les fantômes. Le spectateur est harcelé de part en part par des apparitions incongrues et dérangeantes. Shimizu l'oblige même à soutenir le regard du spectre. Ces séquences sont auréolés par une bande-son diabolique, avec des ambiances sonores lancinantes et des bruitages déroutants (les miaulements ou les longues plaintes gutturales). Des recettes efficaces pour des sueurs froides garanties. Maintes fois repris, mais jamais égalé.

 

6/ Silent Hill (Christophe Gans – 2006)

 

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Synopsis: De plus en plus souvent, la petite Sharon (Jodelle Ferland) rêve d'une ville abandonnée, Silent Hill. Sa mère, Rose (Radha Mitchell), décidée à comprendre l'étrange mal dont souffre son enfant, décide de l'accompagner sur place. Alors qu'elles pénètrent dans cet univers lugubre, Sharon disparaît. Rose se lance à sa poursuite, mais se rend vite compte que ce lieu étrange ne ressemble à rien de normal. Noyée dans le brouillard, peuplée d'étranges créatures, hantée par des ténèbres vivantes qui dévorent littéralement tout ce qu'elles touchent, cette dimension va peu à peu livrer ses terrifiants secrets...

 

Silent Hill fut injustement conspué par la critique, mais pourquoi ? Certaines scènes sont certes tirées par les cheveux, mais il ne méritait pas d'être aussi sous-estimé. Avec Silent Hill, Christophe Gans parvient à toucher le véritable mécanisme de la peur au cinéma: l'étrangeté. Si James Wan s'amuse avec les poncifs, Christophe Gans les bannit pour instaurer un univers glauque et pervers, où le rationnel (refuge habituel du personnage et, par extension, du public) n'existe plus. Dans un univers pareil, il n'y a plus de cachette. Tout peut arriver... même le pire. C'est en cela que « Silent Hill » mérite largement sa place dans ce classement.

 

7/Conjuring: Les Dossiers Warren (The Conjuring, James Wan – 2013)

 

 conjuring

 

Synopsis: Ed Warren (Patrick Wilson) et sa femme, Lorraine (Vera Farmiga), enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, viennent en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée à Harrisville… Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière.

 

Si James Wan ait parvenu à faire les dernières perles du cinéma d'horreur, c'est seulement parce qu'il est un connaisseur averti du genre. Ici, il ne fait pourtant qu'y reprendre les stéréotypes éculés. Mais, James Wan les manipule au-delà des règles établies par le cinéma contemporain, pour en (re)faire des véritables gimmicks suscitant l'étonnement et l'effroi. Ainsi, on pourra apprécier ces scènes de miroirs qui ne font pas l'objet des sempiternels jump-scares ou cette longue exposition qui nous permait de mieux suggérer l'angoisse, au lieu de nous imposer concrètement la source de la peur au bout d'un quart d'heure de film. En détournant ces vieux codes usés, Wan prend davantage le spectateur à contre-pied et prouve que le cinéma d'horreur est encore capable de surprendre le public.

 

8/ Les Griffes de la nuit (A Nightmare on Elm Street, Wes Craven – 1984)

 

les griffes

 

Synopsis: Nancy (Heather Langenkamp) fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et cinq lames tranchantes à la place des doigts. Elle constate d'ailleurs que parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt, l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger (Robert Englund), qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui.

 

Le slasher, c'est chiant. Toujours les mêmes intrigues, les mêmes victimes, les mêmes enchaînements de morts ridicules. Bref, le train-train quotidien du serial-killer. En 1984, Wes Craven amène sa touche d'originalité au genre, en y incorporant le tueur absolu: Freddy Krueger. Visage brûlé, vieux chapeau et griffes tranchantes, il hante les cauchemars des adolescents pour les condamner à une mort bien réelle. Quoi de plus terrifiant qu'un être qui vous attaque dans un endroit aussi vulnérable et incontrôlable que celui du monde des rêves. Un film à ne pas rater, notamment pour ses scènes d'assassinats ahurissants.

 

9/ Simetierre (Pet Sematary , Mary Lambert – 1989)

 

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Synopsis: La famille Creed quitte Chicago et vient s'installer dans les environs de Ludlow, une paisible bourgade du Maine. Leur maison jouxte un cimetière d'animaux familiers situé sur les anciennes terres sacrées des indiens Micmacs. Le seul voisin des Creed est un vieil érmite. Une série d'accidents sanglants va rapidement transformer la vie des Creed en véritable cauchemar.

 

Des enfants tueurs, il y en a des tonnes au cinéma. Dans cette catégorie, j'ai tendance à mettre en avant trois films: Alice, Sweet Alice et son mémorable masque ou la tête à claque de Damien dans la Malédiction. Simetierre s'arme d'un des gamins les plus vicelards du domaine du fantastique: il s'attaque à la vulnérabilité des parents endeuillés, il court d'un coin sombre à un autre, il surgit aux endroits les plus incongrus. Un vrai concentré de terreur. Rare sont les bonnes adaptations cinéma de Stephen King... et pourtant il y en a (si, si). Simetierre fait partie des plus réussies, notamment grâce à la mise en scène de Mary Lambert et de son ambiance dérangeante à souhait, avec particulièrement ce final conjuguant le passionnel et le glauque.

 

10/ L'Enfant du diable (The Changeling, Peter Medak – 1980)

 

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Synopsis: John Russell (George C. Scott), un compositeur dont la femme et la petite fille viennent de mourir dans un accident, s'installe dans une maison isolée ou quelqu'un ou quelque chose cherche a entrer en contact avec lui.

 

Dissimulé par le sur-estimé Amityville à sa sortie, The Changeling est encore peu connu du grand public. Il mériterait cependant de sortir de l'ombre. Le film est un mélange astucieux du film d'angoisse et du film d'enquête. L'enquête pour lequel le «mystère» demeure le maître-mot d’un film souhaitant nous entraîner progressivement dans les faux-semblants du mythe familial, à travers des sinueux chemins truffées d’objets (boîte à musique), d'espaces (pièce condamnée), de propos («Help me») et de textes (coupures de journaux) qu’il s’agira de déchiffrer. L'angoisse, par la maîtrise technique de Peter Medak, souligne sans cesse la présence de l'esprit par des panoramiques, des plongées, des longs travellings, et l'imprime même sur la bande-son par des échos assourdissants. Pourquoi faire figurer directement la peur, alors qu'il est plus terrifiant de la faire ressentir ?

 

 

Lef Dur

 

 

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Published by Le Kamikaze de l'écran - dans Cinéma
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